Le château de Tournon, est un ancien château médiéval sur motte, centre de la châtellenie de Tournon et au du comté puis du marquisat de Tournon, remanié au et aux , qui se dressent sur la commune de Tournon, une commune française dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation thumb|gauche|Colline de la Tourmotte en 2022. Le château, ruiné, se situait sur le terrtiroire de la commune de Tournon dans le département de la Savoie.

Le château était édifié à l'ouest du bourg actuel, au sommet de la Tourmotte., plateau en forme de pentagone irrégulier, orienté sud nord., à d'altitude, dominant la vallée de l'Isère (lire en ligne)..

Le château contrôlait, avec les châteaux de Chevron (sur la commune actuelle de Mercury) et de Conflans (Albertville), la vallée de la moyenne Isère., ainsi que l'accès à la vallée de Faverges, par le col de Tamié..

Histoire Premiers temps Le site aurait été occupé par les Allobroges qui y auraient édifié une fortification, remplacés par les Romains qui y seraient restés quatre siècles.

Une famille de Tournon est présente dans différents actes au ; Bonnefroi de Tournon, en 1132, est cité dans l'acte de fondation de l'abbaye de Tamié.. On relève Aymard de Tournon, en 1174, et Nantelme de Tournon, en 1233, cités comme témoins. La dernière mention de cette famille date de 1450.

Au est élevé un château à motte remplacé au cours du par une tour carrée. Installé sur le promontoire de la Tourmotte, il porte parfois le nom de château de la Tour Motte.

La seigneurie de Tournon, une possession comtale Le château et la seigneurie relèvent directement du domaine des comtes de Savoie (lire en ligne)., dès le , même si celui-ci se trouve dans l'aire d'influence de la famille de Chevron Villette, et qu'une famille de Tournon soit mentionnée jusqu'au .

En 1210, le comte est ainsi le maître de Tournon. À sa mort, en 1233, le château passe à son fils ainé qui le donne à son frère Boniface de Savoie, archevêque de Cantorbéry en 1252, qui gardera la seigneurie jusqu'en 1270.. Le comte en hérite à la mort du prélat. Les comptes de châtellenie nous permettent de savoir qu'il entreprend des réparations du château (lire en ligne).. Entre les années 1284-1285, la porte est refaire. Il passe dans les mains d', qui octroie des franchises au bourg de Tournon, en 1300 (lire en ligne).. Il séjourne souvent dans le château, en 1300 (lire en ligne).. Au cours conflit qui oppose le Dauphin aux Savoie, entre 1285 et 1355, le château de Tournon fait l'objet d'un siège de la part des troupes Dauphinoises, en 1321. Les comptes de châtellenie du châtelain Nicolas Ravoyre indique des réparations en 1317 et 1321.

Se succèdent Édouard de Savoie, puis Aymon de Savoie qui le vend ainsi que le mandement le à Rodolphe de Montbel, abbé de Saint-Michel-de-la-Cluse, pour la somme de qui le conservera jusqu'en 1357 (lire en ligne)... Le comte le rachète, en 1357, en usant de son droit de rachat perpétuel et l'échange avec les fiefs de Lanslevillard en Maurienne et un fief en Piémont, de Bessans, du péage de Lanslebourg et les terres de Coazze.. Peu à peu délaissé, il subit les ravages du temps et en 1370, la toiture est emportée par une tempête (lire en ligne).. , en 1383, y nomme comme châtelain, Aymon de Beaufort. En 1392, la régente Bonne de Bourbon confirme les franchises.

Jean de Serraval, dit Panserot, ancien écuyer du comte Vert, accompagne ce dernier dans sa croisade contre les Turcs (lire en ligne).. À son retour, il obtient la charge de châtelain de Faverges, en 1376. En 1381, il est autorisé à poursuivre la construction d'une tour carrée, dite tour de Serraval, par le comte. Jean de Serraval appartiendra d'ailleurs au Conseil comtal.

En 1391, Viffred de Gilly, fils du damoiseau Jacquemet de Gilly, est investi d'une tour ; le château est alors la possession d'.

