L'ensemble constituant les batteries du mont Canisy est un des ouvrages du mur de l'Atlantique implanté sur le mont du même nom. Située sur la commune de Benerville-sur-Mer, la butte calcaire de de hauteur et de de diamètre, en bordure littorale de la Côte Fleurie, surplombe les marais de Blonville-sur-Mer à l'Ouest et la basse vallée de la Touques à l'Est.

Situation vignette|redresse=1.5|Le mont Canisy permet à l'observateur d'embrasser un panorama de toute la baie de SeineLe GR 223 qui passe par le Belvédère du mont Canisy fait découvrir les stations balnéaires de la Côte de Nacre, de la Côte Fleurie et de la Côte de Grâce, offrant un panorama de Ouistreham à l'ouest au cap de la Hève à l'est.. La photo montre une vue sur le port Deauville, la falaise des Roches Noires au Nord-Est de Trouville, les falaises du cap de la Hève, la zone portuaire du Havre et l'estuaire de la Seine. vignette|Carte représentant l'estuaire de la Seine. Sur Bénerville, le mont Canisy descend vers la mer avec des falaises hautes d'une trentaine de mètres, laissant voir de la plage des coulées boueuses et des blocs coralliens.. Il s'inscrit dans un paysage de plateaux aux vallées encaissées et une succession de reliefs de cuesta à faible pendage. Ces plateaux du pays d'Auge qui culminent à des hauteurs entre 120 et de hauteur, se caractérisent par des coteaux aux pentes relativement fortes. L'érosion différentielle a laissé subsister des buttes-témoins qui marquent l'ancienne extension d'une cuesta. La plaine alluviale de la Touques, entre les deux coteaux, est marquée par un relief atypique, le Mont Canisy, formé d'une corniche de calcaires oolithiques et coralliens de l'Oxfordien moyen, coiffant une puissante série argileuse de l'Oxfordien inférieur. La butte-témoin du Mont Canisy a résisté à l'érosion, protégée par la formation récifale massive...

L'inventaire du patrimoine géologique de la région Basse-Normandie, initié en 2007, a identifié et validé des sites aux patrimoines géologiques, géomorphologiques et hydrogéologiques ayant un intérêt scientifique, culturel, pédagogique, esthétique. Parmi ces géosites, figure le récif corallien oxfordien du Mont Canisy.. En avant d'une cuesta du pays d'Auge, le mont Canisy .

Historique vignette|Le nom du seigneur local, Hubert de Canisy, est inscrit sur la plaque de l'église de Dives-sur-Merr, parmi les compagnons de Guillaume le Conquérant. La position élevée du Mont Canisy et sa localisation géographique face à l'estuaire de la Seine en ont toujours fait un site stratégique. Tour à tour oppidum celtiqueOppidum à l'ouest du mont, confirmant une présence humaine autour du Cf ., fief seigneurialLes deux historiens Serge et Sven Sochon sont remontés à Hubert de Mont-Canisy, compagnon de Guillaume le Conquérant, possédant un fief qui s'étend sur les communes de Bénerville, Deauville, Saint-Arnoult et Tourgeville (terres reçues en échange de son courage à la bataille de Hastings). Cf ., poste de défense côtière exploité par les militaires depuis le .

En 1762, le ministre de la Marine, le duc de Choiseul, y fait installer une batterie d'artillerie côtière, afin de neutraliser les pirates anglais qui viennent rançonner les navires marchands remontant la Touques.

Pendant la Première Guerre Mondiale, le mont abrite un fort qui sert de poste de surveillance des sous-marins ennemis.

En 1935, l'État nationalise au profit de la Marine nationale la partie nord, pour y construire une base d'artillerie. En 1938, dans le cadre du plan d'extension de la ligne Maginot, débute l'implantation de six encuvements pour canons. En juin 1940, les travaux ne sont pas terminés, le site n'est pas opérationnel.

De 1941 à 1944, les autorités allemandes rasent le terrain, réutilisent certaines casemates, font terminer les travaux de construction des six encuvements pour canons et fortifient le site pour l'intégrer au mur de l'Atlantique sous le nom de code Stp Vill 13.. Les batteries du mont Canisy sont utilisées pour bombarder les navires ennemis, surveiller la baie de Seine, et protéger Le Havre, un port en eau profonde.

Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel s'y rend le 16 janvier et le 25 avril 1944.

En janvier 1944, la batterie est renforcée par l'ajout de trois 679. Un quatrième 679, initialement prévu, n'a pas été construit.

Lors du débarquement de Normandie, les bombardiers de la RAF et les cuirassés et le pilonnent le site.. Les navires, positionnés hors de portée des canons de la batterie, ouvrent le feu sur le site le 6 juin à du matin et neutralisent l'artillerie adverse durant la majeure partie de la journée. Les explosions causent de profonds cratères et détruisent des câbles enterrés servant aux transmissions.

Le 21 août 1944, les troupes allemandes abandonnent le site, face à l'avancée alliée progressant vers l'est..

Cette batterie n'a donc pas été très utile pendant le débarquement, car très vite neutralisée.

Après la guerre Dans les années 1950, quelques familles de sinistrés s'établissent dans les ouvrages abandonnés jusque dans les années 1970. Les élus locaux souhaitant transformer cet espace en zone naturelle, ils le classent en zone non constructible.

Musée à ciel ouvert Le Conservatoire du Littoral acquiert le site de 27 hectares en 1979 et signe en 1993, une convention avec l'association « Les Amis du Mont Canisy » créée à la veille du 50 anniversaire du Débarquement. Cette dernière assure .

Description Laissé à moitié à la végétation, le site est mis en valeur par l'association « Les Amis du Mont Canisy ». Il compte une centaine d'ouvrages et de fortifications...

De la Seconde Guerre Mondiale, sont visibles des casemates, des fortifications, des tunnels et un poste de direction de tir...

Près d'une vingtaine d'ouvrages de guerre ont été déterrés et nettoyés par les bénévoles de l'association., dont : une galerie souterraine de de long à sous terreDessin de la galerie par Philippe Guibert, tiré de ., reliant six encuvements et trois 679 abritant chacun un canon de , répartis en arc de cercleElle reliait aussi 25 alvéoles de casernement et 24 soutes à munitions, une infirmerie, 2 sanitaires et 2 citernes à eau. ; une casemate de commandement ; un poste de direction de tir à trois fenêtres d'observation ; un 501 ; une trentaine de postes de combat fortifiés individuels de type tobrouk ; deux casemates avec 2 et 3 meurtrières ; trois casemates équipées à l'origine de canons de ayant leur ligne de tir sur Le Havre ; un 612 équipé d'un canon de antichar pointait sur la plage de Deauville ; une centrale électrique ; six escaliers permettent avec des rails dont on voit encore la trace, l'approvisionnement en munitions et l'accès en sécurité des différents encuvements et casemates ; une longue tranchée qu'il est possible de parcourir.

Patrimoine naturel

L'enclave de la batterie est entièrement comprise dans la ZNIEFF dénommée Pelouses du mont Canisy, qui s'étend par ailleurs sur les communes limitrophes de Tourgéville et Saint-Arnoult.

Trois grands types de végétation sont présents : les pelouses calcicoles plus ou moins ouvertes les pelouses rases et ouvertes accueillant de nombreuses espèces pionnières ; les pelouses fermées, dominées par le brachypode penné et le brome dressé ; les vieilles pelouses, envahies par le cortège des plantes de prairies telle le dactyle aggloméré, l'anthémis fétide, la primevère officinale, le cirse acaule. les fourrés calcicoles et les fruticées : il s'agit de formations associant soit le prunellier et la ronce, soit le prunellier et le troène ; les boisements calcicoles : il s’agit des ultimes stades de la dynamique naturelle de la végétation. Ces bois à frêne commun et érable sycomore présentent un cortège végétal réduitCERESA, Dossier de projet de création de la Réserve Naturelle Nationale des falaises jurassiques du Calvados, février 2022, p.121.

Le mont (la mammofaune compte notamment le Murin de Natterer, le Grand Murin, le Grand Rhinolophe et le Murin à moustaches)..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Jacques Lalubie, « La batterie du Mont Canisy », in 39/45 Magazine, , Éditions Heimdal, 1984 Tiphanie Beague, « Évaluation du plan de gestion du Mont Canisy et volet opérationnel », Conservatoire du littoral, 2007, 76 p.

Liens externes Site des amis du mont Canisy

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