thumb|Un bateau de réfugiés cubains arrivé en Floride (exode de Mariel en 1980). La dissidence cubaine est un mouvement politique à Cuba dont le but est de remplacer le régime castriste par une organisation politique plus démocratique. Selon , le gouvernement cubain réprime presque toutes les formes de dissentiment politique.

Mouvements de la dissidence Rébellion de l'Escambray La rébellion de l'Escambray a duré six ans, entre 1959 et 1965, principalement dans les montagnes de l'Escambray à Cuba, mais aussi dans l'ensemble des provinces cubaines, par des groupes d'insurgés qui s'opposent au gouvernement cubain dirigé par Fidel Castro.

Les groupes d'insurgés rebelles était un mélange d'anciens soldats de Fulgencio Batista, d'agriculteurs locaux et d'anciens guérilleros alliés qui avaient combattu à côté de Castro contre Batista pendant la révolution cubaine, comme Eloy Gutiérrez Menoyo. Le résultat final a été l'élimination de tous les insurgés par les forces gouvernementales cubaines en 1965Elizabeth Burgos Plantados jusqu’à la liberté : le corps comme territoire de résistance et d’affirmation de l’intégrité face au système carcéral à Cuba Nuevo Mundo, Mundos Nuevos, 19 mars 2005..

Organisation pour la libération de Cuba Groupe armé basé en Floride qui entendait renverser le gouvernement cubain dans les années 1970.

Hermanos al Rescate Organisation basée en Floride qui visait officiellement dans les années 1990 à porter secours aux balseros, des Cubains qui émigraient par la mer vers les États-Unis. Ses avions violaient régulièrement l’espace aérien cubain pour y affronter les autorités (jet de fusées de détresse, de fumigènes, largage d’explosifs artisanaux).

Commission cubaine des droits de l’homme

Elizardo Sánchez a fondé en 1987 la commission cubaine des droits de l’homme et la réconciliation nationale. L'objectif d'Elizardo Sánchez souhaitait engager un dialogue avec le régime cubain, plutôt que de faire appel à l'opinion internationale.

En 2018, la Commission cubaine des droits de l'homme publie une liste de politiques .

Mouvement chrétien de libération

En 1988, un groupe de catholiques dirigé par Oswaldo Paya fonde le Mouvement chrétien de libération (Movimiento Cristiano de Liberación, MCL) Celui-ci développe un message démocrate-chrétien, en lien avec l'Eglise catholique cubaine.

En , Eduardo Cardet, coordinateur national du Mouvement chrétien de libération, est condamné à trois ans de prison pour « agression » d'un représentant de l'État lors de son arrestation en . C'est à la suite de ses critiques dans des médias étrangers envers Fidel Castro, mort quelques jours plus tôt, qu'il a été arrêté.

Projet Varela

Le projet Varela (Proyecto Varela en espagnol) est un projet lancé à Cuba en 1998 par Oswaldo Payá Sardiñas du Mouvement de libération chrétienne (CLM) pour réclamer une réforme constitutionnelle garantissant une plus grande liberté. Le projet porte le nom de Félix Varela, un chef religieux cubain qui lutta au pour l'indépendance de Cuba. À la suite de cette initiative, de nombreux opposants au régime ont été emprisonnés pendant le printemps noir en 2003.

Dames en blanc

Les Dames en blanc , créé en 2003, est un mouvement d'opposition à Cuba réunissant des épouses et membres des parents de dissidents emprisonnés par le gouvernement de Fidel Castro. Les femmes protestent contre ces emprisonnements en assistant à la messe chaque dimanche vêtues d'une robe blanche, puis en marchant en silence dans les rues habillées de blanc. La couleur blanche est choisie pour symboliser la paix. Le mouvement a reçu le prix Sakharov remis par le Parlement européen en 2005.

La nouvelle nation cubaine en armes Établie en Floride, cette organisation vise à renverser le gouvernement cubain par les armes. Elle est considérée par La Havane comme un groupe terroriste. Le groupe revendique des actions de sabotages menées à Cuba, comme l’incendie de champs de canne à sucre ou de plantations de tabac.

Artistes vignette|Luis Manuel Otero Alcántara du mouvement San Isidro. En 2020, le mouvement San Isidro, critique la politique des autorités cubaines et notamment la promulgation du visant à contrôler la production artistique à Cuba. Luis Manuel Otero Alcántara en est un des leaders . En , trois artistes cubains Tania Bruguera, Sandra Ceballos et Tomas Sanchez demandent le retrait de leurs œuvres du Musée national des Beaux-Arts en soutien à Luis Manuel Otero Alcantara, « séquestré et maintenu sans communication par la sécurité de l'État » depuis le .

En , six artistes Afro-Cubains : Yotuel Romero, Descemer Bueno, le duo Gente de Zona et les rappeurs Maykel Osorbo et El Funky se réunissent et interprètent sur les réseaux sociaux Patria y vida. Ce titre prend le contrepied du slogan révolutionnaire Patria o Muerte pour dénoncer de dictature communiste à Cuba. En le clip fait un million de vues sur YouTube et devient viral sur les réseaux sociaux cubains .

En , Luis Manuel Otero Alcántara et Maykel Castillo Pérez sont condamnés respectivement à cinq et neuf ans de prison.

Répression de la dissidence Les opposants au régime castriste ont longtemps été combattus par les autorités. Selon Fidel Castro, on ne pouvait être qu'Marie-Laure Geoffray (maître de conférences à l’Institut des hautes études d’Amérique latine) Existe-t-il une "nouvelle gauche" à Cuba? Science politique, Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes, Texte originellement paru en allemand dans le numéro d'août de la revue Analyse und Kritik .

