Le régiment d'infanterie chars de marine (RICM) est un régiment blindé français, héritier du régiment d'infanterie coloniale du Maroc.

Créé en , puis nommé ainsi en , par le changement de nom du régiment d'infanterie coloniale du Maroc, il fait partie de la composante des troupes de marine et est de spécialité cavalerie légère blindée. Le RICM est le régiment le plus décoré de l'armée française. Il appartient à la d'infanterie de marine (). Depuis , il est basé à Poitiers au quartier Le Puloch.

Création et différentes dénominations

, création du régiment de marche d'infanterie coloniale, , création du régiment mixte d'infanterie coloniale, , il devient de marche d'infanterie coloniale, , création du régiment d'infanterie coloniale du Maroc, En , par changement d'appellation, il devient le régiment d'infanterie chars de marine.

Historique des garnisons, combats et batailles du RICM Première Guerre mondiale

Jeune régiment, il naît à Rabat au Maroc au début du mois d' sous l'appellation de régiment mixte d'infanterie coloniale. Le est créé le mixte d'infanterie coloniale. En décembre, il devient le de marche d'infanterie coloniale. Le , il débarque, puis est aussitôt engagé sur le front français au tout début de la Première Guerre mondiale. Le RICM, régiment d'infanterie coloniale du Maroc, est officiellement créé le . Comme le souligne Gaston Gras, ancien soldat de ce régiment, le régiment d'infanterie coloniale du Maroc était composé principalement de français originaires de toutes les régions de la France métropolitaine, Gaston Gras parle de Normands, de Bretons, de Parisiens, de Basques et d'Auvergnats, etc. Le régiment d'infanterie coloniale du Maroc n'est donc pas un régiment de tirailleurs. C'est un régiment de l'infanterie coloniale, donc en l'occurrence de l'infanterie de marine française. C'est dans son ouvrage intitulé Douaumont 24 octobre 1916 que Gaston Gras évoque la composition de son régiment. Toutefois, Gaston Gras indique que pour certaines missions des auxiliaires sénégalais ou somaliens y furent rattachés.

Quatre années durant, le régiment livre des combats qui feront de son emblème le plus décoré de l'armée française avec à l'ordre de l'arméeLa dixième palme lui est remise à Mayence, le , par le général Charles Mangin. Cette cérémonie est filmée par le Service photographique des armées. L'opérateur Fernand Baye rédige le compte rendu de tournage n°2043 du 04/02/1919. Voir le film intitulé Fort de Brimont. Le Général Mangin à Laon. Le RICM à Mayence. Voyage du général Mangin en Amérique latine, juillet 1921 ©SCA/SPCA, Section cinématographique de l’Armée cote 14.18 A 1327 (Visionner en ligne)..

En , renforcé de tirailleurs sénégalais et somalisLes traditions du de tirailleurs somalis, Antoine Champeaux, le RICM s’empare du fort de Douaumont. Pour ce fait d'armes, il obtient la Légion d'honneur et sa troisième citation à l'ordre de l'arméeDécret du 13 novembre 1916 (Journal officiel du 16 novembre 1916) avec attribution de la Légion d’honneur. Le de tirailleurs sénégalais ainsi que les et de Somalis, associées au RICM dans le texte de cette citation, reçoivent également la croix de guerre 1914-1916 avec une palme :

Le , renforcé du sénégalais et de deux compagnies de Somalis, a enlevé d’un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l’énergique commandement du colonel Régnier, brisant successivement la résistance de l’ennemi sur une profondeur de deux kilomètres. Il a inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant d’un élan irrésistible du fort de Douaumont, et conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi.

Au cours de la grande guerre le RICM aura perdu (tués ou blessés) dont . Son drapeau ne portera pas moins de sur la croix de guerre 14-18, la Légion d'honneur (pour un fait similaire à la prise d'un emblème de haute lutte à l'ennemi qui sera la conquête du fort de Douaumont le ), la médaille militaire (le ), l'ordre de la Tour et de l'Épée.

