Théodore-Edmond Plumier (ou Théodore Aimond Plumier), né vers le à Liège et mort le dans la même ville, est un dessinateur et peintre liégeois.

D'abord élève d'Englebert Fisen à Liège, le jeune homme part ensuite à Paris pour poursuivre sa formation, probablement à l'école de Nicolas de Largillierre. À la charnière des , l'artiste y est à la tête d’une manufacture de tapisseries qui fait rapidement faillite. Il effectue également un séjour à Rome, où il aurait travaillé pour le peintre Agostino Masucci. Après cette période de va-et-vient entre la région liégeoise et l'étranger, il se fixe définitivement, vers 1719, dans sa ville natale où il effectue un grand nombre de portraits pour les notables locaux et il reçoit d'importantes commandes de différentes églises. Il va aussi participer à la décoration de plusieurs salles des hôtels de ville de Liège et de Maastricht. Deux de ses sept enfants, Jacques Théodore Louis et Philippe Joseph Clément, sont également peintres et vont se former à Rome, en tant que pensionnaires de la fondation Lambert Darchis.

Plumier est surtout un peintre portraitiste et de sujets religieux, bien qu'il exécute aussi plusieurs allégories et quelques peintures mythologiques. Sa première œuvre connue est une Cène de 1708, tableau qu'il a donc effectué à l'âge de . On ne sait rien de la production de jeunesse de l'artiste. En plus d'une occasion, il travaille conjointement avec le peintre paysagiste namurois Jean-Baptiste Juppin, qui exécute les paysages tandis que Plumier s'occupe de la réalisation des figures. Plusieurs de ses œuvres disparaissent lors d'un incendie à l'hôtel de ville de Liège en 1777, durant les troubles provoqués par la révolution liégeoise et à cause des confiscations d'œuvres d'art de l'occupation française.

Il s'agit de l'un des derniers peintres notables de l'école liégeoise, proposant des tableaux marqués par une influence italienne et des portraits inspirés par les grands maîtres français de l'époque.

Biographie Jeunesse, formation et séjours à l'étranger (1671-1719) Théodore-Edmond Plumier, né à Liège vers le .Et non en 1694, comme l'indiquent de façon erronée plusieurs ouvrages de la fin du et du début du , notamment les différentes notices sur l'artiste de Jules Helbig, Alfred Michiels, Jean-Simon Renier et Alfred von Wurzbach., date à laquelle il est baptisé dans l'église Notre-Dame-aux-Fonts, est le fils aîné d'Edmond Plumier (mort en 1726) et de Marie-Anne Gentis (morte en 1731). Le couple se marie le , il a six enfants, après Théodore-Edmond : Charles-André en 1673, Jeanne Ernestine en 1675, Marie-Anne en 1677, Jean-Léonard en 1679, Jean-François en 1684, et Pierre-Servais en 1695.

gauche|vignette|redresse|La Cène, 1708 (huile sur toile ; ), Liège, collégiale Saint-Barthélemy.|alt=Le Christ et les apôtres sont assis à une table garnie d'une coupe, d'un plat et de pain rompu. Jésus regarde Pierre tourné vers le spectateur. Dans le haut du tableau, des putti portent une croix rayonnante sous un ange, bras ouverts.

Le peintre et historien de l'art Jules Helbig résume les années d'apprentissage du jeune homme comme suit : . L'historien de l'art Pierre-Yves Kairis. a également pu établir qu'à la charnière des , l'artiste est membre de l'Académie de Saint-Luc et qu'il est aussi ; il lui fournit des dessins pour les lissiers, mais elle fait rapidement faillite. Dans son podcast radiophonique de à propos du peintre et sa toile Le Martyre de sainte Catherine, le même auteur remet en question l'assertion du chanoine Henri Hamal selon laquelle Plumier aurait été l'élève de Nicolas Largillière à ParisAllégation reprise par différents auteurs de la fin du et du début du dans leurs notices sur l'artiste., même s'il convient de l'évidente influence de celui-ci sur les portraits de l'artiste liégeois. Enfin, il remarque que le séjour romain de Plumier, bien qu'il ne soit pas documenté, est Le séjour à Rome durant lequel il aurait travaillé pour Augustin Masucci est une autre allégation d'Henri Hamal qui est reprise par différents auteurs de la fin du et du début du dans leurs notices sur l'artiste. À noter que Pierre-Yves Kairis considère probable le séjour romain mais n'effectue aucun commentaire au sujet des supposées relations de travail de Plumier avec Masucci..

vignette|redresse|La Double juridiction, 1714 (huile sur toile ; ), Maastricht, hôtel de ville.|alt=Décor gréco-romain. Dominant un ange, des gens en détresse et deux chiens, deux femmes tiennent l'une un sceptre, l'autre une flèche. Une autre tient une clé d'or.

