Raymond Poulidor est un coureur cycliste français, né le à Masbaraud-Mérignat (Creuse) et mort le à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne). Il est professionnel de 1960 à 1977.

Bénéficiant d'une importante popularité en France où il est affectueusement surnommé « Poupou », il est aussi qualifié d'« éternel second » sur le Tour de France ; il a participé à cette épreuve entre 1962 et 1976, ne l'a jamais gagnée et n'y a jamais porté le maillot jaune, mais il en détient le record de podiums finals (huit, dont trois en deuxième place) et y a remporté sept étapes. Il fait d’ailleurs partie des rares coureurs ayant terminé au moins dix fois sur le podium final d’un grand tour.

Parmi ses figurent notamment quatre étapes du Tour d'Espagne qu'il remporte en 1964, deux titres sur Paris-Nice et le Critérium du Dauphiné, des classiques comme Milan-San Remo et la Flèche wallonne, ou encore un maillot de champion de France sur route. Il est aussi monté à quatre reprises sur le podium des championnats du monde sur route.

Repères biographiques Raymond Poulidor naît le à Masbaraud-Mérignat, dans la Creuse. Ses parents, Martial Poulidor (1899-1970) et Maria Marguerite Montlaron (1903-1996), y sont métayers, au domaine des Gouttes. Ils s'installent ensuite à Champnétery, dans la Haute-Vienne, où Raymond Poulidor passe son adolescence. Il est le cinquième garçon de la famille (l'aîné étant mort à 15 mois). Ses trois autres frères sont : René (1928-2000), André (1931-2021)André Poulidor, frère aîné de Raymond, est mort, sur L'Équipe, 22 février 2021 (consulté le 22 février 2021). et Henri (1934-2023)., ces deux derniers ont couru chez les amateurs dans des courses cyclistes régionales.

Il se marie à l'âge de vingt-cinq ans, le , à Champnétery avec Gisèle Bardet, postière de Saint-Léonard-de-Noblat et fille de gendarme.. Après sa carrière cycliste, ils vivent à Saint-Léonard-de-Noblat et ont deux filles, Isabelle et Corinne.

Corinne Poulidor épouse en 1989 Adrie van der Poel, cycliste néerlandais, déjà vainqueur du Tour des Flandres 1986, de Liège-Bastogne-Liège 1988, et futur champion du monde de cyclo-cross en 1996. Leur fils aîné David van der Poel est à partir des années 2010 coureur cycliste en cyclo-cross puis sur route. Le cadet, Mathieu van der Poel, coureur cycliste également, est sacré à huit reprises champion du monde de cyclo-cross, et remporte sur route de nombreuses classiques, dont l'Amstel Gold Race 2019, le Tour des Flandres, Milan-San Remo 2023, Paris-Roubaix 2023, 2024 et 2025, ainsi que les championnats du monde sur route 2023. Au Tour de France 2021, il revêt le maillot jaune et rend hommage à son grand-père qui ne l'avait jamais porté.

Surnoms Raymond Poulidor est surnommé par Ferdi KüblerEntrée « Poulidor, Raymond (France) », dans , citations (lire en ligne ) (consulté le 3 juillet 2015).. Jean-Pierre Danguillaume le surnomme qui serait, d'après Raphaël Géminiani, un raccourci de « La Pouliche d'or ».

C'est le journaliste sportif Émile Besson qui est à l'origine du surnom . : en , il titre dans L'Écho du Centre.. Il est également à l'origine du surnom , dans L'Humanité.

Carrière cycliste Jeunesse vignette|redresse|Raymond Poulidor en 1961, Ciclismo 61, edizione Cicognia. Raymond Poulidor va à l'école à Auriat, commune de la Creuse. Son instituteur Albert Maurice Vialleville, passionné de sport, lui offre un abonnement à Miroir Sprint, dans lequel il découvre les champions français Louison Bobet et Raphaël Géminiani. Le garçon obtient en 1950 le certificat d'études primaires avec la deuxième note du canton ; sa vie quotidienne est rythmée par les travaux agricoles avec sa famille, il semble accepter son avenir de paysanPautrat 2020, p. 38-40..

