La bataille de la Ligne Hindenburg, qui débuta le 18 septembre 1918, fut une bataille majeure de l'Offensive des Cent-Jours qui contribua à l'issue de la guerre. Les troupes canadiennes et britanniques, en avant-garde, lancèrent cette attaque contre la ligne allemande, poursuivant l'utilisation massive des chars telle qu'elle avait été entamée au cours de la bataille d'Amiens. Cette bataille contribua à la fin de la guerre des tranchées.
Prélude Après la bataille de la Somme, en 1916, les généraux allemands von Hindenburg et Ludendorff décidèrent que l'Allemagne ne pouvait remporter une telle guerre d'usure. Ils adoptèrent alors une politique de retraite dite de la « terre brûlée ». La Ligne Hindenburg était un réseau de tranchées de près de 160 kilomètres de long, doublé d'une seconde tranchée de secours.
Le , les troupes allemandes lancèrent l'opération Michael, première attaque de toute une série, partant de la Ligne et visant à faire reculer les forces alliées en arrière du front de l'Ouest. Le gros de l'opération est dirigé sur Amiens, nœud ferroviaire de première importance. Mais l'assaut est stoppé à Villers-Bretonneux par les troupes australiennes le Historical Atlas of World War I, Anthony Livesey, Henry Holt et Company : New York, 1994..
Plusieurs autres opérations (« opération Georgette », « opération Blücher-Yorck », « opération Gneisenau », « opération Marne-Reims ») ont permis aux Allemands d'avancer, sans toutefois leur donner l'avantage décisifThe Defeat of Imperial Germany 1917-1918, Rod Paschall, Algonquin Books of Chapel Hill, Chapel Hill, Caroline du Nord, 1989.<ref>Kaiserschlat 1918 – The Final German Offensive Randal Gray, Grolier Educational, Danbury, Connecticut, 1997.</ref>.
Finalement, au cours de la bataille d'Amiens, les Alliés reprirent l'avantage en lançant une offensive qui permit de repousser les Allemands, les forçant à la retraite. Ce retournement de la situation est largement dû à l'efficacité des nouvelles armes alliées : les chars.
La bataille Le général australien John Monash lance la première attaque de la bataille, le . À du matin, le Corps australien, appuyé par l'artillerie et seulement 8 chars, s'empare des positions allemandes. Un millier de soldats australiens sont tués ou blessés au cours de cet assaut, mais ils font ennemis à la fin de la journée(2006) Les Australiens dans le premier conflit mondial - Ligne Hindenburg.
Bataille de Saint-Quentin (25 septembre au 14 octobre)
Les Britanniques arrivent ensuite, la première armée britannique lançant l'offensive sur la section Wotan-Stellung de la ligne, suivie par les troupes de Douglas Haig qui attaquent la section Siegfried-Stellung. Elles sont rejointes dans la bataille par les troisième, quatrième et cinquième armées britanniques, ainsi que par la première armée française et le corps expéditionnaire américain(2006) Le front occidental - Hindenburg.
Le , les et d'infanterie américaines lancent l'attaque initiale, avec les et australiennes, tentant de passer au travers des lignes allemandes. Malgré leur volonté de combattre, les troupes américaines manquaient d'expérience et n'avaient pas correctement « nettoyé » les positions allemandes. (2006) Aujourd'hui dans l'histoire - 27 September.
L'attaque finale est lancée le par la anglaise (, , australien et américain) et la française.
À 5 h 30, les et américaines sortent de leurs tranchées pour se lancer à l'attaque, protégées par un puissant barrage roulant de l'artillerie australienne et avec l'aide de chars. Se trouvent à l'ouest de Bellicourt la Division et à l'ouest de Bony la Division. La Division australienne est à l'ouest de Bellenglise.
Pour cette seule journée, la Division perd 337 hommes et 658 sont blessés. À midi, la ferme Quennemont, une partie du système de tranchées au sud de Bony, le terrain sur lequel le cimetière militaire américain Somme American Cemetery a été établi et la colline sont aux mains de la DivisionAmerican Battle Monuments Commission.
Dans les heures qui suivirent, le touage souterrain de Riqueval (tunnel de Riqueval), puissamment fortifié par les Allemands, est aux mains des troupes américaines et les Australiens franchissent le canal de Saint-Quentin sur le pont de Riqueval, le seul encore intact, pour poursuivre leur offensive en direction de Montbrehain K.W. Mitchinson - Riqueval Hindenburg Line - 1998, ed. Leo Cooper.
Le , l'armée de Rawlinson arrive au nord de Saint-Quentin que, de son côté, Debeney encercle progressivement. Jusqu'au , les , , et repoussent de violentes contre-attaques mais prennent la ville. Le 3, le Catelet et le passage du canal de L'Escaut sont aux Britanniques.
