Jean Valjean est l'un des principaux personnages du roman Les Misérables de Victor Hugo.

Jean Valjean est le personnage central qui lie différentes histoires du cycle des Misérables. Son profil psychologique évolue au fil du temps, des rencontres qu'il fait, constituant la preuve de la bonté universelle et de la capacité à s'améliorer que possède chaque être humain.

Biographie Jean Valjean est né dans une famille de pauvres paysans de la BrieLes Misérables, tome I, Livre II, chapitre VI : « Jean Valjean ». en 1769Cette année de naissance n'est pas donnée par Victor Hugo, mais correspond à la naissance de Napoléon et se déduit des informations suivantes : Jean Valjean sort du bagne en 1815 (Les Misérables, tome 1, livre 2, chapitre 1) et annonce son âge de 46 ans à Myriel (Les Misérables, tome 1, livre 2, chapitre 3).. Il a perdu ses parents quand il était jeune et c'est sa sœur Jeanne qui l'a élevé. Son père s'appelait comme lui, Jean Valjean ou Vlajean, contraction de « Voilà Jean », et était également émondeur. Il s'est tué en tombant d'un arbre« Son père, émondeur comme lui, s’était tué en tombant d’un arbre » (Les Misérables, tome 1, livre 2, chapitre 6) . Sa mère s'appelait Jeanne Mathieu. Elle mourut des suites d'une fièvre de lait mal soignée.

25 ans (en 1794) Après la mort de son beau-frère en 1794, c'est à lui de nourrir la famille. Sa sœur a sept enfants, le plus jeune a un an et le plus âgé, huit. Valjean est doté d'une force herculéenne et il est très adroit au tir, mais il ne sait ni lire, ni écrire. Il ne gagne que 18 sous dans la saison de l'émondage, le reste de l'an il fait ce qu'il peut en travaillant comme garçon de ferme, bouvier

26 ans (en 1795) À , en 1795, un hiver très froid entraîne la famille Valjean dans la disette : Tome I. Fantine — Livre II : La chute — Chapitre 6. Jean Valjean.

27 ans (en 1796) En 1796, à , Jean Valjean est condamné à cinq ans de bagne pour ce vol. La punition est aussi lourde parce qu'il est connu qu'il était quelque peu braconnier. Sa chaîne est ferrée le à Bicêtre le jour où . (donc, le ) plus tard, il arrive à Toulon. Au bagne, il sera le numéro 24601.

On ne saura presque plus rien de sa sœur. Seulement, dans la quatrième année de son emprisonnement, Valjean apprend que sa sœur vit à Paris, rue de Geindre. Elle travaille dans une imprimerie, rue du Sabot, et n'a plus avec elle que le garçon le plus jeune. Cet enfant a la chance de pouvoir aller à l'école mais sa mère commence à travailler à six heures et l'école n'ouvre qu'à sept heures. Par conséquent, l'enfant doit attendre une heure dans la rue. C'est la dernière chose qu'on saura de la famille de Jean Valjean.

Au bout de quatre ans (alors dans les premiers mois de 1800), Valjean tente de s'évader, mais on le capture deux jours plus tard. Il est condamné à trois ans de plus. Lors de sa deuxième tentative d'évasion, en 1802, il essaie de résister, en conséquence de quoi il est condamné à cinq ans de plus, dont deux à la double chaîne. Il essaye de s'évader encore deux fois dans sa dixième (1806) et sa treizième (1809) année mais ne réussit pas son évasion et reçoit, les deux fois, une prolongation de peine de trois ans. À quarante ans, donc en 1809, il apprend à lire dans l'école du bagne.

46 ans (1815) vignette|gauche| Après dix-neuf ans enfermé au bagne de Toulon, il est enfin libéré dans les premiers jours d'. Il sort du bagne hardi et l'esprit plein de rancune envers la société qui lui a causé tant de mal. Il a compris ce qu'il a fait de mal mais, pour un crime si petit, il trouvait la punition exagérée. Il n'aspire qu'à se venger de cette société.

