Le musée d'Histoire naturelle de Lille est un musée d'histoire naturelle français situé rue de Bruxelles, dans le quartier universitaire historique de Lille. Inauguré en 1822 dans l'ancien Hôtel de Ville de Lille, il est installé rue de Bruxelles depuis 18961896 date d'inauguration selon le Mémoire n° 17 de la Société géologique du nord, publié en 2015.

D'abord construit autour d'une première collection zoologique, il s'est associé au début du un double ensemble de collections géologiques, puis en 1990 deux nouveaux fonds (d’ethnographie et d’histoire industrielle) qui composent donc aujourd'hui quatre grandes thématiques : naturaliste, géologique, ethnographique et d'objets industrielsMusée d'Histoire naturelle de Lille ; histoire des collections, page consultée 2014-12-07.

les quatre grandes collections du musée Ce sont : La collection zoologique (environ spécimens dont oiseaux exposés) ; La collection géologique (environ échantillons) ; La collection ethnographique, essentiellement extra-européenne, qui comprend échantillons dont objets anciens exceptionnels témoignant des civilisations océaniennes, africaines, asiatiques et amérindiennes. La plupart proviennent de, mais on y trouve aussi des objets provenant de Charles Phalempin (pour la Mélanésie) ou du Général Faidherbe (pour l'Afrique). Le reste provient de dons et donations, et d'acquisitions faites par le Muséum. La collection « sciences et techniques », (ancien « Musée industriel, commercial, colonial et agricole »), qui comprend environ échantillons et ouvrages ;

Actuellement conservées dans les réserves du musée, les deux collections de Sciences et Techniques et d'Ethnographie sont présentées (par manque de place) à la faveur d’expositions temporaires.

Le MHNL est membre du réseau national des collections naturalistes (RECOLNAT).

Histoire du musée de Lille Le projet Le projet d'un musée a été porté par la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, une société savante fondée en 1802, qui avait acquis une vaste collection d'insectes, un grand tigre royal naturalisé qui a beaucoup impressionné les lillois de l'époque et d'autres curiosités scientifiques.

Création d'un premier musée En 1816, cette société décide de fonder un musée pour présenter et élargir ses collections de spécimens zoologiques vertébrés et invertébrés au public, à des fins d'éducation publique notamment. Les objets dont des momies égyptiennes sont alors présentés au public dans l'ancien Hôtel de Ville du palais Rihour dans une salle gardiennée. La visite des collections d'oiseaux et la vue du grand tigre ou des poissons naturalisés sont l'une des attractions recommandées par les premiers "guides touristiques".

En 1855, à l'occasion de la création de la Faculté des sciences de Lille ce fonds est offert à la municipalité pour servir à l'enseignement des élèves.

Cette nouvelle faculté est (en 1854) installée rue des Arts (dans l'actuel Vieux-Lille où le botaniste Jean-Baptiste Lestiboudois avait déjà transféré son « jardin des plantes »Le jardin botanique dont Jean-Baptiste Lestiboudois avait la charge (à partir de 1770) avait été créé vers 1750 par le médecin Pierre Cointrel pour son « cours public de botanique » ouvert en 1753, rue Dauphine à Lille, et fréquenté notamment par des élèves de l'école de chirurgie et de pharmacie de Lille. (dans le jardin de l'ancien couvent des Récollets) en 1794. Ce jardin étant encore utilisé par son petit-fils (Gaspard Thémistocle Lestiboudois) pour son cours public de botanique en 1850 à 1857. C'est le Professeur titulaire de la chaire d’histoire naturelle à la faculté qui devient le conservateur du muséeMusée d'Histoire naturelle de Lille : L'histoire du musée, consulté 2014-12-07.

Une partie des actuelles collections furent donc un temps installées juste au-dessus du tribunal civil de Lille, dans une grande salle offerte par la mairie (alors située au Palais Rihour). Cette salle proche de l'ancienne salle du Conclave jouxtait une salle de cours servant en hiver aux cours de physique donnés par le Charles Delezenne et une autre salle destinée à l'exposition des produits de l'industrie (une exposition qui avait lieu tous les 2 ans). Les vitrines du Muséum présentaient notamment de nombreux vertébrés et invertébrés naturalisés, dont une grande collection d'oiseaux locaux et exotiques et des poissons naturalisés par un taxidermiste du département du Nord.

Le musée actuel Le bâtiment qui abrite aujourd'hui le musée a été commandé par la ville de Lille pour accueillir les enseignants et étudiants d'une « nouvelle » université résultant de la fusion - en 1887 - de l'ancienne Faculté des Sciences de Lille et de l’ Université de Lettres et de Droit de Douai. Terminé en 1894 et ouvert en 1895, il a aussi accueilli les laboratoires de géologie, zoologie et botanique de l'ancienne Faculté des sciences de Lille. La salle principale du musée (grande galerie) est construite sur un principe d'architecture métallique de type Baltard.

Durant la Première Guerre mondiale, la ville est occupée par l'armée et l'administration allemande et subit les désastres de la guerre ; le musée subit quelques chutes d’obus et il aurait pu être très gravement endommagé par le souffle de l’explosion des « 18 ponts » (destruction, peut-être par sabotage, du plus grand dépôt de munitions régional, qui venait de recevoir un train entier d'explosifs. L'explosion perçue jusqu'aux Pays-Bas a pulvérisé des débris des 18 arches et murs de briques qui devaient protéger les explosifs, à des kilomètres à la ronde. Heureusement une grande filature industrielle avait été récemment construite en solide béton armé, qui a fortement atténué le souffle et les projections de débris en direction de la ville de Lille et du musée.

