Le bassin houiller de la Loire est historiquement l'un des tout premiers à être exploité en France ; l'exploitation y est attestée depuis le .. Principal site d'extraction de charbon en France après 1815 et la perte des départements étrangers, il a fourni jusqu'à 40 % de la production nationale dans les années 1820-1830 lors de la Première révolution industrielleJ.-L. Escudier, M.-F. Cornus, Les transformations d'une mesure. La statistique des accidents dans les mines de charbon en France, 1833-1988, In: Histoire & Mesure vol. 12 - . Varia, . Lire en ligne puis 54 % au milieu du . Définitivement dépassé par le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans les années 1860Couriot l'album, Musée de la mine de Saint-Étienne, publication ville de Saint-Étienne, 2002, , il resta par la suite un bassin de premier ordre au , étant situé loin des frontières et ayant été relativement épargné par les deux conflits mondiaux.

L'appellation de « bassin houiller de la Loire » est employée pour la première fois dans les travaux cartographiques de l'ingénieur des mines Louis Antoine Beaunier publiés en 1817. Avant ceux-ci, on distinguait de manière coutumière « les charbons de terre du Forez » (gisements de Saint-Étienne à Firminy) des « charbons de terre du Lyonnais » (exploités dans la vallée du Gier)Bassin houiller de la Loire, Penser un territoire, .

Description du bassin

Le bassin en lui-même se présente sous la forme d'une bande discontinue, longue d'une cinquantaine de kilomètres pour seulement cinq kilomètres de large en moyenne, disposée selon un axe sud-ouest nord-est entre le Rhône et la Loire. Les dépôts à proprement parler remontent au Stéphanien (période géologique située entre -295 et - d'années et nommée ainsi en référence à Saint-Étienne). Le bassin se prolonge au-delà du Rhône dans le bas-DauphinéBassin houiller de la Loire, Penser un territoire, Musée de la mine de Saint-Étienne, Spadem, Paris, 1997. .

Il est représentatif des bassins houillers de montagne, issu d'un ancien bassin limnique situé à l'époque de sa formation au pied de l'ancien Massif Hercynien (actuel massif du Pilat). L'ensemble du secteur présente de nombreuses zones d'affleurements qui ont très probablement favorisé son exploitation dès le Moyen Âge (et peut-être même avant). Les couches de charbon exploitées se caractérisent par leur puissance (de 5 à de haut en moyenne, jusqu'à parfois), par leur irrégularité et par la présence de nombreuses failles.

Les qualités de charbon exploitées allaient des charbons gras semi-bitumineux et bitumineux (à Saint-Étienne et Rive-de-Gier) aux charbons maigres de type anthracite (dans le secteur de La Talaudière)Couriot l'album, Musée de la mine de Saint-Étienne, M.PERRIN, le bassin houiller de la Loire in Annales de géographie, vol. 39, n° 220, p. 360. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1930_num_39_220_10129. Les roches et le charbon pouvaient y être extrêmement friables. Les incendies souterrains provoqués par l'oxydation des gisements y étaient courants. L'exhaure y revêtait une importance toute particulière à cause des travaux anciens noyés par les eauxCouriot l'album, Musée de la mine de Saint-Étienne, .

Le secteur de Rive-de-Gier (dite série du Stéphanien inférieurBertrand 1918, 1928, 1937; Bertand & Pruvost 1937; Corsin 1950. ou Stéphanien APruvost & Corsin, 1949.) est divisé en deux unités principales : l'assise de Rive-de-Gier et celle de Sorbiers. Le faisceau le plus important, celui de La Péronnière, renferme 5 couches (dénommées la découverte, la gentille, la bourrue, la batarde et la grande masse) représentant une puissance totale cumulée de 12 à de haut.

Le secteur de Saint-Étienne (dit Stéphanien moyen et supérieur, ou Stéphanien B et CJongmans & Pruvost, 1950. Classification adoptée par le Congrès Stratigraphique du Carbonifère de Heerlen en 1951.) comprend 3 niveaux principaux (assise de Saint-Étienne, le faisceau des Combes et le couronnement). Les deux premiers furent les plus productifs avec les faisceaux de Grüner (15 couches de 30 à ), de Beaubrun (15 couches de 30 à ), des Littes (6 couches de 10 à ) et de Bellevue (8 couches de 10 à ).

