Gérard Filoche, né le à Rouen, est un syndicaliste et homme politique français.
Inspecteur du travail de profession, il a publié de nombreux ouvrages, notamment sur mai 68 et sur le droit du travail, et contribue à différents médias (L'Humanité, Mediapart).
Militant communiste dans sa jeunesse, il est ensuite trotskiste (LC, puis LCR), jusqu'à son adhésion au Parti socialiste en . Il est membre du conseil scientifique d'Attac et de la Fondation Copernic.
Faisant partie des animateurs de l'aile gauche du PS, il est également membre du conseil national du PS de 1994 à 2017 et du bureau national de 2000 à 2005 puis de 2012 à 2017, sans jamais obtenir cependant de mandat électif. En 2017, il quitte le PS et fonde l'année suivante le parti Gauche démocratique et sociale (GDS).
Biographie Famille Gérard Filoche est le fils unique de René Filoche (1911-1978), cheminot menuisier-chaudronnier au dépôt Rouen-Orléans, membre de la CGT, qui fut prisonnier déporté quatre ans en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et d'Antoinette Filoche (1913-2000), aide-soignante dans une clinique privée de Rouen... Son grand-père maternel fut tué à Verdun pendant la Première Guerre mondiale.
Il s'est marié le avec Françoise Le Toullec (née en 1942), conseillère de Paris (PS) du arrondissement, fille de Marcel Le Toullec, cheminot, militant au PCF, ancien combattant de 1914-1918 et résistant. De ce mariage naîtront trois enfants. : Léa Filoche (née en 1978), coordinatrice du parti politique Génération.s. et adjointe à la maire de Paris.. Emma Filoche (née en 1979). Germain (né en 1983), professeur.
Il est aussi le père de Louise Fasso-Monaldi (née en 1985), dont la mère biologique est Sybille Fasso, une amie de son épouse Françoise Le Toullec, qui lui a demandé cela. Cette naissance répond au projet parental de Sybille Fasso et de sa compagne Sylviane Monaldi....
Il sera ensuite, avec Françoise Rambaud, le père de Louis Rambaud Filoche (né en 1999), de Marie Rambaud Filoche (née en 2000) et de Luc Rambaud Filoche (né en 2003).
Études Gérard Filoche fait ses études secondaires au lycée Fontenelle à Rouen puis au lycée des Bruyères à Sotteville-lès-Rouen de 1962 à 1963 où il obtient un baccalauréat en philosophie.. Il est ensuite étudiant à l'université de Rouen où il obtient une licence et un certificat de maîtrise de philosophie en 1968.
En Mai 68, la ville connait une effervescence. Dès le , vingt militants du mouvement Occident, venus de Paris, attaquent les comités Viêt Nam devant le restaurant universitaire du Panorama à la Cité universitaire de Mont-Saint-Aignan. Un militant, Serge Bolloch, frappé à coups de clé anglaise, est laissé dans le comaFrédéric Charpier, , .. Il deviendra journaliste au Monde à la rubrique universitaire du service éducation puis rédacteur en chef (2003) et directeur adjoint de la rédaction du Monde en 2007.. Gérard Longuet, Alain Madelin et Patrick Devedjian et dix autres militants d'Occident sont condamnés le pour « violence et voies de fait avec armes et préméditationFrédéric Charpier, , . ». La même année, une manifestation contre la Réforme Fouchet des universités rassemble au lieu des 300 espérées . et la pièce d’Armand Gatti, V comme Vietnam fait un tabac au centre culturel Voltaire de Déville-lès-Rouen. Une manifestation de a lieu dès le mardi . Quatre amis ayant tenté de rejoindre la Nuit des barricades de Mai 68, parmi lesquels Gérard Filoche, l'évoquent dans un amphithéâtre bondé le lendemain et plus de défilent à Rouen le . Un comité de grève est élu en assemblée générale à l’applaudimètre, avec Gérard Filoche, Michel Labro, futur journaliste à L’Express et au Nouvel Obs, Jean-Marie Canu, ou encore Jean-Claude Laumonier, futur cadre infirmier au centre hospitalier du Rouvray.
