Jean Gilles, né le à Perpignan et mort le à Mont-Louis, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur.

« Commandant des troupes aéroportées », il commande les troupes parachutistes françaises au cours de la guerre d'Indochine, puis il est le chef de l'opération aéroportée lors de la crise du canal de Suez. Il dirige ensuite le corps d'armée de Constantine et est l'adjoint opérationnel du commandant en chef en Algérie pendant la guerre d'Algérie, avant de prendre en le commandement de la militaire à Toulouse et de la de Défense.

Il est élevé à la dignité de grand croix de la Légion d'honneur en alors qu'il est toujours en service actif. « Mort pour la France » et titulaire de nombreuses décorations françaises et étrangères dont vingt citations (dix-huit françaises et deux vietnamiennes) dont quatorze à l'ordre de l'armée. Il est l'un des officiers généraux les plus décorés de l'Armée française.

Origines familiales

Jean Gilles (Jean, Marcellin, Joseph, Calixte) est le fils de Joseph Marius Gilles (chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre avec palme), capitaine d'infanterie tué à la tête de sa compagnie en , et de Marie Pagès. Sa sœur, Madeleine Gilles (1906-1998), grande résistante (chevalier de la Légion d'honneur, médaille militaire, croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance française), sera maire de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales).

En 1933, il se marie avec Suzanne Tivolle dont il a ensuite quatre garçons : Pierre, Michel, Louis et Henri. Pierre ancien pilote de chasse est général de brigade aérienne, Michel, saint-cyrien de la promotion « Terre d'Afrique » (1957-1959), a été tué en Algérie le , Louis qui travaillait chez Hachette s'est tué en voiture en , Henri a fini sa carrière comme directeur régional de la Société générale à Toulouse.

Carrière militaire

Formation Élève au prytanée militaire de La Flèche dès l'âge de , Jean Gilles intègre Saint-Cyr en 1922 à : il est ainsi le plus jeune « cyrard » de la promotion , dite « Metz-Strasbourg » (1922-1924), tandis que le plus âgé en est le futur maréchal de France Philippe Leclerc. Lors d'un exercice de tir, il est gravement blessé et perd un œil. Gilles a réussi à être maintenu dans sa promotion en dépit de son handicap mais va devoir renoncer à être aviateur.

Cet accident lui vaudra d'être appelé affectueusement "nonoeil" ou "le cyclope" par ses troupes.

Débuts À sa sortie de l'école en 1924, le jeune sous-lieutenant est affecté au de tirailleurs sénégalais à Perpignan et rejoint le Maroc pour prendre part à la guerre du Rif où il obtient à vingt ans sa première citation qui comporte l'attribution la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec étoile de bronze ainsi que la médaille d'Alphonse XIII d'Espagne. Jean Gilles est nommé lieutenant le et capitaine le .

Officier méhariste, il quitte le Maroc et les sables du désert du Niger et de la Mauritanie en 1938 pour préparer l’École de Guerre à laquelle il a été reçu en 1939 mais ne pourra pas intégrer à cause de la seconde guerre mondiale.

Seconde Guerre mondiale Il est affecté à la DIC de 1939 à 1940 et rejoint le cercle de Bilma au Niger (AOF) dont il prend le commandement fin 1940. Le , il devient chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.

Il continue, après l'armistice de , de servir au sein de l'armée de terre, réduite à , selon les dispositions de la convention franco-allemande. Rappelé en France en en raison d'une expression trop manifeste de ses sentiments anti-nazis et démobilisé en , après l'invasion de la zone libre par les Allemands, il tente alors de rejoindre l'Afrique du nord mais est capturé en Espagne et emprisonné. Finalement relâché pour raison médicale, le commandant Gilles s'engage dans la DIC et prend le commandement du du de tirailleurs sénégalais du colonel Chrétien.

À la tête de son bataillon, Gilles prend part à la prise de l'île d'Elbe en , puis débarque en Provence et avec la Armée de de Lattre, participe à la reconquête du territoire français puis à la campagne d'Allemagne. Le , il est promu officier sur le champ de bataille dans l’ordre national de la Légion d’Honneur, peu après De Gaulle le promeut lieutenant-colonel. Lors du second conflit mondial, le général Gilles fut cité quatre fois à l'ordre de l'armée, deux fois à l'ordre du corps d'armée et une fois à l'ordre de la division.

