L'ordre de FontevraudUne orthographe antérieure employait la graphie ancienne Fontevrault (ault) en lieu et place de Fontevraud (aud) Émile Littré: Dictionnaire de la langue française (1872-77) était un ordre monastique successivement protégé par les Plantagenêts et puis par la maison capétienne de Bourbon. Il a été fondé en 1101 par Robert d'Arbrissel lors de la création de l'abbaye de Fontevraud située sur le territoire de la commune de Fontevraud-l'Abbaye (Maine-et-Loire). En principe le monastère de l'ordre de Fontevraud est un monastère double, un monastère de femmes et un monastère d'hommes, voisins mais séparés. Il y eut naturellement des exceptions. Le temps passant ce caractère double cessa d'être la règle au début du .

Des spécificités marquantes de l'ordre Moins influent, moins puissant mais plus riche que ses homologues clunisiens ou cisterciens, l'ordre de Fontevraud suit.Ordre de religieuses et de religieux, fondé par Robert d'Arbrissel l'an 1100. C'est une religieuse qui est supérieure générale de l'ordre des religieuses et des religieux. Les religieux servent les religieuses ; c'est le seul ordre avec ce gouvernementla règle de Saint-Benoît avec quelques constitutions particulières du fondateur. Fontevrault est un bourg du département de Maine-et-Loire. dont les membres faisaient suivre leur nom des initiales O.R.F.Ordre Royal de Fontevraud est un ordre Propre, d'inspiration bénédictine. La BNF lui a consacré dans ses collections une importante documentation.

Les fondateurs Robert d'Arbrissel L’ordre de Fontevraud a été fondé en par Robert d'Arbrissel (1045-1116)Un colloque a été organisé à Fontevraud les 25 et 26 septembre 2015 à l'occasion des neuf-cents ans de la mort de Robert d'Arbrissel et Les reliques d'un futur bienheureux. L'abbaye royale, chef d'ordre, est aujourd'hui le plus grand ensemble monastique d'Occident subsistant, intéressant sur le plan religieux aussi bien que touristique.. Si la vie de Robert d'Arbrissel suscita bien des interrogations, .

L’année 2016 a été celle du centenaire de la mort de Robert d'Arbrissel. C'est aussi l'année où prit place une table ronde sur les rapports de Robert d'Arbrissel et l'érémitisme. , un des rares, le seul ?, fondateur d’ordre monastique à n’avoir jamais été canonisé.. La cause de ce traitement spécifique est peut-être due à la méthode particulière qu’il avait de lutter contre les tentations d’impureté en passant ses nuits parmi les femmes. Cette ascèse porte le nom de syneisaktisme. « Pour ôter toute trace de scandale, Robert d'Arbrissel sépare les hommes des femmes. Il les répartit en quatre prieurés : Le Grand-Moûtier Sainte-Marie pour les Vierges, La Madeleine pour les autres femmes, Saint-Lazare pour les lépreux et Saint-Jean-de-l’Habitation pour les hommes »..

Hersende de Champagne (1060, † ). Hersende de Champagne peut être considérée, elle aussi, comme cofondatrice puisqu'elle a pérennisé les intuitions de Robert d'Arbrissel. Hersende serait également, d'après des recherches récentes, la mère d'Héloïse (abbesse), femme et amante d'Abélard.

Pétronille de Chemillé Pétronille de Chemillé morte en 1149 première Abbesse de l'abbaye de Fontevraud..

L’Abbaye royale de Fontevraud, jadis centre de la vie monastique fontevriste L’abbaye royale de Fontevraud est le plus grand ensemble monastique subsistant en Occident, quand bien même il n'y subsisterait plus aucune vie religieuse. Assez paradoxalement, ce fût sa transformation en Centre pénitentiaire par décret de Napoléon du qui lui évita d’être transformé en carrières de pierres comme l'abbaye d'Homblières (02720), l'abbaye de Quincy (89430-Tanlay)., l'abbaye Saint-Pierre de Maillezais (85420), l'abbaye de Montmajour, l’abbaye de Cluny (71250)., entre autres.