Il accompagne ses frères André et Henri lorsqu'ils disputent des courses cyclistes dans la région, le week-end, et roule avec des coureurs locaux, le soir, avec le vélo de sa mère. En 1952, André Marquet, un marchand de cycles de Sauviat-sur-Vige, offre à Raymond, qui a seize ans, un vélo demi-course de marque Alcyon. Il commence alors à s'entraîner quotidiennement, en le cachant à sa mère qui juge ce sport dangereux. Il prend sa première licence auprès du club limousin « La pédale marchoise ». Il est sixième de sa première course, remportée par son frère Henri, à Saint-Moreil, et obtient, en , une première victoire au Grand Prix de Quasimodo à Saint-Léonard-de-Noblat., où ses parents, métayers, exploitent une ferme..

En , il est invité à participer au Bol d'or des Monédières, à Chaumeil, en tant que meilleur coureur régional, aux côtés de coureurs professionnels comme Géminiani et Bobet. Il effectue une partie de la course en tête avec Bobet et termine à la sixième place. Quelques jours plus tard, il commence à envisager sérieusement une carrière de cycliste professionnel lorsqu'il reçoit pour sa deuxième place lors d'une course à Peyrat-le-Château..

Âgé de vingt ans, il est cependant temps pour lui d'effectuer son service militaireEntre 1956 et 1957, Horb (Allemagne).. Il est d'abord affecté en Allemagne, à Coblence, puis en Algérie, dans la région de BôneHuby-Saint-Leu, son camarade de régiment en Algérie se souvient de Poulidor.. Il revient chez lui en . À cause du manque d'entraînement, il pèse quinze kilogrammes de plus qu'à son départ. Il s'entraîne durant l'hiver 1958/59 et au printemps gagne, avec huit minutes d'avance sur le professionnel Roger Buchonnet, la première course à laquelle il prend part. En août, il est deuxième du Grand Prix de Peyrat-le-Château derrière Jean Dotto. Il impressionne un autre participant professionnel, Bernard Gauthier. Celui-ci, membre de l'équipe Mercier, encourage Poulidor à devenir professionnel et parle de lui à son directeur sportif, Antonin Magne. Après l'avoir rencontré au critérium d'Arcachon, Antonin Magne l'engage pour un salaire de au sein de l'Équipe cycliste Mercier..

Au total, Raymond Poulidor remporte 24 victoires en tant que cycliste amateur entre 1954 et 1959 puis passe professionnel en 1960 à 24 ans.

Carrière professionnelle Raymond Poulidor entre dans la légende en tant que « l'éternel second » du Tour de France et de Jacques Anquetil dans les années 1960 puis d'Eddy Merckx dans les années 1970. C'est une légende née d'exploits inachevés et d'infortunes rencontrées dans le Tour de France, mais une légende erronée au regard de ses 181 victoires toutes courses confondues alors qu'il n'a terminé deuxième que 92 fois au cours de sa carrière, et que trois fois lors de La Grande Boucle (dont une seule fois derrière Anquetil). Néanmoins, le public a surtout retenu, au-delà de ses victoires, son image simple de paysan limousin fruste et franc, sa santé physique et morale, ses places d'honneur chèrement acquises, sa guigne qui lui a valu le surnom affectueux de Poupou, ainsi que la longueur et la densité de sa carrière. vignette|Raymond Poulidor lors du Tour de France 1966. En 1960, Raymond Poulidor passe professionnel et devient le leader de l'équipe Mercier dirigée par Antonin Magne. Il est en contrat avec les Cycles Mercier durant toute sa carrière, sous différentes dénominations : « Mercier-BP » (1960-1967), « Fagor-Mercier » (1970-1971), « Gan-Mercier » (1972-1976) et « Miko-Mercier » (1977).

