Plussulien est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Localisation Plussulien est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Saint-Brieuc.
La commune fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fañch.
vignette|Carte de Plussulien et des communes avoisinantes.
Relief et hydrographie
La commune est vallonnée. L'altitude est comprise entre 152 et 305 mètres. L'altitude la plus élevée est dans l'angle sud-est du finage communal, au sud du site archéologique de Quelfennec, à la limite avec la commune voisine de Saint-Mayeux ; la pente est face au nord dans la partie méridionale du territoire communal jusqu'à la vallée du Daoulas, qui traverse du nord-est au sud-ouest le tiers sud de la commune, formant aussi un temps la limite avec Saint-Mayeux. Cet affluent de rive gauche du Blavet, dont la source est en Saint-Mayeux, est à environ 205 mètres d'altitude à son entrée dans la commune et à 185 mètres à sa sortie ; c'est nettement plus en aval, sur le territoire de la commune nouvelle de Bon-Repos-sur-Blavet, à la limite entre les anciennes communes fusionnées de Laniscat et Saint-Gelven, qu'il forme des gorges spectaculaires (gorges du Daoulas), sa vallée n'est que modérément encaissée d'une trentaine de mètres et sans pente très forte de ses versants dans la traversée de la commune de Plussulien.
Les deux-tiers nord de la commune forment un plateau légèrement bosselé dont l'altitude avoisine généralement 200 mètres, en légère pente vers l'ouest (225 mètres au nord du hameau de Pluzérec, à la limite de la commune de Corlay et 180 mètres environ vers le nord-ouest de la commune, par exemple aux alentours du hameau de Pen-ar-Prat, proche de la limite communale avec Saint-Igeaux, le bourg étant à une altitude de 210 mètres. La rivière de Corlay, affluent de rive gauche du Sulon et sous-affluent du Blavet, forme pour partie la limite nord de la commune (avec Canihuel) : ce cours d'eau est à environ 160 mètres à son entrée dans la commune, et à 153 mètres à sa sortie de la commune, dont c'est le point le plus bas.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Corlay et le Daoulas..
Le Corlay, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Haut-Corlay et se jette dans le Sulon à Saint-Nicolas-du-Pélem, après avoir traversé six communes..
Le Daoulas, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Mayeux et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Bon Repos sur Blavet..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlussulienLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Transports
Plussulien est à l'écart des grands axes de circulation. La commune est desservie principalement par la RD 44, qui vient côté nord de Corlay et se dirige côté sud-ouest vers Saint-Igeaux et Laniscat ; cette route croise dans le bourg la RD 50, qui vient de l'est et se dirige vers le nord-ouest.
Paysages et habitat
Le pauysage agraire traditionnel est le bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux ("villages") et fermes isolées. Éloignée des grands centres urbains, la commune a conservé son caractère rural et n'est pas concernée par la rurbanisation. Tout au plus peut-on remarquer que le bourg, en situation centrale dans la commune, s'est étiré en longueur depuis les Trente Glorieuses, principalement en direction du sud-ouest, le long de la RD 44.
Urbanisme Typologie Au , Plussulien est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,7 %), prairies (21,4 %), zones agricoles hétérogènes (11,1 %), zones urbanisées (1,6 %), forêts (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploeu Sulian en 1161, Plusulian en 1195, Plebs Sulian en 1235, Santus Julianus en 1245, Ploesulian en 1249, Plusulian en 1288, Parochia de Ploessulianen 1288, Plussulian en 1289, Plusulian en 1307, Ploesulyan vers 1330 et en 1368, Ploesulien en 1426, 1536 et en 1574, Plusullien en 1685, Plussulien en 1690..
Plussulien vient du breton ploe (paroisse) et de « saint Sulian ou saint Suliac », parfois confondu avec saint Julien..
En breton, le nom de la commune est Plusulian.
Certains noms de lieux-dits évoquent des faits dont l'histoire n'a pas gardé de traces écrites, par exemple « Hellès » (du vieux-breton hen-lès « vieux-château »), « Lispellan » (autre composé en lès), « Bourgerel » (« lieu fortifié ») ou encore « Le Clandi » (du breton klanv-di « maladrerie, léproserie »)..