Guerre d'Indochine

Adjoint au chef de corps du d'infanterie coloniale (nouvelle appellation du RTS), il rejoint l'Indochine en avec le grade de lieutenant-colonel. En 1946, appelé à l'état-major de Leclerc il est nommé colonel à titre exceptionnel à la suite du débarquement à Haïphong le .

Il rentre en Europe en 1947 et occupe successivement les postes de chef de corps du régiment colonial de chasseurs de chars en Allemagne puis après un passage à l'école de guerre, devient commandant de la 1re demi-brigade coloniale de commandos parachutistesIn Bigeard d'Erwan Bergot, page 259.. Le , il est promu commandeur dans l’ordre national de la Légion d’Honneur. Entretemps, Gilles a obtenu en 1949 son brevet de parachutisteIn Dictionnaire de la guerre d'Indochine de J. Dalloz, page 105..

En 1951, il retourne en Indochine et s'illustre notamment lors de la bataille de Na San (septembre à ) puis lors de la conquête de la cuvette de Dien Bien Phu, en (opération Castor).

Il obtient ses étoiles de général de brigade en pleine bataille de Na San le In Histoire des parachutistes français, page 273. et devient en 1953 commandant des TAPI (Troupes aéroportées en Indochine). Il est élevé, pour services exceptionnels, à la dignité de Grand-Officier de la légion d'honneur.

Au cours de son passage en Indochine, le général Gilles aura été cité six fois à l'ordre de l'armée.

Retour en métropole, Algérie et Suez

De retour en métropole en , il obtient le commandement des troupes aéroportées et de la DIAP. Il part en avec la DIAP pour maintenir l'ordre dans les Aurès (Algérie). Courant , le général Gilles giflera le sous-préfet de Batna et prononcera le mot "merde" à l'adresse du ministre de l'intérieur de l'époque François Mitterrand exprimant ainsi son mécontentement face à l'incompétence de la chaîne de commandement civile puisque la France n'est pas officiellement en guerre. De janvier à , il part en convalescence à Baden-Baden à la suite d'un infarctus. Il est cité à l'ordre de l'Armée au titre de son implication dans le maintien de l'ordre en Algérie.

Lors de crise du canal de Suez fin 1956, il obtient le commandement de l'opération aéroportée sur Port-SaïdIn Suez de Paul Gaujac, page 49.. Le , il est cité à l'ordre de l'armée au titre de la campagne d'Égypte alors qu'il y exerçait le commandement des opérations aéroportées.

L'Algérie (1958-1960)

En 1958, il devient commandant du corps d'armée de Constantine, où il exerce les pleins pouvoirs militaires pour tout le Constantinois. Il cumule alors ses fonctions avec celles d'adjoint opérationnel du commandant en chef en Algérie, de commandant des troupes aéroportées et de commandant de la division infanterie aéroportée.

Lors des événements du , Gilles est déjà commandant du corps d'armée de Constantine où il recevra le général de Gaulle le .

Il dirige d'avril à , des opérations contre des groupes armés du FLN qui se déploient dans l'est Algérien, qui sont "couronnées de succès" , notamment à Beni Sbihi, dans la région de Guelma, dans les Aurès et dans la région de Soumman. Puis il conduit d'autres opérations dans l'Oranie et le Sud Algérois. Il organise également la mise sur pied des 117 commandos de chasse et commandos de réserve générale afin de lutter contre les diverses structures armées du FLN. Il est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée en .

Le , il sort indemne avec les généraux Gracieux, Saint-Hillier et le pilote du crash d'un hélicoptère Alouette II. Lors de son passage en Algérie, il sera cité à deux reprises en 1959 et 1960 à l'ordre de l'armée.

