Prescrire est une revue médicale mensuelle indépendante publiée en France, qui traite de l'actualité des maladies, des médicaments et des techniques et technologies médicales.
Description Prescrire est une revue indépendante qui diffuse depuis les années 1980 des informations sur les médicaments en s'appuyant sur le travail collaboratif de médecins, de pharmaciens et de spécialistes du médicament. Elle est réputée pour son indépendance vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques, mais aussi du ministère de la Santé, de l'Assurance maladie ou des agences du médicament. Elle dénonce régulièrement des traitements sans effet voire dangereux, ou dont la balance bénéfices/risques est défavorable. Elle a ainsi été parmi les premières à mettre en garde contre la dangerosité du Mediator et a joué un rôle dans l'action de lanceur d'alerte du docteur Irène Frachon dans ce dossier...
Elle publie depuis une liste de « médicaments à écarter », médicaments dont les avantages thérapeutiques ne compensent pas les risques qu'ils représentent.
Elle destine ses informations aux professionnels de la santé (médecins, pharmaciens, etc.), et non pas au grand public, même si le « but final est que les patients soient mieux soignés ».
Prescrire est la propriété de l'Association Mieux Prescrire, une association à but non lucratif dont la direction est élue par une assemblée réunissant notamment des représentants de ses rédacteurs et de ses lecteurs. Elle ne contient pas de publicité, afin de se prémunir contre des pressions des laboratoires pharmaceutiques : ces derniers ne peuvent ainsi jouer de leur rôle d'annonceur pour obtenir une quelconque mansuétude de la revue vis-à-vis de leurs produits . Elle est financée intégralement par les abonnements et la vente de différentes formations destinées au personnel soignant. Par ailleurs, les rédacteurs de la revue signent chaque année une déclaration d’absence de conflits d'intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques et une charte où ils s'engagent à ne prendre en compte que l'intérêt supérieur des patients.
Prescrire compte environ en 2023.
Prescrire fait partie de l'International Society of Drug Bulletins, et est un membre fondateur en 1986 de ce réseau mondial de bulletins thérapeutiques indépendants, soutenu par l'OMS.
Avant la publication, chaque article suit un processus collectif de rédaction. Lors de la phase de documentation Prescrire demande, par exemple, aux laboratoires pharmaceutiques « les comptes rendus de tous les essais cliniques ». Puis l'article créé est relu par dix à trente-cinq personnes ce qui prend au minimum trois mois. « Les articles de synthèse peuvent prendre entre un an et demi et deux ans ».
La revue publie également des synthèses standardisées appelées « L'essentiel sur les soins de premier choix ». Elles sont destinées aux professionnels de santé et les aident à faire face à diverses situations cliniques fréquentes. Ceux-ci peuvent également transmettre à leurs patients des fiches « Infos-Patients Prescrire ».
Prescrire publie aussi une édition internationale en anglais, intitulée Prescrire International. Elle organise des programmes de formation continue destinés aux professionnels de santé et des « Rencontres internationales » tous les deux ans.
Depuis , Prescrire publie aussi une édition pour les infirmiers, intitulée Compétence 4 : pratique infirmière et médicaments.
Palmarès et prix annuels Prescrire dévoile chaque année plusieurs palmarès :
Pilule d'Or et Prix Prescrire Depuis 1981, « La Pilule d'Or [...] récompense des médicaments qui constituent un progrès thérapeutique décisif dans un domaine où patients et soignants étaient totalement démunis a été attribuée seulement 15 fois en 38 ans. ».
Le « Prix Prescrire » récompense des ouvrages médicaux ou pharmaceutiques notables depuis 1989.
Liste de médicaments à écarter Depuis , Prescrire publie un bilan « des médicaments à écarter pour mieux soigner ». Ce bilan est souvent repris dans la presse sous l'appellation de « liste noire des médicaments de la revue Prescrire ».... Début 2019, cette liste recense 93 médicaments . La liste de « médicaments à écarter » pour l'année 2023, comprend 107 médicaments dont 88 sont commercialisés en France.. Selon la revue, les médicaments ont été inscrits dans cette liste quand . Cette liste comprend des médicaments couramment utilisés comme le Smecta ou le sirop Vicks.
