Pierre Georges Jeanniot, né à Plainpalais (SuisseNé au 161, chemin du Vieux-Pont, aujourd'hui boulevard du Pont-d'Arve.) le et mort à Paris le , est un peintre, illustrateur et graveur français.
Biographie gauche|vignette|200x200px|Autoportrait de Pierre Georges Jeanniot, avant 1934 (pointe sèche) L'éducation artistique de Pierre Georges Jeanniot a commencé auprès son père, Pierre-Alexandre Jeanniot (1826-1892), longtemps directeur de l'école des beaux-arts de Dijon. Pourtant, petit-neveu d'Élie-Frédéric Forey (1804-1872), maréchal de France, et ainsi Noël Clément-Janin, « Peintres-graveurs contemporains : Pierre-Georges Jeanniot », La Revue de l'art ancien et moderne, juin 1922, ., Jeanniot entame tout d'abord une carrière militaire, en tant qu'officier d'infanterie (1866-1881), sans jamais cesser de dessiner. Il expose pour la première fois en 1872 au Salon des artistes français où il présente une aquarelle sous le titre Intérieur de forêt. Ainsi, chaque année, il y présente des œuvres avec des vues de Toul, Paris, Troyes, des bords de Seine et quelques portraits, ainsi que des eaux-fortes (la première d'entre elles, Madame Jeanniot à sa fenêtre, date de 1877 Jean Adhémar, Jacques Lethève et Françoise Gardey, Inventaire du fonds français après 1800, Bibliothèque nationale - Département des estampes, tome onzième, .) qu'il fait tirer d'abord chez Cadart..
En 1881, alors que l'armée lui propose le grade de commandant, il démissionne pour se consacrer exclusivement à la peinture et à la gravure. Les œuvres de cette époque représentent des scènes de la vie militaire qui lui permettent de se forger une réputation. Jeanniot s'établit de manière permanente à Paris en 1882 et obtient sa première récompense l'année suivante (médaille de troisième classe au Salon de Paris) avec sa toile les Flanqueurs (1883, anciennement à Paris au musée du Luxembourg). En 1886, la Ligne de feu, souvenirs de la bataille de Rezonville (musée des Beaux-Arts de Pau) assure sa notoriété.
À Paris, il se lie d'amitié et laisse de précieux souvenirs sur Édouard ManetDans la Grande Revue (1907). , Pierre Puvis de Chavannes, Jean-Louis Forain, Paul César Helleu, mais surtout sur Edgar DegasDans la Revue illustrée (L. Baschet, 1903). qu'il vénérait comme un maître et avec qui il partagera beaucoup de temps dans sa maison familiale de Diénay (Côte d'Or). vignette|gauche|140px|Georges Charpentier vignette|170px|Divers personnages dans la rue, dessin, coll. Calvé-Cantinotti En qualité de dessinateur, il a été un des collaborateurs assidus de la première heure de la revue La Vie moderne, fondée en 1879 par Georges Charpentier, qui publiait également les signatures de Théodore de Banville, Alphonse Daudet, Giuseppe De Nittis, et contribua à d'autres revues illustrées comme La Lutte moderne, La Vie parisienne, L'Assiette au beurre et Le Courrier français. vignette|redresse|Pierre Georges Jeanniot, Portrait de l'auteur (vers 1910), huile sur toile, Paris, musée d'Orsay. Sa fille Marcelle (il en a fixé les traits en 1896 dans une toile que conserve le Petit Palais à ParisPetit Palais, "Portrait de Marcelle Jeanniot à quinze ans" dans les collections), comédienne au théâtre de l'Odéon, ayant épousé en troisièmes noces Charles Dullin en 1920, Jeanniot va également participer au début de la jeune troupe du théâtre de l'Atelier, exécutant des dessins sur le vif en répétition et des essais de costume, qui sont de véritables outils de travail et de mémorisation pour le metteur en scèneCes carnets sont pour partie visibles sur le site Gallica de la BnF..
vignette|redresse|Recrues, gravure d'Abel Faivre d'après un dessin de Pierre Georges Jeanniot pour Les Misérables de Victor Hugo. Le dessin fut toujours sa passion et sa force. Son trait vivant, expressif et animé excellait à rendre avec humour les scènes pittoresques de la vie de ses contemporains, Pierre Georges Jeanniot.. Pendant les trois décennies suivantes, il illustre un grand nombre de livres et manuscrits, y compris Le Voyage de Paris à Saint-Cloud, Germaine Lacerteux, Tartarin de Tarascon, Adolphe de Benjamin Constant, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Le Misanthrope de Molière et Contes choisis de Maupassant (1886), Le Calvaire d'Octave Mirbeau (1901), Les Paysans d'Honoré de Balzac (1911), Candide de Voltaire et de nombreuses autres œuvres littéraires.
