Le Tour des Flandres (en néerlandais : Ronde van Vlaanderen), aussi connu comme (Le Tour), est une course cycliste sur route annuelle belge, réservée aux professionnels. Il a lieu en avril, souvent le premier dimanche du mois qui peut également être le dimanche de Pâques, en Flandre et est depuis des années une des Classiques flandriennes les plus importantes. Le Tour a eu une seule interruption, pendant la Première Guerre mondiale, et est organisé depuis 1919 de manière ininterrompue, la plus longue série de toutes les classiques cyclistes. Il s'agit de la course la plus importante en Flandre. Il fait partie de l'UCI World Tour et est organisé par Flanders Classics. Son surnom est la (la plus belle des Flandres).
Il est l'un des cinq Monuments du cyclisme, avec Milan-San Remo, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Il est également l'une des deux grandes Classiques pavées avec Paris-Roubaix, qui a lieu une semaine après le Tour des Flandres.
Huit hommes détiennent le record du nombre de victoires, ce qui rend le Tour des Flandres unique parmi les grandes Classiques. Ainsi, les Belges Achiel Buysse, Eric Leman, Johan Museeuw et Tom Boonen, l'Italien Fiorenzo Magni, le Suisse Fabian Cancellara, le Néerlandais Mathieu van der Poel et le Slovène Tadej Pogačar comptent chacun trois victoires.
Depuis 2004, une course féminine, le Tour des Flandres féminin, est organisée chaque année le même jour que les hommes, mais sur une distance plus courte.
Création Le Tour des Flandres est créé en 1913 sur une idée de Léon van den Haute, cofondateur l'année précédente du journal sportif SportWereld. À l'époque, il est courant pour les éditeurs de journaux et de magazines, d'organiser des courses cyclistes comme moyen de promotion pour augmenter les ventes. Il est par la suite suggéré que dès le début c'est le journaliste Karel Van Wijnendaele l'organisateur du Tour. Néanmoins, en , un mois après l'édition du centenaire, les historiens Stijn Knuts et Pascal Deleye ont révélé que Magazine Etappe #02 : Léon Van den Haute is echte vader van de Ronde The forgotten founder of the Tour of Flanders sur cyclingnews.com.
Le Ronde comme un symbole régional Au début du , le cyclisme est en mauvais état en Belgique. Les vélodromes ferment et les championnats nationaux sur route et sur piste ne sont plus organisés. La seule grande course belge, Liège-Bastogne-Liège, a lieu en Région wallonne où l'on parle français. Au milieu de ce constat obscur, Odile Defraye devient le premier vainqueur belge du Tour de France en 1912.. Il est âgé de et, bien qu'il soit sous contrat avec une équipe française, Alcyon, il symbolise un fort potentiel pour le cyclisme belge. La victoire de Defraye inspire August De Maeght, le bourgmestre de Hal et directeur du groupe de presse Société Belge d'Imprimerie, de publier un magazine de sport en langue néerlandaise appelé SportWereld..
vignette|gauche|upright|Monument pour le Tour des Flandres sur la Paddestraat, à Velzeke-Ruddershove. Le plus éminent écrivain cycliste du journal est Carolus (« Karel ») Ludovicus Steyaert, qui écrit sous le pseudonyme de Karel Van WijnendaeleCarolus ("Karel") Ludovicus Steyaert, qui écrit sous le nom de Karel van Wijnendaele, est né à Thourout, en Belgique, le , et mort à Deinze, en Belgique, le . Son nom, qui se traduit en français par Charles est prononcé correctement Carol. Ses connaissances l'appellent également Koarle. Son monument est situé au sommet du Kwaremont à Kluisbergen dans la Ronde van Vlaanderenstraat, inauguré en 1964.. De Wijnendaele est le cinquième enfant d'une famille de et sœurs, vivant dans le hameau de Wijnendaele, près de Thourout. Son père, un travailleur de lin, est mort quand Karel avait . Il écrit en 1942 : . Il quitte l'école à , travaille pour un boulanger, soigne des vaches, lave des bouteilles et livre des colis. Il travaille pour des familles aisées et parlant français à Bruxelles et Ostende, où il se sent humilié par la façon dont il est traité..
