L'histoire du jeu vidéo moderne débute dans les années 1970 avec la vente industrielle des bornes d'arcade par des entreprises comme Atari ou Dave Nutting Associates. C'est durant les années 1980 que sortiront des jeux

esthétiquement modernes comme Ghosts 'n Goblins (1985) ou Street Fighter (1987).

Le jeu vidéo devient alors une industrie, évoluant avec la technologie et marqué par un krach en 1983, à la suite de l'inondation des modèles sur le marché après le boom des années 1970.

Jusqu'en 2025, neuf générations de consoles se sont succédé, la dernière étant composée de la Xbox Series, la PlayStation 5 et la Nintendo Switch 2. L'histoire du jeu vidéo s'étend également sur PC, qui représente aujourd'hui une forte proportion du marché et qui prend de plus en plus de place grâce à la distribution dématérialisée, via Steam notamment. Depuis les années 2010, le jeu vidéo se développe également sur smartphone, grâce à des appareils de plus en plus puissants et des écrans toujours plus grands, permettant le développement de jeux du même acabit que ceux des années 2000 sur consoles portables.

Avant les années 1970 Jeu vidéo amateur

Là où le cinéma commencera dans les années 1890 avec l'ouverture des Kinetoscope Parlors, pour le jeu vidéo il faudra attendre encore 80 ans pour qu'elle devienne une industrie. Aussi, la définition de jeu vidéo a évolué, tout au long de son histoire, d'une expression purement technique vers un concept général définissant un nouveau type de divertissement interactif. Techniquement, un jeu vidéo doit comporter la transmission d'un signal vidéo vers un tube cathodique affichant des images rastérisées sur un écran. Cette définition éclipse cependant les premiers jeux sur ordinateur qui délivrent leurs résultats sur papier via des imprimantes ou des téléscripteurs, plutôt que par le biais d'affichage sur un écran. Elle écarte également tous les jeux sur écran à affichage vectoriel, ceux sur écran moderne en haute définition et la plupart de ceux fonctionnant sur consoles portables. Du point de vue technique, ces jeux n'entrant pas dans cette définition peuvent être désignés par les expressions ou .

À partir de la fin des années 2000, l'expression perd complètement l'aspect technique de sa définition et englobe tout jeu fonctionnant via un circuit électronique logique qui comporte un aspect d'interactivité, et affiche sur un écran le résultat des actions d'un joueur. Prenant en compte cette définition plus large, les premiers jeux vidéo de l'histoire apparaissent au début des années 1950, en grande partie liés à des projets de recherches universitaires et de grandes entreprises. Cependant, ces jeux n'ont que peu d'influence les uns sur les autres à cause de leur but initial, qui consiste à réaliser la promotion de nouvelles technologies ou de matériels universitaires, plutôt que de proposer un divertissement.

vignette|L'Eniac, un des premiers ordinateurs dans les années 1950, permettant l'émergence du jeu vidéo peu après. Pendant la seconde Guerre mondiale, les premiers ordinateurs analogiques font leur apparition afin de contribuer à l'effort de guerre. C'est dans ce contexte que sont créés les premiers ordinateurs, Colussus et ENIAC. Ces ordinateurs sont cependant peu fiables, très coûteux et affectés à une tâche unique. Juste après la guerre, à la fin des années 1940, l'application de l'architecture de von Neumann permet la création des premiers ordinateurs programmables à l'Université de Pennsylvanie (EDVAC), à l'Université de Cambridge (EDSAC), ou encore à l'Université de Manchester (Manchester Mark I). Ces ordinateurs changent alors les méthodes de recherches de scientifiques et intéressent rapidement les universités, entreprises et instituts publics, ce qui permet le développement rapide de la technologie dans les années 1950.