Plus tard, il devient directeur artistique du Journal amusant en même temps qu'il collabore au Rire et à L'Écho de Paris.
Le Gouvernement français le nomme chevalier de la Légion d'honneur en 1906, puis le promeut officier du même ordre par décret du .
Grand collectionneur des toiles de ses contemporains, il possédait entre autres le Dîner au pavillon d'Armenonville d'Henri Gervex (1852-1929).
Il est à sa mort, le , salué comme « Le peintre et graveur Georges Jeanniot est mort », Comœdia, 3 janvier 1934, .
Œuvre Son œuvre porte dans son ensemble la marque d'une grande probité, d'une originalité, d'un sentiment soutenu et d'une rare virtuosité d'exécution. Ainsi, en 1924, L. Leipnik écrit : A History Of French Etching, Londres, 1924..
Comme graveur, Jeanniot s'est d'abord spécialisé dans l'eau-forte de sujets parisiens, aux côtés d'artistes tels que Paul César Helleu, Henry Somm ou Norbert Gœneutte. Chroniqueur de scènes de vie parisienne, il montre une France ironique où les marionnettes du snobisme sont saisies d'un trait cursif, aigu, dans une gamme de tons raresSon talent de graveur l'apparente parfois à Toulouse-Lautrec ou Mary Cassatt. D'autres techniques de gravure lui permettent de s'exprimer comme la pointe sèche, le vernis mou, l'aquatinte et la lithographie (dès 1892). Parallèlement à l'eau-forte, Jeanniot emploie la technique xylographique qui, par de violents découpages, permet aux surfaces largement encrées de s'opposer sans transition aux sources claires. L'inventaire de l'œuvre gravé n'a pu être achevé par son ami, le critique Noël Clément-Janin..
Réception critique thumb|170px|Armand Dayot - Armand Dayot Armand Dayot, « Au Front », L'Art et les Artistes, 1915, ] - Noël Clément-JaninNoël Clément-Janin, « Pierre Georges Jeanniot », La revue de l'art ancien et moderne, juin-. - Gérald SchurrGérald Schurr, « Pierre Georges Jeanniot », in Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'amateur, 1993, .
Expositions
Salon des artistes français, Paris : 1881, 1882 (mention honorable pour Les Réservistes), 1884 (médaille de pour Flanqueurs). Expositions universelles de 1889 et de 1900, Paris (médailles d'argent). Salon de la Société nationale des beaux-arts, 1907 Camille Mauclair, « La peinture à la Société nationale », Art & Décoration, tome XXI, janvier-juin 1907, .. Salon militaire, Paris, 1907. Impressionnisme en Lorraine, musée des Beaux-Arts de Nancy, 1975.