Parmi les militants cubains pour la démocratie : Huber Matos (1918-2014) (1942-) Guillermo Fariñas (1962-) Orlando Zapata (1967-2010) (1969-2017) Prisons thumb|Homosexuels et opposants politiques dans un UMAP en 1967. La Villa Marista est une prison située à La Havane. Elle est notoire pour la détention de prisonniers politiques par l'agence de sécurité nationale cubaine.

Les Unités militaires d'aide à la production (UMAP) sont des camps de travail destinés dans les années 1960, à « rééduquer » les homosexuels, les individus asociaux et les opposants au régime. Ces camps, au nombre de 200, sont installés dans la province de CamagüeyDerrière le mea culpa de Fidel,l’action de Mariela Castro Tétu, .. Dans une interview avec en 2010, Fidel Castro a admis sa responsabilité dans les persécutions lors d'une question à propos des camps de l'UMAP : Lira Saade, Carmen. ""Soy el responsable de la persecución a homosexuales que hubo en Cuba: Fidel Castro"."La Jornada 31 08 2010, n. pag. Web.Quand Castro envoyait les homosexuels dans des camps Les Inrockuptibles, 2 septembre 2010.

Printemps noir

Le Printemps noir est une répression politique en 2003 par les autorités cubaines sur ses dissidents. Les arrêtés sont essentiellement accusés d'être au service des États-Unis et avoir reçu de l'argent de celui-ci. Après la mort du prisonnier Orlando Zapata en 2010, à la suite d’une grève de la faim de , les négociations entre l'Église cubaine et le régime communiste conduisent à la libération des derniers membres du groupe des 75 en 2012.

Décès en prison des opposants

Pedro Luis Boitel soutient l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, puis s'oppose au régime mis en place. Après avoir monté une cellule clandestine, Orlando Zapata est arrêté et condamné à dix-huit ans de prison. Il y est torturé et commence une grève de la faim jusqu’à sa mort le en à l’âge de .

Mort d’Hansel Hernandez

Le , à La Havane, Hansel Hernandez, un Afro-Cubain de suspecté de vol est tué d'une balle dans le dos par les forces de l'ordre. Sur les réseaux sociaux, parmi les réactions au meurtre de George Floyd, un message réclamant justice, publié par sa tante, est amplifié par des appels à manifester pour protester contre cet homicide, le racisme et les interventions policières brutales. Contraintes de réagir, les autorités gouvernementales interdisent tout rassemblement. Dans les rues, des militaires et des membres de la police nationale révolutionnaire sont déployés pour prévenir toute manifestation... Le , des dizaines d'artistes, tels que Tania Bruguera, de journalistes et d'opposants au régime en place, tels que José Daniel Ferrer, sont arrêtés afin d'empêcher leur participation aux marches protestataires en cours de préparation.

Union patriotique de Cuba

En , Keilylli De La Mora Valle, militante de l'Union patriotique de Cuba est arrêtée . En , elle est libérée après d'emprisonnement .

Manifestations Août 1994 La manifestation du ou Maleconazo est une manifestation à Cuba contre le régime castriste. Elle est considérée comme l'une des plus importantes depuis le début de la révolution cubaine en 1959.

Juillet 2021 À la suite des manifestations du , liées aux difficultés sanitaires et économiques, Miguel Diaz-Canel demande à ses partisans de défendre la Révolution dans la rue et accuse les États-Unis d'être à l'origine de cette contestation. Selon le média 14ymedio, il est dénombré plusieurs morts, blessés, disparus et prisonniers parmi les manifestants.

Soutien international aux dissidents Chaque année, Washington finance des programmes de « promotion de la démocratie » à Cuba. En 2024, le département d’État, l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) et la Fondation nationale pour la démocratie (NED) y ont consacré de dollars.

L’International Republican Institute (IRI), affilié au Parti républicain et financé principalement par des fonds gouvernementaux, s’emploie depuis les années 2000 à « sélectionner des leaders » et à susciter la création de « réseaux au sein de la société civile dans toute l’île ». L'organisation propose également des formations ciblées « pour les étoiles montantes (…) dans l’éventualité d’une transition ».

L'efficacité de l'aide américaine à l'opposition cubaine est contestée par certains chercheurs. Pour William LeoGrande, professeur de science politique à l’université américaine de Washington, D.C., « l’État cubain a réussi à empêcher l’émergence d’une menace intérieure significative. Le problème pour les Cubains critiques envers le gouvernement, c’est qu’il est trop facile pour les dirigeants de les mettre dans le même sac que les “dissidents” soutenus par les États-Unis. C’est l’effet pervers de cette aide : elle n’ouvre pas l’espace politique, elle le ferme ».

En , le Parlement européen reconnait dans une résolution l' à Cuba et appelle à une libération de tous les prisonniers.

Exilés cubain

thumb|Balseros en 2014. Entre 1959 et 2015, le déficit migratoire cumulé dépasse le million, soit 12 % de la population moyenne durant cette période. Les quatre cinquièmes des Cubains se réfugient aux États-UnisCuba : histoire d’un exode Population & Avenir : . L'exode le plus massif se passe en 1980, Cubains peuvent quitter Cuba par le port de Mariel pour rejoindre la Floride. C'est lors de l'exode de Mariel que l'écrivain cubain Reinaldo Arenas peut quitter l'île, après des années de persécutions homophobes et politiques. À la suite de la manifestation du (Maleconazo) , une manifestation contre le régime castriste, Fidel Castro autorise de nouveau le départ des Cubains qui souhaitent fuir l'île.