La ligne de Longueau à Boulogne-Ville est une ligne radiale de chemin de fer française, ouverte en 1846 et 1847 dans les départements de la Somme et du Pas-de-Calais, à double voie, utilisant la traction thermique d'Amiens-Saint Roch à Rang-du-Fliers et électrifiée en  – au-delà. Le principe d'électrification totale a été retenu, mais son achèvement semble être ajourné.

Elle constitue la ligne Fascicule Gares et lignes du nord, édité par le COPEF (Cercle Ouest Parisien d'Études Ferroviaires) en 1985. du réseau ferré national. Elle continue vers Calais-Ville, sous le nom de ligne de Boulogne-Ville à Calais-Maritime ().

Histoire Chronologie : ouverture de Longueau à Amiens, embranchement de la ligne de Paris-Nord à Lille (). : ouverture d'Amiens à Abbeville (). : ouverture d'Abbeville à Neufchâtel (). : ouverture de Neufchâtel à Boulogne-Ville (). : fermeture au trafic voyageurs de la bifurcation d'Outreau à Boulogne-Maritime (). : mise en service de l'électrification de Boulogne à Rang-du-Fliers (). : mise en service de la signalisation automatique entre Rang et Abbeville. La ligne était l'une des dernières de France à employer le block manuel en double voie.

La ligne de la côte d'Opale vignette|gauche|La gare d'Amiens-Saint-Roch, avant la Première Guerre mondiale : au premier plan, la ligne Amiens – Rouen, puis la voie métrique en terminus de la ligne d'Aumale et d'Envermeu, et, enfin, les voies de la ligne de Calais. vignette|La gare de Boulogne-Maritime permettait la correspondance avec les navires assurant la liaison avec le Royaume-Uni. Une loi du autorise le ministre des Travaux Publics à procéder à l'adjudication de la concession d'une ligne d'Amiens à Boulogne..

Une ordonnance royale du suivant fixe le cahier des charges de la concession.. La ligne est adjugée le à Messieurs Laffitte, Blount et compagnie. L'adjudication est approuvée par une ordonnance royale le ..

La « Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne » est constituée le , et est approuvée par une ordonnance royale le suivant.. Par ailleurs, la loi du autorise l'adjudication à une compagnie le .

La concession pour une durée de est adjugée le aux frères Rothschild, Hottinger, Laffitte et Blount. Cette adjudication est approuvée par une ordonnance royale, le .. Les concessionnaires fondent la Compagnie anonyme du chemin de fer du Nord, qui est approuvée par l'ordonnance royale du .

La ligne est ouverte de Longueau à Amiens, comme embranchement de la ligne de Paris-Nord à Lille (), le par la Compagnie du Nord. Au-delà, la Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne ouvre un prolongement en trois étapes successives, d'Amiens à Abbeville () le , d'Abbeville à Neufchâtel () le , et enfin de Neufchâtel à Boulogne () le .

La Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne est finalement absorbée par la Compagnie des chemins de fer du Nord. La fusion est approuvée par les assemblées générales des actionnaires des compagnies, le . Elle est entérinée par un décret présidentiel le .Bernard Collardey, « Amiens - Calais : la ligne de la côte se modernise », dans Rail Passion , , ..

Le , le raccordement à double voie dit « de l'Ave-Maria » , comportant le tunnel éponyme ( de long), est mis en service. Il relie le triage d'Outreau au faisceau Loubet qui est alors déplacé, et dessert une nouvelle darse ainsi que les hauts fourneaux des aciéries de Paris et Outreau (APO). Ils n'étaient auparavant accessibles que depuis une boucle au nord, depuis les environs de la gare maritime.

En 1937, peu avant sa dissolution, la Compagnie du Nord met en place le block automatique lumineux sur la courte section d'Amiens à la bifurcation de Saint-Roch, où circulent les trains des courants Calais et RouenBernard Collardey, « Amiens - Calais : la ligne de la côte se modernise », dans Rail Passion , , ..

Au , la ligne, en gare d'Abbeville, a été submergée par la crue de la Somme pendant un mois et demi« Inondations Abbeville », ; archive de l'INA, publiée sur YouTube le (consultée le ).. En , d'importantes précipitations provoquent, d'une part, l'affaissement d'un talus à Neufchâtel-Hardelot, d'autre part, l'inondation des voies en gare de Pont-de-Briques..

Description Tracé La ligne se débranche en gare de Longueau de la ligne de Paris-Nord à Lille. Elle s'oriente vers le nord-ouest, et atteint rapidement la gare d'Amiens. Elle se poursuit alors sous cette ville qu'elle franchit grâce aux tunnels jumeaux de la porte de Paris puis de Longueville, longs respectivement de 280 et de . Elle parvient alors à la gare de bifurcation de Saint-Roch, où se débranche la ligne de Saint-Roch à Darnétal-Bifurcation en direction de Rouen.

La ligne suit alors continuellement la rive gauche de la Somme, bientôt bordée de nombreux étangs. Après avoir desservi Abbeville, elle franchit le fleuve et se rapproche de la baie de Somme. Elle s'incurve alors franchement vers le nord avec un tracé quasi-rectiligne de de Noyelles-sur-Mer à Étaples, toujours à distance de la côte d'OpaleBernard Collardey, « Amiens - Calais : la ligne de la côte se modernise », dans Rail Passion , , .. Elle dessert ensuite la gare de Rue, qui permet de rallier ensuite, via quelques autocars, Le Crotoy, Quend ou encore Fort-Mahon.

