L’Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique (Unef-ID) était un syndicat étudiant français ayant existé de 1980 à 2001.

La formation a représenté l'essentiel des courants de la gauche, sauf ceux liés au Parti communiste français. Il est issu du regroupement de deux organisations étudiantes : l'Unef-Unité syndicale et le Mouvement d'action syndicale qui créent l'Unef-ID lors du congrès de Nanterre en 1980.

L'Unef-ID fusionne le avec une minorité de l'Unef-SE sous le nom « Unef », reprenant la dénomination antérieure à 1971.

Histoire 1980 – 1982 : naissance d’un syndicat alt=Évolution (créations, fusions, scissions) des syndicats étudiants en France entre 1907 et 2026.|vignette|Évolution des syndicats étudiants français, dont les différentes UNEF. En janvier 1980, l'Unef-US et le Mouvement d'action syndicale (MAS) signent un protocole d’unification. Basé sur l’idée de l’unité syndicale étudiante et le rejet de la loi Faure qui organise l'autonomie et la participation dans les universités il est la première pierre vers la constitution d’un nouveau syndicat regroupant toute la gauche syndicale non communiste. Après cinq mois de négociations marquées par des moments de tension, entre bureaux nationaux et minorités tant de l'Unef-US que du MAS, du 3 au se tient finalement le congrès fondateur de l'Unef-ID à Nanterre. Celui-ci élit Jean-Christophe Cambadélis au poste de président. En outre, il dote le syndicat d'une charte qui avait été adoptée par tous les partenaires du « processus de réunification » en , dite Charte de Paris. Ce document, qui s'inspire de la Charte de Grenoble dans sa conception de l'étudiant, définit les axes prioritaires de l'action du syndicat : lutte en faveur de l'aide sociale étudiante et contre la sélection à l'université.

À l'automne 1980, l'Unef-ID participe à son premier mouvement. Il s'agit d'une série de grèves contre la "carte universitaire". Celle-ci prévoyait de rationaliser les moyens et pour cela de limiter le nombre de créations de filières et de fermer certains seconds cycles.

En 1981 apprenant l'intention du nouveau gouvernement socialiste d'abroger la loi Faure organisant les universités, l'Unef-ID annonce son intention de désormais participer aux élections universitaires pour, dit-elle, « faire entrer le changement à l'université ». C'est la fin du boycott prôné par ce syndicat étudiant et ses ancêtres, l'Unef-US et le MAS.

1982 – 1984 : l’Unef-ID et la loi Savary L'année 1982 est aussi l'occasion pour l'Unef-ID de confirmer son implantation à la MNEF, mutuelle étudiante. Au congrès tenu à Strasbourg en , la liste « Pour la défense et le développement de la MNEF », soutenue par l'Unef-ID, totalise 80,42 % des délégués, contre 19,04 % pour l'Unef-Renouveau.

Mais la grande affaire des années 1983-84 est la discussion autour de la réforme de l'Université. Depuis 1981, à la grande satisfaction de l'Unef-ID, le gouvernement avait promis d'abroger la loi Faure et de lui en substituer une autre. L'Unef-ID est a priori favorable au projet et se méfie du mouvement, souvent inspiré par la droite (CELF et UNI notamment), qui émerge dès la proposition de loi connue.

À l’annonce de l’avant-projet, le , les réactions sont contrastées. L’UNEF-Renouveau, rebaptisée Solidarité Étudiante, affiche un soutien quasi-inconditionnel à la réforme et « se félicite des perspectives de démocratisation et de professionnalisation de l’enseignement supérieur ». De son côté, l'Unef-ID a des critiques à formuler, notamment contre l'article 13 qui prévoit un concours pour passer d'un cycle à l'autre, et participe à sa manière aux grèves avec comme mot d'ordre : « Non à la sélection ! ».

