Max Mosley est un avocat, sportif et homme d’affaires britannique, né le à Londres où il meurt le . Il est, de 1993 à 2009, le président de la Fédération internationale de l'automobile (association à but non lucratif défendant les intérêts des organisations automobiles et des automobilistes à travers le monde).
Max Mosley est le fils cadet d'Oswald Mosley, le fondateur de la , parti d'extrême droite britannique, et de Diana Mitford. Il fait ses études en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne avant d'obtenir un diplôme en physique au collège de , un des plus prestigieux établissements de l'université d'Oxford. Durant sa jeunesse, Mosley est engagé au sein de l', le parti d'extrême droite fondé par son père après la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, l'association de son nom avec le fascisme l'a empêché de s'impliquer réellement en politique, bien qu'il ait travaillé pour le Parti conservateur dans les années 1980.
Avocat de formation et ancien pilote automobile amateur dans les années 1960, Mosley est, en 1969, le cofondateur et copropriétaire de March Engineering, chargé de la gestion juridique et commerciale de l'équipe entre 1969 et 1977. À la fin des années 1970, Max Mosley devient conseiller juridique de la , l'organisme qui représente les intérêts des constructeurs de la Formule 1. À ce poste, il rédige les premiers accords de la Concorde, réglant ainsi le conflit FISA-FOCA.
Mosley est élu président de la FISA en 1991, puis de la FIA qui la remplace en 1993. Au cours de son mandat, les réalisations majeures de Mosley sont la promotion du programme d'évaluation européenne des automobiles Euro NCAP et le renforcement de la sécurité dans le sport automobile après les accidents mortels de Roland Ratzenberger et d'Ayrton Senna en 1994.
En 2008, le tabloïd britannique révèle que Max Mosley s'est adonné à des pratiques sado-masochistes à connotation nazie avec des prostituées : malgré le scandale, qui indigne les communautés juives et du sport automobile, il conserve son poste jusqu'à l'élection de Jean Todt, dont il soutient la candidature, fin 2009.
De 2011 à sa mort, il est le président de GlobalNCAP, une association qui soutient l'amélioration et le développement de la sécurité automobile.
Biographie Une vie marquée par l'action politique de sa famille gauche|vignette|redresse|alt=Photo d'Oswald Mosley, sixième baronnet d'Ancoast, photographié par Glyn Warren Philpot|Oswald Mosley, sixième baronnet d'Ancoast et père de Max Mosley (ici en 1925), est notamment connu pour son engagement au sein du mouvement fasciste. gauche|vignette|redresse|Diana Mitford, la mère de Max Mosley, l'une des six sœurs Mitford, portrait de 1937 par William Acton. Max Mosley naît le à Londres. Son père, Oswald Mosley, sixième baronnet d'Ancoats, est un membre du parti travailliste et député pour les partis travaillistes puis conservateur dans les années 1920. Dans les années 1930, il quitte la politique traditionnelle et fonde en 1932 le . L'année suivante, sa première épouse, Cynthia, meurt à 33 ans d'une péritonite.
En 1936, Oswald Mosley épouse secrètement sa maîtresse Diana Mitford, divorcée de Bryan Guinness l'héritier des brasseries de même nom, lors d'une cérémonie en Allemagne, en présence d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels. En , alors qu'il milite pour une paix négociée avec l'Allemagne nazie, il est emprisonné à Brixton par les autorités britanniques avec d'autres nazis anglais, en vertu du qui suspend l'Habeas corpus pour les sympathisants du nazisme. Diana Mitford est emprisonnée un mois plus tard, à Holloway. Cette détention étant initialement provisoire, les agents de police venus la chercher lui demandent de ne prendre que quelques affaires, le temps du week-end. Obligé de laisser Max, alors âgé de dix semaines, elle demande aux policiers de passer par la pharmacie pour acheter un tire-lait. Max et son frère Alexander sont ainsi séparés de leurs parents lors des premières années de leur existence.