Le régiment sera stationné en Rhénanie de 1918 à 1925 avant de rejoindre le Maroc.

Entre-deux-guerres

Il est envoyé au Maroc, dans le Rif tout d'abord entre 1925 à 1926, puis de 1927 à 1932 en opération dans le sud du pays. Durant ces deux années, (dont ) tomberont, blessés (dont ) ainsi que .

C'est durant cette période que le sultan décerna la croix du mérite militaire chérifien au drapeau.

Le et le groupe franc du RICM seront décorés de la croix de guerre des TOE (théâtre des opérations extérieures) à l'ordre de l'armée.

Seconde Guerre mondiale

En Charente le , le RICM combattait encore à La Hayes-Descartes le . Commandé par le colonel Avre, le régiment combattait depuis dix jours et avait perdu beaucoup d'hommes lorsqu'il se trouva à la hauteur de Civray-de-Touraine au sud de l'Esvre, petit affluent de la Creuse. Deux petits détachements, commandés par le lieutenant Stevenson, officier des transmissions, et le capitaine Alfred Loudes (Saint-Cyr promotion Bayard), adjoint au colonel, manœuvrèrent pour défendre le poste de commandement et réussirent à s'emparer de plusieurs engins ennemis. Ces combats lui ont couté , blessés ou disparus durant les combats d'Amboise.

Pendant la période d'armistice, en zone libre, le stationne à Perpignan et le RIC à Fréjus, Toulon et Marseille. Le RICM fut reconstitué en majorité par des soldats musulmans marocains en Afrique du Nord, ainsi que le RIC.

Au printemps 1943, la fut mise au point par le général Roger Blaizot et son régiment de reconnaissance fut le fameux RICM de Rabat, lorsque fin avril elle embarqua pour la Corse. C'était une formation solide qui allait entrer en lice. Le , elle partit à la conquête de l'île d'Elbe et ce coup d'essai fut concluant. Deux mois plus tard, c'était le débarquement de Provence à La Nartelle, la chute de Toulon, puis le regroupement à Vierzon.

Le RICM est le premier à atteindre le Rhin, l'aspirant Delayen trempe le fanion de son escadron à Rosenau le . Fin novembre, le RICM monte à Mulhouse. La s'empare de près de deux cents villes ou villages, parcourant environ trois cents kilomètres, anéantissant cinq divisions allemandes.

La campagne de la libération coûte au RICM (dont ), (dont ).

Deux citations à l'ordre de l'armée viennent alourdir la cravate de son drapeau.

Une décoration américaine, la Distinguished Unit lui est décernée avec le droit au port permanent pour l'excellence de son comportement lors des combats dans la trouée de Belfort, accompagné de la Distinguished Unit streamer (flamme bleue portant l'inscription en lettre d'or « Rosenau ») Mulhouse, et Seppois-le-Bas.

Guerre d'Indochine

Le , les premiers éléments du régiment arrivent à Saïgon. Dès le , le régiment subit sa première perte en terre indochinoise.

Le RICM sera quasiment de toutes les opérations : opération Gaur (1946), opérations de contrôle en Cochinchine et Sud Annam (1946 à 1947), au Cambodge (1946 à 1947), au Tonkin (1946 à 1947, opération Léa (Lang-Son, Cao-Bang, Bac-Kan), Haute région ( à ), opérations dans le Delta ( à ), le Tonkin (1952-1954), Dien Bien Phû (pour le du ) et mènera les derniers combats jusqu'en .

droite|100px|vignette|Insigne de bras gauche de l'infanterie de marine, avec l'ancre, modèle homme du rang (ancre dorée et losanges rouge). Le groupement blindé du Tonkin sera décoré également à l'ordre de l'armée tout comme le , le , l'escadron de vedettes (celui-ci sera également décoré à l'ordre de l'armée de mer) ainsi que le groupe d'escadrons de marche. Une citation à l'ordre du corps d'armée viendra honorer également les , , (2 fois cité à ce niveau), le bataillon de marche du RICM, le groupe d'escadrons de marche du RICM ainsi que le du . Enfin, le escadron recevra également une citation à l'ordre de la division.