En avril et , l'Unef-ID participe donc aux grèves et manifestations contre la Réforme Savary des universités du ministre socialiste de l'Education Alain Savary, mais sans se joindre aux syndicats étudiants de droite ; la presse parle alors d'un « Mai 68 à l'envers ». Avec un article 13 modifié dans un sens qui la satisfait, l'Unef-ID accepte l'adoption de la loi Savary.

Pour l’UNEF-SE, la violence des manifestations illustre la volonté de la droite de faire des facultés un foyer de déstabilisation du pouvoir, la Coordination nationale des étudiants contre la loi Savary siégeant ouvertement dans les locaux de la FNEF, rue Notre-Dame-des-Champs à Paris.

Lors des élections universitaires nationales de 1983, auxquelles participent seulement 25 % des étudiants, l’UNEF Solidarité Étudiante a obtenu 21,04 % des voix et 1 484 sièges dans les CROUS contre 19,86 % à l’UNEF Indépendante et DémocratiqueSoutenance de la thèse de doctorat de Nicolas Carboni, à l'UNIVERSITÉ BLAISE PASCAL CLERMONT-FERRAND II le 24 janvier 2012 .

1984 – 1987 : un tournant idéologique et un mouvement d’envergure

L'année 1984 marque le départ d'une génération, les deux anciens présidents des syndicats fondateurs de l'Unef-ID, Jean-Christophe Cambadélis pour l'Unef-US et Julien Dray pour le MAS. Jean-Christophe Cambadélis est alors remplacé par son vice-président, Marc Rozenblat à la tête de l'Unef-ID.

En février 1986, c'est au tour de Marc Rozenblat de quitter l'Unef-ID. Il est remplacé par un proche, Philippe Darriulat. Ce dernier arrive au moment du passage d'une bonne partie des militants étudiants de la majorité du Parti communiste internationaliste (PCI) au Parti Socialiste. Certaines AGE refusent toutefois ce changement idéologique et restent dans l'orbite du PCI, notamment Nantes, Tours, Metz et Besançon.

Au printemps 1986, le nouveau gouvernement de droite RPR-UDF a décidé de réformer l'Université et remplacer la loi Savary. Les syndicats étudiants s'opposent immédiatement au projet Devaquet qui prévoit de donner une large autonomie aux universités, y compris en matière de frais d'inscription et de formation, et surtout qui envisage d'autoriser la sélection. À la rentrée 1986, et souvent à l'initiative de l'aile gauche de l'Unef-ID, des mouvements de grèves isolés apparaissent et des « Comités contre la réforme Devaquet » se constituent, ouvert aux non-syndiqués. Le bureau national de l'Unef-ID fait alors monter la pression en faisant circuler un appel-pétition. Puis au mois de novembre, Philippe Darriulat transforme les états généraux de l'Unef-ID en états généraux du mouvement. La semaine suivante, les militants de l'Unef-ID, généralement avec les autres syndicats (Unef-SE et PSA), appellent à la grève. En quelques jours, le mouvement contre le projet Devaquet s'étend. Plusieurs centaines de milliers d'étudiants et de lycéens descendent dans les rues. Dans la nuit du 5 au , des policiers voltigeurs à moto supposément à la recherche de « casseurs » agressent très violemment un jeune étudiant en économie qui n'a rien à voir avec les tensions, Malik Oussekine, qui succombe à ses blessures dans la soirée. Alain Devaquet démissionne immédiatement et le projet de réforme universitaire est retiré le par Jacques Chirac.

Lors de la dernière réunion de la coordination du mouvement contre le projet Devaquet, les participants avaient décidé de se retrouver pour des états généraux. L'Unef-ID, en pleine progression, hésite à s’engager dans cette aventure. Mais poussée par l'aile gauche, et notamment la tendance LEAS (Lutte étudiante - Action syndicale, proche de la LCR) et la sensibilité Villetaneuse, l’Unef-ID participe, au nom de l'unité syndicale, aux États généraux de l'enseignement supérieur.