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On lui remet le passeport jaune des forçats libérés et son salaire pour dix-neuf ans : avec un demi-sou par jour, après , cela devrait faire , mais à cause de diverses retenues locales on ne lui donne que et 15 sous. Il se sent volé. Le passeport jaune ne facilite pas les choses, car il le discrédite aux yeux des autres. Ainsi, il n'est payé que la moitié quand il travaille et on l'expulse des auberges où il demande à passer la nuit. Quatre jours après sa libération, il s'arrête à Digne. Après avoir été chassé de partout et erré toute la journée, il trouve asile le soir chez l'évêque Myriel, surnommé Monseigneur Bienvenu. Celui-ci l'accueille charitablement, malgré sa condition d'ancien forçat, en lui offrant le souper et un bon lit. Mais Valjean s'éveille au milieu de la nuit, cède à ses mauvais instincts et s'enfuit en volant des couverts en argent, non sans avoir été troublé par l'expression douce et sereine de son hôte endormi.

Le lendemain matin, Valjean est arrêté par les gendarmes qui le ramènent chez l'évêque. Celui-ci, pour le sauver, assure aux gendarmes qu'il lui a fait cadeau de ces couverts. On relâche donc Valjean. L'évêque lui donne également deux chandeliers en argent, puis l'adjure de se rédimer : Tome I. Fantine — Livre II : La chute — Chapitre 12. L'évêque travaille..

Perturbé, Valjean quitte Digne. Il sent en lui un changement provoqué par l'acte et les paroles de l'évêque mais il n'est pas tout à fait prêt à renoncer à se venger de la société. Dans une plaine, assis et perdu dans ses pensées, il recouvre de son pied une pièce de que Petit-Gervais, un jeune ramoneur savoyard qui passait à ce moment, venait de faire tomber. Irrité par l'enfant qui lui demande de lui rendre sa pièce, il le fait fuir. Quand il voit la pièce et réalise ce qu'il vient de faire, il se désespère et se perçoit comme un voleur. Pour la première fois après dix-neuf ans, l'ancien bagnard se met à pleurer. Ce sera son dernier forfait et il décide de devenir un homme honnête. Mais, aux yeux de la justice, ce vol en fait un récidiviste.

Au mois de décembre de la même année 1815, un homme arrive à Montreuil-sur-Mer et sauve deux enfants d'un incendie. Il est alors très respecté et, de ce fait, on ne pense pas à lui demander ses papiers d'identité. Cet homme, qui dit s'appeler « le père Madeleine », crée une fabrique de verroteries en 1816 et devient un industriel apprécié (sa production est remarquée à l'exposition de l'industrie de 1819 et on lui décerne la Légion d'honneur qu'il refuse). Il accepte enfin de devenir maire de la ville en 1820 après avoir refusé cette fonction une première fois en 1819. On nous raconte beaucoup sur cet homme très charitable, il s'enrichit avec sa manufacture, mais n'oublie jamais les pauvres : Tome I. Fantine — Livre V : La descente — Chapitre 3. Sommes déposées chez Lafitte. Il fait construire deux écoles, il en sait beaucoup sur les plantes et sur les animaux, quand on a besoin d'aide, il donne volontiers un coup de main, il est très adroit au tir et invite les petits ramoneurs savoyards de passage à Montreuil.

52 ans (1821) Bientôt, il est l'objet de toutes les rumeurs de la ville, encore plus dans l'année 1821, après que le journal a annoncé la mort de « Monseigneur Bienvenu ». Deux filles, cédant à leur curiosité, lui demandent enfin de voir sa chambre (objet de toutes sortes de spéculations) pour finalement être déçues ; la chambre est bien laide, à l'exception de deux magnifiques chandeliers d'argent.

