Pontrieux est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie thumb|left|Carte de la commune de Pontrieux et des communes avoisinates.

La ville se trouve au fond de l'estuaire du Trieux.

Elle est située pratiquement à mi-chemin entre Guingamp et la mer, sur un plateau mollement ondulé de 80 à d'altitude NGF. Relief De petite superficie, le finage communal de Pontrieux est très encaissé entre les deux parties du plateau qui culminent à pour la partie orientale (à la limite communale avec Quemper-Guézennec) et à une trentaine de mètres pour la partie occidentale, moins étendue, à la limite avec la commune de Ploëzal ; ces deux morceaux du plateau étant séparés par la vallée du Trieux, le centre de la ville se trouvant au niveau de la mer, à la limite entre la partie fluviale et la partie maritime de ce fleuve côtier. Au sud, une petite partie de plateau appartient aussi à Pontrieux, située au sud de la confluence entre le Trieux et son affluent de rive droite le Ruisseau de la Fontaine Kergavel.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Trieux, le ruisseau de la Fontaine kergavel. et l'Étang de Launay...

Le Trieux, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Trieux sont données par la station hydrologique située sur la commune de Saint-Clet. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 415 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/12/1989 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PontrieuxLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports Le port de Pontrieux est un port de fond d'estuaire qui fut pendant longtemps le lieu privilégié de transbordement des marchandises entre les bateaux de mer et les charrois terrestres, vers ou depuis la région de Guingamp ; mais l'accès en était difficile pour les bateaux à voile en raison de l'envasement de l'estuaire (nécessité d'un pilote), puis, à partir de la construction du pont suspendu de Lézardrieux (Pontrieux s'opposa vainement à sa construction), obligation de réduire la mâture pour les navires d'un tonnage notable et contraintes du bassin à flot à partir de sa construction en 1902, remplaçant le port d'échouage antérieur..

thumb|Pontrieux ː difficultés portuaires et réclamation d'une voie ferrée à gabarit normal 1920 (journal L'Ouest-Éclair du ). François Ménez a évoqué le passé de ce port dans un article publié en 1929 :

Le même auteur a expliqué dans un article publié en 1927 le déclin du port et de la ville de Pontrieux depuis le début du :

Cette analyse est confirmée par un article du journal L'Ouest-Éclair du qui relate une réunion des principaux responsables politiques de la ville et acteurs économiques du port contraints d'augmenter significativement les taxes portuaires (les recettes ne couvrent qu'à peine la moitié du montant des remboursements d'emprunts), ce qui eut pour conséquence néfaste une baisse importante de l'activité portuaire par la suite..

La desserte ferroviaire (Ligne de Guingamp à Paimpol) à partir de la dernière décennie du a entraîné le déclin commercial du port, désormais simple port de plaisance offrant 173 places sont 15 réserves aux visiteurs..

François Menez a aussi évoqué ce petit train à vapeur, remplacé entre les deux guerres mondiales par des trains circulant sur une voie à écartement standard, obtenue par le député Yves Le Trocquer :

thumb|Le train touristique le long du Trieux à hauteur du château de La Roche-Jagu.. Désormais un train touristique, le "Vapeur du Trieux", circule entre Paimpol et Pontrieux pendant la saison touristique.

Pontrieux est à l'écart des grands axes routiers de circulation (la voie express Route nationale 12 passe par Guingamp), mais est un carrefour routier notable de routes secondaires : la D 787 (ancienne Route nationale 787 déclassée) vient côté sud de Guingamp et va côté nord vers Lézardrieux ; elle croise dans la ville de Pontrieux la D 15 (qui vers le nord-est se dirige vers Paimpol et vers le sud-ouest vers Bégard et Louargat et la D 6 (qui vient côté sud-est de Saint-Brieuc via Lanvollon et se dirige côté nord-ouest vers Perros-Guirec, mais permet aussi de se diriger vers Tréguier ou Lannion.

Le GR 34A, qui suit sur une bonne partie de son tracé la vallée du Trieux, passe par Pontrieux.