1987 – 1989 : profiter de la dynamique de 1986

À l'issue du mouvement contre le projet Devaquet, l'image de l'Unef-ID s'améliore et ses résultats électoraux s'en ressentent. C’est ainsi qu’aux élections au CA du CROUS de 1987, l’Unef-ID devient la première organisation étudiante représentative.

Philippe Darriulat tente d'exploiter cet avantage pour reconstruire dans l'Unef-ID la « grande Unef », mais malgré quelques ralliements ponctuels, tels que celui du CERES, l'Unef-ID ne parvient pas à créer une dynamique unitaire suffisante autour d'elle.

Les années 1987 - 1989 sont marquées par la pénurie de moyens des universités. En effet, confrontées à la croissance constante de leurs effectifs, les universités françaises peinent à s'adapter. On manque de places assises dans les amphis et les salles de TD, les Cités-U et Resto-U se délabrent et ne parviennent pas à s'adapter aux besoins de l'époque, les bibliothèques ont du mal à renouveler leurs catalogues... Face à la situation, et parce que c'est son rôle de syndicat leader, l'Unef-ID tente, sans grande conviction (et sans grand succès), de mobiliser les étudiants, notamment à la rentrée 1987.

En avril 1988, Philippe Darriulat quitte la présidence de l'Unef-ID ; il est remplacé par Christophe Borgel.

1989 – 1993 : la mutation

Au cours de ces années, l'Unef-ID tente une profonde réforme interne. Il s'agit de promouvoir une organisation pragmatique et réformiste par opposition au syndicalisme d'opposition systématique des années 1970. Cette mutation parait d'autant plus nécessaire à la direction que l'audience de Unef-ID, tant institutionnelle qu'électorale, tend à s'éroder, notamment au profit de listes locales, souvent radicales, qui accusent l'UNEF-ID de s'être endormie dans le réformisme mou, à l'instar de son protecteur socialiste, en phase de décomposition droitière avancée.

En effet, depuis que la majorité est passée au Parti socialiste, toutes les sensibilités de ce parti vont tenter de s'implanter dans le syndicat, compliquant sa gestion et écornant, de plus en plus ouvertement, le principe d'indépendance syndicale, et oubliant passablement de « faire le job » syndical, ce que les étudiants commencent à faire payer électoralement à l'organisation, dont les rangs commencent par ailleurs à se clairsemer.

Pour marquer la chute du mur de Berlin et le retour espéré de la démocratie en Europe de l'Est, l'Unef-ID lance plusieurs initiatives, dont l'affrètement le d'un train dit « de la démocratie » menant quatre cents étudiants français et européens à la rencontre de leurs homologues de l’Est. Cette opération est suivie en mai par une conférence européenne étudiante à la Cité des sciences et de l'industrie, qui réunit des organisations étudiantes de toute l'Europe.

Mais la belle unité pour la démocratie ne tient pas longtemps à l'Unef-ID. La guerre du Golfe vient bouleverser les équilibres. Dès le début de la crise, l'aile gauche de l'Unef-ID se prononce clairement contre la guerre. D'autres, numériquement moins importants, défendent l'intervention au nom du droit international. La « majorité de la majorité » elle-même est divisée. Son aile gauche est contre la guerre, alors que le reste du groupe cultive une certaine ambiguïté. Finalement, et après bien des hésitations et débats interne, l'Unef-ID adopte la ligne "Ni Bush ni Saddam". Autrement dit, ni violation du droit international, ni impérialisme américain...

À la suite du débat sur la pédagogie et l’échec en premier cycle, l’Unef-ID présente ses « quatre idées fortes pour une université démocratique et de qualité ». Il est notamment prévu que la formation, composée de blocs pédagogiques capitalisables, doit partir d’une base pluridisciplinaire vers une spécialisation progressive. En outre, le tutorat doit aider les nouveaux venus à s’adapter plus vite et à s’orienter plus efficacement.