est un film américain, réalisé par John Cassavetes, sorti en 1970.
C'est le cinquième long métrage du cinéaste, après Faces et avant Minnie et Moskowitz. Il s'agit de son premier en couleurs, le premier de ses films dans lequel il joue lui-même, ainsi que sa première collaboration avec Ben Gazzara et Peter Falk.
Synopsis Trois quadragénaires, le publicitaire Harry, le journaliste Archie et le dentiste Gus, à la tête de familles apparemment sans histoire, apprennent la mort de leur quatrième ami, Stuart. Après l'enterrement, ils ne peuvent se quitter et se lancent dans une nuit de dérive dans le métro, sur un terrain de sports, dans une piscine, pour échouer dans l'habituel bar de nuit où interminablement ils boivent. Le lendemain, ils tentent, en vain, de reprendre la vie quotidienne, et sur un coup de tête de Harry, ils décident de tout plaquer là et de partir pour Londres. Après une soirée au casino, où ils se comportent en insupportables touristes américains en pays conquis, ils emmènent des filles dans leurs chambres d'hôtel. L'échec sexuel est général et complet. Alors ils dansent gentiment. Harry veut prolonger son séjour en Angleterre, Archie et Gus rentrent à la maison, les bras chargés de cadeaux pour les enfants.
Fiche technique
Titre : Titre original : Réalisation : John Cassavetes Scénario : John Cassavetes Musique : Ray Brown Photographie : Victor J. Kemper Montage : Tom Cornwell, Peter Tanner et Jack Woods Production : Al Ruban et Sam Shaw Société de production : Faces Music Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleurs - 35mm - mono Genre : comédie dramatique Durée : 125 minutes (version cinéma), 136 minutes (version longue) Dates de sortie : États-Unis : France :
Distribution
Ben Gazzara : Harry John Cassavetes : Gus Demetri Peter Falk : Archie Black : Mary Tynan Jenny Lee Wright : Pearl Billingham Noelle Kao : Julie John Kullers : Red Meta Shaw Stevens : Annie Leola Harlow : Leola Dolores Delmar : la comtesse (elle-même) : la femme de Stuart Eleanor Gould : la femme qui chante Normandy Peggy Lashbrook : Diana Mallaby
Production
Il s'agit du premier film en couleurs de John Cassavetes et également le premier avec Peter Falk et Ben Gazzara, qui deviennent ensuite ses collaborateurs réguliers. Pour leurs rôles, Anthony Quinn et Lee Marvin sont d'abord pressentis. C'est aussi la première fois que John Cassavetes joue dans un de ses films.
Le film est très préparé, même si cela se fait en plusieurs phases fluctuantes, mais il comporte par ailleurs une très longue scène d'improvisation où, dans le bar de nuit, les trois amis persécutent une femme (l'actrice, Leola Harlow, n'est manifestement pas prévenue de ce qui va lui arriver) en l'obligeant à recommencer à chanter sans cesse une chanson. Cassavetes ne peut retenir ses rires au second rang, ce qui a été interprété comme une sorte de métaphore des rapports entre l'acteur et son metteur en scène. De même, le personnage de la comtesse (Dolores Delmar) dans le casino londonien est manifestement pris sur le vif.
À propos de ce film, John Cassavetes rédige des Notes sur la réalisation d'un film, publiées en France dans la revue de cinéma Positif en . Il y explique en particulier l'importance fondamentale qu'ont pour lui les acteurs, qu'il faut protéger à tout prix des techniciens, de l'équipe de tournage, qu'il considère comme des , alors que, pour les acteurs, .
Comme souvent, John Cassavetes monte deux versions du film. Mais cette fois, ce n'est pas pour obéir à des impératifs commerciaux ni des exigences de producteurs, mais pour transformer ce qui est d'abord une comédie légère centrée sur le personnage de Harry en un drame plus grave avec trois protagonistes d'égale importance dramatique.
Accueil
Distinctions
Golden Globes 1971 : nomination comme meilleur scénario pour John Cassavetes
Annexes Documentaire John Cassavetes (1969), réalisé par André S. Labarthe et Hubert Knapp pour la collection Cinéastes de notre temps - Malgré le titre centré sur le cinéaste, le documentaire est presque uniquement consacré au tournage de Husbands.
Bibliographie Revues Cahiers du cinéma : 389. Hervé Le Roux : L'être-chair, .
Cinéma : 167. Joël Magny : Husbands, . 374. Fabrice Revault d'Allonnes : Husbands, .
Cinémas : XIII/3. Jean-François Chassay : Les petites apocalypses de John Cassavetes, printemps 2003.
Écran : 5. Guy Braucourt : Husbands, .
Image et son / La Revue du Cinéma : 261. Daniel Sauvaget : Husbands, . Saison 72. Daniel Sauvaget : Husbands, .
Positif : 138. Robert Benayoun : Husbands, . 431. John Cassavetes : Notes sur la réalisation d'un film, .
Ouvrages Maurice Darmon : Pour John Cassavetes, Le Temps qu'il fait, 2011.
Liens externes
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