Urbanisme Typologie Au , Pontrieux est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

On peut cependant remarquer que malgré la désindustrialisation — qui a affecté Pontrieux comme la plupart des petites villes françaises — et la dépopulation qui s'est ensuivie, la bourgade conserve un caractère essentiellement urbain par son bâti et les activités de sa population.

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (78,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (66,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (78,5 %), terres arables (16,5 %), zones agricoles hétérogènes (3,1 %), forêts (1,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Pont Treu en 1306 et en 1308, Pontrieu en 1317 et en 1386, Pontreff en 1394, Pontreu en 1405 et en 1408..

Pontrev en breton..

Pontrieux tire son origine d'un pont placé sur le Trieux entre les paroisses de Ploëzal et de Quemper-Guézennec.

Histoire Moyen Âge Selon la tradition, la ville se serait créée initialement dans un vallon situé au sud-ouest de la ville actuelle, au lieu-dit au nom révélateur en breton : Coz-Ilis ("Vieille -Église", laquelle aurait été détruite par les Vikings lors de l'une de leurs invasions) où une chapelle a été construite, puis agrandie au début du , dans le projet d'en faire l'église paroissiale, mais ce projet fut finalement abandonné par le conseil municipal..

La ville était partagée en deux fiefs : celui dit de Pontrieux appartenait juste avant la Révolution française à Mr. de CoëtrieuxPrésentateur de la paroisse de Quemper-Guézennec et celui de Châteaulin-sur-Trieux à la baronnie d'Avaugour ; un château-fort y avait jadis existé, appartenant alors à la famille de Penthièvre, mais saisi en 1402 par le duc Jean V qui le fit démolir ; il n'en reste que quelques vestiges.

Temps modernes

Pontrieux fut, du au , une ville commerciale active. Il s'y échangeait notamment des céréales, des toiles, de lin principalement, et des chevaux. Jusqu'au , le pont Saint-Yves de Pontrieux était le seul, entre Guingamp et la mer, qui permettait de franchir le Trieux et de passer ainsi du Trégor sur la rive gauche, au Goëlo sur la rive droite. Pontrieux fut le port de Guingamp. thumb|Carte de Cassini de Pontrieux et de ses environs (1790). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pontrieux en 1778 :

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée écrivent en 1853 qu'« avant 1801 trève de Quemper-Guézennec (..), une partie de son territoire appartenait, sur la rive gauche à Ploëzal et une partie sur la rive droite à Saint-Clet. Il y avait alors en Pontrieux deux églises : l'une, du côté de Quemper-Guézennec et Saint-Clet, était sous l'invocation de Notre-Dame-des-Fontaines ; l'autre, du côté de Ploëzal, était dédiée à saint Yves. Sur l'emplacement de cette dernière, qui a été démolie en 1793, a depuis été créée une promenade. Malgré cette bizarre circonscription, Pontrieux formait (..) une espèce de communauté qui avait son existence propre : les baptêmes se faisaient à Notre-Dame, et les enterrements à Saint-Yves ».

Pontrieux était le siège d'une subdélégation : les subdélégués au furent des membres des familles Gaultier et Porteneuve ; les principales familles nobles étaient les Tavignon-KerallyFamille originaire de Plouisy., de TuomelinLes Tuomelin habitaient Pleudaniel, de Kerdellen du PerrierFamille originaire de Trévérec et Le Frotter. Mr de Coëtrieux possédait les marchés de la ville et les foires dépendaient du Prince de Rohan-Soubise, seigneur de Châteaulin-sur-Trieux, baron d'Avaugour et comte du Goëlo, lesquels percevaient les droits d'étalage..

Révolution française

Pontrieux fut chef-lieu de district de 1790 à 1800 (Pontrieux fut choisi car c'était précédemment le siège de la subdélégation) et resta chef-lieu de canton jusqu'en 2014.

Charles-Antoine Le BrigantCharles-Antoine Le Brigant, né le à Pontrieux (paroisse Notre-Dame-des-Fontaines, appartenant en fait alors à Quemper-Guézennec), décédé le à Pontrieux. participa à la Fête de la Fédération le à Paris et fut nommé capitaine de la Garde nationale de Pontrieux. Le un autel est dressé sur la place Saint-Yves pour y célébrer le Culte de la Raison et un Arbre de la Liberté planté au bas de cette même place..