Les terrains rouges du jardin des plantes sur la colline de Villeboeuf (Stéphanien D ou étage Autuno-Stéphanien) indiqueraient le comblement d'un vaste bassin continental Carbonifère/PermienProposition d'introduction du Stéphanien D pour une partie de l'étage ambigu "autuno-stéphanien" de la Loire et l'assise d'Igornay dans le bassin d'Autun. R.H Wagner 1966.Bassin houiller de la Loire, Penser un territoire, Musée de la mine de Saint-Étienne, BECQ-GIRAUDON, MERCIER,JACQUEMIN Faut-il rassembler le Stéphanien supérieur et l'Autunien en une seule entité lithostratigraphique, Géologie de la France , 1995, , 4 fig., 2 tabl. Lire en ligneRevue de paléobiologie, vol. 26, , 2007. Muséum d'Histoire Naturelle, Genève, décembre 2007. Lire en ligne.

Depuis le milieu du , il fut l'objet d'une attention soutenue du pouvoir central qui y voyait un gisement intéressant de par la quantité de charbon potentiellement exploitable, mais aussi la situation géographique du bassin, entre les bassins versants du Rhône et de la LoireCouriot l'album, Musée de la mine de Saint-Étienne, de part et d'autre du col de Terrenoire.

Ce fut l'ingénieur Louis Antoine Beaunier qui réalisa les premiers travaux topographiques à partir de 1812 et qui fut nommé comme premier directeur de « l'école des mineurs », future École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne.

Les gisements houillers les plus proches sont le bassin houiller du Jura au nord-est, le bassin houiller de Blanzy au nord, les bassins houillers d'Auvergne à l'ouest, le bassin houiller des Cévennes au sud et les bassins houillers des Alpes à l'est.

Production Jusqu'au milieu du , ce fut le premier bassin houiller français avec une exploitation importante le long de la vallée du Gier représentant jusqu'à 40 % de la production nationale (hors départements étrangers) puis 54 %<ref name=fm>"Brève histoire des mines de la Loire" par François Mouleyre, dans le Bulletin du Vieux Saint-Etienne, mars 2022, page 3</ref>. Après 1815 et la chute de Napoléon, la région est propulsée au rang de premier bassin houiller de France.

Il ne fut concurrencé qu'à partir des années 1850 par les charbons de Valenciennes et par les charbons anglais, perdant sa place sous le Second Empire au profit du bassin du Nord-Pas-de-Calais.

De à la veille de la Révolution française, la production dépassait le million de tonnes en 1836.

En 1851, 33 % du charbon produit en France venait du bassin de la Loire contre 22 % dans le Nord. En 1859, les deux bassins sont à égalité avec de tonnes chacunB. MATTEI, Rebelle, rebelle, Révoltes et mythes du mineurs 1830-46, coll. milieux Champs Vallon, 1987, ..

En 1873, la production atteignait et fut à son apogée dans l'entre-deux-guerres avec plus de de tonnes.Couriot l'album, Musée de la mine de Saint-Étienne, .

À partir de 1930, l'extraction s'éteignit progressivement à Rive-de-Gier. La difficile mécanisation de l'abattage, conjuguée à des frais de transports handicapants, entraînaient le bassin vers une fin annoncée. Elle se traduisit par un recul net de la production ; 1,5 million de tonnes furent remontés en 1970. En 1980, elle n'était plus que de . En 1973, l'arrêt des pompes du puits (puits Couriot) mit fin à l'activité à Saint-Étienne. Le choc pétrolier l'année suivante prolongea l'activité du puits Pigeot à La Ricamarie jusqu'en 1983.

Des exploitations à ciel ouvert continuèrent jusqu'en 1993.

Des essais de gazéification y furent menés dans les années 1980 et des permis de recherches de gaz de schistes ont été délivrés en 2011 (projet d'exploitation ajourné à cause de la présence des anciens travaux). À ce jour, de tonnes ont été extraites du sous-sol du bassin stéphanois.

