thumb|280px|« La Marche du désaccord » à Saint-Pétersbourg le 3 mars 2007. La Marche du désaccord (en , littéralement « la marche de ceux qui ne sont pas d'accord ») est l'appellation donnée aux manifestations de l'opposition en Russie qui ont eu lieu le et le à Moscou, le et le à Saint-Pétersbourg, et le à Nijni Novgorod.
Ces manifestations sont organisées par le Front civique unifié (en ), présidé par Garry Kasparov, l'ancien champion du monde d'échecs, et Mikhaïl Kassianov, ancien Premier ministre russe. Le Front regroupe différents mouvements politiques russes, d'extrême gauche, de gauche, de droite et d'extrême droite, qui revendiquent un changement du système politique formé pendant les années de la présidence de Vladimir Poutine, caractérisées, selon eux, par un recul de la démocratie, la suppression des élections à différents niveaux du pouvoir et la modification de la législation sur les partis politiques.
Moscou, le 16 décembre 2006
À Moscou, le , la manifestation a réuni de à personnes . L'itinéraire prévu était bloqué par les forces de l'ordre ; à cause des obstacles créés par la police ; environ 250 personnes ont été arrêtées au cours de la manifestation à la place Trioumfalnaïa de Moscou.
Saint-Pétersbourg, le 3 mars 2007
À Saint-Pétersbourg, le , la manifestation a réuni de 800 (selon la police) à (selon l'opposition) personnes (source neutre : environ 5000La crise économique, alliée de l'opposition ? - Rfi - Maud Czaja - 30/01/2009 ). Comme à Moscou, la Marche a été interdite par les pouvoirs locaux, mais elle a eu lieu malgré les obstacles et les affrontements avec la police. 113 personnesDes provocations sont possibles au cours de la « Marche du désaccord » à Saint-Pétersbourg - Ria Novosti - http://fr.ria.ru/russia/20070414/63643059.html ont été arrêtées et relâchées peu de temps après, y compris le chef du parti national-bolchévik Edouard Limonov. Quelques personnes ont été blessées pendant les affrontements.
Nijni Novgorod, le 24 mars 2007
À Nijni Novgorod, le , la manifestation a été interdite sous des prétextes différents (une fête d'enfants, recherches archéologiques, travaux de construction, etc.) et sévèrement réprimée par les autorités locales. La plupart de ses organisateurs ont été poursuivis pendant la semaine précédant la manifestation. Le centre-ville était complètement bloqué par les forces de l'ordre, beaucoup de participants n'ont pas pu accéder à l'endroit prévu à cause des interpellations partout dans la ville et la région, mais une petite manifestation a réussi à avoir lieu à côté de la place Gorki, pendant 20 minutes environ, avant d'être écrasée par les policiers. Selon les données citées par différentes sources, y compris la radio Echo de Moscou, au moins une centaine de personnes ont réussi à traverser les nombreux obstacles créés par la police. 3000 policiers, locaux et convoqués des régions voisines de la ville, devaient écraser le mouvement, environ 200 personnes ont été interpelées; quelques chefs du mouvement ont été arrêtés et seront poursuivis pour terrorisme.
Moscou et Saint-Pétersbourg, le 14 et le 15 avril 2007
Deux manifestations de la Marche du désaccord ont eu lieu le 14 et le à Moscou et à Saint-Pétersbourg respectivement.
L'avis de manifestation à Moscou pour le a été adressé aux autorités le , mais il a été rejeté rapidement et le refus a été expliqué par le fait qu'une autre association avait déposé son avis une minute (!) avant celui de la Marche et leur manifestation devra avoir lieu au même endroit et à la même heure. Les autorités ont proposé aux organisateurs de la manifestation de se rassembler à Touchino, un quartier au Nord-Ouest de Moscou, situé à du centre-ville. Les organisateurs de la Marche n'ont pas accepté cette proposition.
