Incon est le nom donné à un roi Viking de Bretagne vers 912-938.
Biographie Inconus ou Incon est le nom donné par Flodoard au chef des Vikings de la Bretagne qui fut sans doute le successeur de Rognväld. Cet anthroponyme a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Il est peut-être une adaptation du nom vieux-norrois IngiSite de Nordic Names : anthroponyme Ingi , après durcissement de [g] en [c] et remplacement de la terminaison -i des hypocoristiques et surnoms scandinaves par -o / -one (comme la déclinaison latine Cicero / Cicerone « Cicéron »), on constate le même phénomène dans Heugon, commune de l'Orne qui tire son nom d'un certain Helgi. Cependant, Jean Renaud estime que son nom est aussi à rapprocher du breton InconmarcJean Renaud, Les Vikings et les Celtes, Éditions Ouest-France, Université Rennes 1992 137, ce qui signifierait qu'Incon aurait pu être un Viking de culture bretonne ( de par sa mère ). Mais il reste difficile, voire impossible, de dresser des conclusions définitives sur les noms donnés par Flodoard qui était bien éloigné des affaires bretonnes. Le centre de son pouvoir était Nantes. Sa domination s'étendait sur la Bretagne et sans doute une partie des actuels départements de la Vendée, de la Manche ainsi que partiellement l'Anjou et le Maine jusqu'au Perche Vendomois, après la prise du Mans en 924;(le fait que les moines Bénédictins dans leur fuite, quittèrent Château du loir et Le Mans, prouve l'emprise des Brito-Normands au delà des marches Francs).
L’annaliste note qu'en 930, le roi Raoul de France disperse en un seul combat au lieu-dit Ad Destricios (Estresse, près de Beaulieu-sur-Dordogne) les « Normands de la Loire » Chronique de Flodoard AD 930.
L'année suivante il précise que des Bretons se soulevèrent lors des solennités de la fête de Saint-Michel () et tuèrent tous les envahisseurs en commençant par leur chef, un nommé FélécanChronique de Flodoard AD 931. Incon chef des Vikings de Bretagne aurait alors pénétré avec les siens, aidé par les Vikings de Normandie, dans les terres et se serait emparé du pays après avoir vaincu et tué les révoltés Bretons.
En 933, Guillaume Longue épée duc des Normands rend hommage au roi Raoul pour « la terre des Bretons située sur le rivage de la mer ». Il s'agit du Cotentin et de l'Avranchin concédés par Charles le Chauve au roi Salomon de Bretagne soixante-six ans plus tôt. De ce fait, la Normandie avait ainsi quasiment atteint son extension définitive il convient de noter que la frontière est provisoirement fixée à la Sélune, laissant encore le mont Saint-Michel en Bretagne, bien que le mont soit depuis toujours situé dans le diocèse d'Avranches, dont l'évêque est lui-même suffragant de l'archevêque de Rouen..
En 935 des Vikings, qui à cette époque ne pouvaient venir que de la région de Nantes et qui ravageaient le Berry sont attaqués et taillés en pièces par les habitants Chronique de Flodoard AD 935.
En 936, l'abbé Jean de Landévennec appelle les Bretons exilés en Angleterre à revenir. Sans doute a-t-il compris que la situation des Vikings de Nantes devenait de plus en plus difficile avec le rapprochement de Guillaume Longue Épée et des Francs. En effet, les Vikings de Nantes s'étaient par exemple alliés avec les Normands lors de raids victorieux sur Bayeux et Le Mans en 924. Alain Barbetorte débarque à Dol en 936 selon Flodoard. Rapidement, il doit affronter trois attaques scandinaves (réf.nécessaire), et fait ériger une croix à Plourivo (Neil Price interprète cette action comme une volonté de contraster avec le paganisme encore vivace des Vikings). Neil Price pense que ces attaques vikings subies par Alain Barbetorte au nord de la Bretagne renforcent l'hypothèse selon laquelle les Vikings de Nantes se seraient dispersés sur toute la péninsule et qu'ils étaient capables de mener des actions coordonnées.
936 : il est communément admis que Barbetorte débarque à Dol, lors d'un mariage où il y fait un massacre. Sa flotte cingle en baie de Saint-Brieuc, où il boute le feu aux colonies implantées alentour. On peut être plus circonspect sur la véracité de la tournure des événements à Plourivo. Les éléments matériels, (croix latines dans la lande, dépouilles de combattants dans le placître de la chapelle de Lancerf ) révèlent un dénouement douloureux, pour la fine fleur aristocrate de Cornouaille .