Se succèdent, de 1440 à 1455 (lire en ligne)., puis son fils Louis de Genève de 1456 à 1469 (lire en ligne).. Ce dernier se voit dans l'obligation de le céder à qui le garde jusqu’à sa mort en 1472 (lire en ligne)., puis, vient, de 1472 à 1482, Charles de Savoie, qui cède, en 1483, à son frère, Jacques-Louis de Savoie, les revenus de la châtellenie, mais en conserve le droit de suzeraineté. Jacques-louis, mort en 1485, sans postérité, l'apanage fait retour à Charles de Savoie qui le conserve jusqu’à sa mort en 1490. Le château est ensuite entre les mains de Charles II de Savoie de 1490 à 1496, Philippe II de Savoie de 1496 à 1497, Philibert II de Savoie de 1497 à 1504 et Charles III de Savoie de 1504 à 1520 et de 1530 à 1553. Il le vend, à la suite de la demande de la veuve de Jacque-Louis, Louise de Savoie, vicomtesse de Martigues, de rentrer en possession du château, le à cette dernière. Elle meurt en 1530, et le château fait retour au duc de Savoie.

Les familles propriétaires : Maillard, Sallier et Angleys Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie l’aliène définitivement, le ou 1569, à Pierre Maillard, gouverneur de Chambéry et du bailliage de Savoie (depuis 1560) et fait chevalier de l'Ordre de l'Annonciade le (lire en ligne)., pour une somme de . Trois mois plus tard, le , la terre de Tournon érigée en comté., uni avec une part de la baronnie de Chevron. Son titre de comte de Tournon passe à son fils aîné en 1573, puis à son second fils, Proper-Marie, en 1576 (lire en ligne).. Bien que la famille Maillard de Tournon porte le titre de seigneur de Tournon, les comtes de Savoie en gardent les droits de suzeraineté (lire en ligne).. Les Maillard perçoivent les revenus de la châtellenie, et nomme les juges et le châtelain.

La famille de Sallier hérite des terres et du titre de Tournon. Humbert Sallier épouse en effet Françoise de Gilly qui lui apporte en dot le comté.. Philibert de Sallier (1638-1708) est fait comte de la Tour et marquis de Cordon. Il est à l'origine du château moderne de Tournon établit sur l'ancienne maison forte des Serraval. Ce château est vendu comme bien national le 14 fructidor an VII (), à une rassemblant Louis Meynier, Louis-Nicolas, officier de gendarmerie et Jean Rieux, originaires de Chambéry (lire en ligne)..

Il passe ensuite à la famille Guigouf-Soundag, famille de soyeux lyonnais, puis à Charles-Emmanuel Perret, notaire à Verrens (lire en ligne)..

Son fils Nicolas Perrer vend le château de Tournon, en 1859 au baron Jean-Marie Angleys, originaire de Termignon (lire en ligne).. Ce dernier a été créé baron par patentes du à la suite de son mariage avec Louise Françoise Yacinthe Avet (1821-1863), fille du comte Hyacinthe Avet., un proche du roi Charles-Albert. Son fils, Ferdinand Angleys (1843-1936), hérite en 1875 le château de Tournon (lire en ligne).. Avocat, il a épousé Ursule Nouvel (1856-1925), . Il est élu à plusieurs reprises maire de Tournon. Son fils aîné, Jean Angleys (1877-1955), hérite en 1912 le château et le titre de baron. Natif de Chambéry, il épouse Marie de Buttet (1877-1966), originaire du château de Belmont, à Belmont-Tramonet. Leur fils, le baron Maurice Angleys (1913-1984), directeur général de la société Péchiney-Ugine-Kulmann,à Ugine, et son épouse, Agnès de Maistre (1921-2021), leur succèdent. La famille Angleys est toujours propriétaire du château.

Description Le château moderne est constitué d'éléments datant des . Le plan d'ensemble est celui d'un fer à cheval, constitué par un . Il s'agissait très probablement à l'origine, selon l'historien Bernard Demotz, d'une motte..