Les Australiens prennent le village de Montbrehain le . Leurs unités combattent alors sur la ligne de front depuis le et des leurs avaient péri ou avaient été blessés depuis la bataille d'Amiens, au début août.
Décoration .
Rupture définitive de la position Hindenburg Le , entre Cambrai et Saint-Quentin, les Britanniques (armées Byng et Rawlinson) lancent de fortes attaques, rompent les positions allemandes et « atteignent le terrain découvert ». Cavalerie en tête, ils lancent leurs premières patrouilles dans Cambrai.
De son côté, Debeney ( Armée), en soutenant l'attaque anglaise, talonne la retraite allemande jusqu'à la Selle et l'Oise, entre Le Cateau et La Fère.
Sur cette partie du front, les allemands sont maintenant retranchés derrière la Selle, l'Oise, la Serre et l'Aisne ; cette ligne de défense s'appelle : Hermann, HundingLa Hunding-stellung était une ligne de défense qui doublait la ligne Hindenburg. Elle était située sur les crêtes entre Chateau-Porcien, Herpy et vers Gomont, et sans aucun blockaus. Cette ligne de défense était composée de tranchées crénelées et bastionnées, et en plusieurs lignes parallèles, étagées jusqu'à la Serre, et même après celle-ci, soit sur une profondeur de 12 à 15 km et même parfois 20 km. Les lignes étaient séparées de 500 mètres à un km, et parallèles, en suivant le terrain., Brunehilde et Kriemhilde Stellung.
Offensive franco-anglaise : bataille de la Selle et la Serre (17 au 29 octobre) Le , Haig lance ses trois armées en direction de Valenciennes ; à cause d'une résistance vigoureuse, la Selle n'est franchie que le 18 au soir par la , forte de 5 divisions britanniques et 2 américaines. Après quelques jours, les et britanniques conquièrent toute la ligne de la Selle et s'emparent de Denain. Le 19 au soir, la armée allemande de von Carlowitz est rejetée définitivement derrière le canal de la Sambre à l'Oise.
Bataille de Mont d'Origny (15-20 octobre) En liaison avec les Britanniques, Debeney attaque de son côté sur les deux rives de l'Oise, en face de lui, la armée de von Hutier. Le 15 et doivent déborder les gros points d'appui de Bernoville, Aisonville et Grougis. Le doit forcer l'Oise vers Mont-d'Origny et la Serre doit être passée par le 8 et .
Dans la nuit du 18 au , Debeney atteint son objectif principal, le canal de la Sambre à l'Oise. Le butin de la est de , 81 canons, 700 mitrailleuses et un train complet de munitions. Mais, derrière le canal se dressent les défenses de la Hunding Stellung.
Décoration MONT D'ORIGNY 1918''' est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.
Bataille de la Serre (20–30 octobre) Sur l'axe Chavignon-Laon, Mangin () a délogé les Allemands du massif de Saint-Gobain et le entre à Laon. Le 19, il se trouve aux abords de la Hunding Stellung.
Maître de la tête de pont de Mont d'Origny et du plateau de Renansart, Debeney ( armée) fait face à une bretelle de la Hermann Stellung entre Origny et Mesbrecourt.
Rupture de la Hermann Stellung Les et , avec les et et le corps canadien, Haig a fait tomber Valenciennes et toute la région environnante. Il prescrit aux , et britanniques de marcher sur Avesnes, Maubeuge et Mons. Le 4, la bataille s'engage sur la ligne de la Sambre ; et le 5 au matin, Le Quesnoy puis Landrecies sont pris, la forêt de Mormal enlevée, la Sambre franchie. La Hermann Stellung est rompue, et 450 canons capturés.
Rupture des Hunding, Brunehilde et Kriemhilde Stellung de Guise (4-5 novembre) Le , à droite des Anglais, Debeney ( armée) attaque dans la vallée supérieure de l'Oise pour déborder et faire tomber Guise et, par ce moyen, tourner la Hunding Stellung. Il ramasse et 60 canons. Quelques heures après, Guise tombe et la Hunding est tournée.
Bataille du Chesne et de Buzancy ( - 5 novembre) À l'autre extrémité de la Hunding, la de Gouraud et la américaine exécutent la même manœuvre. Elles attaquent le novembre, entre l'Aisne et la Meuse, en direction de Mézières et Sedan, progressent en quatre jours de 15 à 20 kilomètres, poursuivant les Allemands en retraite jusqu'au canal des Ardennes. La Brunehilde et la Kriemhilde Stellung'' sont rompues.
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes
Régiment de marche de la Légion étrangère Ligne Hindenburg Histoire de Saint-Quentin
Sources et bibliographie
Liens externes
Musée Ligne Hindenburg : Musée (en création) relatif à la Grande Guerre et plus précisément à la Ligne Hindenburg devant Arras géré par l'Association Ligne Hindenburg Sensée-Cojeul
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