Histoire
Préhistoire vignette|left|Plussulien : le site néolithique de Quelfennec, vue d'ensemble. vignette|Le site de Quelfennec à Plussulien - Carrière de pierre exploitée au Néolithique : vue rapprochée. Le site de Quelfennec, découvert en 1964 par l'archéologue Charles-Tanguy Le RouxCharles-Tanguy Le Roux, « L'outillage de pierre polie en métadolérite du type A : les ateliers de Plussulien, Côtes-d'Armor : production et diffusion au Néolithique dans la France de l'Ouest et au-delà. », Université de Rennes, 1999, fut exploité sur une durée de plus d'un millénaire en quatre phases successives de av. J.-C jusque vers av. J.-C... On y exploitait un gisement de dolérite pour la fabrication des haches polies du type « hache à bouton » dénommées ainsi en raison de leur terminaison circulaire.. Dans un premier temps, des ébauches allongées étaient dégagées des blocs de la roche naturelle. Dans un second temps, les ébauches étaient retouchées par martelage avec un percuteur de pierre. Enfin, elles étaient polies afin d'en affuter le tranchant et de leur donner un brillant caractéristique. Ces haches, dont on se servait à l'époque pour mener à bien des travaux de déforestation permettant l'extension des domaines de culture agricole, furent très renommées. Les haches de Quelfennec ont été retrouvées dans tout l'ouest de la France, dans les Alpes et les Pyrénées, et même sur le Rhin et en Angleterre, preuve de leur grande valeur.
Le menhir de Kerjégu., érigé à 300 mètres au sud du site de Quelfennec, constitue un autre témoin de l'occupation humaine du territoire au Néolithique. Ce menhir de 3,10 mètres de hauteur, à moitié brisé, est signalé en 1883 dans le Bois du Vernie ainsi qu'un dolmen « composé de cinq supports et d'une table de 2 mètres de large sur 2,10 mètres de long », appelé Tael ar Houarenden situé non loin du même bois.. Ces mégalithes ont été décrits par Marcel Baudouin au début du , lequel avance aussi des hypothèses concernant leur rôle qu'il suppose être directionnel..
Antiquité Plusieurs souterrains datant de l'âge du fer sont parvenus jusqu'à nous. Au moins deux ont été explorés par des archéologues, un à Kervignac, un autre au Hellès. D'autres ont été signalés, à Couffignec, et près de la route de Corlay, un peu avant la route de Kerfanc.
À l'époque gauloise le territoire de Plussulien était à la limite des territoires des Coriosolites, au nord et à l'est, des Vénètes, au sud, et des Osismes, à l'ouest.
Des traces d'un habitat gallo-romain ont été trouvées au Nivizit.
Moyen-Âge
Plussulien est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui englobait jadis outre Plussulien, les anciennes paroisses ou trèves de Laniscat, Rosquelfen (désormais en Laniscat), Saint-Igeaux, Saint-Gelven, Saint-Mayeux, Saint-Gilles-Vieux-Marché et Caurel..
La première mention de Plussulien date de 1161 et se trouve dans une charte de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. La paroisse dépendait de l'évêché de Cornouaille et de l'archidiaconé du Poher.
La première église paroissiale (dénommée Saint-Sulian dans un document datant de 1321) et la première chapelle de Séléden (ou Seleden), édifiée probablement par les Templiers, furent détruites toutes les deux pendant la Guerre de succession de Bretagne. Le le pape Boniface IX accorda par une bulle pontificale des indulgences pour ceux qui participeraient à la reconstruction de la chapelle.
Selon un aveu de 1471 la châtellenie de Corlay, un des trois membres de la vicomté de Rohan comprenait 12 paroisses ou trèves : « Corlé [Corlay] (résidence seigneuriale), Saint-Martin-des-Prés, Merléac, le Quillio, Saint-Mayeux, Saint-Gilles-Vieux-Marché, Caurel, Laniscat, Saint-Gelven, Rosquelfen, Saint-Igeaux, Plussulien »..
Temps modernes
Avant la Révolution, une grande partie de son territoire appartenait à la famille de Rohan. Du point de vue religieux, elle faisait partie du diocèse de Quimper, du point de vue juridique, de la sénéchaussée de Ploërmel, qui elle-même dépendait du présidial de Vannes. Jean Le Tallec a écrit un livre : Un paysan breton sous Louis XIV, où il raconte par le menu l'histoire d'un de ses aïeux qui vivait à Plussulien..