Après l'armistice (1918), tous les musées et bâtiments administratif de Lille ont dû subir des réparations, alors qu'en raison de la reconstruction en France et en Belgique après la Première Guerre mondiale et du retour des soldats et réfugiés ou prisonniers, les moyens matériels, humains et financiers manquaient. Celui-ci sera en travaux et fermé au public jusqu’en 1925.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le musée est (en 1942) occupé par les Allemands qui vont à cette occasion se servir de fauves et d'oiseaux naturalisés pour le décor de d'opéras de Wagner données à l'Opéra de Lille.

De l'après-guerre à la fin des années 1970, le musée est peu actif.

À partir des années 1980, il met en place une politique plus dynamique d'ouverture et d'expositions temporaires, avec ateliers, conférences, outils pédagogiques... Une exposition intitulée « Les plus beaux insectes du monde », ayant connu un grand succès populaire a notamment incité les conservateurs et leur équipe à mettre en place un programme d'expositions temporaires thématiques.

Le musée d'Histoire naturelle de Lille cherche depuis longtemps à s'agrandir pour être en mesure de présenter l'ensemble des collections qui lui ont été confiéesA Lille, trois musées en un seul, Entretien avec Sophie Beckary et Bertrand Radigois, 1994. Aucun projet n'a abouti à ce jour, mais une étude de faisabilité a notamment été lancée récemment pour examiner la possibilité de l'installer dans le collège Jean-Macé voisin dont les locaux sont inoccupés depuis 2008Julien Lécuyer, Le collège Jean-Macé accueillera-t-il le musée d'Histoire naturelle ?, La Voix du Nord, 05/11/2009. Le déménagement de la maison régionale de l'environnement et des solidarités est une piste explorée par la mairie de Lille.

Polémique sur les objets brésiliens En 2003, une grande exposition d'objets brésiliens était programmée dans la ville de Lille dans le cadre des célébrations de l'Année du Brésil en France, qui devait avoir lieu en 2005. 611 objets étaient prévus pour être exposés en France, mais le gouvernement brésilien a refusé, mal à l'aise à l'idée de permettre leur déménagement. En guise de solution, le Muséum d'Histoire Naturelle de Lille a acheté les objets et les a immédiatement cédés au Museu do Índio, à Rio de Janeiro, et s'est ainsi assuré le droit de prêter les objets pour une durée de cinq ans (2004-2009), renouvelable pendant encore cinq ans. En 2009, n'ayant reçu aucune communication indiquant que le musée français envisageait de renouveler le prêt, le Museu do Indio a demandé sa restitution. La demande a été refusée et les représentants du musée ont affirmé que les objets faisaient désormais partie du patrimoine de la ville de Lille..

Après une bataille juridique de plus d'une décennie, les objets auront été restitués en 2023 et le gouvernement brésilien a accepté de payer les frais de transport qui, dans le contrat initial, devaient être payés par le Musée..

L'historien Juarez da Silva a critiqué le Musée, affirmant qu'il s'accroche à "l'idée que de tels objets ne peuvent pas être préservés et valorisés dans leur propre pays" et que le patrimoine culturel de pays considérés comme "exotiques" est toujours considéré comme quelque chose qui peut être "approprié".

Histoire des quatre grandes collections

Le musée d'Histoire naturelle de Lille rassemble les collections de plusieurs musées fondés au : le musée zoologique, le musée Gosselet de géologie et minéralogie, le musée houiller, le musée industriel et commercial et le musée Moillet d'ethnographieRoger Marcel, Le musée d’Histoire naturelle de Lille de 1820 à 1980, in Contribution à l’histoire de la faculté des sciences de Lille de 1854 à 1970, tome 1, - 64. Compte tenu des espaces disponibles, les collections de ces deux derniers musées ne sont pas présentées au public.

La collection de zoologie et d'histoire naturelle Elle s'est constituée il a y 150 ans au sein de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille (par dons, legs ou achats) en une collection de vertébrés et invertébrés naturalisés ou conservés de diverses manières. Il s'agissait en partie d'espèces exotiques. Ce fonds a notamment intégré deux collections offertes par deux naturalistes du début du (Degland et de Vilmarest),

Cette collection a été installée dans l'actuel bâtiment de 1908 à 1911. Jusqu'au début des années 1950, ce fonds a été géré par ou avec l'Université de Lille. Alors que les espèces régionales commençaient à régresser, y compris au sein du patrimoine des espèces domestiquées, le fonds a été . Depuis les années 1950, des dons et legs de particuliers et des échanges avec des parcs zoologiques (espèces menacées) ont permis d'enrichir ce fonds.

Le musée abrite ainsi une vingtaine de spécimens d'espèces éteintes naturalisés (ex : spécimen de grand pingouin daté de 1835), loup marsupial, pic à bec d'ivoire, pigeon migrateur d'Amérique du Nord, Huia dimorphePage consacrée au pigeon migrateur nord-américain, disparu, musée d'Histoire naturelle de Lille, consulté 2014-12-07Lille, musée d'Histoire naturelle, sur Musénor, consulté 2016-07-24Bidaud F & lefebvre C (2013) À Lille, deux longs becs dont l’histoire laisse bouche bée Publié par la voix du nord le 24/07/2013, consulté 2016-06-24...) au niveau planétaire et au moins 300 espèces disparues ou menacées de disparition dans la région Nord-Pas-de-Calais ou de France). Le public peut ainsi observer un loup naturalisé (tué dans le Pas-de-Calais) ou des oiseaux devenus très rares comme un Balbuzard qui a autrefois vécu à Lille où il a été tué puis empaillé. Ces animaux naturalisés témoignent de l'érosion mondiale et régionale de la biodiversité et des disparitions d'espèces de la régionMusée d'Histoire naturelle de Lille, Espace Zoologie, consulté 2014-12-07.