thumb|Cheval arabe blanc-gris de Théodore Géricault, vers 1812, conservé au musée des beaux-arts de Rouen.
Le cheval est, dans l'art, l'animal le plus représenté depuis la Préhistoire, et l'un des plus anciens sujets artistiques. Il apparait sur tous types de supports au fil du temps, le plus souvent au milieu de batailles, dans des œuvres individuelles, comme monture de personnes importantes, ou attelé à des véhicules hippomobilesHorse and Man History: Le Cheval et l'Histoire Humaine | Pierre-François Puech - Academia.edu. L'art grec témoigne d'une véritable recherche anatomique, tandis que le Moyen Âge lui laisse peu de place. La Renaissance, en particulier italienne, voit l'apogée de la statue équestre, devenue un genre à part entière.
Le portrait équestre acquiert ses règles dès l'époque baroque. Les représentations de chevaux nus sont peu fréquentes jusqu'à l'arrivée des paysagistes flamands, et surtout de l'anglais George Stubbs, le « peintre du cheval », considéré comme l'un des plus grands connaisseurs du sujet à ce jour. Le voit une importante production artistique, avec Alfred de Dreux, Théodore Géricault ou encore Eugène Delacroix en France, Evgueni Alexandrovitch Lanceray en Russie, et l'Américain Frederic Remington. Malgré sa disparition utilitaire au , le cheval demeure présent dans l'art grâce à de nombreux modernes, dont Pablo Picasso, Léon Schwarz-Abrys, Franz Marc, et Maurizio Cattelan au début du .
Différents thèmes artistiques sont l'occasion de mettre le cheval en scène, au-delà des représentations militaires, du portrait équestre et de la statue équestre, la fascination pour les courses hippiques, le cheval arabe, la chasse à courre et l'Ouest américain ont donné lieu à des représentations de chevaux. thumb|Roaring Hoofs, de Otgonbayar Ershuu, 2008. Évolution historique
Le cheval est sans conteste l'animal le plus représenté dans l'art. En dépit de la fin de son utilisation au profit d'engins motorisés, il reste une source d'inspiration pour les artistes modernes. Représenté sur une immense variété de supports, il est le sujet d'artéfacts, de peintures, de sculptures et de dessins dont l'étude reflète sa diffusion dans le monde, la variété et l'évolution de son utilisation. Les artistes Égyptiens, Perses, Scythes, Indiens, Chinois, Gréco-Romains et de toute l'Europe occidentale ont représenté des chevaux. La recherche de l'équilibre dans la représentation est primordiale..
Depuis l'Antiquité et jusqu'au début du , les représentations du cheval en sculpture figurent surtout l'animal au pas pour décorer des places, des fontaines, des façades et des jardins. À l'inverse, la peinture, et surtout le portrait équestre, privilégie la position cabrée et . D'autres genres se répandent en fonction des courants artistiques et des attentes des acheteurs ou des artistes : vague bucolique du , scènes de chasse, courses hippiques et scènes du quotidien au .
Préhistoire
thumb|left|Peintures rupestres basques représentant des chevaux. Les premières représentations d’équidés figurent dans l'art pariétal, des chevaux nus peints ou gravés ornant les parois des grottes décorées par les hommes préhistoriques. L'une des plus anciennes remonte à ans avant notre ère, à Balzi Rossi., une autre est la grotte Chauvet., comportant des groupes de chevaux remarquablement maîtrisés. Le cheval est un sujet artistique dès les premières œuvres humaines.. Il devient l'animal le plus abondant de l'art préhistorique. au millénaire , bien avant sa domestication.. La grotte de Lascaux., parmi de nombreuses autres, recèle dessins rupestres et figurines de chevaux ouvragées. Représenter le cheval davantage que d'autres animaux tout aussi (sinon plus) abondants est un choix pour les hommes préhistoriques. En l'absence de preuves concrètes expliquant ce choix, toutes les interprétations restent possibles, du symbole de pouvoir. (selon l'exposition Le cheval, symbole de pouvoirs dans l’Europe préhistorique) à l'animal chamanique (selon la théorie de Jean Clottes, reprise par Marc-André Wagner.), en passant par le rituel de chasse, ou l'absence de toute fonction.