Van Wijnendaele participe à des courses cyclistes et remporte quelques victoires, mais il décide de se tourner vers l'écriture sur le cyclisme comme correspondant régional.. Cela attire l'attention de De Maeght et de son collaborateur, également organisateur de course Leon van den Haute. Ce dernier demande à Van Wijnendaele de le rejoindre sur un nouveau journal : SportWereld. Le premier numéro est lancé juste à temps pour le Championnat des Flandres du . Van Wijnendaele devient son rédacteur en chef le . Il raconte :
Le Ronde et le nationalisme flamand
Beaucoup de choses ont été écrites sur le lien entre le cyclisme en Flandre et le nationalisme flamand. Van Wijnendaele voulait créer une course tracée entièrement sur le sol flamand, traversant autant de villes que possible, parce que .
Le Tour des Flandres est la seule classique à s'être tenue sur un territoire occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et ceci avec l'accord du commandement allemandBicycling, USA, non-daté. Les Allemands ont non seulement autorisé et apprécié la course, mais ils ont également aidé la police sur le parcours. Cela a mené à des accusations de collaboration à une période où de nombreux nationalistes flamands avaient des liens étroits avec l'Allemagne nazie.. Après la guerre, De Standaard et Het Algemeen Nieuws-Sportwereld sont placés sous séquestre par l'État et plusieurs journalistes, en grande partie des journalistes non-sportifs, sont condamnés pour collaboration. Van Wijnendaele est même interdit à vie de travailler en tant que journaliste, une interdiction levée lorsqu'il présente une lettre de soutien du général Montgomery, confirmant qu'il avait caché des pilotes britanniques abattus pendant la guerre et les avait protégés dans sa maison.
Un journal flamand rival, Het Volk, créé l'Omloop van Vlaanderen en 1945. Het Volk, journal de gauche, veut lancer une nouvelle épreuve de cyclisme en Flandre, une course rivale, parce qu'il considère le Ronde trop proche des nazis. L'organisateur du Ronde prétend de son côté que le nom est trop proche du leur — en néerlandais, il y a peu de différence entre Ronde et Omloop. La fédération cycliste belge, demande finalement au journal Het Volk de changer le nom de l'événement. Cette course devient le Circuit Het Volk, qui est de nos jours la course d'ouverture de la saison cycliste belgeUne conséquence de la décision forcée de changer le nom de la course en Circuit Het Volk étaient que les journaux concurrents, y compris Het Nieuwsblad étaient réticents à mentionner le nom d'un autre journal (en l'occurrence Het Volk) lors du résumé de la course. Comme il était devenu impossible d'utiliser l'ancien nom, les journaux l'appelaient Gand-Gand, une description de son parcours, ce qui a rendu cela encore plus étrange car Gand-Gand était le parcours du Tour des Flandres jusqu'à la fin de la guerre..
Histoire de la course Les premières courses Le , Karel van Wijnendele donne le départ du premier Tour des Flandres, qui traverse les deux provinces de l'Ouest de la Flandre. La course commence à six heures du matin, à Gand et se termine à Mariakerke, qui est aujourd'hui une banlieue de Gand.. Le parcours est de , le tout sur de mauvaises routes avec juste quelques pistes cyclables occasionnelles. L'arrivée est située sur un vélodrome en bois entouré d'un étang à Mariakerke, où les ventes de billets vont couvrir seulement la moitié des prix octroyés.