C'est dans ce contexte que naissent les prédécesseurs du jeu vidéo. À l'époque, le jeu peut servir dans trois cas de figure : comme programme d’entraînement, de recherche dans certains domaines tels que l'intelligence artificielle et enfin comme démonstration technique. Les jeux sont alors développés pour un ordinateur précis et ne sont pas prévus pour être distribués. Les ordinateurs ayant servi à présenter un jeu sont pour la plupart démontés après leur présentation ou leur but de recherche. En conséquence, il est impossible de déterminer quel est le premier jeu électronique, du fait de la confidentialité du secteur à l'époque, où ces recherches ne sont pas forcément montrées au public.

Le premier jeu interactif connu est le créé en 1947 par Thomas T. Goldsmith Jr. et Estle Ray Mann.

En 1948, le premier jeu pour ordinateur imaginé est , un programme de simulation de jeu d'échecs, développé par Alan Turing et David Champernowne. Turing débute en 1952 l'adaptation du jeu sur Ferranti Mark I mais il ne l'a cependant jamais terminée.

vignette|gauche|alt=Photo d'une machine avec une console de commandes et des fiches explicatives autour|Reproduction de la machine Nimrod au musée du jeu vidéo de Berlin. En 1950, le premier jeu électronique connu est développé par Josef Kates dans le cadre de l'exposition nationale canadienne. La machine permet au public de jouer au Tic-tac-toe face à une intelligence artificielle, avec différents niveaux de difficulté. Le but de la machine, utilisant un tube Additron inventé par Kates, est de faire la promotion pendant le salon du vendeur de tubes électroniques Rogers Majestic. L'année suivante, en , l'ordinateur Nimrod, permettant de jouer aux jeux de Nim est présenté lors de l'exposition à Londres par John Makepeace Bennett, puis au en . Comme Bertie the Brain, Nimrod est construit pour impressionner le public et montrer les possibilités des ordinateurs. Ces deux machines n'ont servi qu'à but promotionnel : une fois leurs expositions respectives terminées, elles sont démantelées.

En 1951, Ralph Baer, un ingénieur américain de la société Loral Electronics est chargé de concevoir « la meilleure télévision du monde ». Après réflexion, il propose d’y intégrer un module de jeu, mais cette idée est refusée par son employeur, jugeant l'idée trop coûteuse pour l'époque. Ainsi, bien que n’ayant pas réellement produit de jeux vidéo, il est parfois crédité comme étant la première personne à avoir eu l’idée du jeu vidéo sur écran, ne nécessitant pas d'une machine spécifique pour être affiché.

C'est en 1951 aussi que voit le jour le premier programme d'échecs entièrement fonctionnel, dont le développement avait débuté dès 1949 : le programme d'échecs de Dietrich Prinz. Ce dernier, travaillant pour le MIT, développa son jeu sur l'ordinateur à la création duquel il a contribué, le Ferranti Mark I.

vignette|Reproduction d'un des premiers écrans de jeu sur ordinateur. Les premiers jeux sur ordinateur reliés à un écran font leur apparition en 1952 via des recherches académiques : un jeu de dames par Christopher Strachey sur Ferranti Mark I et OXO, un jeu de tic-tac-toe par Alexander S. Douglas sur EDSAC. Strachey est alors mathématicien et physicien à et tente dès 1951 de faire un jeu de dames afin de s’entraîner à la programmation sur le Pilot ACE du . Il échoue toutefois à faire tourner le programme à cause de plusieurs erreurs de programmation. Ce n'est qu'après avoir été encouragé par Alan Turing de continuer qu'il réussira à faire marcher le jeu sur Ferranti Mark 1 en . La même année, Douglas développe OXO dans le cadre de son doctorat sur les interactions homme-machine à l'université de Cambridge sur l'EDSAC. Le jeu consiste en un morpion similaire à , mais cette fois-ci sur un ordinateur non affecté à cette tâche initialement.

Tennis for Two Ces deux jeux restent toutefois statiques : l'écran ne sert qu'à afficher un état fixe du jeu, avant que le joueur ne joue le coup suivant. En 1958, William Higinbotham crée le jeu Tennis for Two pour distraire les visiteurs du laboratoire national de Brookhaven à New York. En reliant un oscilloscope à un ordinateur, Higinbotham propose une sorte de tennis simplifié où deux adversaires doivent renvoyer une balle au-dessus d’un filet à l’aide de deux manettes..