Antiquité thumb|Statue de cheval étrusque.
La domestication du cheval. L'une des plus anciennes représentations de char attelé est l’œuvre des Assyriens, sur les bas-reliefs de Ninive, d'autres chars figurent sur l'Étendard d'Ur, œuvre sumérienne datée du
D'autres encore figurent chez les Égyptiens (sur un panneau mural de la tombe du scribe égyptien de la dynastie, Nebamun, particulièrement bien conservés), les Étrusques (le cheval y est très abondamment représenté) et les Perses. Les monnaies gauloises se rapprochent des médailles romaines ou carthaginoises, ces dernières pouvant être timbrées d'une tête de cheval et d'un palmier. Le trésor de Vix, une tombe à char contenant des objets d'art d'influence gréco-romaine, témoigne du statut du cheval chez les peuples celtes, tout comme en Angleterre le gigantesque pétroglyphe dit cheval blanc d'Uffington, daté de l'âge du Bronze final et dont la fonction reste mystérieuseJosseline Bidard et Arlette Sancery, L'Angleterre et les légendes arthuriennes, volume 7 de Lectures en Sorbonne, Presses Paris Sorbonne, 1997, , .
Art grec thumb|left|Les chevaux de la frise du Parthénon, par Phidias.
Les premiers artistes à témoigner d'une véritable recherche anatomique sont les Grecs, durant l'époque classique, la perfection étant matérialisée par le sculpteur Phidias, qui au , représente des chevaux sur les frises du Parthénon, peut-être pour célébrer la victoire de Marathon. Les muscles et les veines des animaux sont apparents, la position est étudiée.. Le thème de la sculpture, intemporel, est celui de la maîtrise de l'humain sur le cheval, thème que l'on retrouve dans les dompteurs de chevaux, au Quirinal. D'origine grecque, ces statues imposantes par leurs dimensions ont été copiées par les Romains, puis restaurées de nombreuses fois. Elles inspirent les chevaux de Marly.
Les Grecs créent aussi le sarcophage de Sidon, conservé à Constantinople, puis des frises et une sculpture équine remarquables, datées de - 350, et retrouvée dans les ruines du mausolée d'Halicarnasse. Autrefois attelé à un quadrige avec trois autres chevaux semblables, l'ensemble avait sans doute pour but de permettre symboliquement à l'âme du mort de gagner le ciel. Les monnaies de Syracuse, 500 ans avant notre ère, sont restées le dernier mot de l'élégance équestre antique.
Art romain thumb|Les chevaux de Saint-Marc, à Venise.
Les romains semble s'être moins préoccupés du cheval que les Grecs. Anthopomorphistes, ils représentent peu d'animaux, et uniquement dans les arts décoratifs. Le cheval est , pour figurer sa soumission à l'homme, il est secondaire, accessoire, et de petite taille à côté des hommes héroïsés, à l'exception des représentations de l'art équestre. Quelques bas-reliefs frustes d'un tombeau d'aurige initient à la vie des courses de l'époque. Le quadrige de l'Arc de Titus est une exception notable. Les artistes romains créent la statue équestre de Marc-Aurèle à Rome, l'une des plus célèbres du genre, plus tard restaurée par Michel-Ange. Le musée archéologique national de Naples conserve la statue équestre en bronze vert dite de Néron. Dans la même collection demeurent les statues équestres des deux Balbus. Le quadrige dans la mosaïque de la bataille d'Arbèles, trouvée dans la maison du Faune à Pompéi, marque une étape dans l'art de la représentation équestre. Les chevaux de Saint-Marc sont attribués à Lysippe, mais on considère désormais qu'il ne remontent pas au-delà du .
Art chinois thumb|Cheval au galop volant, bronze du .
Le cheval arrive tardivement en Chine. S'il est représenté depuis ans (Le mausolée de l'empereur Qin a révélé des chevaux de terre cuite auprès de ses armés grandeur nature), son art s'épanouit sous la dynastie Han, lorsque des chevaux de race, dits « célestes », sont acquis par la Chine dans la vallée de Ferghana, en 101 .. Les chevaux d'art chinois stylisés révèlent une volonté d'approcher leur modèle racé.