En , le Premier ministre britannique Winston Churchill, qui connaissait socialement Diana Mitford de par son précédent mariage avec Bryan Guinness, demande au secrétaire d'État à l'Intérieur Herbert Morrisson, d'assurer à Mitford qu'elle pourra voir régulièrement son fils lorsqu'il sera baptisé. Max ne revoit sa mère que dix mois après son arrestation, la prison d'Holloway, située en zone bombardée, étant considérée comme trop dangereuse. Réunis à Holloway, le couple Mosley, avec d'autres, est installé dans un pavillon de détention préventive désaffecté, composé d'un bloc de cellules séparé du bâtiment principal, où ils trouvent une étendue de terre en friche où ils peuvent faire pousser des légumes. Max et Alexander Mosley sont autorisés à y passer la journée et parfois la nuit.
Oswald Mosley et Diana Mitford sont libérés d'Holloway (elle a pu rejoindre son époux avec l'accord de Churchill) le , ce qui provoque des protestations publiques et la signature, par , d'une pétition contre leur libération. La famille s'installe à Riguell mais, quinze jours plus tard, les ministres britanniques de la Guerre et de l'Intérieur les consignent dans un vieux pub désaffecté dont le bar reste utilisé par son propriétaire. Le nouveau logis, froid et à l'abandon depuis vingt-deux ans, est gardé continuellement par un policier. Les enfants Mosley qui se voient refuser l'inscription dans plusieurs écoles en raison de leur sauvagerie et de la réputation de leurs parents, sont scolarisés à la maison où leur mère leur apprend à lire, écrire et compter.
La famille déménage ensuite dans une succession de maisons de campagne en Angleterre. Le demi-frère de Max, Nicholas Mosley, rapporte que sa famille, y compris les enfants de son père Oswald issus de son premier mariage, passent l'été 1945 à faire les récoltes et à chasser dans la ferme de Crowood. Oswald inculque une étrange éducation à Max et Alexander puisqu'il les laisse se battre avec les garçons de Crowood plus âgés qu'eux et faire les 400 coups. Riches d'une importante collection de gros mots, ils ont un accent campagnard prononcé.
En 1950, les Mosley acquièrent des maisons en Irlande et à Orsay, près de Paris. Ils voyagent à travers l'Europe, séjournant au printemps en France, en automne et en hiver en Irlande où Mosley pratique la chasse et l'équitation. Nancy Mitford, la tante de Max, évoque dans des lettres à Evelyn Waugh le fait que les Mosley sont en croisière en mer Méditerranée à bord du yacht familial. Lors d'une escale en Espagne, ils sont accueillis par le général Franco, ami d'Oswald.
En Irlande, installés à Clonfert, les Mosley engagent pour leurs fils le précepteur Leigh Williams. Max se sent chez lui et pratique la chasse et l'équitation, qu'il adore (les Mosley font venir les chevaux de Crowood). Oswald Mosley libère son fils de certaines leçons afin qu'il puisse chasser tous les jours car, selon lui, il s'agit de la meilleure éducation pour un gentleman. Peu avant Noël 1954, un incendie ravageant la propriété, les Mosley trouvent refuge à Ilecash, dans le comté de Cork, où Max a l'occasion de chasser jusqu'en 1963.
Max Mosley commence ses études en France. À treize ans, il est envoyé au château de à Traunreut, en Allemagne, où il apprend à parler couramment l'allemand. Lorsqu'il rentre en Angleterre, il continue ses études à Millfield, un pensionnat privé du comté du Somerset puis intègre le collège de , à l'université d'Oxford, où il est diplômé de physique en 1961. Durant cette période, il est secrétaire de l'Oxford Union Society, une association de débats sur la société.
