La finance renvoie à un domaine d'activité , aujourd'hui mondialisé, qui consiste à fournir ou trouver l'argent ou les « produits financiers » nécessaire à la réalisation d'une opération économique. La finance permet de faire transiter des capitaux des agents économiques excédentaires (qui disposent d'une épargne à faire fructifier) aux agents économiques déficitaires, qui en ont besoin (pour se financer, croître).
Concept La finance regroupe à la fois le système financier et les opérations financières qui ont lieu dans ce système. La finance a vocation à permettre l'allocation et la réallocation de capitaux, en organisant la rencontre entre l'offre et la demande de capitaux. Le système financier permet ainsi de placer des capitaux dans des investissements productifs, mais aussi de spéculer.
Le système financier comprend différents acteurs, qui sont autant d'agents économiques qui ont intérêt à accomplir des transactions financières. Les États viennent y trouver des fonds pour investir ou financer leur déficit public ; les entreprises y émettent des obligations et des actions, etc. Les intermédiaires financiers, comme les banques, jouent un rôle important pour faire entrer en contact les demandeurs et les offreurs. La finance contemporaine a recours à des algorithmes et des intelligences artificielles.
La finance répond ainsi au besoin de financement des agents économiques. Ces derniers peuvent se financer de trois manières : ou bien par l'autofinancement, via ses bénéfices antérieurs ou ses réserves financières disponibles ; par financement direct, via le marché financier (émission d'actions ou d'obligations) ; ou par financement indirect ou intermédié, via le crédit bancaire. Les grandes entreprises sont celles qui ont le plus recours au système financier pour leurs besoins de financement.
La recherche de financement obéit à deux types d'objectifs, suivant le volume initial de capital : à niveau de capital restreint, on cherche à obtenir des capitaux nécessaires et suffisants pour entreprendre, maintenir ou développer une activité ; à niveau de capital avéré, l'objectif est de trouver les placements les plus pertinents en performance et en sécurité en fonction de la valeur temps de l'argent. Le secteur financier est divisé entre les marchés organisés (bourses), où s'échangent divers actifs financiers négociables et cotés, et les marchés de gré à gré.
Selon DembinskiDembinski, Paul H. et Morais, Natasha (Coord.), Sortir du dédale de la financiarisation : pour une finance au service du Bien Commun, Observatoire de la Finance, novembre 2001., la finance est un sous-système économique qui remplit trois fonctions spécifiques : tout d’abord, garantir la circulation des transactions financières ; ensuite, réunir l’épargne et la mettre au service de projets d’investissement ; enfin, évaluer le risque, lui attribuer une valeur et faire en sorte qu’il soit rentable. La finance de l'ombre (ou finance grise, parallèle ou shadow finance) est une forme opaque du capitalisme bancaire financiariséNijdam C (2011) Le Shadow Banking, Appendice Opaque du Système Bancaire Regulé. Analyse Financiere, (41), 51.
thumb|400px|Schéma synoptique des pans de la finance.
Histoire Le mot « finance » vient du latin finis signifiant « le terme ». En français du , le verbe finer veut d'abord dire « finir une transaction et donc payer ». Le mot évolue ensuite pour désigner des « ressources financières » et à partir du des « affaires d'argent »in Dictionnaire étymologique Larousse, 1971..
Cependant, se produit le développement des bourses de valeurs : cette éclosion a été accélérée par la croissance de places financières et commerciales en Europe avant le développement du commerce maritime international : des flux sensibles se mettent en place très tôt entre des places d'argent comme Venise et Gênes, mais aussi Anvers, Troyes et Londres, Brême et Augsbourg, etc.
Même si de nombreux livres lui sont consacrés entre le milieu du En France, Turgot fut l'un des premiers à penser le concept., et le début du , au moment de l'éclosion de l'École classique, c'est seulement à partir de 1958 que la finance est devenue une sous-discipline de l'économie, en lui empruntant ses raisonnements formalisés et ses mécanismes d'optimisation. Auparavant, la gestion financière consistait essentiellement en un recueil de pratiques qui n'étaient pas nécessairement encadrées ou réglementées par des institutions légales.
La finance est largement devenue de nos jours un négoce, partiellement spéculatif et automatisé, d'instruments et de transfert des anticipations de revenus et de risques, dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d'institutions. Les risques peuvent être ainsi transférés à ceux disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d'un importateur est inverse de celui d'un exportateur, le risque de taux d'un prêteur est inverse de celui d'un emprunteur…), la diversification des risques, etc.
Parties prenantes Particuliers Les particuliers peuvent avoir accès aux marchés financiers directement ou indirectement. Ils peuvent chercher à y faire fructifier leurs placements et emprunts.
Sociétés non financières Les entreprises peuvent avoir accès aux marchés financiers afin d'obtenir des capitaux et gérer leur trésorerie.
État et collectivités publiques L'État et les collectivités publiques peuvent avoir recours aux marchés financiers pour assurer l'équilibre entre leurs dépenses et leurs recettes et financer leurs projets d'infrastructure ou d'équipement.
