Peumerit , anciennement Peumérit., est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

Localisation vignette|left|Carte de la commune de Peumerit.

Relief Le finage de Peumerit est constitué principalement d'un plateau vallonné dont l'ensemble est incliné vers le sud en direction de l'océan Atlantique, qui est assez proche : les points les plus hauts sont à la limite nord du territoire communal (116 mètres près de Feuteniou Bleis (dont le nom signifie en breton "Fontaine du loup") et s'abaisse jusqu'à 38 mètres dans l'extrême sud dans le hameau de Derlez ; le bourg, en situation centrale dans la commune, est vers 82 mètres d'altitude.

Géologie

Le sous-sol de la commune est constitué principalement d'amphibolites et de métagabbros dans sa moitié sud et d'orthogneiss dans sa moitié nord.

De la serpentinite et de la chromite ont été trouvées dans la carrière de Kerguelmès, ainsi qu'à Kerantrevez, à Ty Lan et aux Moulins Verts en Peumerit.. De beaux cristaux d'apatite ont aussi été trouvés dans la commune.. Du granite orthogneissique et dU schiste vertAnciennes laves sous-marines (notamment aux alentours de la ferme de Kerinoret) y affleurent égalementLouis Chauris, "Pays bigouden : des pierres et des hommes", éditions Skol Vreizh, 2011, [].

L'ancienne carrière située près du moulin de Pontalan est classée "site d'intérêt géologique " car ce site est « un affleurement rare de péridotite serpentinite, témoin régional de l'affleurement d'une croûte océanique »http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr- https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/ressources-minerales-et-patrimoine-geologique-r1203.html [bre_0183_moulin_pontalan.pdf]..

La carrière de Pont-Illis, située juste au Sud du bourg, produit de pierres et des granulats ; elle a ouvert en 1979 et appartient à l'entreprise Le Pape ; son projet d'extension a soulevé des inquiétudes en l'an 2000https://archive.wikiwix.com/cache/20220720210541/https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20000410&article=966989&type=ar..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. La commune est limitée à l'Est et à l'Ouest par de petits fleuves côtiers : à l'est par la rivière de Pont-l'Abbé qui se jette dans l'étang de Trunvel et à l'ouest par celui qui alimente l'étang de Kergalan, deux étangs du littoral de la baie d'Audierne et dont les vallées sont vers une quinzaine de mètres d'altitude seulement à leur sortie du territoire communal.

La rivière de Pont-l'Abbé, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plogastel-Saint-Germain et se jette dans l'anse de Bénodet entre les communes de Loctudy et d'Île-Tudy, après avoir traversé six communes.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PeumeritLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Habitat La commune présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé constitué de hameaux (dénommés localement villages) et fermes isolées ; ce bocage est désormais à très larges mailles en raison des regroupements de parcelles réalisés depuis plusieurs décennies.

Éloignée des grands centres urbains et non littorale, bien que proche de la mer) Peumerit a échappé à la rurbanisation et à la périurbanisation, conservant donc son aspect rural ; des lotissements d'importance modeste ont été construits toutefois au sud et à l'ouest du bourg.

Transports

Le bourg de Peumerit est à l'écart des grands axes de circulation, desservi principalement par la route départementale .

La route départementale , allant de Pont-l'Abbé à Audierne, traverse la partie sud-ouest du territoire communal et la route départementale sa partie nord-est.

Urbanisme Typologie Au , Peumerit est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,2 %), terres arables (39,4 %), forêts (7,8 %), prairies (5,4 %), mines, décharges et chantiers (1,8 %), zones urbanisées (1,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Pumurit en 946, 952 et au , Pomerit en 1284, Pemerit en 1368..

Peumerit serait issu du latin pomaretum « pommeraie », qui a donné pommerei en ancien français. Dans ce cas, son évolution phonétique s'explique par le breton.

La commune se nommait officiellement Peumérit jusqu'en 2012.