En 1961, Max Mosley fait campagne sous le slogan alors que son père s'est vu décliner son invitation à parler à l'association. Peu après, Mosley organise une rencontre entre son père et l'économiste britannique Robert Skidelsky avec qui il a fait ses études et qui écrira, en 1975, la biographie d'Oswald Mosley. Rejetant sa première ambition de devenir physicien après dans cette discipline, Mosley étudie le droit, à Londres, au sein d'une institution de formation professionnelle () spécialisée dans les brevets et le droit des marques ; il obtient son diplôme d'avocat en 1964. En 2005, l'université de Northumbria de Newcastle lui attribue un doctorat honorifique en droit civil.
Au début des années 1960, Mosley est membre de la , l'unité de réserve de l'armée de terre britannique, et suit une formation de parachutiste.
Mosley, à l'instar de beaucoup de pilotes de Formule 1, vit à Monaco. Le , il se marie, à Chelsea, avec Jean Taylor (fille d'un agent de police de Streatham, du nom de James Taylor), rencontrée dans une fête, à Londres, en 1959. Son premier fils, Alexander, naît le ; le second, Patrick, le .
Le , son fils aîné, Alexander, titulaire d'un doctorat d'économie, investi dans une entreprise dans le secteur de l'éolien marin et devenu restaurateur en 2007, est retrouvé mort à son domicile de Notting Hill, à l'ouest de Londres, à 39 ans. Son père l'avait vu pour la dernière fois au cours d'un déjeuner dans son restaurant trois jours avant sa mort. Le , le coroner de la cour de Westminster attribue ce décès à une overdose de cocaïne et de crack ; Alexander souffrait, depuis 1994, de dépression et d'une addiction à la drogue et avait avoué à ses parents sa dépendance à l'héroïne, qu'il consommait pour soigner sa timidité. Son cousin, Ivo Mosley, décrit un homme calme et brillant qui avait du mal à porter son nom, en raison du passé de sa famille et que cette mort était un suicide. Max Mosley réfute l'idée du suicide et indique également que son fils avait réussi à surmonter ses problèmes de dépression et de drogue mais que le scandale sadomasochiste de 2008 a eu .
En plus de son frère Alexander, Max a cinq demi-frères et sœurs aînés : du côté de son père, Vivien Elizabeth Mosley (1921-2002), le romancier Nicholas Mosley (baron de Ravensdale) et Michael Mosley, né en 1932 ; du côté de sa mère, le banquier d'affaires Jonathan Guinness (baron Moyne) et l'Irlandais Desmond Guinness.
En 2003, sa fortune personnelle est estimée à 26,2 millions de dollars.
Une carrière politique inspirée de celle de son père thumb|alt=Image évoquant le drapeau du British Union and Fascist et de l'Union Movement, où sont dessinés un éclair dans un cercle|Drapeau du et de l', dont le cercle et l'éclair circonscrit sont peints par Mosley lors de la nuit de l'invasion soviétique de la Hongrie. Pendant leurs jeunes années, Max et Alexander Mosley s'engagent au sein de l', le parti créé par leur père après la Seconde Guerre mondiale qui défend la doctrine politique . Trevor Grundy, une des figures centrales du mouvement de jeunesse du parti, écrit que Max Mosley, âgé de 16 ans, peint le symbole de l' et du (un éclair dans un cercle) sur les murs de Londres dans la nuit du , au moment où l'Union soviétique envahit la Hongrie.
Grundy explique qu'Oswald Mosley cherche à .
Mosley rencontre son épouse Jean au sein du parti ; il est également photographié avec Alexander, en Teddy Boys, lors des émeutes raciales de Notting Hill de 1958 qui opposent les Afro-Antillais aux gangs locaux blancs. L'année suivante, Oswald s'appuie sur ses fils lors de sa candidature pour le siège de député de la circonscription de , un district de l'ouest de Londres, aux élections générales. Au cours d'une campagne électorale dont le sujet principal est la question de l'anti-immigration, Oswald Mosley reste fidèle à ses thèses racistes.