Le comté de Bassigny () est un ancien territoire féodal du comté de Champagne dans le royaume de France et centré probablement autour de la ville de Bassoncourt.
Situé au nord de Langres, il a été successivement un pagus, puis un comté carolingien, un bailliage et enfin la petite région du Bassigny.
Le gentilé du Bassigny est Bassignot.
Géopolitique du comté au Moyen Âge
Introduction Le « Pagus Bassiniacensis » faisant partie de la Civitas-lingonum (territoire des Lingons) était déjà connu au temps de Jules César, comme lieu de passage naturel sécurisé vers la Germanie, et comme zone fertile où installer un poste militaire. Les voies romaines Lyon – Trèves et Langres - Naix passent en plein Bassigny. Son histoire est intimement liée à la vieille cité de Langres.
Chef-lieu Dans son Histoire des Choiseul publié en 1996, Gilles Poissonnier émet l'hypothèse que le domaine de Basin () qui aurait donné son nom au Bassigny pourrait avoir comme chef-lieu le village de Bassoncourt, faisant le rapprochement entre l'étymologie de ce village et du pagus. De plus, il est admis que ce village est fort ancien et est situé entre Clefmont et Choiseul, deux sièges de seigneuries issues du morcellement du comté de Bassigny, comme a pu l'être Bologne avec Sexfontaines et Vignory lors du morcellement du comté de Bolenois à la même période.
Du point de vue ecclésiastique, Is-en-Bassigny, distant de environ de Bassancourt, devient le chef-lieu d'un doyenné, ainsi que d'un archidiaconé qui comprend également le doyenné de Pierrefaites.
Sous les Mérovingiens Après la chute de l'Empire romain et les grandes invasions du , le territoire était alors occupé par les Alamans. Puis il fut intégré au royaume des Burgondes, prenant Langres vers 460, jusqu'à ce qu'il soit annexé au royaume des Francs mérovingiens, en 534. Entre-temps, les Francs Rhénans avaient eux aussi poussé leur migration jusqu'aux portes de Langres, vers 485/486Histoire de Langres, la vie d'une cité - Hubert Flammarion, Michel Guyard, André Journaux, Roland May, Georges Viard - Éditions Dominique Guéniot, Langres - -DG 454.
Ce pagus était situé à la frontière des diocèses de Langres et de Toul, et donc une limite entre les provinces de Lyon et de Trêves. Cette fracture majeure de l'Occident médiéval donna au territoire une situation de confins, dont l'histoire a laissé comme témoin le fameux traité d'Andelot.
Au , le Bassigny avait appartenu à Gondoin (ou Gondouin, † v. 656), seigneur de l'Ornois, du Bolenois et du BassignyAbbé Louis Dubois, Histoire de l'abbaye de Morimond, 1852, 458, père de sainte Salaberge et de Bodon Leudin, évêque de Toul. Le clan Wulfoald/Gundouinides étaient l'un des principaux adversaires aux Pippinides.
Sous les Carolingiens Au , ce fut saint Gengoul (702 - † 760), l'un des principaux barons de Bourgogne. Certains historiens pensent que lui et Gondoin ont un lien généalogiqueLes Cahiers Haut-Marnais /249/250/251 - 2007 - .
Lors du traité de Verdun, en 843 (première mention du comté de Bassigny), Lothaire reçut dans sa part, le Bolenois, le Bassigny et le Barrois de l’Aube. Ces trois territoires n’auraient formé qu’un seul comté. En ces temps, l'historien Maurice Chaume nous rapporte que le Bassigny est passé aux mains d'une lignée dont les illustres ancêtres seraient Donat de Melun (v.790 - † ap.858/av.871), qui fut comte et missus dominicus dans la province de Sens, et sa femme Landrade, fille du comte Bégon de Paris. Les divers partages qui suivirent restent assez obscures par rapport aux limites territoriales mais celles-ci redeviennent plus claires avec l’avènement des Ottoniens en LotharingieMichel Bur La Champagne médiévale (recueil d'articles), édit. D. GUÉNIOT, 2005, .