Les annales franques ne nous donnent pas plus d’informations sur Incon. Il semble qu’il soit encore le chef des Vikings de Nantes qui ait dû faire face à la contre-offensive victorieuse d’Alain Barbetorte sur la villeChronique de Flodoard AD 936 Les Bretons revenant des régions d'outre mer, du service du roi Adelstan, regagnèrent leur pays, qui résulta en l’expulsion des Scandinaves en 937Chronique de Flodoard AD 937 Les Bretons revinrent après de longs voyages dans leur pays dévasté… ils eurent de fréquents combats contre les "Normands"… ils restèrent vainqueurs et reprirent le pays dévasté et Chronique de Nantes et .
Il faut attendre 939 pour que les derniers restes des hommes d'Incon soient définitivement vaincus lors de l'assaut de leur campement à Trans par les forces jointes d'Alain Barbetorte et d'Hugues le Grand.
Apogée du royaume Brito-Normand Chez les Scandinaves, l'esprit d'entreprise est fortement encouragé. Il s'opère un roulement entre les chefs menant expéditions, et ceux restant à terre. La loi est présente, et le bannissement est largement usité.
Une société en mutation : Une scission s'effectua au sein de la population Bretonne. L'aristocratie qui, par une politique matrimoniale avec les Francs, et l'acceptation de la règle Bénédictine, risquait de se couper de son peuple (de culture Celte); engendrerait la tutelle de ses élites et du pays. Le titre de roi suscitait, depuis Salomon, une concurrence entre les lignées prétendantes, validée par le pouvoir Carolingien. Gourmaëlon, ( qualifié de prince), n'étant pas en mesure de s'imposer militairement. Certains nobles s'exilèrent face aux hommes du Nord ( ceux ci christianisés par les moines Irlandais); et qui, par pragmatisme s'appuyèrent sur les machtierns ( hommes libres) pour recomposer une société indépendante. Libre de partir ou de rester. Une dynamique d'expansion territoriale s'affirma au delà des concessions accordées à Salomon; de sorte que les Francs ne puissent plus ponctionner le tribut, et gardent les Bretons de toute nouvelle attaque contre la péninsule. Ragenold menait campagne en Francie occidentale; Incon s'enfonçât dans les terres pour assoir la domination des Bretons sur les marches, poussant jusqu'à Orléans, et reçu le titre de roi. De la reconstruction émergea le premier âge roman. La Bretagne allait connaître trente années d'indépendance, un renouveau architectural et une période culturelle florissante. De nouvelles paroisses en Lan virent le jour, on y cultive le blé noir, récolte le sel, le tribut est prélevé chez les Francs en bétail, aux marges des gâtines. Le lignage de sang qui primait jusqu'alors est remplacé par la valeur des individus; les esclaves peuvent être affranchis; les mariages mixtes régénèrent la population.
La révolte de 931 révèle une ingérence étrangère (Athelstan). En 933, le jeune Guillaume Longue Epée se soumet au roi Raoul et reçoit le Cotentin et l'Avranchin au détriment de Rioulf. En 936, il faudra une coalition de féodaux, deux armées, et des coups de mains sur la côte, pour renverser le pouvoir en place. Alain Barbetorte se verra qualifié de Duc, après avoir coalisé des Bretons inféodés, et dispersé pendant quatre années les derniers Vikings de Bretagne.
La Chanson d'Aquin
La Chanson ou Roman d'Aiquin est une chanson de geste du publiée sous le nom de « Le Roman d'Aquin ou la Conqueste de la Bretaigne par le Roy Charlemaigne », dont l'auteur serait un Breton de l'entourage de l'archevêque de Dol-de-Bretagne. La seule version connue est celle d'un manuscrit du retrouvé dans les ruines du couvent des Récollets de l'île de Cézembre au large de Saint-Malo après le bombardement par la flotte anglaise en 1693.
La Chanson d'Aquin a pour objet la combinaison, habilement opérée de deux événements historiques séparés l'un de l'autre par un intervalle de plus d'un siècle. la conquête de la Bretagne pour le compte de Charlemagne par le marquis Guy de Nantes et ses lieutenants en 799. l'occupation de la Bretagne par les Vikings entre 919 et 937.
Le texte intègre par ailleurs des thèmes liés aux Croisades puisque les ennemis des Francs sont confondus avec des Sarrasins. Il semble que Incon serve de modèle au roi « Aquin » par ailleurs nommé « émir » des « hommes du Nort pays » qui prétendait avoir été « … couronné roi à Nantes cette belle ville que j'aime… » mais dont la résidence est cependant fixée à Aleth « Émir Aiquin qui est en Quidalet la cité forte » .
Articles connexes Roman d'Aiquin
Notes
Sources Source primaire Flodoard Chroniques féodales 918-978 Sources de l'Histoire de France Paleo Clermont-Ferrand (2002) .
Sources secondaires
Jean-Christophe Cassard « Propositions pour une lecture historique croisée du Roman d'Aiquin ». Dans Cahiers de civilisation médiévale. (), -. 111-127. .
.
Catégorie:Comte de Nantes Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Personnalité viking Catégorie:Chef viking