vignette|L'état du stock de cette espèce fait l'objet de controverse entre pêcheurs et administrations de la pêche (espèces la plus pêchée en Guyane, devant la crevette).

Lutjanus campechanus, connu sous le nom vernaculaire de vivaneau campèche ou vivaneau rouge au Québec, est une espèce de poissons de la famille des Lutjanidae, native de l'ouest de l'océan Atlantique, des côtes canadiennes à celles du Brésil.. Comme la plupart des Lutjanidae c'est un poisson à croissance lente qui après une vingtaine d'années atteint 10 kilos et ; à 10 ans il mesure et pèse 5 kilos. C'est une espèce en régression sur une grande partie de son aire de répartition (les tailles moyennes pêchées diminuent).

Alimentation Selon Pérodou en 1994 c'est un (cannibale à l'occasion) et qui consomme d'abord des poissons récifaux (36 % de son régime alimentaire), puis des crabes (23 %), et des crevettes (12 %) et enfin d'autres crustacés (13 %), diverses espèces benthiques (5 %), quelques céphalopodes (4 %) et du plancton (7 %)Pérodou J-B (1994) Dynamique de la population exploitée de Vivaneau rouge (Lutjanus purpureus) de Guyane. Complémentarités des analyses globales et structurales. Thèse de l’Université des Sciences et Technologies de Lille. Non publié. cité par Ifremer.

Écologie

Moguedet en 1995 classent le Vivaneau rouge comme espèce démersale hauturière (qui sera donc très rarement présent à l'état adulte dans la frange côtière sur les fonds de moins de , mais plutôt sur des fonds rocheux plus profonds et aux eaux claires (de 30 à de fond), alors que les alevins peuvent apprécier les eaux plus turbides).

L'adulte est sédentaire et territorial. Il se comporte comme le mérou : il se cherche un abri dans les fonds rocheux ou récifaux, qu'il adopte et qu'il ne quitte plus que pour rechercher de la nourriture (ou se reproduire). Ce comportement explique les difficultés posées par sa gestion halieutique (si ces habitats sont surpêchés, le stock ne se reconstituera pas ailleurs, et la biomasse des Vivaneaux rouges hébergés dans un récif ou fond rocheux est limitée. Sa croissance est lente.

Sex-ratio : Grimes (1987) et Pérodou (1994) l'estimaient très équilibré, mais des relevés faits dans certains bancs montrent que ce n'est pas le cas (ratio de mâles/femelles de 40–60 % (ce qui pourrait éventuellement faire évoquer un problème de perturbation endocrinienne).

Reproduction Les conditions du frai sont encore mal connues. Il durerait en zone équatoriale et condition insulaire toute la saison des pluies (avec une ponte continue) alors qu'en conditions continentales (Brésil, Guyane) l'espèce aurait une reproduction saisonnière plus irrégulière avec des pics successifs durant la saison des pluiesThompson R et Munro JL (1974) The biology, Ecology and Biomics of the Snappers, Lutjanidae. In «ICLARM shnd Rev., 7, 1983 », Chap 9. ; en Guyane il semble qu'en juillet, la majorité des femelles soient prêtes à pondre alors qu’en août, octobre et novembre, elles soient en situation de repos sexuel. les vivaneaux pourraient donc se reproduire entre juillet et août (saison unique, ce qui semble peu probable au vu des études faites ailleurs) ou comme au nord du Brésil les vivaneaux qui sont matures en juillet migrent vers le talus continental en juillet-août mais pour ne pondre que plus tard en octobre. L’absence de vivaneaux matures dans les pêches d'août serait expliquée par une migration faisant qu'ils ne sont plus sur les lieux de pêche, mais probablement plus au large et en profondeur le long de la pente du plateau continental pour y pondre (entre avril et septembre quand l'Amazone et les autres fleuves libèrent le plus de nutriments dans l'Atlantique.

C'est un poisson à stratégie K selon Pérodou (1994) ou de type R selon Grimes (1987). Sa première maturité sexuelle n'intervient que vers 4 ans (il mesure alors environ 35 cm). Il est très fécond (à 10 ans une femelle produit environ 3 millions d'œufs par an), mais une grande partie des œufs et alevins périront mangés par d'autres espèces.

