Le Comité d’action antibolchévique (CAA) est une organisation collaborationniste française pendant l'Occupation allemande.
Histoire Le Comité d’action antibolchévique est fondé par Louis-Charles Lecoc et Jean Gontier de Vassé ; ils proposent en la présidence à l'écrivain de marine Paul Chack, qui l'accepteCollectif, L'antisémitisme de plume. Le CAA se fait connaître publiquement peu après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, en vue d'apporter son soutien à cette dernière, par des appels publiés dans la presse, en juillet. Ils affirment suivre l'action du maréchal PétainLe Matin, 23 juillet 1941.
L'activité principale du Comité a été le soutien à la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF), dont il devient quasiment une annexe, chargée de la propagande. Le , il tient ainsi un meeting salle Wagram avec Eugène Deloncle et Jean FontenoyParis-Soir, 10 août 1941, Le Matin, 9 août 1941, Le Petit Parisien, 9 août 1941. Chack appelle à lutter contre le Paul Chack, « Contre la peste rouge », Le Matin, 2 août 1941.
vignette|gauche| « LE PARTI DES TRAÎTRES ! ». Le CAA siège au 14, avenue de l'Opéra à Paris. Il édite toute une série d'opuscules dans lesquels l'anticommunisme se mêle à un antisémitisme forcené. En , Chack se vante de la publication de tracts : Le parti des traîtres (), La révolution socialiste (), Le parti communiste et les colonies françaises (), Le parti communiste et la défense nationale (), Le communisme, exploitation juive (), Staline, tu as trahi le prolétariat (), Vingt-cinq ans de bolchevisme (). etc. Et de brochures contenant de nombreuses photographies comme Le paradis des soviets, diffusée à exemplairesLe Matin, 15 octobre 1941, P. Chack, "Comment protéger la France contre le parti communiste". Il travaille de concert avec un Centre d'études antibolcheviques, animé par Lecoq et Chaumet à partir de 1942 et installé au 21, rue La Boétie, dans le même immeuble que l'Institut d'étude des questions juivesDominique Rossignol, Histoire de la propagande en France de 1940 à 1944, Presses Universitaires de France, 1991, Collectif, L'antisémitisme de plume, op. cit. .
Il organise par ailleurs plusieurs campagnes et expositions sur les mêmes thèmes. Une exposition d'affiches itinérante à travers les principales villes françaises est ainsi organisée à partir de mars 1942, intitulée « Le Bolchevisme contre l'Europe ». Sa propagande caricaturale reste l'un des exemples type de la collaboration.
Proche du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste de Marcel Déat, le Comité d’action antibolchévique participera également à l'éphémère Front révolutionnaire national (tentative avortée de parti unique) lancé par Marcel Déat en 1943Le Matin, 1er mars 1943, Ibid., 12 avril 1943.
Le CAA a cherché également à recruterL'Ouest-Eclair, 17 septembre 1941. Il n'a compté qu'environ un millier de membres (dont bon nombre appartiennent aussi à d’autres organisations de la Collaboration). Ses membres sont invités à pratiquer une activité de propagande mais aussi à détecter les communistes, les , les anglophiles, les adversaires de la Révolution nationale et à se mettre en relation aussi bien avec les autorités françaises que les autorités allemandesCollectif, L'antisémitisme de plume, op. cit..
Dirigeants du Comité d’action antibolchévique Président : Paul Chack, officier de marine, écrivain, président de l’Association des écrivains combattants et du Cercle aryen, fusillé pour collaboration en 1945 Adjoint : Louis-Charles Lecoconnier (dit « Lecoc »), avocat parisien, ancien membre du Parti social français, responsable de la propagande, secrétaire général de l'exposition Le bolchevisme contre l'Europe, directeur général du Centre d'études antibolcheviques, lié à l'Institut d'étude des questions juivesLe Matin, 20 mai 1941. Jean Gontier dit Gontier de Vassé, secrétaire général, ancien inspecteur général pour l'Afrique du Nord des automobiles Delage dans l'entre-deux-guerresL'Echo d'Alger, 26 novembre 1931, ancien combattant des deux guerres, il s'est mis au service de la propagande allemande, relatant en 1940-1941 dans un livre, dans des conférences, à la radio et au cinéma, son emprisonnement par le Royaume-Uni au lendemain de Dunkerque et son refus de s'engager pour de GaulleMax Roussel, Je reviens d'Angleterre, Fournier, 1941 ( témoignage de Gontier ), Notice de l'ouvrage sur le site ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr,Le Matin, 7 mars 1941, Paris-Soir, 29 octobre 1940, "Un soldat de Dunkerque vous parle", Paris-Soir, 30 octobre 1940, "Un soldat de Dunkerque vous parle",Paris-Soir, 3 novembre 1940, Jean-Pierre Bertin-Maghit, Les Documenteurs des années noires. Les documentaires de propagande, France 1940-1944, Nouveau monde éditions, 2004, Notice biographique sur le site http ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr . Il a participé à des émissions théâtrales à la radio en 1941Les Ondes, 6 juillet 1941 et a été nommé administrateur d'un en Les démêlés judiciaires avec l'ancien propriétaire juif de l'immeuble confié à Gontier et que ce-dernier a voulu vendre sont cités dans Philippe Fabre, Le Conseil d'État et Vichy: le contentieux de l'antisémitisme, Publications de la Sorbonne, 2001 . Il est condamné à 5 ans de prison à la LibérationRevue d'histoire de la Shoah, N° 179, 2003, André Chaumet, lié au Parti populaire français de Jacques Doriot et à l'Institut d'étude des questions juives (éditorialiste puis directeur politique en du Cahier jaune , il a ensuite dirigé à partir de la revue Revivre), journaliste (Paris-Soir, Le Matin), animateur du Centre d'études antibolcheviques et directeur de sa revue Notre Combat pour la Nouvelle France socialiste (-), vice-président de l'Association des journalistes antisémites, directeur de l’hebdomadaire collaborateur Germinal fondé en 1944 par Claude Jamet et réunissant des collaborateurs socialistesPierre-André Taguieff, Annick Duraffour, Céline, la race, le Juif, Fayard, 2017.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Lambert, Pierre Philippe et Le Marec, Gérard, Partis et mouvements de la collaboration, Paris, Ed Jacques Grancher, 1993 , .
Liens externes
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