Institutions de placement Les institutions financières de placement agissent sur les marchés financiers pour placer leurs capitaux. Ces entités sont souvent des gestionnaires d'actifs. Ils interviennent pour leur besoin propre sur les marchés financiers comme pour faire fructifier les actifs prêtés par leurs clients. Les conseillers financiers sont des acteurs affiliés à des institutions de placements qui conseillent des personnes fortunées.
On compte parmi les institutions de placements les caisses de retraites, les fonds de placement, et institutions uniques ; les compagnies d'assurances, aussi, qui doivent préserver la valeur des réserves ou provisions venant en garantie des risques qu'elles assurent.
Intermédiaires financiers Les intermédiaires financiers sont des entreprises financières dont la vocation est de mettre en contact l'offre et la demande de produits financiers. Les banques jouent un rôle d'intermédiation financière. Aussi, elles recyclent sur les marchés les dépôts et l'épargne afin de les faire fructifier.
Ces intermédiaires financiers se distinguent par la nature des services qu'ils rendent à leur clientèle et des produits qu'ils sont à même de négocier.
Agences de notation
Une classe particulière d'organismes financiers est constituée par les instances de régulations nationales et internationales ainsi que par les agences de notation. Les marchés financiers sont en effet marqués par des épisodes de croissance exubérante et de dépression sévère qui posent le problème toujours renouvelé de leur régulation.
Banques centrales
Les banques centrales sont des acteurs financiers publics qui agissent sur les marchés financiers en menant leur politique monétaire.
Typologie Types de finance thumb|250px|Salle de marché du NYSE avant l’introduction des écrans et de la cotation électronique
La finance se subdivise traditionnellement en plusieurs périmètres d'activité définis par la clientèle servie : la finance publique recouvre le financement des actions et du budget de l'État, des collectivités publiques et des organismes sociaux ; la finance privée concerne la gestion de patrimoine et des revenus personnels, préparation de la retraite ; la finance d'entreprise accompagne la gestion financière des entreprises, en matière d'exploitation (trésorerie de court terme) ou d'investissement (moyen et long terme).
Types de marchés La finance de marché désigne les mécanismes par lesquels il est possible de faire appel aux marchés pour se financer directement, opérer des placements, se couvrir, ou d'utiliser des instruments financiers complexes, comme les options. Les marchés financiers sont devenus depuis les années 1980 l'un des principaux circuits de financement de l'économie, en complément des banques. Aux États-Unis, le recours aux marchés est plus répandu qu'en Europe continentale. Ils comprennent : les marchés d'actions, qui sont les plus connus du grand public, mais pas les plus actifs ; les marchés de taux d'intérêt qui, par leurs cotations en continu, constituent de très loin le plus grand marché de la planète et se subdivisent en : le marché monétaire pour le court terme, le marché obligataire pour le moyen-long terme ; le Marché des changes ou Forex ; il existe par ailleurs de nombreux marchés de matières premières et de produits de base (pétrole, blé, etc.) qui peuvent donner lieu à des interventions motivées par des ressorts financiers alors qu'en principe leurs transactions sont réputées contribuer à l'établissement des prix des produits dits « de base ».
Types de disciplines et méthodes Mathématiques financières : ensemble d'outils de calcul pour la modélisation et l'aide à la décision utilisés dans les différentes branches de la finance, notamment les calculs sur les taux d'intérêt et les instruments financiers. Choix d'investissement : critères et méthodes pour sélectionner des investissements en fonction de leur rentabilité prévisionnelle ou de leur création de valeur. Évaluation financière : estimation de la valeur des actifs, que ceux-ci soient financiers (actions, obligations, options, voir actif financier), ou des entreprises (voir évaluation d'entreprise) ou encore des biens immobiliers. Politique financière : choix des financements des sociétés, dans le but d'optimiser leur Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC). La répartition entre le financement par Capitaux propres et par dettes, la politique de dividende sont des questions centrales de la politique financière. Théorie moderne du portefeuille : optimisation de la répartition des actifs par diversification. Initialement développée pour les marchés financiers, cette discipline sert également au champ de la finance d'entreprise. Plus généralement, on parle de gestion des risques. Finance comportementale : identification des facteurs psychologiques individuels et collectifs intervenant dans les décisions financières et leurs effets sur la formation des prix et sur les rendements financiers.
La politique monétaire et finance publique internationale servent des objectifs macroéconomiques. Par exemple, la politique monétaire est menée par les banques centrales, avec des interactions avec les organismes officiels internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque des règlements internationaux, BEI, BERD, etc.).
Enjeux et finalités de la finance Finance et croissance La question du lien entre finance et croissance économique fait l'objet de recherches académiques. Joseph Schumpeter soutient en 1911 que la finance joue un rôle essentiel dans l'économie en ce qu'elle permet d'allouer des capitaux oisifs à des projets entrepreneuriaux porteurs de croissance. Un travail précurseur de en 1969 confirme l'intuition schumpétérienne et trouve un lien positif entre finance et croissance sur un échantillon de 36 pays dont les données vont de 1860 à 1963. Des résultats similaires sont trouvés au .
Certains chercheurs toutefois soulignent que si la finance apporte des bienfaits à une économie en lissant les risques et en améliorant l'allocation de l'épargne, son développement conduit à une hausse de la volatilité et la fréquence des crises. Aussi, les entrées massives de capitaux permises par les systèmes financiers ouverts aggravent les situations de crise.
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