Sur ce parcours, elle franchit l'Authie, fleuve marquant la limite entre les départements de la Somme et du Pas-de-Calais. Elle dessert alors la gare de Rang-du-Fliers - Verton, puis, après avoir franchi la Canche par un viaduc, qui laisse un aperçu sur Le Touquet-Paris-Plage, l'estuaire et sur la Manche, atteint la gare d'Étaples - Le Touquet.

La ligne se poursuit alors par une rampe de 7,5 ‰ vers le seuil de Neufchâtel, jusqu'au , franchissait un petit tunnel long de (désormais détruit), puis redescend à partir d'Hesdigneul dans la vallée de la Liane et atteint alors Boulogne-sur-Mer. Elle franchit la Liane par un viaduc avant d'atteindre la gare de Boulogne-Ville. L'itinéraire se poursuit par la ligne de Boulogne-Ville à Calais-Maritime.

Équipement vignette|upright|alt=Photographie d'un mât d'électro-sémaphore Lartigue.|L' installé sur le quai de la gare de Rue, photographié en 2009. Il assurait le cantonnement des circulations et commandait l'allumage des cibles lumineuses (il a été démonté courant 2012 et mis à disposition de la Cité du train). Bien qu'ayant été empruntée par des trains performants , la ligne a connu une modernisation limitée de ses installations, la perspective de la construction d'une ligne à grande vitesse vers Calais et Londres captant les crédits. Cela explique que, malgré son importance, elle ait été la dernière ligne de France encore équipée partiellement en . Il n'existe plus depuis le , ayant été remplacé par le block automatique à permissivité restreinte (BAPR).

Le block automatique lumineux (BAL) remplace le block Lartigue entre Amiens et Abbeville, depuis le service d' ; la ligne téléphonique aérienne est par la suite déposée. Cette dernière subsistait entre Abbeville et Rang-du-Fliers, où elle a été entièrement déposée durant l'.

Entre Amiens et Boulogne, il reste alors au moins cinq postes de block avec le originel (raccourci), équipé des boîtes de manœuvre à manivelles et des ailerons d'annonce : Ailly-sur-Somme (hors service) ; Picquigny (hors service) ; Noyelles (hors service depuis le ) ; Rue (hors service depuis le ; transféré à Mulhouse) ; Conchil-le-Temple (hors service) ; Rang-du-Fliers - Verton (hors service depuis le ).

Durant le , des travaux d'électrification, sur la section entre la gare de Rang-du-Fliers - Verton - Berck et la gare de Boulogne-Ville, ont été entrepris en vue d'augmenter le trafic. Cela permet en outre la circulation de TERGV, reliant la côte d'Opale (notamment Berck et Étaples – Le Touquet) à la gare TGV de Lille-EuropeRFF – Modernisation de la ligne Boulogne - Rang-du-Fliers (archive de rff.fr, consultée le )..

Projet d'électrification totale vignette|alt=Vue du tablier d'un pont, au-dessus d'un passage à niveau (barrières levées), par temps nuageux.|Un exemple d'ouvrage d'art qui devait disparaître avec l'électrification : le saut-de-mouton désaffecté de la ligne de Fives à Abbeville, enjambant le passage à niveau . Les travaux d'électrification de la dernière section de ligne en traction thermique, entre Amiens et Rang-du-Fliers (soit ), étaient prévus à partir de 2021Romain Douchin, « SNCF : Où en est-on du projet d’électrification Amiens-Rang-du-Fliers ? », , sur lavoixdunord.fr (consulté le ).. Ce projet est destiné à supprimer le changement de mode de traction (notamment pour les ex-Intercités Paris – Amiens – Boulogne-sur-Mer)F. V., « Rang-du-Fliers : Un rapport préconise l’abandon de l’électrification de la voie Rang-du-Fliers – Amiens », , sur lavoixdunord.fr (consulté le )., à créer un nouvel axe pour le fret (délestant la ligne Paris – Lille, pour l'accès au tunnel sous la Manche), mais également à permettre de futures circulations de TGV au-delà d'Amiens (en lien avec un autre projet, le raccordement Roissy – Picardie). En 2018, le conseil d'orientation des infrastructures (mis en place par le ministère des Transports) propose d'abandonner cette électrification, en raison de sa faible rentabilité (manque de trafic, au regard des coûts, et la commande de nouveaux engins bimodesRomain Douchin, « Boulogne – Étaples : L’antique train corail Intercités va être remplacé par des Coradia Liner profilés comme des TGV », , sur lavoixdunord.fr (consulté le ). pour continuer d'effectuer le trajet complet sans correspondance à Amiens). En , le projet semble être abandonné (ou, du moins, est reporté sine die)Philippe Fluckiger, « L’électrification de la ligne ferroviaire Amiens-Rang-du-Fliers enterrée », , sur courrier-picard.fr (consulté le )..

Afin de dégager le gabarit nécessaire, sept ouvrages d'art surplombant la ligne devaient être détruits ou surélevés, tandis que les voies auraient dû être abaissées en quatre endroits différents« ELECTRIFICATION DE LA LIGNE FERROVIAIRE AMIENS - ABBEVILLE - RANG-DU-FLIERS » (archive de rff.fr, consultée le )..

Vitesses limites Les vitesses limites de la ligne en 2022, pour les AGC et les et , en sens impair, sont indiquées dans le tableau ci-dessous ; toutefois, les trains de certaines catégories, comme ceux de marchandises, sont soumis parfois à des vitesses limites plus faibles..

De () À () Limite (en km/h) Longueau (PK 125,971) Amiens (PK 130,563) 120 Amiens (PK 130,563) Saint-Roch (PK 132,608) 90 Saint-Roch (PK 132,608) PK 241,600 140 PK 241,600 Boulogne-Ville (PK 253,467) 130

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