Un an plus tard, il adapte son jeu sur un écran cathodique . Persuadé, à tort, qu’il n’a là rien inventé, il ne dépose pas son idée.

Ces quatre événements marquent les prémices du jeu vidéo et en posent finalement les bases (console de jeux connectée sur un téléviseur, utilisation de l’ordinateur comme adversaire, contrôles externes spécialement dédiés). Du fait de la complexité et du prix des ordinateurs à l’époque, il faudra attendre 1972 avec Pong et la même année, la Magnavox Odyssey, pour que ce genre ludique démarre vraiment sous une forme pratique et commercialisable, comme borne d'arcade ou console de salon.

Spacewar! thumb|Spacewar!.|alt=Spacewar! fonctionnant sur le PDP-1. En 1962, un groupe d’étudiants du MIT mené par Steve Russell programme un jeu nommé Spacewar! sur un PDP-1, le premier mini-ordinateur de la société DEC.. Le but n’était pas de créer un jeu en lui-même, mais d’expérimenter les possibilités du nouvel ordinateur. Spacewar! met en scène deux vaisseaux spatiaux, chacun contrôlé par un joueur à l’aide de manettes créées pour l’occasion, capables de tirer des missiles ; au centre de l’écran, une étoile crée un champ gravitationnel et un danger supplémentaire. Ce jeu, à la différence des précédentes tentatives, fut rapidement distribué avec les nouveaux ordinateurs de DEC et s’échangea à travers les prémices d’Internet. On considère qu’il s’agit du premier jeu vidéo largement diffusé et ayant eu une réelle influence. Techniquement, le jeu pesait 9 ko et tournait à par seconde.

Entre 1964 et 1966 est créé et développé sur IBM 7090, dans le cadre du programme éducatif Boards of Cooperative Educational Services (BOCES), The Sumerian Game, par Mabel Addis et William McKay. En 1968, Doug Dyment s’inspire de ce jeu pour The Sumer Game sur un mini-ordinateur PDP-8. Ce dernier jeu est adapté en 1971, par David H. Ahl, en BASIC, sous le titre Hamurabi, précurseur et source d’influence de nombreux jeux de stratégie et de gestion. Après coup, The Sumerian Game est reconnu comme le premier jeu vidéo doté d’un scénario et comme le premier jeu vidéo éducatif, faisant de Mabel Addis la première game designer et scénariste de jeux vidéo.

left|vignette|upright=0.7| de Ralph Baer. À partir de 1965, Ken Thompson développe un système d'exploitation basé sur Multics pour le compte de la société AT&T, sur la plate-forme GE-635. Sa motivation première était de faire tourner un jeu de sa conception nommé , une simulation du système solaire. Bien que le jeu n'ait jamais été commercialisé (il coûte d’ailleurs par utilisation pour louer l'ordinateur GE-635) et que la société AT&T en ait finalement stoppé le financement en 1969, il est à l’origine de la création d’Unix Yes, A video game contributed to Unix Development - Dennis Ritchie, Unix Systems Programming, Université Harvard Unix History - Ken Thompson, Living Internet.

En 1966, Ralph Baer (alors ingénieur chez Sanders Associates) crée la , boîtier se connectant aux téléviseurs ordinaires (une implémentation de son idée première de 1951) et pouvant à terme être vendu une vingtaine de dollars.. Baer continue le développement et produit en 1968 un prototype pouvant faire tourner différents jeux (de poursuite, de ping-pong, de tennis, de handball), préfigurant les consoles de jeux modernes.

En 1968, un employé de DEC, Doug Dyment, crée ce qui est sans doute le tout premier jeu de gestion, The Sumer Game, un jeu de stratégie textuel, qui sera plus tard repris sous la forme d'un jeu d'ordinateur de gestion stratégique en 10 round, Hamurabi.

Années 1970