Un étage en architecture est l’espace compris entre le plancher et le plafond dans un bâtiment. Dans certains pays dont la France, ce terme exclut le rez-de-chaussée. Le terme « niveau » désigne indifféremment un étage, le rez-de-chaussée ou un sous-sol. Dans le vocabulaire de l'architecture, l'étage ne peut être confondu avec le niveau (cf. André Félibien, Des principes de l'architecture…, 1676). Un étage est un ensemble de locaux contigus pour lesquels il n’y a pas ou peu de différence d’altitude des planchers ni de pente alors que les plafonds peuvent être variables en forme et très dissociés selon la hauteur libre qu'ils délimitent.

La composition d’un édifice entre dans le domaine de l’architecture. L’utilité et l’esthétique d’étages existants produisent l'épannelage. L'urbanisme relève de la répartition de la population de sa culture culture locale et la région, soit des différences importantes entre l'Europe, l'Amérique et les gratte-ciel, l'Afrique à culture partiellement importée et l'Asie (voir par exemple l'épannelage à Tokyo, au Japon).

Histoire

Selon Jean Nicot dans son Thresor de la langue francoyse, l'étage est en 1606 ce que l'on appellerait aujourd'hui le plancher (le plancher n'était alors qu'un étage constitué de planches en bois). L’estage est un sol de travée ou travers d'une maison que le Languedoc et peuples adjacents appellent aussi « solier », à cause des soles ou solives sur lesquelles ce sol est établi. C'est la mesure par laquelle le « fonds en comble » est mesuré, à prendre du rez-de-chaussée, « tout ainsi que la longueur par la travée ». Le François estime le premier étage être le rez-de-chaussée, appelant le sol, l'estage de rez-de-chaussée

C'est à partir du que l'étage désigne la tranche comprise entre deux planchers.

Un élément d’urbanisme En France, la réglementation urbaine, notamment au moyen du plan local d'urbanisme (qui a en général remplacé le plan d'occupation des sols), définit la surface autorisée de prise au sol sur la parcelle, l’emprise ainsi que la hauteur des bâtiments constructibles selon leur situation dans la ville.

Un gratte-ciel est un immeuble comportant de nombreux étages, en général en situation dans les métropoles en France. À Paris, la tour Montparnasse, un des tout premiers gratte-ciel parisiens, compte . À Lyon, la tour de la Part-Dieu qui était à l'époque de sa construction, avec , le plus haut bâtiment de l'agglomération, avait pour contrainte de ne pas dépasser la hauteur de la colline de Fourvière. Dans certaines régions du monde, la démarche peut être inverse, la norme peut être celle des très hautes tours pour le respect de l'image de modernité qu'on veut donner, comme l'a fait historiquement New York, une caractéristique de la forme de la ville qu'elle a exportée.

Le plus célèbre des contournements des conventions de construction, celui en France des normes de la hauteur maximale admise de l'édifice à construire, est la gouttière à la Mansart qui n'est pas au dernier étage de la construction. Dans les règlements de Haussmann à Paris, l'immeuble compte au maximum au-dessus du rez-de-chaussée, avec une hauteur maximale de façade, une hauteur minimum d'étage, et le toit peut comporter au plus deux étages contenus dans des combles dont la section s'inscrit dans un demi-cercle dont le diamètre est fixé par rapport à la largeur de la rue. Les surélévations de bâtiments dans des sites réglementés et protégés sont fréquentes, provenant de la valeur du foncier.

Généralement, les étages d'immeubles sont de mêmes dimensions globales, la même masse en emprise au sol. Ils peuvent se rétrécir avec des gradins comme pour les Pyramides de La Grande-Motte. Parfois, par exemple lorsqu'il y a un encorbellement, l'étage occupe une surface un peu débordante à celle de la parcelle au sol. Le débord au-dessus de la chaussée fait l'objet de règles DTU avec une portée maximale et une hauteur du surplomb minimale, une largeur en projection sur la parcelle privative qui détermine la prise en charge de voirie depuis le .

Un élément d'architecture

Dans un bâtiment, l'étage est en élévation au-dessus du rez-de-chaussée et ne peut le désigner. L'architecture des bâtiments multiplie les étages pour des raisons pratiques d'intégration à l'environnement, des raisons d'efficacité militaire, des raisons esthétiques et de contexte social, des raisons économiques de rareté de terrain, des raisons religieuses, des raisons de processus de fabrication dans l'artisanat et l'industrie.

Les étages dans l'architecture antique et classique sont des éléments que l'on doit voir, entrant dans une composition du bâtiment. Cela s'appuie sur des éléments qui sont montrés d'architecture codifiée dans des ordres. Avec ses symboles de puissante autorité organisant la société, on montre alors et distingue dans la construction antique les niveaux, chaque ordre étant particulier à un étage de la construction. Ces éléments respectent au départ une conception philosophique de l'art de bâtir (l'architecture) et s'en éloignent en suivant à ce moment-là plutôt un académisme. Concernant la marque distinctive des étages par des bagues (tores) sur les colonnes le parti des ordres simples (ionique, dorique, corinthien) est devenu le parti de l'ordre colossal qui continue l'unité du fût et l'ordre superposé qui présente plusieurs ordres avec des colonnettes intercalaires.