À la suite de la création du duché de Bourgogne, après 880, le comté y fut annexé. En même temps, il eut à souffrir des raids Vikings, qui ravagèrent la région jusqu’en 925. Puis vint le conflit entre Hugues le Grand et Hugues le Noir. Ce premier seigneur voulant mettre la main sur la Bourgogne assiégea Langres (936).
En 941, Roger II de Laon obtient le Bassigny en bénéfices, et ce par alliance dont plusieurs hypothèses ont été retenues. Puis en 961, son fils Hugues fait don, en présence du roi Lothaire (qui venait d'assiéger Dijon pour la remettre à Othon), sollicité par la reine Gerberge et le comte Renaud de Roucy, de la curtis de Condes pour être inhumé à saint Rémi de Reims et lègue le Val-de-Rognon aux chanoines. Puis il meurt la même annéeLa formation du comté de Champagne - M. Bur - 1977, Nancy - .
Sous les Capétiens Lambert de Bassigny († 1031), dernier descendant mâle et évêque de Langres, aurait partagé ses fiefs de Clefmont, Sexfontaines et Vignory entre ses proches. Il est aussi question d’un tronc commun entre le lignage des comtes avec les familles féodales de Choiseul et de Nogent, qui se partagèrent le BassignyGilles Poissonnier – Histoire des Choiseul – Tome 1 – Le Pythagore Éditions, Chaumont, France 1996 – .
Les comtes de Bassigny
Première branche Gosselin de Bassigny ou Gozlin († 861), il serait le fils de Donat , comte de Melun qui se rattache au clan des Rorgonides, et de Landrée (ou Landrade), peut-être fille de Bégon, comte de Paris. De lignée carolingienne il est un descendant de CharlemagneM. Chaume, Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon (France) Les origines du duché de Bourgogne 1925, 170 et 242. Hugues de Bassigny (?-?), frère du précédentMaurice Chaume Académie des sciences, arts et belles-lettres Recherches d'histoire chrétienne et médiévale 1947, 265. Hugues II de Bassigny (v.852 - † 914). Gosselin II de Bassigny ( † v. 931) ou Goscelmus (en latin), Josselin, seigneur ayant des possessions en Bassigny, assista au synode tenu dans la cathédrale de Langres en avril 906Langres et ses évêques, : aux origines d'une seigneurie ecclésiastique : actes du colloque Langres-Ellwangen, Langres, 28 juin 1985 - De Josef Semmler, Société historique et archéologique de Langres - Publié par Société historique et archéologique de Langres, 1986. Devenu évêque de Langres en 922, il fait partie de ceux qui avec les comtes Garnier de Sens, Manassès de Dijon et l'évêque Ansegise de Troyes infligent une sévère défaite au viking Ragenold de Nantes, le à Calaus mons qui est peut-être Chalmont, entre Milly-la-Forêt et Barbizon ou plutôt Chalaux, sur la rivière du même nom, dans la Nièvre Philippe Lauer Robert et Raoul de Bourgogne, rois de France (923-936) 1910 Tandis que Roegnvald pénétrait dans la Bourgogne, pillant tout sur son passage, les comtes Garnier de Sens, Manasses de Dijon, avec les évêques Josselin de Langres et Anseis de Troyes, prévenus peut-être sous main par le marquis Hugues, avaient rassemblé leurs vassaux. Ces seigneurs se portèrent a la rencontre des Normands qui se retiraient vers la France du nord, charges de butin. Le choc eut lieu sur les confins du Gâtinais, à Chalmont, le 6 décembre. La lutte fut acharnée. Il s'agissait pour les Normands d'assurer leur retraite, et les Bourguignons étaient décidés a leur faire expier les ravages qu'ils avaient faits chez eux. Huit cents Normands restèrent, dit-on, sur la place. Du côte bourguignon, le comte Garnier ayant eu son cheval tué sous lui fut pris et mis a mort.. Hugues III de Bassigny († ap. 939) comte de Bassigny vers 906, et du Bolenois par mariage, fils de Hugues II et frère du précédent. Gosselin III († ap. 940), fils du précédentVictor Hyacinthe Sévigni ou une paroisse rurale en Normandie pendant les trois derniers siècles 1865, 101, il fut comte du Bassigny-Bolenois, puis aussi abbé de Saints-Geosmes.