Comme pour les marches précédentes, des poursuites ont été lancées contre les personnes participant à l'organisation des manifestations, quelques jours avant la date prévue pour la marche. MM. Kassianov et Edouard Limonov ont reçu des avertissements officiels du Parquet, qui leur conseillait de ne pas y participer radio Echo de Moscou, 12/04/2007, l'avertissement de M. Kassianov et de E. Limonov. En même temps, le chef du parti au pouvoir Russie unie, Boris Gryzlov, a déclaré le qu'il était défavorable "à toute marche ou manifestation, dont les participants essayent d'exprimer leur opinion sur les évènements qui se passent en Russie. Je pense que les manifestations doivent avoir lieu à l'occasion des fêtes, quand les gens sortent dans la rue et font la fête. Mais les manifestations, qui visent à déstabiliser la situation politique et exprimer des opinions, c'est dangereuxradio Echo de Moscou, 12/04/2007, le discours de B. Gryzlov."
Le , l'ONG Human Rights Watch a exprimé son inquiétuderadio Echo de Moscou, 13/04/2007, l'inquiétude de HRW à propos d'un éventuel écrasement des manifestations, prévu par les autorités. Au moins policiers des régions voisines ont été convoqués à Moscou afin de "maintenir l'ordre public".
Le , tout l'itinéraire de la Marche a été bloqué par les forces de l'ordre. Toute personne qui se dirigeait à l'heure de la Marche vers la place Pouchkine à Moscou risquait d'être arrêtée : la police arrêtait tous ceux qui avaient l'air de pouvoir participer à la manifestation, y compris certains journalistes. Voici un extrait d'une transmission radio entre les policiers, enregistré pendant l'événement, publié ultérieurement par la radio Echo de Moscou :
Nous sommes devant un groupe de 20-30 personnes, âge moyen 60-65 ans. Donnez-nous une instruction! ... Arrêtez-les, pour que personne ne pénètre vers ce côté. Mettez-les dans les bus. ... Arrêtez tous ceux que vous voyez, les jeunes, tous. Ici du côté de la place Trioumfalnaïa, un groupe de 50 personnes arrive, Garry Kasparov parmi eux. Arrêtez-les, tous. Tous dans les bus. Il faut pas que Kasparov s'en aille. Arrêtez-le. ... Khakamada est là, donne une interview aux journalistes, se dirige vers la place Pouchkine. Arrêtez Kassianov aussi, vite, vite. Avez-vous besoin de renforts? ...
Garry Kasparov a été arrêté avant le commencement de la manifestation, il a été détenu pendant 5 heures dans un commissariat de police, puis convoyé au tribunal, où, pendant un procès qui a duré environ 6 heures, il a été condamné à payer une amende de (environ ) pour avoir "crié des slogans antigouvernementaux dans la rue". D'après Kasparov, le procès avait un caractère totalement absurde et tout a été fait pour l'empêcher d'aller le lendemain à Saint-Pétersbourg pour une nouvelle Marche.
Les participants de la Marche se sont rassemblés finalement à la place Tourgueniev (initialement prévu comme le point final de la Marche), pour un meeting qui a duré environ 30 minutes, dispersé ensuite par les forces de l'ordre.
Parmi les autres personnes arrêtées au cours de la manifestation on peut citer Maria Gaïdar, chef du mouvement de jeunesse "Da!" ("Alternative démocratique") et Sergueï Parkhomenko, journaliste de la radio Echo de Moscou, Sergueï Oudaltsov, chef de l'"Avant-garde de la jeunesse rouge" (AKM), mais ils ont été relâchés plus tôt que Garry Kasparov. Au total, plus de 300 personnes ont été arrêtées pendant la manifestation. Certains participants ont été blessés à coups de matraque. Selon différentes estimations, de à personnes ont participé à la manifestation.
Plusieurs autres manifestations ont eu lieu simultanément avec la Marche du désaccord à Moscou et étaient autorisées par le pouvoir : l'Union des forces de la droite (SPS) a rassemblé ses partisans à la place Slavianskaïa à 13h, le Congrès des communautés russes (KRO) et le Mouvement contre l'immigration illégale (DPNI) ont manifesté à la place Bolotnaïa à 14h (« Marche impériale »), tandis que la Garde jeune (branche de la Russie unie) est sortie à Vorobievy Gory. Cette dernière manifestation portait le nom de la « Marche de l'accord ».