La Cour du dehors vignette|gauche|Le portail d'accès à l'Abbaye royale de Fontevraud Venant de la place des Plantagenêts (appellation contemporaine) et une fois passé le majestueux portail d’entrée de l’Abbaye royale appelé « Athanasis » ou « de l'immortalité » s’offre aux regards la Cour d’honneur plus communément nommée jusqu’à la fin du « cour du dehors » en ce qu’elle se situait en dehors de la Clôture religieuse ou clôture monastique avec comme bâtiments évoquant la vie monastique et de gauche à droite : La fanerie (dont le nom vient de foin) où l’on stockait le fourrage pour les chevaux et les attelages de l’Abbesse (carrosses et écuries, sans oublier le logement des palefreniers). Elle sert aujourd'hui de cadre au musée d'art moderne. en abritant le don des époux Cligman. La cour des fours (boulangerie) un peu à l’écart pour éviter tout risque d’incendie. Le logis de l’Abbesse (palais abbatial) situé à l'extrémité d'une étroite cour guère mis en valeur aujourd'hui et dont il est impossible d'avoir une vue d'ensemble. Le logis Bourbon construit par Eléonore de Bourbon, tante d’Henri IV - Abbesse - où résidèrent "Mesdames", Victoire, Sophie, Thérèse et Louise, les quatre dernières filles de Louis XV – âgées de à – pendant le long séjour qu’elles firent de 1738 à 1750, volontairement loin de la Cour et de la mauvaise influence qu'elles auraient pû y trouver.

Le Grand Moûtier L'Abbatiale est la partie le plus prestigieuse de l'abbaye royale au contraste fort entre le chœur et le transept d’une grande simplicité élevés par la Grande Prieure Hersende de Champagne (1060-1114) sous Robert d'Arbrissel et la nef à coupoles très ornementée, construite après sa mort sous le même Robert d'Arbrissel. La nef élevée après la mort de Robert d'Arbrissel, sans doute vers 11118-20 dut être achevée vers 1130. Par ses abondantes sculptures elle contraste vivement avec le classicisme français du chœur et du transept auquel elle a été rattachée après coup de façon inélégante. Doivent être ajoutées au nombre des constructions monastiques le réfectoire, les dortoirs, le cloître () avec la salle capitulaire. et la cuisine fumoir.

Infirmeries Saint-Benoît La chapelle privée de la communauté de moniales et les infirmeries Saint–Benoît. toutes deux placées sous le patronage de Saint Benoît car l'ordre de Fontevraud a été conçu comme un rameau de l'ordre de Saint-Benoit appelé également l’ordre Bénédictin..

Le prieuré Saint Lazare vignette|gauche| Le grand escalier du prieuré Dédié initialement à l’accueil des malades atteints de la lèpre et des religieuses qui en avaient la charge et, pour ce faire, doté de tous les éléments nécessaires à la vie monastique (chapelle, cloître avec salle capitulaire, réfectoire, dortoir), le Prieuré Saint-Lazare à l'escalier majestueux abrite aujourd'hui les structures hôtelières et de restauration de l’abbaye royale.

Le prieuré de la Madeleine Ce prieuré était statutairement dévolu à l’accueil des pénitentes en voie de conversion que Robert d’Arbrissel avait résolu d'arracher à leur vie dissolue. Ce prieuré est celui de toute l'abbaye royale, hors le Prieuré Saint-Jean de l’Habit, qui a le plus souffert de la transformation de l'Abbaye en prison. Pour autant, d'importantes fouilles archéologiques ont pu y être conduites.

Le prieuré Saint Jean-de-L'Habit Le prieuré Saint-Jean de l’Habit dont le nom - sans aucun rapport avec le vêtement monastique - renvoie expressément à la dernière scène de la vie terrestre du Christ.. Ce prieuré était situé au nord-est de l’enceinte abbatiale proprement dite. Il était relié à elle par une allée d'ormes champêtres. Le tableau de François-Roger de Gaignières donne encore aujourd’hui de ce prieuré dominant assez nettement l’enceinte abbatiale - intégralement détruit depuis- et implanté à l’emplacement actuel du cimetière du bourg, une image nostalgique. Le prieuré Saint–Jean de l’Habit de Fontevraud, à l’imitation des dispositions initialement prévues pour l’ensemble des implantations fontevristes, constituait le prieuré masculin de l’abbaye royale de Fontevraud. Les moines prêtres qui y résident et qui sont dispensateurs des sacrements aux moniales de l’ensemble du site fontevriste sont soumis à la Règle de saint Augustin.