Bien qu'Edmond Plumier ne retourne définitivement à Liège qu'en 1719, il y garde une résidence, au coin de la rue des Prémontrés et de la rue André Dumont. Il doit y revenir fréquemment parce qu'il exécute diverses œuvres en région liégeoise et qu'il porte plainte le contre un de ses frères, qui l'a blessé quelques mois auparavant, non loin de son domicile, de plusieurs coups d'épée. Durant cette période, il effectue, entre autres, une Cène (1708), où il est possible d'apprécier du peintre, qui orne l'un des autels de la collégiale Saint-Barthélemy de Liège., un Calvaire avec Marie Madeleine (1711) conservé à l'église Saint-Remy de Warnant-Dreye. et la peinture allégorique La Double juridiction (1714) pour le bureau du bourgmestre dans l'hôtel de ville de Maastricht... Il est aussi l'auteur en 1717 d'une toile de thématique mythologique, conservée au château de Warfusée, qui représente Proserpine et Pluton dans leur palais aux Enfers.. La Cène de 1708 est le premier tableau connu de l'artiste, une œuvre réalisée alors qu'il est déjà âgé de . On ne sait rien de sa production de jeunesse.

Théodore-Edmond Plumier se marie avec Marie Anne Jeanne Goden et le couple a sept enfants : Jean-Edmond, né en 1699, Jacques Théodore Louis, né en 1702, Godefroid Théodore, né en 1709, Jeanne Eugénie, née en 1710, Suzanne Esther, née en 1712, Godefroid Gérard, né en 1715, et le benjamin Philippe Joseph Clément, né en 1718. Parmi ceux-ci, Jacques Théodore Louis et Philippe Joseph Clément seront peintres comme leur père, et iront se former à Rome en tant que pensionnaires de la fondation Lambert Darchis, respectivement de 1723 à 1724 et de 1739 à 1743.

Retour définitif à Liège et maturité artistique (1719-1733) Les portraits gauche|vignette|redresse|Portrait du prince Guillaume de Hesse, 1720 (huile sur toile ; ), Liège, musée d'Ansembourg.|alt=Un homme portant perruque blanche et armure pose assis, tenant un bâton de commandement.

Lorsqu'il revient se fixer définitivement à Liège vers 1719, l'artiste liégeois . Après le succès de son portrait du prince-évêque de Liège Georges-Louis de Berghes (toile disparue au moins depuis 1876), Plumier effectue .

Selon Jules Helbig, il a exécuté pas moins d'une dizaine de portraits de membres de la famille (trois portraits d'hommes et sept portraits de dames selon l'auteur), conservés au château de Warfusée, dont ceux d'Anne-Françoise d'Oultremont.., de Jeanne-Olympe d'Oultremont, chanoinesse de Maubeuge., et de Jean-Baptiste d'Oultremont, grand bailli de Moha (dont il effectue deux portraits, l'un daté de 1714 et le second non daté)...

Il réalise d'autres portraits de notabilités comme, par exemple, ceux de Guillaume VIII de Hesse-Cassel en 1720.., qu'il représente dans , du comte de Lannoy-Clervaux Adrien-Gérard en 1729., de l'évêque de Namur Thomas de Strickland vers 1730 (deux portraits).., du bourgmestre Louis-Lambert de Liverloo en 1732. et du bourgmestre Hubert du Château.. Ce dernier tableau, non daté, appartient au collectionneur Édouard Brahy-Prost avant d'entrer dans les collections publiques liégeoises.

Les travaux de décoration Le peintre réalise en outre différents tableaux afin de décorer les hôtels de ville de Maastricht et de Liège. En 1720, il exécute la peinture L'Histoire de Suzanne, ou La Chaste Suzanne, pour le bureau de l'échevin des finances dans l'hôtel de ville de Maastricht... Quant à ses travaux pour l'hôtel de ville de Liège, les comptes communaux de l'époque fournissent les informations suivantes : vignette|redresse|L'Histoire de Suzanne, 1720 (huile sur toile ; ), Maastricht, hôtel de ville.|alt=Décor gréco-romain. Une foule de gens observe une femme nue, enchaînée par le poignet, qui protège sa nudité d’un tissu.