Après l'éclosion les alevins migrent vers des nourriceries côtières, profitant des nutriments abondants apportés par les fleuves en crue.

Surpêche et controverses Comme pour la plupart des espèces de poissons les effectifs de Vivaneau rouge sont en régression sur tout ou partie de son aire de répartition, notamment en raison de la surpêche ; aux États-Unis, la loi fédérale de 1976 sur la conservation et la gestion des pêcheries fixe des quotas pour reconstituer les stocks surexploités (dont pour le Vivaneau rouge).

En France Sur les territoires marins (ZEE) que la France a actuellement en responsabilité il est notamment présentRivot E (2000). Le vivaneau rouge (Lutjanus purpureus) dans la ZEE de Guyane française. Bilan des connaissances sur la biologie de l'espèce. Analyse de quelques aspects de la pêcherie vénézuélienne. et largement pêché en Guyane par plusieurs flottilles de ligneurs vénézuéliens venant de l'île Margarita et pêchant jusque dans les eaux de l'État de l'Amapa et en Guyane ; pêcherie qui alimente toutes les Antilles. Cette pêcherie est depuis quelques années fragmentée selon le zonage des ZEE nationales où une licence de pêche spécifique doit être délivrée par chaque nation responsable de la zone. En 2010, 41 licences européennes étaient attribuées par la Commission Européenne des pêcheries étrangères (avec obligation de débarquer 75 % de leurs captures en Guyane)Caro A et Lampert L (2011). Description de la pêcherie vénézuélienne de vivaneaux dans la ZEE de Guyane et évaluation du stock de vivaneau rouge (L. purpureus) en 2010.. Près des 2/3 de l’effort total de pêche des flottilles vénézuéliennes s'était vers 2010 concentré sur des fonds de situés devant Cayenne (Zone de pêche ), peut-être pour économiser le carburant.

En Guyane des bateaux antillais, martiniquais et guadeloupéens viennent aussi pêcher le Vivaneau (via des nasses à poissons, un moyen de pêche qui a selon Ifremer failli faire disparaître l'espèce aux Antilles et qui explique que les pêcheurs guyanais qui utilisent traditionnellement la « ligne à main » contestent la venue de ces bateaux concurrentsRivot, E., Charuau, A., Rose, J., et Achoun, J. (2000). La pêche du vivaneau rouge en Guyane. Un bilan de l'exploitation sous le régime vénézuélien, des techniques de capture à adapter et à développer|Rapport RH/GUYANE 2000-01, Préfecture de Guynerésumé|PDF, 99 p.). En 2010 la valeur débarquée déclarée était d'environ 3 millions d'euros pour la Guyane.

La pêcherie vénézuélienne de Vivaneau a fait l'objet d'une première étude (thèse de doctorat) dans les années 1980. Cette étude a cherché à conjointement prendre en compte son intensité (puissance de pêche), les variations et strates spatio-saisonnières d'abondance et les abondances annuelles de ce poisson. En 5 ans d'observation (1987 à 1991) l'indice annuel d'abondance de l'espèce a chuté, en raison très probablement d'une surpêche, mais selon l'auteur de l'étude la ressource apparaissait encore (pour la fin des années 1980) comme potentiellement stable si elle n'était que transitoirement surexploitée. Mais sans une diminution de l'effort de pêche, il fallait s'attendre à pour les années à venirPerodou J.B (1994) Dynamique de la population exploitée de vivaneau rouge (Lutjanus Purpureus) de Guyane: complémentarité des analyses globale et structurale (Doctoral dissertation, Lille 1)..