54 ans (1823) Muté à Montreuil, l'inspecteur de police Javert, qui : Tome I. Fantine — Livre V La descente — Chapitre 5. Vagues éclairs à l'horizon, commence à avoir des soupçons. Il remarque une certaine ressemblance physique entre monsieur le maire et Jean Valjean. Il note que personne ne sait d'où il vient et que monsieur Madeleine a fait des recherches à Faverolles, le village natal de Jean Valjean. Il remarque aussi qu'il traîne la jambe droite, jambe à laquelle on attache la chaîne de pied des forçats. Ses soupçons se confirment quand, un jour, il voit soulever une charrette renversée sur son conducteur, le père Fauchelevent. Javert ne connaît qu'un seul homme disposant d'une telle force, Jean Valjean. À la suite de cet accident, Fauchelevent reste handicapé, mais le maire lui trouve un emploi de jardinier au couvent du Petit-Picpus à ParisLe vrai « Petit-Picpus » des Misérables.

À la suite d'une querelle avec le maire qui prend la défense de la fille publique Fantine, Javert, vaincu et indigné, dénonce aux autorités le maire comme étant Jean Valjean.

Parallèlement, on apprend qu'un vagabond qu'on soupçonne être Jean Valjean vient d'être arrêté. Javert demande alors un entretien au maire et lui avoue l'avoir dénoncé à tort comme étant le forçat Jean Valjean, mais que l'on vient d'identifier le vrai Jean Valjean qui vivrait sous le nom de Champmathieu. Ce dernier va d'ailleurs bientôt être jugé à Arras. Javert demande à d'être destitué de ses fonctions à cause de son erreur, mais Madeleine refuse.

Ce n'est que maintenant que Hugo dévoile enfin le personnage de Madeleine : Tome I. Fantine — Livre VII : L'affaire Champmathieu — Chapitre 3. Une tempête sous un crâne.

En même temps, il lui faut s'occuper de Fantine, qu'il fait soigner dans son hôpital. Il écrit plusieurs fois aux Thénardier, chez lesquels se trouve Cosette, pour les pousser à l'amener à Montreuil. Mais Thénardier, espérant d'avoir encore plus d'argent, la retient. Valjean venait de décider d'aller chercher lui-même Cosette au moment où Javert se présentait à son bureau au sujet de l'affaire Champmathieu.

vignette|gauche|« Monsieur Madeleine » dévoile son identité devant la cour d'assises d'Arras afin de sauver Champmathieu du bagne. Toile d'André Devambez, maison de Victor Hugo, vers 1903.

Alors qu'il est pressé de ramener Cosette à Fantine, Valjean se trouve face à un dilemme : laisser condamner un innocent à sa place ou se dénoncer et être condamné au moins à perpétuité. À l'issue d'une longue nuit d'insomnie () sa conscience le pousse à se rendre au tribunal d'Arras sans avoir décidé quoi faire. Son parcours est entravé et ralenti par plusieurs difficultés, il semble qu'il n'arrivera jamais à temps à Arras, et c'est aussi ce qu'il espère, mais il n'aura pas cette chance. Lorsqu'il entre au tribunal, on est en train de prononcer le jugement et il décide enfin de se dénoncer. Il rencontre d'abord la difficulté de faire admettre qu'un maire a été un bagnard. S'adressant alors successivement à ses trois anciens compagnons de chaîne venus témoigner, il les interpelle un à un par leur sobriquet assorti de leur vrai prénom en énumèrant des détails personnels et secrets de leur vie au bagne de Toulon, demandant à chacun d'entre eux confirmation de ses allégations. Ainsi Brevet, Cochepaille et Chenildieu, qui l'instant d'avant juraient reconnaître Valjean sous les traits de l'accusé, se voient contraints d'attester sa véritable identité, ce qui stupéfie le tribunal et innocente immédiatement Champmathieu. Dans la confusion qui s'ensuit, Valjean part pour Montreuil sans être empêché. Champmathieu, le faux Valjean, est relâché.

vignette|Jean Valjean murmure avec douceur des paroles inaudibles au cadavre de Fantine tandis que Javert et la sœur Simplice assistent à la scène.Illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1891.