En 1961, Poulidor remporte Milan-San Remo et il est champion de France sur route à Rouen la même année. Il participe à son premier Tour de France en 1962. Il remporte la étape entre Briançon et Aix-les-Bains tandis que le Belge Joseph Planckaert reste maillot jaune (repris le lendemain par Jacques Anquetil qui remportera son troisième Tour de France). Il termine troisième au classement général, troisième au classement du meilleur grimpeur et dixième au classement par points. La rivalité entre Anquetil et Poulidor est l'une des grandes oppositions du sport français, avec en point d'orgue un combat coude à coude sur les pentes du puy de Dôme dans le Tour 1964. Ce rapport de force entre les deux hommes est évoqué dans un sujet de l'émission Les Coulisses de l'exploit consacré à la carrière de Raymond Poulidor en 1969. Bien qu'ayant moins de victoires qu'Anquetil, Poulidor, grâce à sa popularité sera, à partir de 1964, davantage demandé dans les criteriums, où il pourra obtenir des rémunérations supérieures à celles de son rival.. La rivalité avec Eddy Merckx intervient dans la seconde partie de la carrière de Poulidor, trentenaire puis quadragénaire, ou selon Antoine Blondin. « Poupou » emporte le Paris-Nice 1972 mais s'incline dans le Tour 1974 malgré une victoire au Pla d'Adet. vignette|Raymond Poulidor en 1966. Raymond Poulidor n'a jamais remporté le Tour de France en quatorze participations (dont douze terminés) ni même porté le maillot jaune ne serait-ce qu'une journée. Il échoue à quatorze secondes du maillot jaune Anquetil lors de l'étape au sommet du puy de Dôme en 1964, ou encore, lors du prologue de 1973 à Schéveningue, à huit dixièmes de seconde de Joop Zoetemelk.. Ses inconditionnels affirment qu'il aurait dû gagner au moins trois Tours de France sans la malchance et sa maladresse : le Tour 1964 (qu'il perd pour cinquante-cinq secondes) sans l'oubli d'un tour de piste à Monaco qui ne lui permet pas de contester à Anquetil la victoire et la minute de bonification associée, ni même la demi-minute dévolue au deuxième de l'étape alors qu’il avait passé la ligne en deuxième position lors du passage précédent ; sans une chute et une crevaison dans l'étape Andorre-Toulouse ; sans une crevaison et la maladresse de son mécanicien lors du contre-la-montre Peyrehorade-BayonnePautrat 2020, p. 128-129. ; et sans un mauvais choix de braquet dans le puy de Dôme, où il prend tout de même quarante-deux secondes à Anquetil ; le Tour 1965 sans le secours « étonnant » d'Anglade à Gimondi dans le Ventoux ; le Tour 1968 sans la moto qui le renverse le contraignant à abandonner à Aurillac alors que la victoire lui était promise.

En 1976, à quarante ans, Il participe à son dernier Tour de France et monte sur la troisième marche du podium.

Il détient cependant le record du nombre de podiums sur la grande boucle (huit) : trois fois classé deuxième (1964, 1965, 1974) et cinq fois troisième (1962, 1966, 1969, 1972, 1976). Par ailleurs, il remporte sept victoires d'étapes sans avoir endossé un jour le maillot jaune.

Sur Paris-Roubaix, il détient un record de participations : dix-huit consécutives, de 1960 à 1977. Malgré six Top 10, il ne fait jamais mieux que cinquième (en 1962). Vainqueur de 189 courses.. dont Milan-San Remo en 1961, la Flèche wallonne en 1963, le Tour d'Espagne en 1964, le Grand Prix des Nations, il est lauréat du Super Prestige Pernod en 1964. Puncheur de très haute lignée, très bon rouleur« Il a été plus fort que moi », rappelle Eddy Merckx. Le Parisien., il a gagné sur tous les terrains.

Après Antonin Magne, son second directeur sportif fut Louis Caput. Raymond Poulidor n'a eu qu'un seul agent-manager : Roger Piel.

Au faîte de sa gloire, près de la moitié des Français le classent en tête de leurs idoles sportives et il reçoit pendant les tours de France plus de par jour. Au , il est l'une des personnalités les plus populaires en France. Son voisin et ami Antoine Blondin parle de « poupoularité. », dans une chronique de 1967.

Après-carrière vignette|gauche|Raymond Poulidor lors de la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde, le . vignette|redresse|Raymond Poulidor lors de l'Étoile de Bessèges 2012. Au-delà de sa carrière sportive, qui s'achève en 1977 après 18 saisons d'une fidélité sans pareille à Mercier, Raymond Poulidor demeure lié indéfectiblement au cyclisme le reste de son existenceBenoît Furic, J.-L. Gatellier, Raymond Poulidor est mort, L'Équipe, 13 novembre 2019..

Raymond Poulidor se retire du peloton en Raymond Poulidor, l’indétrônable chouchou du Tour de France, est mort..