Retour en France

À son retour d'Algérie, , Gilles prend le commandement de la militaire à Toulouse "région des paras" et de la Zone de Défense. Il venait de refuser de prendre le commandement de Dakar. Le , son fils Michel, sous-lieutenant d'Infanterie de Marine (chevalier de la légion d'honneur) est tué en AlgérieBiographie sur le site amis2montlouis.free.fr.. Il est attristé par le putsch d'Alger et son issue de par son amitié avec le général Challe et dénonce les mesures discriminatoires prises à l'encontre des paras. Le , à titre exceptionnel, il est élevé par De Gaulle, pour services exceptionnels, à la dignité de Grand croix de la Légion d'honneur.

Il meurt le , à la suite d'une crise cardiaque. La mention « mort pour la France » lui sera attribuée quelques jours plus tard.

Le général Gilles totalise plus de 537 heures de vols opérationnels de jour ainsi que 25 heures de vols opérationnels de nuit.

Ses vols normaux de jour sont de plus de et de 231 heures de nuit.

Dans sa vie personnelle, il aimait danser la valse et la vie au grand air, notamment la pêche.

État des services vignette|338x338px|Monument en l'honneur du Général Gilles 1924: nommé sous-lieutenant, promotion Metz-Strasbourg de Saint-Cyr, affecté au Régiment de Tirailleurs Sénégalais 1925: participation à la Guerre du Rif : promu lieutenant à 22 ans et intègre les unités méharistes 1926-1938: part au Sahara, en Mauritanie, au Niger, en Libye, au Maroc, au Sénégal, en Guinée pour effectuer des missions d'administrateur, de cartographe et d'ethnologue : promu capitaine 1939: devait intégrer l'École de Guerre mais ne peut le faire en raison de la déclaration de guerre 1939-1940: Régiment d'Infanterie Coloniale 1940-1942: Commandant du Cercle de Bilma au Niger : promu chef de bataillon (commandant) 1942: Bataillon d'Adages puis démobilisation 1942-1943: emprisonnement en Espagne 1943: reprise du combat dans les Forces Françaises Libres en Algérie  : promu lieutenant-colonel 1944: Chef du Bataillon du  Régiment de Tirailleurs Sénégalais (débarquement sur l'Ile d'ELBE, débarquement en Provence à Sainte Maxime) 1944-1945: division d'Infanterie Coloniale du Corps d'armée de la Armée (Campagne de France, puis d'Allemagne) : promu colonel à "titre exceptionnel" 1945-1946: d'infanterie coloniale 1946: Sous-chef Opérations du commandant en chef des forces en Extrême-Orient: le général de corps d'armée Philippe Leclerc de Hauteclocque 1946: Commandant des Groupements Tactiques (Opération Sud Annam) 1947-1948: Commandant du Régiment colonial de chasseurs de Chars 1948-1949: Instructeur à l'École de Guerre et « aspirant » para 1949-1951: Commandant la demi-brigade Coloniale de Commandos Parachutistes et Inspecteur des Troupes Aéroportées 1952-1954: Adjoint au général commandant les forces terrestres, commandant des Unités d'Infanterie 1952: Commandant du groupement opérationnel de la Route coloniale 1952: Commandant du camp retranché de Na San : nommé général de brigade 1953: Commandant de l'Opération Castor 1954-1958: Commandant de la division infanterie aéroportée 1954-1960: Commandant des Troupes Aéroportées 1956: Commandant des opérations aéroportées à Suez 1958: promu général de division 1958-1960: Commandement du corps d'armée de Constantine 1954-1960: Commandant des Troupes Aéroportées 1958-1960: Adjoint opérationnel du Commandant en chef en Algérie, commandant supérieur interarmées : élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée 1960-1961: Commandant de la Région Militaire (Toulouse) et de la Zone de Défense : « Mort pour la FRANCE »

Distinctions vignette|Les décorations du général Gilles présentées en 2016.

Décorations françaises (liste non exhaustive) le 21/07/1961 pour services exceptionnels le 26/08/1953 pour services exceptionnels le 27/10/1948 pour services exceptionnels le 30/06/1944 pour services exceptionnels le 05/09/1940 avec sept citations À l'ordre de l'Armée 30/06/1944 À l'ordre de l'Armée 09/11/1944