1719-1720 : ; il s'agit de lEnlèvement de Proserpine (œuvre disparue), même s'il convient de prendre en compte que l'artiste effectue aussi une Allégorie des Quatre Saisons pour le plafond d'une autre salle de l'hôtel de ville (salle 4). où il démontre qui lui est offert ; 1721-1722 : , toile qui représentait une allégorie sur le thème de la Paix et l'Abondance (œuvre disparue) ; 1724-1725 : , c'est-à-dire ; 1725-1726 : ; ce sont des œuvres qui sont effectuées en collaboration avec le peintre paysagiste namurois Jean-Baptiste Juppin pour le bureau du chef de cabinet du bourgmestre (salle 10) : quatre dessus-de-porte où sont dépeintes des allégories du Printemps., de l'Été., de l'Automne. et enfin de l'Hiver., quatre peintures murales qui représentent des sujets mythologiques : Adonis recueilli par Vénus à sa naissance., Vénus et Adonis., Mort d'Adonis. et Rencontre de Diane et de Vénus..

Jacques Hendrick cite également des peintures mythologiques qui ornaient l'une des antichambres de l'hôtel de ville de Liège (le Jugement de Pâris, la Métamorphose d'Actéon par Diane et la Métamophose de Daphné) mais qui furent détruites lors d'un incendie en 1777.

Les peintures religieuses gauche|vignette|redresse|Pierre envoie Materne, Euchaire et Valère à Tongres, 1722 (huile sur toile ; ), Tongres, basilique Notre-Dame.|alt=Dans un paysage montagneux arboré avec bâtiments entourant un lac, un homme s’adresse à trois autres, munis de cannes, qui lui font face.

Plumier reçoit également des commandes de diverses églises de Liège et des environs dont il n'y a plus de trace car, comme le remarque Jules Helbig en 1903 : .

Parmi ses travaux dont on ne peut que conserver le souvenir se trouvent cinq tableaux exécutés pour l'église de l'abbaye Saint-Laurent de Liège (lAdoration des mages pour l'autel majeur et quatre tableaux placés dans le sanctuaire, dont deux dépeignaient des épisodes de la vie de saint Benoît, le troisième représentant le martyre du pape saint Sixte et le quatrième celui de saint Laurent) et le tableau considéré comme son chef-d'œuvre, Saint Benoît enlevé au ciel, qui était conservé dans l’église Saint-Jacques puis fut emporté pour être placé au Muséum de Paris d'où il n'est jamais reparu.

Parmi les peintures religieuses de l'artiste qui nous sont parvenues figurent la Descente de croix de l'église Saint-Remacle (1718)., la Visite de Saint Antoine Abbé à Saint-Paul l'Ermite de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste de Blanden (1722).. et le Martyre de sainte Catherine de l'église Sainte-Catherine (1726)., mais aussi différents groupes d'œuvres qui sont encore le fruit de la collaboration de Plumier avec le peintre paysagiste Jean-Baptiste Juppin :

quatre peintures de 1719 conservées dans la basilique Saint-Martin de Liège représentant le Baptême du Christ., Jésus et la Samaritaine au puits., la Deuxième pêche miraculeuse. et la Transfiguration du Christ. ;

cinq tableaux de 1722 exposés dans la basilique Notre-Dame de Tongres dépeignant des épisodes de la vie de Materne de Cologne, comme Pierre envoie Materne, Euchaire et Valère à Tongres., la Prédication de saint Materne à Tongres. et le Corps de Materne dans un bateau., mais aussi des épisodes de la vie de la Vierge Marie comme Marie rend visite à sa cousine Élisabeth. et la Fuite en Égypte..

Décès et sépulture Théodore-Edmond Plumier meurt le , et il est enterré dans l'église Saint-Nicolas Au-Trez.

Œuvre Théodore-Edmond Plumier est surtout un peintre portraitiste et de sujets religieux, bien qu'il exécute aussi des allégories et diverses œuvres de thématique mythologique. Pierre-Yves Kairis considère que .

Peintures La Cène (1708)