À la toute fin du siècle, la pêche à la ligne à main était réputée moins à risque, mais une dizaine d'hommes à bord d'un ligneur font finalement autant de dégâts sur le stock que la pêche aux nasses qui tend d'ailleurs à être abandonnée. En Guyane ce stock (de même que celui de « vivaneau rayé » ou Lutjanus synagris et de « vivaneaux tête ronde » ou « ti-yeux » ; Rhomboplites aurorubens) est exploité ou surexploité par trois flottilles plus ou moins concurrentes : les ligneurs vénézuéliens (environ tonnes déclarées par an vers l'an 2000, essentiellement débarquées au Venezuela, avec des prises d'une taille de plus en plus petite qui montre un déclin préoccupant du stock de grands reproducteurs : les petites tailles sont devenues prépondérantes dans leurs captures. Selon Ifremer, ; les caseyeurs antillais (martiniquais essentiellement) qui constatent aussi une réduction de taille des individus capturés (pour les quelques armements qui fournissent des informations), la moitié de leurs prises étant en outre des « vivaneaux tête ronde » (Rhomboplites aurorubens) ; En 2010, cette pêche était équivalente à 10 % du volume pêché par les Vénézuéliens en Guyane ; les chalutiers crevettiers guyanais (1,5 à 2 millions de juvéniles étaient ainsi capturés avec les crevettes chaque année vers l'an 2000, ; comme capture accessoire souvent rejetée en mer ou utilisé comme appât, selon un rapport Ifremer, ).

Une partie de ces pêches pourrait être non déclarée et débarquée au Venezuela ou au Surinam.

Une pêche au chalut du Vivaneau rouge a été développée au milieu des années 70 puis interdite en 1983 en Guyane en raison de sa capacité à surexploiter la ressource.

En 2000, une étude Ifremer estimait qu'il faudrait réduire de l'effort de pêche d'au moins 40 % pour retrouver des tailles normales ou permettant la vente de filets ou darnes, et que les résultats ne seraient pas immédiats en raison de la croissance lente des individus. Des efforts ont été faits qui se sont traduits par une amélioration du recrutement annuel (qui a retrouvé en 2006-2010 un chiffre de 6 millions de recrues en moyenne qui a permis une restauration de la biomasse totale et de la biomasse féconde, mais la taille moyenne des poissons pêchés reste proche de celle du début de la maturité, ce qui montre une situation qui reste préoccupante (indice de surpêche : les juvéniles survivent mieux (sans doute en raison d'une baisse de l'activité crevettière), mais pas les grands adultes qui pondraient et féconderaient beaucoup plus d'œufs, avec une diversité génétique plus large). Ifremer signale en 2010 une réaugmentation de l’effort de pêche (+18 % en un an, de 2009 à 2010) alors qu'il était resté stable de 2005 à 2008, et alors que les autorités manquent toujours d'informations sur : le tonnage et les tailles des captures débarquées au Venezuela ou ailleurs par les ligneurs en fin de campagne ; les captures faites par les bateaux antillais qui pêchent à la nasse pour alimenter les Antilles ; les captures de la part illégale des flottes de pêche ; les quantités de juvéniles qui meuvent de la pêche crevettière (ex : 2 millions de juvéniles estimés ainsi pêchés en 1998).

Une nouvelle évaluation a été faite en 2016 sous l'égide de la Direction de la Mer en GuyaneLoic B, Fabian B et Alain B (2016) Diagnostic portant sur le stock de vivaneau rouge de Guyane Française. Direction de la Mer en Guyane, Cayenne, Ref. BIODIVHAL, 2.

Aux États-Unis Cependant cette espèce n'a pas fait l'objet d'une évaluation crédible des stocks, faisant que les pêcheurs amateurs ne l'estiment pas menacée ; selon l'universitaire M. Stunz qui sera chargé d'évaluer les stocks de cette espèce. Selon lui-même la NOAA reconnait manquer de connaissance sur l'espèce. Une étude fédérale était prévue avec un budget de 12 millions de dollars pour permettre à 21 scientifiques pilotés par Greg Stunz (Université du Texas), à l'aide de caméras et de plongeurs de suivre et évaluer durant deux ans le stock de vivaneaux rouges du Golfe (où il fait l'objet d'une pêche très populaire) Hotakainen R(2017) Extending red snapper season might have broken U.S. law paru dans E&E News et relayé par la revue science (2017-12-19)..