Au total sur la TOE seront décernées à des unités du RICM durant cette guerre, et à l'ordre de l'armée sur la croix de guerre TOE seront décernées au drapeau du régiment avec attribution de la fourragère de la TOE aux couleurs de la médaille militaire.

Elle aura coûté (dont et tués ou blessés).

En 1993, le président François Mitterrand inaugure à Fréjus un mémorial des guerres en Indochine.

Guerre d'Algérie

En , le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM) rejoint l'Algérie. En 1958, alors que les troupes coloniales redeviennent « troupes de marine », il garde ses initiales en souvenir de ses faits d'armes. Il devient alors le régiment d'infanterie chars de marine.

En 1958, le RICM est la seconde unité des TDM (troupes de marine) à combattre sur blindés légers, la première unité ayant été le Régiment colonial de chasseurs de chars, créée par le général De Lattre De Tassigny, en 1944, devenue, en 1958, le 1er régiment blindé de l'infanterie de marine ().

En 1986, le devient la troisième unité blindée des T.D.M.

Les cadres du RICM et du Rima sont formés à l'École d'application de la cavalerie à Saumur.

À l'issue du cessez-le-feu en Algérie du , de la force locale de l'ordre algérienne ont été créés dans toute l'Algérie. Elles furent constitués de 10 % de militaires français de métropole et 90 % de militaires algériens musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire Algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie (source archives historiques du ministère de la Défense). Le RICM a constitué la unité de la force locale de l'ordre Algérienne pour la période transitoire (accords d'Évian).

Le retour en garnison en métropole

Il est cantonné à Vannes de 1963 à 1996, et à Poitiers depuis .

Missions extérieures

En 1978 et 1979, le RICM participe à l' au Tchad. En deux marsouins sont tués, ainsi que plusieurs blessés à la bataille de Salal, le premier combat de cette opération. En octobre de la même année, c'est l'accrochage de « Forchana » puis le l'engagement de « Katafa » : quatre militaires sont très sérieusement touchés. À la mi-décembre le combat de Foundouck verra différents personnels engagés atteints gravement. Au début de l'année 1979, le , c'est l'assaut d'Abéché, l'offensive des rebelles d'Ahmat Acyl échoue et la colonne est anéantie par le groupement français et les FAN, un marsouin du escadron sera tué, plusieurs blessés. Le bilan est de plus de tués ( et saisis) par les FAN et le groupement français composé du RICM et d'unités du RIMa et du Rama. Par la suite, plusieurs pelotons seront détachés dans la capitale afin d'éviter des affrontements inter-ethniques. Au cours de tous ces combats de lourdes pertes seront infligées aux forces rebelles et un nombreux matériels (armes et véhicules) récupéré ou détruit.

Parallèlement de mars à le escadron fait partie du premier détachement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban au sein du groupement du RPIMa. Lors des accrochages contre certaines factions palestiniennes du , un marsouin sera tué et plusieurs seront blessés gravement.

Une citation à l'ordre de l'armée sera attribuée en au RICM pour ses engagements au Liban et au Tchad en 1978. Fin 1979 c'est l' qui permet l'éviction à la tête de la République centrafricaine de l'empereur Bokassa, puis l'installation des éléments « Tacaud » quittant le Tchad à Bouar et Bangui. Lors de ces évènements les commandants d'unités furent : ( escadron : capitaine Delort, escadron : capitaine Clerc puis capitaine de Zuchowicz, escadron : capitaine Sirot).

Par la décision 118 du 25 octobre 1978, les actions menées par le régiment au profit d'un pays lié à la France par des accords de coopération et pour celles au profit de la Force intérimaire des Nations unies au Liban se voient récompensées par l'attribution d'une citation à l'ordre de l'Armée ; le escadron est détaché au profit de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth en 1982..

En 1990 et 1991, il intervient dans l' puis dans la phase active de la guerre du Koweït (1990-1991), guerre du Golfe ( escadron capitaine de Kersabiec ; escadron capitaine de revel).