Histoire Premières mentions : l'exploitation à la période médiévale Les sources lacunaires ne fournissent que peu d'informations sur l'exploitation ancienne du bassin de la Loire. Ainsi, c'est l'état actuel de conservation des sources qui conduit à dater le début de l'activité au , le bassin présentant des caractéristiques physiques (couches puissantes, affleurements, présence de minerai de fer carbonaté utilisable) ayant potentiellement pu favoriser une exploitation précoce bien antérieure aux premiers textes.

Des actes attestent de l'exploitation de la fin du et du : Près de Rive-de-Gier en 1267, un premier acte atteste de la vente d'un droit de quart dans une mine de Saint-Genis de Terrenoire du seigneur de Saint-Priest au Commandeur de Chazelles"Cession faite par Étienne de Saint-Priest, damoiseau, à frère Bernard, commandeur de Chazelles, de tout ce qu'il possède, du quart qu'il possède d'une carrière (pereria) qu'il possède à Saint-Genis-Terre-Noire (…) (1267, 23 avril)" G. GUIGUE C. FAURE, Inventaire-Sommaire des Archives antérieures à 1790 Rhône, archives ecclésiastiques, vol. 2 à 3, Librairie générale H. Georg, 1932, .C.CHASTEL L.DORNA, Petite histoire du Forez, Paris, 1949, ."(…) en 1267, pour 300 l.v., aux Hospitaliés de Chazelle, son clos d'entre Saint-Martin-la-Plaine et Rive-de-Gier, et le quart indivis de sa perrière de charbon - première mention de l'extraction de houille en Jarez - sur le chemin de Saint-Genis-de-Terrenoire (…)" E. PERROY, Les familles nobles du Forez au : essais de filiation, Volume 2, Université de Saint-Étienne, 1976, . ; En 1321, une transaction dispose des droits d'exploitation des « perrières de charbon » à la suite d'un contentieux entre Brian de Lavieu seigneur de Roche-la-Molière et Giraud le VieuxTransaction entre Giraud Le Vieux (Veteris) , damoiseau, Martin Chaignon, & Briand de Lavieu, seigneur de Roche La Molière, relative au droit d'extraire de la houille d'une mine située à Roche La Molière. — 18 février 1321. — in J.-M. DE LA MURE, Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, Vol. 3, Potier, 1868. . Lire en ligne ; Un acte du entre Brian de Lavieu et les habitants de Roche-la-Molière (document perduL.-J. GRAS, Histoire économique générale des mines de la Loire, imp. Théolier, Saint-Étienne, 1922, .) ; En 1372, transaction entre Blanche de Cousan, dame de Roche-la-Molière, et les habitants pour les droits des habitants sur les perrières de charbonL.-J. GRAS, Histoire économique générale des mines de la Loire, Saint-Étienne, Imp. Théolier, 1922. . http://scans.library.utoronto.ca/pdf/2/19/histoireconomi01grasuoft/histoireconomi01grasuoft.pdf ; Un contrat de 1401 pour la vente du charbon de Roche, passé entre Jean de Lavieu et Robert de ChalesBulletin de l'Industrie Minérale, 1872, p.156. ; Par un autre acte de 1484, Gabriel Jamet, de Roche, paya au seigneur du lieu, Dauphin d'Augerolles, la moitié du charbon extrait d'une terre (charboteriam carbonis lapidei) qui lui appartenait, située dans le mandement de Roche au lieu-dit Villeboeuf (locum de Villabosco)Accord, fait entre noble Dauphin d'Augerolles, seigneur de Saint-Polgue & de Roche La Molliere, & Antoine & Jean Tissot, sur un droit d'extraction de houille — 8 novembre 1484 — in J.-M. DE LA MURE, op. cit. . Lire en ligne.

Les jugements rendus témoignent d'exploitations au jour par décaissement du terrain, continues et rentables sur plusieurs années, assujetties au contrôle de l'autorité publique.

L'activité semble connaitre un net ressort au avec l'ouverture de l'ensemble du marché rhodanien par les bateliers de Givors. Le charbon de Rive-de-Gier était vendu de Lyon à Marseille depuis le règne d'Henri IV.

À la veille de la Révolution, un régime complexe de privilèges