Aux alentours de la clôture Les édifices qui suivent ont deux points communs. Ils sont situés en dehors de la clôture de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud. Ils ne sont pas pour autant sans lien avec l’ensemble abbatial et par conséquent avec l’Ordre de Fontevraud thumb|EHPAD d'Oiron. Le pavillon du fond date de Madame de Montespan. L’hospice de Madame de Montespan Institué sur son ordre pour accueillir une centaine d’indigents, il ne subsiste encore aujourd’hui de l’hospice de la Sainte famille qu’un porche majestueux portant l'inscription Le jour de St Bernard 1687, Madame de Montespan estant ici, a fait commencer ce bastiment et le mesme jour de St Bernard 1689, estant venue voir sa sœur, elle a fait présent de cet ermitage à la communauté et l’a accompagné d’une loterie. et quelques constructions englobées dans un pâté de maisons.. Le porche en question est visible dans la partie gauche du tableau. Cet hospice ne survécut pas à son départ, pour se rapprocher du seul fils légitime qu’elle avait eu avec son mari Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, pour le Château d'Oiron. Le bourg d'Oiron où, encore aujourd’hui l’EHPAD Résidence l'Orée des Bois témoigne de son illustre fondatrice tant par son adresse, 28 rue Madame de Montespan, que par son pavillon central rescapé des aménagements successifs. Les pigeonniers ou colombiers Connus aujourd’hui sous l’intitulé de pigeonniers de l’hospice. Ces vastes bâtiments percés de boulins dans leur partie supérieure ont abrité à partir du les équipages tant de l’Abbesse que de ses visiteurs. Ils ont été particulièrement utilisés lors du séjour des filles cadettes de Louis XV en l’Abbaye. Ils ont pu aussi servir de refuge à des nécessiteux..

Les abbesses

Les études consacrées à l'ordre de Fontevraud ont permis d'établir la liste des abbesses de Fontevraud. Trente-six abbesses dont cinq issues de la Maison capétienne de Bourbon, ont dirigé cet ordre de 1115 à 1792.. Le destin contrasté de trois abbesses d’époques très différentes ne pouvait manquer d’intéresser autant les chercheurs que les romanciers et ce d'ailleurs dans une optique d'ailleurs un peu plus largeDe la Rencontre de Jean-Baptiste, « l‘ermite des Gardelles » avec l‘Abbesse Marie-Madeleine-Gabrielle-Adélaïde de Rochechouart de Mortemart ( Abbesse de l’Ordre de Fontevraud) . L’on trouvera et 160 les lignes suivantes : « Pour parvenir au parloir de celle qui commandait à tant de volontés, il fallait parcourir dans toute sa longueur la galerie des portraits des trente-deux Abbesses de Fontevrault, nobles, illustres et saintes devancières de Marie-Madeleine.

La trente-et-unième d’entre elles Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille légitimée d'Henri IV, roi de France, s'octroya le titre de Chef et Générale de l'abbaye et de l'Ordre de Fontevraud. Marie-Madeleine de Rochechouart, trente-deuxième abbesse, aurait reçu de Louis XIV le qualificatif élogieux de « perle des Abbesses » pendant que Saint-Simon parle lui de « reine des Abbesses ».. Marie-Louise de Thimbrune de Valence, avant dernière abbesse () de l’ordre, eut le funeste privilège de prophétiser dans la nuit du 6 au les dramatiques événements de la Révolution. Ceux-ci, un peu moins de trente ans plus tard, allaient fondre sur l’abbaye royale comme sur ses autres sœurs monastiques. Peut-être trouve-t-on un écho de ces profanations dans le dialogue des Carmélites de Georges Bernanos lui-même inspiré de « La dernière à l’échafaud » de Gertud Von Le Fort, dialogue des Carmélites. Deuxième tableau. Scène IX. La prieure Mère Henriette de Jésus « je viens de vois notre chapelle vide et profanée. -oh!oh!- l’autel fendu en deux, les vases sacrés jonchant le sol, de la paille et du sang sur les dalles… -Oh! Oh! Dieu nous délaisse ! Dieu nous renonce!».