La terminologie informatique est l'ensemble des termes et des sigles utilisés dans le domaine de l'informatique. La terminologie informatique regroupe en particulier des termes relatifs à des notions, des techniques, des normes, des produits – logiciels ou matériels, ainsi que des applications pratiques et des métiers de l'informatique.

Depuis ses débuts en 1950, le domaine de l'informatique a donné lieu à de nombreux néologismes, souvent empruntés à l'anglais. Ces emprunts sont d'usage courant dans le jargon des professionnels et le grand public. En France et au Québec, les gouvernements ont mis en place des organismes publics pour formuler des recommandations sur la terminologie et proposer leurs propres néologismes.

Origine des termes Depuis ses débuts dans les années 1950, le secteur d'activité scientifique et industriel de l'informatique est à l'origine de nombreux néologismes, souvent en anglais. Les néologismes proviennent des instituts de recherche, des entreprises et des organismes du secteur d'activité.

L'anglais et l'informatique L'informatique est un secteur d'activité scientifique et industriel important aux Amérique, en Europe et en Asie. Les produits et services de cette activité s'échangent dans le monde entier. Les produits immatériels tels que les connaissances, les normes, les logiciels ou les langages de programmation circulent très rapidement par l'intermédiaire des réseaux informatiques et de la presse spécialisée, et sont suivis par les groupes de veille technologique des entreprises et des institutions. Les matériels informatiques peuvent être conçus sur un continent et construits sur un autre.

L'anglais international est la langue véhiculaire du secteur d'activité. Il est enseigné dans les écoles.. C'est la langue des publications scientifiques ainsi que de nombreux ouvrages techniques. La grande majorité des langages de programmation utilisent le vocabulaire anglais comme base. Les termes peuvent provenir des instituts de recherche, des entreprises, ou des organismes de normalisation du secteur. De nombreux néologismes sont des abréviations ou des mots-valise basés sur des mots en anglais. Le grand nombre d'anglicismes reflète la domination actuelle des États-Unis sur ce marchéPierre Guerlain, Miroirs transatlantiques : la France et les États-Unis entre passions et indifférences, Éditions L'Harmattan, 1996, ..

L'usage d'abréviations joue le même rôle que celui des formules chimiques : L'ébauche d'une nomenclature internationale qui facilite l'accès des lecteurs non anglophones à la littérature informatique. Il existe en outre un phénomène d'emprunt lexical réciproque entre les langages de programmation - dont le lexique est basé sur l'anglais, et le jargon informatiquePierre J. L. Arnaud, Philippe Thoiron, Université de Lyon II. Centre de recherche en terminologie et traduction, Aspects du vocabulaire, Presses Universitaires de Lyon, 1993, ..

L'Association pour la promotion du français des affaires critique la prolifération du jargon en anglais, évolution qui, selon elle, n'est pas dénuée de risquesL'APFA et le vocabulaire des affaires, Espace de l'Association pour le français des affaires sur le site de la presse francophone..

Traduction en français En France et au Québec, des organismes publics de terminologie proposent leurs propres néologismes sous forme de traductions des termes en anglais.

Au Québec, c'est l'Office québécois de la langue française qui en est chargé, dans le contexte du bilinguisme et des langues officielles.

En France, c'est la Commission spécialisée de terminologie et de néologie de l'informatique et des composants électroniques au ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi qui est chargée de proposer les termes nouveaux en informatique, sous le contrôle de la Commission générale de terminologie et de néologie. Le décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française, adopté en application de la loi Toubon, met en place un dispositif public pour entériner le choix des termes à employer ou des néologismes, dans tous les domaines dont en particulier l'informatique. Les organismes de terminologie des pays francophones sont consultésGrandes lignes du dispositif public d'enrichissement de la langue française et travaux. Une fois publiés au Journal officiel de la République française, l'usage des termes officiels est rendu obligatoire dans les administrations françaises et dans les services publics relatif à l'enrichissement de la langue française..

Une étude publiée en 1997 et portant sur plus de 500 documents en français (exercices, articles de presse, publicité, documentation technique, documents internes et contrats) a montré que les termes les plus souvent traduits sont logiciel (software), ordinateur (computer), disquette (floppy disk) et mémoire (memory). Les anglicismes les plus courants sont bug (bogue), data (donnée), directory (répertoire), et hardware (matériel)Loïc Depecker, Michel Chansou, La mesure des mots : cinq études d'implantation terminologique, Publication Université de Rouen Le Havre, 1997 .. Cette étude fait état d'un nombre très élevé de mots anglais dans les écrits de programmation en raison de la présence d'instructions de programme dans les textes. Elle démontre aussi que, paradoxalement, les écrits destinés aux étudiants et au grand public font un plus large usage du jargon informatique que ceux destinés aux initiés et aux professionnels.