Le , à Saint-Pétersbourg, une autre étape de la Marche a eu lieu. La Marche elle-même a été interdite par les autorités locales, mais un meeting à la place Pionerskaïa a été autorisé. La manifestation s'est passée sans affrontements, mais, après le meeting, une colonne de manifestants s'est dirigée vers la gare de Vitebsk, à l'approche de laquelle elle a été écrasée par la police. Quelques personnes ont été gravement blessées ; une centaine de participants ont été arrêtés, parmi eux Edouard Limonov, et Maxim Reznik, représentant en chef du parti "Iabloko" à Saint-Pétersbourg.
D'après les déclarationsjournal Kasparov.ru, 16/04/2007, les déclarations de Youri Tchaïka du procureur général de la fédération de Russie, Youri Tchaïka, "aucune infraction n'a été signalée au ministère public, je ne sais rien à propos des violations des droits". Selon un représentantibid du Ministère de l'Intérieur, "les forces de la police n'ont pas permis d'effectuer une manifestation illégale, ont agi d'une façon ferme, mais strictement dans le cadre de la loi".
Le , Garry Kasparov a été convoqué au FSB de Moscou pour donner des explications sur ses propos tenus pendant une émission à la radio Echo de Moscou, soupçonnés de slogans extrémistes. L'interrogatoire a duré 4 heures et, d'après la déclaration de Garry Kasparov, s'est passé correctementjournal Kasparov.ru, 20/04/2007, l'article "Où sont vos preuves?".
Nijni Novgorod, le 28 avril 2007
L'étape suivante de la Marche du désaccord devait avoir lieu à Nijni Novgorod le . La demande, déposée deux semaines à l'avance pour annoncer la manifestation, a été rejetée tout de suite par les pouvoirs locaux. Les participants devaient se rassembler à côté de la place Svoboda, un carrefour de transport important de la ville, ce qui a constitué le prétexte pour le rejet. Les jours précédant la manifestation ont connu le même scénario que les autres journées de la Marche : poursuites des organisateurs, etc. Cette manifestation a rassemblé très peu de participants : 20 personnes sont venues au début pour annoncer leurs slogans pendant 3 minutes environ, après quoi ils ont été arrêtés par les policiers. Quelques minutes après, un autre groupe de 30 personnes est arrivé ; leur manifestation a duré 20 minutes et n'a pas été dispersée, mais quelques chefs du mouvement, parmi eux Stanislav Dmitrievski, directeur de l'Association pour l'amitié russo-tchétchène, ont été interpelés et détenus pendant quelques heures.
Le mai 2007
Les manifestations traditionnelles du pour la "Fête du Printemps et du Travail" ont rassemblé un nombre très important de partisans de différents mouvements politiques dans tout le pays, y compris des représentants du Front civique uni. Ils ont rejoint les colonnes de leurs alliés à Moscou, Saint-Pétersbourg, Oulianovskjournal Kasparov.ru, 01/05/2007, l'article "L'avenir est à nous", Voronej, Oufa et d'autres villes, avec les slogans "Nous avons besoin d'une Autre Russie", "La Russie sans Poutine" journal Kasparov.ru, 01/05/2007, l'article "Ils n'ont pas pu se retenir de détenir".
En général, ces manifestations se sont passées sans incidents, sauf lors de l'arrestation de quelques personnes à Voronej, de la dispersion de la colonne à Oufa sous prétexte que les participants "portaient des slogans et des drapeaux inconvenables" ibid et à Riazan, où la distance parcourue n'était que 15 mètresjournal Kasparov.ru, 01/05/2007, l'article "Le Premier mai sous contrôle".
Samara, le 18 mai 2007
Le l'annonce de la Marche a été adressée aux autorités localesjournal Kasparov.ru, 03/05/2007, l'article "Samara est notre ville!". Une conférence de presse a eu lieu afin de présenter les revendications. Cette Marche devait avoir lieu le même jour que le sommet "Russie - UE" à Samara. Comme pour les précédentes Marches, les forces de l'ordre ont commencé à dresser des obstacles aux organisateurs de la manifestation, par exemple: