Jean-Auguste Margueritte, né le à Manheulles (Meuse) et mort le 1870 à Beauraing (Belgique), est un général de division français.

Officier de cavalerie, il se distingue lors de la conquête de l'Algérie et de l'expédition du Mexique. Puis, général, il commande une brigade puis une division de cavalerie lors de la guerre franco-prussienne de 1870 où grièvement blessé lors de la bataille de Sedan, il meurt quelques jours plus tard.

Biographie Famille Il est le fils d'Antoine Margueritte (1803-1867), cordonnier puis maréchal des logis dans la gendarmerie, et Marie Anne Vallet (1793-1862).

Il épouse en 1859 à Alger Eudoxie Victorine Antonie Adélaïde Mallarme (1838-1921).

Il est le père des écrivains Paul et Victor Margueritte, et le grand-père des deux filles de Paul : Ève Paul-Margueritte et Lucie Paul-Margueritte, toutes deux écrivaines.

Jeunesse en Algérie Jean-Auguste Margueritte découvre l'Algérie en 1831, lorsque son père, gendarme, est envoyé à Kouba. C'est là qu'il passe la plus grande partie de sa vie et de sa carrière militaire. Il apprend l'arabe, qu'il maîtrise très jeune.

Il s'engage à dans les gendarmes maures en tant qu'interprète. Il est nommé brigadier le puis promu sous-lieutenant le de la même année, alors âgé seulement de 17 ansCette promotion est loin de lui assurer une carrière militaire, car ce corps indigène ne compte pas dans l'armée française. Un décret de juillet 1842 licencie d'ailleurs les deux escadrons de gendarmes maures tout en recrutant leurs soldats et officiers pour créer le noyau des nouveaux régiments de spahis. Mais les officiers ainsi recrutés n'avaient pas de rang légal dans l'armée et ne pouvaient rentrer qu'au titre d'indigène. Ils ne tenaient leurs positions que de décrets du gouverneur général, et à titre provisoire. L'organisation des spahis limitait l'avancement des officiers servant au titre indigène au grade de lieutenant, les subordonnant en toute occasion aux officiers français du même grade. Ils ne pouvaient devenir capitaines..

Après le licenciement des gendarmes maures, Margueritte s'engage ensuite comme simple soldat au régiment de chasseurs d'Afrique à Toulon, avant de passer au bout d'un mois seulement brigadier aux spahis. Il est nommé maréchal des logis en et fait chevalier de la Légion d'honneur en , à l'âge de 20 ans seulement.

Il est ensuite chef du bureau arabe de Miliana, chef du bureau arabe de Theniet El Had en 1844, puis, en , lieutenant au régiment de spahis.

En 1855 il devient capitaine chargé du commandement du cercle de Laghouat.

Il est promu officier de la Légion d'honneur en puis en 1860 il est nommé lieutenant-colonel au régiment de chasseurs à cheval de France.

Expédition du Mexique Il embarque pour l'expédition du Mexique en . Il prend le commandement en second du de marche. Le , il est nommé colonel du régiment de chasseurs d'Afrique.

Retour en Algérie Il retourne en Algérie en nommé colonel du régiment de chasseurs d'Afrique à Blidah. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur en juillet.

Le , il est nommé général de brigade, commandant de la subdivision d'Alger.

Guerre franco-prussienne Début de la guerre Il participe à la guerre contre la Prusse en 1870 en prenant le commandement de la première brigade (1 et ) de la première division de cavalerie du général du Barail de l'armée du Rhin.

Il est blessé d'un coup de sabre au combat de Pont-à-Mousson le «Combat de cavalerie à Pont-à-Mousson, carte postale (12 août 1870)», Arch. dép. Meurthe-et-Moselle, 2 Fi 1105..

Bataille de Sedan Il est fait général de division le et reçoit le commandement de la de la Réserve de cavalerie de l'armée de Châlons, comprenant deux brigades de cavalerie qui regroupent alors les et de chasseurs d'Afrique, le , le de chasseurs à cheval aidés de deux batteries à cheval du d'artillerie. Le même jour, il reçoit une balle qui lui traverse la joue sur le plateau qui sépare Floing et Illy, lors de la bataille de Sedan. Au cours de l'affrontement, sa division de cavalerie, dont le général de Galliffet a pris la tête, s'illustre en menant une charge désespérée contre les Prussiens. Paul Bondois décrit ce moment dans son Histoire de la guerre de 1870-71 : « Il n'y eut pas un moment d'hésitation parmi cette poignée d'hommes, chargés de se heurter à ces carrés noirs et profonds de la ; décimés à plusieurs reprises par le tir des fusils Dreyse et des canons, ils se reformèrent pour se jeter de nouveau sur cette ligne presque rigide qui avançait sur les Français ; le général Margueritte, les joues transpercées par une balle, la langue coupée et atrocement défiguré, indiquait encore du geste à ses cavaliers l'ennemi dont il fallait à tout prix arrêter le progrès étouffant. »

Fin de vie Soigné d'abord à Sedan, il meurt de ses blessures cinq jours plus tard, le , chez le duc Mariano d'Osuna au château de Beauraing, en Belgique.