Exemples de traductions en français On trouve les cas suivants : Création d'un néologisme de type mot-valise : Informatique, traduction de ou , formé à partir des mots information et automatique, Courriel, traduction de Journal officiel du 20 juin 2003 selon FranceTerme., formé à partir des mots courrier et électronique, Bureautique, contraction de bureau et automatique. Progiciel, formé à partir des mots produit et logiciel, Création d'un néologisme par francisation d'un terme étranger : Bogue, traduction de Arrêté du 30 novembre 1983 et Journal officiel du 22 septembre 2000 selon FranceTerme.. Traduction littérale d'une expression étrangère, le plus souvent en anglais : Calcul haute performance, traduction de , Entrepôt de données, traduction de , Pare-feu, traduction de firewall, Grappe, traduction de , Infolettre, traduction de . Utilisation d'un néologisme évocateur : Hameçonnage pour . Pourriel par contraction de « pourri » et de « courriel » (lui-même contraction de « courrier électronique ») pour remplacer le terme spam dont l'origine n'a aucun rapport avec le sujetÀ l'origine, SPAM désigne une marque de viande en boîte.. Création d'un mot avec préfixe suivi d'un acronyme : Éco-TIC, traduction de . Utilisation d'un faux-ami pour désigner un concept devenu plus courant : Numérique au lieu de « digital » pris dans l'acception informatique de son homologue anglais . Utilisation d'une expression traduisant un acronyme en anglais qui désigne un concept résumé par une locution. L'acronyme peut rester utilisé dans différentes langues : Mémoire vive, traduction de RAM, initiales de random access memoryJournal officiel du 22 septembre 2000.. Parfois, une nouveauté aux contours imprécis amène l'apparition d'un terme ronflant (buzzword), utilisé plus souvent pour intimider l'interlocuteur que pour l'informer.

Usage des termes informatiques Diffusion

Les termes informatiques très spécialisés ne se diffusent que rarement dans le grand public et restent confinés aux milieux professionnels. Dans ce cas, des termes en anglais restent utilisés (exemple : framework). Les logiciels font le plus souvent apparaître aux utilisateurs des terminologies métier dans la langue locale.

Une terminologie propre à l'informatique peut néanmoins apparaître dans plusieurs cas : presse et sites internet spécialisés, applications qui portent sur des prestations informatiques (achats, marchés publics sur des matériels et logiciels informatiques), documents divers dans les administrations et les entreprises, vocabulaire de l'internet (blog, RSS, etc.) et du courrier électronique (usage courant des mots mail et newsletter en France).

Le travail des terminologues consiste aussi à suivre l'usage qui est fait en pratique des termes proposés par les commissions de terminologieLe travail concret du terminologue..

Les expressions francophones, même recommandées officiellement, ne correspondent pas toujours à l'usage le plus fréquent constaté dans les milieux professionnels.

Traductions

Le passage d'une langue à l'autre dans la création et l'usage des termes nécessite de pouvoir gérer le plurilinguisme avec des fonctions avancées de sémantique. Le web sémantique s'avère une technique prometteuse dans ce domaine. Les dictionnaires terminologiques devraient pouvoir disposer de fonctions de gestion des données de référence (master data, avec utilisation de métadonnées) qui puissent s'interfacer avec les données de référence des applications qui ont le plus besoin de vérifier les terminologies.

Principaux termes employés en informatique

Ci-dessous une liste indicative des termes les plus couramment utilisés en informatique, triés par thèmes.

Jargon de l'informatique

Ci-dessous une liste non exhaustive de termes du « jargon » informatique. le terme en anglais est indiqué en italique, suivi de sa traduction dans les bases terminologiques de la France (FranceTerme) et/ou du Canada (Grand dictionnaire terminologique). Les termes en anglais comme en français sont utilisés indifféremment par les professionnels du secteur. Access provider - Fournisseur d'accès. Organisme offrant à des clients d'accéder à l'internet, ou, plus généralement, à tout réseau de communication. Applet - appliquette ou applette (diminutif de application). Petite application indépendante du matériel et du logiciel utilisés, qui est téléchargée depuis un serveur de la toile et qui est exécutée localement au sein d'un logiciel de navigation.. Backup - secours (de), sauvegarde. Procédures et matériels destinés à être utilisés dans certains cas d'anomalie de fonctionnement. Bandwidth - bande passante. Capacité d'une voie de communication à transmettre des données. Batch processing - traitement par lots. Ensemble de commandes informatiques exécutées dans l'ordre sans intervention humaine. Big data - mégadonnées. Données structurées ou non dont le très grand volume requiert des outils d'analyse adaptés. Bit (mot-valise de l'anglais binary digit). La plus petite information manipulable par informatique. unité de mesure. Boot - amorçage. Démarrage du logiciel à la mise en route de l'ordinateur. Voir aussi reboot. Browser - navigateur web, navigateur, logiciel de navigation. Logiciel qui permet de consulter sur Internet les pages Web et de circuler dans les différents moteurs de recherche. Buffer - mémoire tampon. Mémoire utilisée pour le stockage temporaire de données lors du transfert d'informations afin de compenser la différence de débit, de vitesse de traitement ou de synchronisation entre les divers dispositifs d'un ordinateur et ses périphériques. Bug - francisé en bogue. Défaut de construction d'un logiciel. Client - Client. Ordinateur qui demande des services à un serveur. Cloud computing - informatique en nuage. Mode de traitement des données d'un client, dont l'exploitation s'effectue par l'internet, sous la forme de services fournis par un prestataire. Computer Cluster, cluster - grappe (de serveurs). Groupe de serveurs, réunis au même endroit, qui fonctionnent ensemble comme s'il s'agissait d'une seule unité. Computer crash - plantage. Panne subite et inopinée qui fait que l'ordinateur ne répond habituellement plus à aucune commande et que l'image à l'écran se fige. Configuration - Configuration - Caractéristiques techniques.