Deuxième branche Roger II de Laon († 942), fut comte de Laon de 926 à 931, comte de Douai de 931 à 941 puis comte de Bassigny-Bolenois de 941 à 942 par mariage. Hugues IV de Bassigny († 25/08/961), "Consanguineus" (cousin) du roi Lothaire, fut comte de Bassigny-Bolenois, fils du précédent, inhumé à Saint-Remi de ReimsMichel Bur La formation du comté de Champagne (v. 950-v. 1150) (thèse), 1977, 101. Richard (?-?), comte de BassignyChartes et documents de Saint-Benigne de Dijon : prieures et dependances des origines a 1300 - Par Dijon Saint-Benigne (Benedictine abbey)., Georges Chevrier, Maurice Chaume - Publié par Impr. Bernigaud & Privat, 1943, il est très probablement le frère de Lambert de Bassigny ou de Clefmont († 1031), évêque de Langres de 1016 jusqu'à sa mortCahier Haut-Marnais , pages 8, 16 et 17. Roger (?-† 1005), comte ou vicomte de Bassignyidem 6..
Les Bassigny français, lorrain et mouvant Le Bassigny français faisait partie de la Province de Champagne, tandis que le restant était Lorrain. La partie de Domrémy où est née Jeanne d'Arc appartenait au Bassigny français, tandis qu'une autre partie était dans le Barrois, donc en Lorraine du .
Le bailliage de Bassigny Le Bailliage du Bassigny comprenait le Bassigny lorrain et le Bassigny mouvant, distinct du Bassigny français. Le Bassigny lorrain, composé des deux prévôtés de La Mothe et Bourmont, et le Bassigny mouvant, ainsi désignés pour les distinguer du Bassigny mouvant dont le siège de justice était à Chaumont, composé de cinq prévôtés : Conflans, Châtillon, La Marche, Gondrecourt (dont dépendait Domrémy) et Saint-Thiébaut. Le Bassigny mouvant était un fief mouvant de la Couronne de France et ressortissant du Parlement de Paris, et il était tenu par le Duc de Bar puis par le Duc de Lorraine.
La coutume de Bassigny Le Bassigny fait partie de la Champagne, c'est un Pays d'État.
Le Bailliage de Chaumont a des coutumes qui ont été rédigées et publiées le .
Le Bailliage de Bourmont est en partie régi par la Coutume de Bassigny, laquelle a été réformée par les États de Bassigny, réunis en 1580 au château de La Mothe-en-Bassigny sur ordonnance du duc Charles III de Lorraine datée du , puis vérifiée en 1585 au Parlement de Paris<ref>Durival, Description de la Lorraine et du Barrois, chez la Veuve Leclerc, à Nancy, 1779, tome II, page 165.</ref>.
Article 1. - L'ancienne coutume de Bassigny distinguait les personnes nobles des non nobles, et parmi ces dernières les franches personnes et les personnes de condition servile. Mais il n'y a plus de personnes serves en France, et toutes conventions par laquelle une personne entrerait en service d'une autre est déclarée nulle.
Article 2. - Sont tenus pour nobles les enfants légitimes de père ou de mère noble. Il y a la même coutume à Troyes et à Meaux. La Champagne perdit tant de noblesse durant les guerres entre Lothaire, fils de Louis le Débonnaire, et Charles le Chauve, que les gentils femmes eurent privilège d'anoblir leurs maris roturiers et leurs enfants.
Jean Gousset, Commentaire de Jean Gousset sur Les Loix municipales et coutumes générales du bailliage de Chaumont-en-Bassigny'' (1623), G. Briden, 1722
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Bassigny Communauté de communes du Bassigny Maison de Vignory Maison de Clefmont Famille de Choiseul
Liens externes Gondoin, père de sainte Salaberge : Recherches historiques et statistiques sur les principales communes de l'arrondissement de Langres ; voir aussi l'article Wikipédia en anglais : Gundoin, Duke of Alsace Gundoin, Duke of Alsace Église de Toul et église de Langres du au - par A. Rauwel :
Comté de Bassigny Catégorie:Division administrative fondée au IXe siècle Catégorie:Comté du haut Moyen Âge