Histoire

Préhistoire et Antiquité Plusieurs mégalithes (menhirs et dolmens) parsèment le territoire de la commune, bien que nombre d'entre eux aient disparu. Les plus imposants sont ceux de Lespurit, remarquables par leur taille (le plus grand a 7 mètres de haut)., et situés dans un site qui pourrait être une ancienne carrière de menhirs : « Le menhir de Lespurit (...) haut de 7 mètres (...) présente la particularité intéressante qu'il est dressé à 20 ou 25 mètres de l'éperon rocheux dont il a été extrait, ce qui permet de se rendre compte de la façon d'opérer de ceux qui l'ont élevé. Cet éperon étant à une dizaine de mètres en contre-haut, il a suffi de faire un remblai à l'aide de rouleaux on a glissé la pierre jusqu'au lieu choisi »..

Un cairn a existé à Penquelennec ; il n'en subsiste qu'un dolmen.. Quelques tronçons de voies romaines ont été identifiés dans la commune.

Moyen Âge

Peumerit est un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Plovan.

En 1440 les maisons nobles de Peumerit étaient Pratanstang [Prat an Stang], Borzjull, Kerebil et Penquilly [Penguilly]où se tenaient les plaids de la paroisse.. Des traces de la motte féodale de Penguilly subsistent.

Selon A. Marteville et P. Varin le château de Prat an Stang aurait été une construction fort importante dont il ne restait dans la première moitié du que des ruines. Le château aurait été détruit lors des Guerres de la Ligue. Ces auteurs écrivent qu'à environ 450 mètres des ruines on vit dans une taille dite "Bois du château" une élévation en terre, entourée de fossés encore assez profonds, et qui semblent être une motte féodale d'assez belle conservation. On dit que c'est en ce lieu que stationnaient les bandes armées de La Fontenelle quand elles se rendaient de Kérity à l'Île Tristan.. Les vestiges d'une motte féodale (ou peut-être d'un oppidum) sont effectivement encore visibles à Penguilly.

Le manoir de Penguilly était situé à 2 km à l'Est du bourg, à proximité de la chapelle Saint-Joseph. Une motte féodale atteste l'ancienneté de la présence à cet endroit de la famille de Penguilly, mentionnée aussi dans les montres de 1426 à 1562..

Époque moderne

Dans le tome 2 de son roman historique Aliénor, prieure de Lok-Maria (époque de la Ligue, 1594), règne de Henri IV, Pitre-Chevalier décrit l'affreuse misère des habitants de Tréogat, Peumerit et Pluguffan pendant les guerres de Religion : « elle vit de pauvres pen-ty, décharnés par la souffrance et la faim, couverts de haillons moins effrayants que leurs figures sortir comme des fantômes des taillis et des clos de genêts, se réunir en troupes à l'ombredes talus et des grands chênes, mettre le feu aux ajoncs de la lande pour y jeter un reste de semence, s'attelr comme des bêtes de somme à la charrue commune, ou même s'accroupir sur le sol et creuser la terre avec leurs ongles, afin d'avoir quelques grains de blé l'année suivante, si les brigands n'en faisaient pas manger l'herbe par leurs chevaux !.. » ; il décrit ensuite la peur des loups devenus très nombreux..

Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Peumerit en 1656..

Le manoir de Lesmadec est construit, en pierres de prasinite, à la fin du par Jean Corfineau, qui a épousé Louise Keroch, héritière de la seigneurie ; le manoir fut remanié aux et , mais conserva son pigeonnier circulaire à toiture conique placé sur le porche oriental d'accès à la cour seigneuriale. À partir de 1675 le manoir devint la propriété de la famille Forestier, une famille de bourgeois enrichis qui parvint progressivement à s'anoblir ; en 1790, Jean-François Le Forestier, seigneur de Lesmadec et de Kercorentin, se mua en "citoyen Le Forestier" pour échapper aux poursuitesSerge Duigou et Yannick Le Gal, Manoirs et châteaux du Finistère, éditions Palantines, 2008, .. vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Peumerit et ses environs (1783). Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Pémérit [Peumerit] de fournir 20 hommes et de payer 131 livres tournois pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne, 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Peumerit en 1778 :

Révolution française