Décorations () Officier le Chevalier le

Œuvre Chasses de l'Algérie. Alger, Bastide, 1866 (Réédition en 1869 à Alger puis à Paris en 1869, 1884, 1888 et 1902)

Hommages right|thumb|400px|Le général Margueritte, blessé à la bataille de Sedan. Peinture de James Alexander Walker (1831-1898). right|thumb|400px|La statue du général Margueritte à Fresnes-en-Woëvre. Le lycée polyvalent régional Jean-Auguste-Margueritte, à Verdun (Meuse, Lorraine), porte son nom depuis la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905. Le lycée quant à lui est traditionnellement appelé « Le Margot », terme utilisé depuis des décennies par les élèves et anciens élèves verdunois et meusiens. Il a reçu différentes personnalités telles que Gilles de Robien en 2005, à l'époque ministre de l'Éducation Nationale, ou encore Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris, en 2009, dans le cadre de la réforme du lycée. Un village d’Algérie proche de Miliana, à d’Alger, aujourd’hui nommé Aïn Torki, porta le nom de Margueritte pendant la période coloniale. Un manège de l'École de Cavalerie de Saumur porte son nom. Le général a sa statue à Fresnes-en-Woëvre (Meuse) et à Floing (Ardennes). Ses deux fils écrivirent chacun un essai en hommage à leur père : Mon père (Paul Margueritte, 1884), et Un grand Français. Le général Margueritte (Victor Margueritte 1930). Ils écrivirent également les Braves Gens, recueil de nouvelles dont l'une raconte Sedan et en particulier l'engagement de la de la Réserve de Cavalerie sur le plateau d'Illy. Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, « La mort d'un héros », dans Le Figaro, Œuvres complètes, édition établie par et Pierre-Georges Castex, avec la collaboration de Jean-Marie Bellefroid, Gallimard, , , 1986.. Des rues portent son nom :

Une allée du Champ-de-Mars à Paris porte son nom. Une caserne de Rennes porte son nom (quartier Sud-Gare). Le Chat des sables, Felis margarita, a été nommé en son honneur Chat de Margueritte.

Notes et références

Bibliographie

Paul Margueritte, Mon père, nouvelle édition, augmentée des Lettres du général Margueritte, préface de Victor Margueritte. Paris, 1886, La librairie illustrée, 316 p. (). La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. 1885-1902, Paris, H. Lamirault, . Paul Bondois, Histoire de la guerre de 1870-71 et des origines de la troisième République. Paris, A. Picard et Kaan, 1888, . André Jules Octave de Mandres, Les régiments de la Division Margueritte et les charges à Sedan, Paris/Nancy, Berger-Levrault, 1908. Joachim Ambert, Récits militaires : L'invasion (1870), Bloud et Barral, 1883, et passim. Victor Margueritte, Un grand Français. Le général Margueritte, avec des pages de Paul Margueritte extraites de Mon père. Centenaire de l'Algérie. Paris, Flammarion, 1930, 246 pages. Marie-Christine Claes et Christian van den Steen (avec des contributions de Catherine Rommelaere et Eduardo Lamas-Delgado), Faste et misère : le château de Beauraing au temps d'un Grand d'Espagne (Monographies du TreM.a, ), Namur, 2014, . Le commandant Grandin de Mansigny : Les chevauchées du général Margueritte, de Miliana à Sedan, Librairie nationale d'éducation et de récréation, sans date.

Voir aussi Liens externes

L'Histoire par l'image : L'emblématique naufrage de la cavalerie française à Sedan

Catégorie:Naissance en janvier 1823 Catégorie:Naissance dans la Meuse Catégorie:Décès en septembre 1870 Catégorie:Décès à Beauraing Catégorie:Décès à 47 ans Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Militaire français du XIXe siècle Catégorie:Militaire français de la conquête de l'Algérie Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1864 Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la guerre franco-allemande de 1870 Catégorie:Auteur cynégétique Catégorie:Général français du Second Empire