Le château est constitué d'une enceinte, flanquée par deux tours, la tour « Marine » et la tour « du Pont ». Relativement escarpé, le plateau n'est qu'accessible aisément que dans sa partie nord-est, là où ont été installés les remparts et les deux tours. La première, avec ses murs épais ( pour les fondations), est tournée vers le nant des Ayes, à laquelle on a accolé au un autre bâtiment. Le seconde, depuis disparue, est située au nord-est et protégeait « vraisemblablement » l'accès au château par un pont-levis, protégée par une herse.

L'entrée permet d'accéder à la basse-cour dans laquelle se trouvait la chapelle castrale, devenue l'église paroissiale, les communs, les écuries et un puits. Il reste de cette enceinte des vestiges, escarpe et contrescarpe, vers le nant des Ayes, ainsi qu'une poterne permettant d'accéder au nant.

Dans la partie sud-est du plateau se tenait la motte où était installé le donjon, dite tour Motte, du , accessible par un chemin de ronde. Elle est ceinte de murailles, et dont il reste les substructions avait des murs de d'épaisseur. Ses dimensions sont estimées, selon le cadastre de 1728, de . Des dépendances se dressaient au sud-est de la motte. Une porte, dit « porte du Comte Vert », permettait d'accéder au château roman. Le plan du cadastre de 1728 permet de se faire une idée de l'empreinte du château.

La tour de Serraval du , de plan carré, à quatre niveaux domine le bâtiment principal, elle est complétée, avant 1469, par un autre bâtiment dit de « la cuisine » et d'une tour renfermant un escalier à vis.

À la fin du Philibert Sallier de la Tour de Cordon, marquis de Cordon édifie le corps de logis principal. C'est en 1728 que fut ajoutée, au nord, donnant sur la cour d'entrée, la galerie sur portiques voûtés à l’italienne et l'aile est.

La tour Marine a été rénovée et abrite actuellement la bibliothèque municipale, des salles de réunion et une salle polyvalente.

Châtellenie de Tournon L'organisation Le château de Tournon est le centre d'une châtellenie comtale, dit aussi mandement.., relevant du bailliage de Savoie... La châtellenie est mise en place lorsque la seigneurie revient dans le domaine de la maison de Savoie et la mise en place d'une nouvelle organisation, sous le règne du comte Pierre II de Savoie (1263-1268).

Le mandement proprement dit correspond au territoire relevant de la châtellenie (lire en ligne)., et il comprend, au , les paroisses de Montailleur, Saint-Vital, Cléry, Verrens, Plancherine, Gilly, Sainte-Hélène et les Millières (lire en ligne).. Elle relève du bailliage de Savoie.

Les châtelains Dans le comté de Savoie, le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

Jusqu'à la fin du , la charge est occupée « exclusivement » par des membres de la noblesse savoyarde. L'un des principes appliqués était toutefois qu'ils n'appartiennent pas au territoire relevant de la châtellenie, même si cela est modifié au cours du , sous le règne du comte Amédée VI de Savoie. Vers la fin du , le châtelain n'est guère présent sur place et laisse la gestion des terres à son lieutenant.

Les premiers châtelains connus, grâce à la conservation des comptes de châtellenie, remontent au règne du comte Philippe (1268–1285).

1270-1272 (également receveur pour la période de 1270 à 1271) : Jean Esiada (Esiaida) ;

- (également receveur pour la période de au ) : Pierre de Bersateur (Bersartoris), également châtelain d'Ugine ; 1284- (également receveur) : damoiseau Martin de Châtillon, également châtelain et receveur d'Ugine (lire en ligne)., châtelain de Briançon et Salins (1282-1296) ; - : Barthélémy de Châtillon, également châtelain de Faverges et Ugine, probablement parent du précédent ;

- : Humbert Bertrand (Famille de Bertrand ?), également châtelain d'Ugine ; - (également receveur pour la période) : Humbert Bertrand et Amédée (Ame) Ponczard (Ponzard), co-châtelains ; - (sic) : Hugues Amblard et Damoiseau Berlion Du Pont ; - (également receveur pour la période) : Berlin Du Pont et Guillaume Janin (Junin), biens acquis de Faverges et du lieu d'Ugine ; - : Guillaume Janin (Junin) ; - : Pierre d'Arveis ; - : Philippe Barralis ; - : Pierre d'Arveis ;