Œuvres dans les collections publiques Argentine Buenos Aires, musée national des Beaux-Arts, Femme accoudée, peinture. Autriche Vienne, musée Albertina. Belgique Anvers, Consulat général de France, Scène de guerre, peinture (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Scène de guerre" dans les collections. Danemark Copenhague, musée d'art de Christiania, Pièce d'eau dans un jardin, peinture. États-Unis
Finlande Helsinki, galerie nationale de Finlande. France Œuvres de Pierre Georges Jeanniot
Laval, musée du Vieux-Château, Sur le banc place de la Concorde, Impérial du tramway place de la Concorde, huile sur toile , 1896 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Sur le banc, Impérial du tramway place de la Concorde" dans les collections. Limoux, musée Petiet : La Folle, 1899, huile sur toileNotice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay.. Nancy, musée des Beaux-Arts, Fumée du soir à Diénay, peinture. Narbonne, musée d'Art et d'Histoire : Les Femmes, 1896, huile sur toileNotice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay.. Paris : Assemblée nationale, Secrétariat général de la questure, Bords de l'Aube à Arsonval, aquarelle , 1924 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Bords de l'Aube à Arsonval" dans les collections. Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Cercle de l'Union interalliée, hôtel Perrinet de Jars, Portrait de l'auteur, huile sur toile , 1919 (dépôt du Centre international des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Portrait de l'auteur" dans les collections. musée de l'Armée : Réservistes de 1870, 1882, huile sur toile. Musée CarnavaletMusée Carnavalet, Pierre Georges Jeanniot dans les collections, musée d'Orsay : Femme se peignant (1890-1892), pastel sur papierNotice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay.« Femme se peignant », sur la base Joconde. ; Five o'clock, 1904, huile sur toileNotice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay. ; Portrait de l'auteur, huile sur toile[zoom=0&tx_damzoom_pi1[xmlId]=078485&tx_damzoom_pi1[back]=fr%2Fcollections%2Fcatalogue-des-oeuvres%2Fresultat-collection.html%3Fno_cache%3D1%26zsz%3D9 Notice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay.]. Petit Palais : Portrait de Marcelle Jeanniot à quinze ans, huile sur toile 92x73cm, 1896. La Présentation, huile sur toile 75x96cmPetit Palais, "La Présentation" dans les collections.
Théâtre national de l'Opéra-Comique, L'orage, peinture 70x100cm, 1918 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "L'orage" dans les collections. Pau, musée des Beaux-Arts : Conseil de révision, huile sur toile« Conseil de révision », sur la base Joconde. ; La Ligne de feu, épisode de la bataille du à Rezonville, 1886, huile sur toile« La Ligne de feu, épisode de la bataille du 16 août 1870 à Rezonville », sur la base Joconde.. thumb|220px|Les Flanqueurs Roubaix, La Piscine : Une chanson de Gibert dans le salon de Madame Madeleine Lemaire, huile sur toile 56x98cm, 1891 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Une chanson de Gibert" dans les collections. Rouen, musée des Beaux-Arts : Portrait de Léon Hennique, 1934, huile sur toile« Portrait de Léon Hennique », sur la base Joconde.. Saint-Malo, musée d'Histoire de la Ville et du Pays Malouin, Châtaigneraie en Corrèze, dessin 43x59cm (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Châtaigneraie en Corrèze" dans les collections. Vesoul, musée Georges-Garret, Les Flanqueurs, huile sur toile 135x200cm, 1884 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Flanqueurs" dans les collections. Localisation inconnue : thumb|150px|Émile Friant, Portrait de Pierre Georges Jeanniot Portrait de Pierre Georges Jeanniot Musée des Beaux-Arts de Dijon, Portrait de Pierre Georges Jeanniot, huile sur toile par Émile Friant, 1884Site Julien Le Blant, Les amis peintres : Pierre Georges Jeanniot. Bailliage de Guernesey Hauteville House (musée Victor-Hugo), Saint-Pierre-Port : Le Look-out à Hauteville House, huile sur toile 50x60cm, 1896 ; La chambre à coucher de Victor Hugo à Hauteville House, huile sur toile 50x60cm, 1896.
Norvège Oslo, musée national de l'Art, de l'Architecture et du Design, peinture (paysage) 92x73cm.
Suisse Musée d'Art et d'Histoire de Genève, Le jeu de polo, eau-forte 44x61cm, 1904Musée d'Art et d'Histoire de Genève, "Le jeu de polo" dans les collections.
Collections privées Albert Bartholomé, Les joueurs de billard, Salon de 1893 ; Les berhgers, Salon de 1894. Edgar Degas, Les conscrits, Salon de 1894. Pierre Lagarde, Corvée de pain, Salon de 1892. Luc-Olivier Merson, dessins. Pierre Puvis de Chavannes, Eugénie Degel, Salon de 1898.
Estampes
Le Buveur d'Absinthe, 1900, eau-forte et crayon. Spectateurs au Polo, 1900, eau-forte. Après le bain, 1908, eau-forte. Le Vaguemestre, 1915, lithographie.
Illustrations thumb|150px|Germinie Lacerteux (1897