Beaucoup de ces médicaments sont en vente libre sans ordonnance en pharmacie..
Composant chimiqueChamp médical concernéNom commercialAcéclofénacRhumatologieCartrex ou autreAcide obéticholiqueGastroentérologieOcalivaAgomélatinePsychiatrie dépendanceValdoxan ou autreAlemtuzumabNeurologieLemtradaAliskirèneCardiologieRasilezAlogliptineDiabétologieVipidia° et associée avec la metformine dans VipdometAlpha-amylaseORLMaxilaseAmbroxolPneumologieMuxolAttapulgiteGastroentérologieActapulgite ou en association dans GastroentérologiepulgiteBézafibrateCardiologieBefizalBromhexinePneumologieBisolvonBupropioneSevrage tabagiqueZybanBupropione + naltrexoneDiabétologieMysimbaCapsaïcine en patchsRhumatologieQutenzaCélécoxibRhumatologieCelebrex ou autreCiclosporine en collyreOphtalmologieIkervisCiprofibrateCardiologieLipanor ou autreCitalopramPsychiatrie dépendanceSeropram ou autreColchicine + poudre d'opium + tiémoniumRhumatologieColchimaxDapoxétinePsychiatrie dépendancePriligyDéfibrotideCancérologieDefitelioDenosumab dosé à 60 mgRhumatologieProliaDiacéréineRhumatologieArt 50 ou autreDiclofénacRhumatologieVoltarène ou autreDiosmectiteGastroentérologieSmecta ou autreDompéridoneGastroentérologieMotilium ou autreDonépézilNeurologieAricept ou autreDronédaroneCardiologieMultaqDropéridolGastroentérologieDroleptan ou autreDuloxétinePsychiatrie dépendanceCymbalta ou autreEscitalopramPsychiatrie dépendanceSeroplex ou autreEstrogènes conjugués équins + bazédoxifèneGynécologieDuaviveEskétamine en solution pour pulvérisation nasalePsychiatrieSpravatoÉtifoxinePsychiatrie dépendanceStresamÉtoricoxibRhumatologieArcoxia ou autreFenfluramineNeurologieFinteplaFénofibrateCardiologieLipanthyl ou autreFinastéride 1 mgDermatologiePropeciaFlunarizineNeurologieSibeliumGalantamineNeurologieReminyl ou autreGinkgo bilobaNeurologieTanakan ou autreGlucosamineRhumatologieVoltaflex ou autreHydrotalciteGastroentérologieRennieliquoIvabradineCardiologieProcoralan ou autreKaolinGastroentérologieen association dans Gastroentérologiepax et NeutrosesKétoprofène en gelRhumatologieKetum gel ou autreLinagliptineDiabétologieTrajenta et associée avec la metformine dans JentaduetoMannitol inhaléPneumologieBronchitolMéloxicamRhumatologieMobicMémantineNeurologieEbixa ou autreMéphénésine par voie oraleRhumatologieDécontractyl et pommade à base de méphénésineMéquitazineDermatologiePrimalanMéthocarbamolRhumatologieLumirelaxMétopimazineGastroentérologieVogalène VogalibMifamurtideCancérologieMepactMilnacipranPsychiatrie dépendanceIxel ou autreMontmorillonite beidellitique alias monmectiteGastroentérologieBedelix et en association dans GeloxMoxifloxacineInfectiologieIzilox ou autreNaftidrofurylNeurologiePraxilène ou autreNatalizumabNeurologieTysabriNicorandilCardiologieIkorel ou autreNifuroxazideGastroentérologiePanfurex ou autreNintédanibCancérologieVargatef - OfevOlmésartanCardiologieAlteis Olmetec Axeler Sevikar OpiumGastro-entérologieDropizalOrlistatDiabétologieXenical ou autreOxétoroneNeurologieNocertoneOxomémazinePneumologieToplexilPanobinostatCancérologieFarydakParécoxibRhumatologieDynastatPentosane polysulfate oralUrologieElmironPentoxyvérinePneumologiePentoxyvérine Clarix 0,15 %PholcodinePneumologiePlus commercialisée en France depuis septembre 2022Pimécrolimus dermiqueDermatologieElidelPioglitazoneDiabétologieActosPiracétamNeurologieNootropylPiroxicam par voie généraleRhumatologieFeldène ou autrePrednisolone+ salicylate de dipropylène glycolRhumatologieCortisalProméthazine injectableDermatologiePhénerganProtéines d'arachideAllergologiePalforziaPrucaloprideGastro-entérologieResolorQuinine pour les crampesRhumatologieHexaquine OkimusRanolazineCardiologieRanexaRivastigmineNeurologieExelon ou