Cette dernière disposition est apparue timidement au cours du et s'est généralisée en architecture classique au milieu du .

L'architecture académique distingue le niveau et l'étage. La définition du niveau est faite par les baies et non les planchers. On peut ainsi avoir une salle pouvant être seule dans un corps de bâtiment (par exemple une bibliothèque) occupant plusieurs niveaux avec cependant un seul plancher s'il y a plusieurs fenêtres superposées et plusieurs corniches qui séparent les niveaux en façade. À l'inverse s'il y a découpe commune de fenêtre avec piédroits communs sans coupure de corniche (baie passante) pour plusieurs planchers, il n'y a qu'un niveau (cas de l'entresol intégré à l'étage inférieur). On confond cependant niveau et étage pour les murs pignons aveugles. Les éléments de l'architecture composant l'unité visible d'un étage de la construction est obtenue par la composition soignée des éléments de baie (frontons, balustrades, frise, etc.) entre les cordons marquant les étages. Ces éléments n'ont plus leur véritable valeur philosophique initiale.

On voit ainsi apparaître clairement comme raison principale de la construction architecturale avec étage des différences d'utilité selon la hauteur où se situe l'occupation. Par exemple, dans le sud de l'Espagne au , les logis sont composés d'un appartement d'été pour disposer du patio et son ombre au rez-de-chaussée et d'un appartement d'hiver à l'étage.

Le fonctionnalisme apparaissant de manière marquée dans le en traduction de la place prise dans la société par le système économique et de la laïcisation des valeurs artistiques, les éléments classiques de marque d'étage disparurent ou devinrent anecdotiques.

La hauteur en étages du bâtiment, la hauteur de l'étage sont traduits comme pour tous les autres éléments d'architecture par une norme à respecter pour la construction qui rend plus ou moins aisée et économique la construction haute selon le pays d'implantation (pour exemples aux États-Unis, à New York, la Zoning ordinance de 1916 aboutissant aux immeubles en gradins ; en France, la classification en immeuble de grande hauteur).

L'architecture a apporté une valeur variable de la hauteur du bâtiment, alternée suivant les époques, les lieux, le caractère collectif ou non, la caractéristique de l'époque d'admettre ou non la mixité sociale de la population habitante. Une valeur de bâtiment haut riche, de bâtiment bas pauvre . Il s'est fixé à notre époque en Europe une valeur importante pour le modèle de bâtiment individuel à deux étages (le pavillon) et aux États-Unis une valeur importante aussi pour le modèle à un seul niveau. Ils correspondent aux souhaits de la grande masse de la population. Sur ce constat s'est opérée une définition au cours du de l'habitation-jardin en immeuble collectif jusqu'à huit niveaux où chacun des logements se compose de deux étages avec terrasse-jardin, ces logements qui se superposent correspondant à la fameuse « maison » désiréeVoir le projet « Maisons-jardins » de Louis Thomas, 1924, revue Manomètre (cité par A.-S. Clémençon, E. Traverso, A. Lagier, Les Gratte-ciels de Villeurbanne, Éditions de l'Imprimeur)..

Une forme des étages établie par les plans de l'architecture moderne hygiéniste fut la forme découpée en facettes de la façade pour obtenir en périphérie d'étage une surface plus grande, donc une aération et un ensoleillement possibles plus importantsVoir Cité industrielle de Tony Garnier, 1917 et la découpe d'immeuble en gradins brevetée par Henri Sauvage..

La visibilité en façade des étages des immeubles d'architecture contemporaine avec les façades rideaux en glace opaque et transparente souvent n'est plus faite. Ces façades lisses effacent l'effet des tranches par la régularité des niveaux se succédant.

La notion d'« étage » disparaît dans certaines conceptions d'architecture d'avant-garde actuelle. Dans l'architecture molle qui se réalise maintenant, par exemple, la notion d'espace n'est plus liée à un volume parallélépipédique. Car il ne s'agit plus de locaux établis sur un plan mais « pré-vu » en architecture virtuelle dans une organisation en général organique du corps de bâtiment à la façon du corps humain. La continuité des espaces n'est plus celle d'un plancher plan occupé par des pièces. Dans certaines architectures futuristesPar exemple celle de Yona Friedman., la notion d'étage existe encore moins car il peut s'agir d'agrégats de cellules de vie placés ou non en hauteur.

Moyens d'accès et de déplacement Si autrefois, on montait ou descendait les étages à l'aide d'une échelle, celle-ci fut bientôt remplacée et les bâtiments équipés d'un escalier, ou d'une rampe, puis les étages de nombreux immeubles devenant de plus en plus élevés, et par commodité selon les usages, d'appareils mécaniques électriques tels qu'un ascenseur, un escalier mécanique ou escalator, ou d'un travelator.

Dans le cas d'une rampe continue en hélice utilisée dans les silos de boxes pour automobile, on peut considérer qu'il n'y a qu'un « étage continu » sur plusieurs niveaux, et cette notion est exploitée quelquefois dans l'architecture moderne dans les décalages voulus pour la hauteur des dalles par rapport au sol selon les ailes du bâtiment.

Rez-de-chaussée