vignette|upright|gauche|Marcel Buysse, vainqueur du deuxième Tour des Flandres, ici photographié en 1913 La première course en 1913 est remportée par le coureur belge de Paul Deman. Il s'impose au sprint au sein d'un groupe de cinq hommes, après plus de de course. Deman remporte l'année suivante Bordeaux-Paris, une autre grande course, mais sa carrière faillit prendre fin avec la Première Guerre mondiale. Il devient espion et rejoint l'effort de guerre souterrain en Belgique. Il fait passer à vélo des messages codés aux alliés qui se trouvent aux Pays-Bas. Ces messages sont dissimulés dans sa dent en or. Après de nombreux voyages, il est arrêté par les Allemands, emprisonné à Louvain et détenu en vue de son exécution. L'armistice de 1918 lui sauve la viePaul Deman a été récompensé pour ses activités d'espionnage : la France, la Belgique et l'Angleterre lui ont décerné une décoration de guerre.. Il court à nouveau et remporte Paris-Roubaix en 1920 et Paris-Tours en 1923.
Les premières éditions de l'épreuve ne sont pas un grand succès : seuls participent en 1913, suivis par cinq voitures d'assistance. En 1914, le peloton au départ n'est que de et l'organisation a du mal à trouver suffisamment de ressources financières. Un van Wijnendaele déçu raconte plus tard :
Cependant, au fil des éditions, la course devient de plus en plus un symbole du nationalisme flamand. Ainsi, Marcel Buysse, l'une des icônes de la Flandre au début du , insiste pour participer à la course, même si son équipe française Alcyon avait ordonné aux coureurs belges de ne pas s'inscrire. Buysse prend part à la deuxième édition en 1914 comme l'un des favoris et remporte le sprint à huit sur le vélodrome d'Evergem, dans les environs de Gand. La distance avait été réduite à .
Naissance d'une légende
Pendant la Première Guerre mondiale la course connaît ses seules interruptions, puis elle reprend à nouveau sans interruption à partir de 1919.. Les éditions d'entre-deux guerres sont marquées par l'épouvantable état des routes et les paysages macabres causées par la guerre dans la Flandre, ce qui n'empêche pas le Tour des Flandres de gagner rapidement en popularité.
Dans les années 1920, les spécialistes de la piste flamands dominent la course. Gérard Debaets, un spécialiste des courses de six jours sur le circuit américain, s'adjuge la course à deux reprises, la première fois en étant l'un des 17 derniers coureurs d'une course marquée par des conditions météorologiques effroyables. Le Tour des Flandres n'est alors encore qu'une course ignorée des étrangers. Les principaux constructeurs de cycles français y font leur entrée en 1920. Le premier vainqueur étranger est le Suisse Heiri Suter, en 1923. Il s'impose juste une semaine avant de réaliser le premier doublé en gagnant Paris-Roubaix dans la foulée. En 1926, un groupe de dix coureurs se jouent la victoire à l'arrivée. Cinq d'entre eux chutent lourdement et c'est Denis Verschueren, pour sa première course en tant que professionnel, qui remporte la course.
Le départ et l'arrivée de la course à Gand attirent des foules immenses et à la fin des années 1920, le Ronde est devenu la journée phare de la saison de cyclisme en Flandre.
Victime de son succès Si les premiers Tour des Flandres ont un succès limité auprès du public, lors des années 1930, sa popularité grandit de façon aussi spectaculaire que les vastes masses de spectateurs le long des routes et les voitures suiveuses ont transformé le Tour des Flandres en un véritable festival culturel. En 1933, on compte et sept fois plus de voitures et de motos dans la caravane de la course. Cet essor de l'événement cause d'inévitables problèmes de sécurité. En 1937, l'écrivain et l'icône littéraire flamande Stijn Streuvels écrit à Sportwereld que le Ronde, qu'il voit passer devant sa maison à Ingooigem, est Stijn Streuvels, b. Heule, Belgium, 3 October 1871, d. 15 August 1969, was the pen-name of Frank Lateur of the Van Nu en Straks (Now and Soon) literary group in Flanders. He and van Wijnendaele became friends. Streuvels wrote when he was 97: "Karel made cycling what it is and the riders what they are."