autreRoflumilastPneumologieDaxasRomosozumabRhumatologieEvenityRoxadustatHématologieEvrenzoSaxagliptineDiabétologieOnglyza et associée avec la metformine dans KomboglyzeSitagliptineDiabétologieJanuvia, Xelevia et associée avec la metformine dans Janumet, VelmetiaTacrolimus dermiqueDermatologieProtopicTénoxicamRhumatologieTilcotilThiocolchicosideRhumatologieMiorel ou autreTianeptinePsychiatrie dépendanceStablon ou autreTiboloneGynécologieLivial ou autreTixocortol en pulvérisation buccaleORLRhinadvil maux de gorgeTolcaponeNeurologieTasmarTrabectédineCancérologieYondelisTrimétazidineCardiologieVastarel ou autreTrinitrate de glycéryle pommade à 0,4 %GastroentérologieRectogésicUlipristal à 5 mgGynécologieEsmyaVandétanibCancérologieCaprelsaVenlafaxinePsychiatrie dépendanceEffexor LP ou autreVernakalantCardiologieBrinavessVildagliptineDiabétologieGalvus et associée avec la metformine dans EucreasVinflunineCancérologieJavlor
Liste de médicaments primés Les vaccins de Pfizer et de Moderna contre la covid-19 sont les deux derniers médicaments à avoir été primés.
Palmarès du conditionnement de médicaments et efforts de transparence documentaire des firmes pharmaceutiques Sont décernés, par ailleurs, un palmarès du conditionnement de médicaments avec l'attribution de palmes, de cartons jaunes ou rouges ; ainsi qu'un palmarès de l'information qui récompense les efforts de transparence documentaire des firmes pharmaceutiques envers Prescrire (« Firmes à l'honneur » et « Lanternes rouges »).
Histoire
Gilles Bardelay, médecin généraliste lance en 1975 avec son épouse Danielle, pharmacienne, la revue Pratiques, les cahiers de la médecine utopique dans laquelle sont épluchés tous les nouveaux médicaments mis sur le marché. Reprenant l'idée de celle-ci, la revue Prescrire naît en . Elle est fondée par un groupe de pharmaciens et de médecins (Pierre Ageorges, Pierre Simon, Gilles Bardelay et Patrick Nochy) grâce à des subventions du ministère de la Santé. De 1981 à 1986, elles s'élèvent à () par an ; puis elles baissent les années suivantes pour s'arrêter en 1993. Depuis, la revue est financée par les cotisations de ses abonnés (en 2010 la cotisation de est versée chaque année par ) ainsi que par des formations.
Avec un article de décembre 1997, Prescrire est la première publication à demander le retrait du Mediator , contre lequel elle avait déjà émis de nombreuses réserves (en 1986 et 1990 ; puis en 2003 et 2005).
Le , Prescrire gagne un procès, le premier de son histoire, contre le laboratoire Astellas Pharma.
En , et en attente des résultats des essais cliniques en cours, la revue se montre très réservée sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, pour lutter contre la Covid-19, expliquant que l'hydroxychloroquine pourrait même avoir des effets contraires sur la Covid-19 comme le laissent penser les résultats d'une étude chinoise publiée début mars : . Prescrire signale en outre et le fait et que .
Critique
Cas de la dompéridone Selon le professeur Bernard Bégaud, directeur d'une unité de recherche en pharmaco-épidémiologie : L’Agence française du médicament (ANSM) a également émis des réserves, et deux études scientifiques semblent confirmer les critiques de Prescrire.
Activités de lobbying
En Europe Prescrire / l'Association Mieux Prescrire est inscrit depuis 2013 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2024 pour cette activité 1 collaborateur à temps plein. Les coûts annuels liés aux activités couvertes par le registre ne sont pas précisés.
France Prescrire / l'Association Mieux Prescrire n'a déclaré aucune activité de lobbying en France auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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