L'un des plus célèbres objets est le bronze du dit Cheval au galop volant, trouvé dans la tombe du gouverneur Zhang Yechang, dans le xian de Wuwei, et devenu un symbole de la nation chinoise. L'un de ses pieds s'appuie sur une hirondelle.. L'art équin, notamment la peinture, connaît son apogée sous la dynastie Tang, qui voit la création d'un style spécifique.
Durant la dynastie Han, en 103 , les sacrifices de chevaux sont remplacés par des figurines.. Les tombes sont ornées d'animaux et d'hommes, de figurines, et parfois de statues grandeur nature très réalistes. La tombe du général Huo Qubing (117 ) est décorée, entre autres animaux, de chevaux taillés dans la pierre en ronde-bosse. La statue principale, un cheval de de long pour de haut, est située en face de la tombe. Elle détient une place importante dans l'art chinois... De même, la tombe de l'empereur Tang Taizong (647 ) est sculptée de bas-reliefs aux chevaux dans un style naturaliste. Voir aussi : . réalisés, comme des portraits, en bas-reliefs, pour la tombe de l'empereur d'après une peinture de Yan Liben.
L'art chinois a par ailleurs été influencé par les différentes invasions mandchoues et mongoles. La domination de la Chine par les Mongols gengiskhannides de 1279 à 1351 a ainsi provoqué un renouveau de l'art animalier avec la représentation de chevaux dans des scènes de chasse et de guerre, influencé par l'art des steppes.
Moyen Âge
thumb|left|L'empereur triomphant, marbre byzantin, vers 500-550. Musée du Louvre, département des arts décoratifs. thumb|La guerre entre Charlemagne et les Saxons. Éginhard, Vita Karoli magni, . thumb|Plaque De Saint Georges chargeant le dragon de la Châsse de Sainte Ode et Saint Georges d'Amay 1245-1255. Le cheval se fait moins fréquent dans l'art chrétien et byzantin, où prédominent les thèmes religieux. L'art préroman et roman poursuit la vague artistique romaine avec des animaux imprécis de taille réduite, soumis à Dieu et serviteurs de l'homme. Ainsi, le harnachement du cheval est beaucoup plus détaillé que l'animal lui-même qui, pendant toute la période du Moyen Âge, disparait sous l'armure ou le harnais. Les artistes ont peu d'occasion de mettre le cheval en scène, sauf dans les figures de certains saints, comme Martin de Tours coupant son manteau pour le donner à un pauvre, et Georges de Lydda tuant le dragon. La prédominance de l’Église sur l'art occidental influence la représentation des chevaux jusqu'au .
Le triomphe du christianisme est à l'origine de l'archétype du preux chevalier courtois, galant et intrépide, tel que Dürer le représente dans Le chevalier, la mort et le Diable. Les enluminures figurent généralement le cheval de couleur blanche, sous la selle de princes ou de femmesLe Cheval dans le monde médiéval, Aix-en-Provence, université de Provence, 1992, , ..
Absent des premiers bestiaires, qui s'intéressent aux animaux inhabituels et fabuleux sans faire de distinctionLe Cheval dans le monde médiéval, Aix-en-Provence, université de Provence, 1992, , ., le cheval est représenté sur 2,5 % à 3 % des sceaux médiévaux et Renaissance, généralement monté et très rarement nuNicole de Blomac et Bernadette Barrière, Cheval limousin, chevaux en Limousin, Presses univ. Limoges, 2006, . Certains sont d'une grande élégance, notamment pour Jean et Marie de Bourgogne. Tous les sceaux sont ronds et leur figure centrale, entourée de légendes, représente le cavalier sur son destrier.
Les œuvres remarquables incluent une statue de Charlemagne conservée au musée Carnavalet. Quelques chevaux se trouvent dans les sculptures des cathédrales. Les chevaux de la tapisserie de Bayeux représentent la conquête de l'Angleterre. Jean Fouquet réalise un centurion à cheval remarquable dans son Christ en croix.
Renaissance thumb|left|Saint Georges et le dragon (détail) par Paolo Uccello, vers 1456.