Activités professionnelles Il fut successivement à partir de 1962, moniteur de colonie, facteur, conducteur de train, manutentionnaire, chauffeur-livreur, maître-auxiliaire, enseignant de philosophie (de 1964 à 1965 au lycée des Bruyères à Rouen), journaliste, un des dirigeants du quotidien Rouge (du au ), ouvrier du livre (de 1975 au ), puis contrôleur du travail à la formation professionnelle (de 1982 à 1985). Nommé inspecteur du travail pour ses 40 ans en 1985, il exerce ses fonctions d'abord dans l'agriculture en Champagne-Ardenne (de 1987 à 1989), ensuite dans le arrondissement de Paris (de à ) et enfin dans le arrondissement de Paris (d' jusqu'à sa retraite le ).
Inspecteur du travail Il est également connu du fait de sa profession d'inspecteur du travail. Cette activité lui a valu d'être nommé personnalité qualifiée de 1999 à 2001 au Conseil économique et social par Lionel Jospin, où il fit adopter un avis sur les 20 ans de CHSCT.
Il défend les « 35 h sans perte de salaire » à partir de 1994, dans une pétition lancée par trois syndicalistes, René Mourgues (FO PTT Île-de-France), Bruno Lemerle (CGT Peugeot) et Raymond Vacheron (CFDT textile Le Puy). Cette pétition est signée par Henri Emmanuelli en . Il mènera ensuite campagne pour deux projets de loi sur les 35 h, en 1998 et 1999, avec des collègues inspecteurs du travail appartenant aux Verts, au MRC, à la LCR, au PCF et au PS.
Il a collaboré à un documentaire de 70 minutes de Richard Bois, La dernière digue, l'inspection du travail, diffusé sur France 2 le . Il est à l'origine de l'idée et a collaboré au téléfilm Simon le juste, avec Dan Franck et Gérard Mordillat, diffusé sur France 2 le .
En 2007, il est menacé d’être mis en examen par le juge Yves Madre pour avoir menacé dans son activité professionnelle régulière un employeur de lui dresser un procès-verbal : le patron porte plainte pour . Le juge interroge Gérard Filoche (en présence de son avocat) pendant cinq heures au Palais de justice de Paris, le , et renonce, finalement, à le mettre en examen.
De 2006 à 2008, il est l'un des principaux opposants à la recodification du Code du travail, dont il critique des changements défavorables aux salariésPolitis, numéro 980, 13-19 décembre..
À la fin de l'année 2009, Gérard Filoche est mis en examen puis renvoyé en correctionnelle pour chantage puis entrave au fonctionnement du comité d'entreprise de Guinot - Mary Cohr. à l'été 2004.. Lors de la séance du comité d'entreprise statuant sur le licenciement d'une déléguée syndicale CGT, Gérard Filoche aurait imposé sa présence et exercé des pressions sur les membres du comité d'entreprise. En fait le CE était , composé d'un seul membre au service de l'employeur. Une pétition de soutien à Gérard Filoche recueille plus de en quelques semaines.. Dans cette même affaire, le comité d'entreprise donne un avis indicatif favorable au licenciement de la déléguée syndicale, Gérard Filoche refuse de donner l'autorisation de licenciement, le ministère du Travail casse cette décision, puis le tribunal administratif confirme la légitimité de la décision de Gérard Filoche contre l'avis du directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle.. Le , il est relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Paris.. L'institut de beauté ayant fait appel du jugement., le la Cour d’appel du TGI de Paris, après huit ans de procédures, juge irrecevable la plainte attribuée au CE Guinot... L'administration, qui la lui avait refusée, finit par lui accorder la dans cette affaire le .
Au premier semestre 2013, il s'oppose à l'ANI (Accord National Interprofessionnel du ) avant que celui-ci ne devienne la loi du . Puis il refait campagne en défense du droit à la retraite à 60 ans sans décote sous le slogan .
Militant communiste, trotskiste et syndical D'origine ouvrière (père cheminot menuisier-chaudronnier à la SNCF et mère aide-soignante), il fait des études de philosophie à l'université de Rouen et adhère à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Il adhère à la Confédération générale du travail (CGT) en 1963. Il devient membre de l'Union des étudiants communistes (UEC) et du Parti communiste français (PCF) ; il en est exclu en 1966. Il anime le Comité Vietnam de Rouen, cofonde la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR, trotskiste) et participe à Mai 68 en tant que dirigeant du comité de grève des étudiants de Rouen. Il devient président de l'Association générale des étudiants rouennais-UNEF. Il anime une puissante section de la Ligue communiste à Rouen après 1968.
Il participe à la fondation de la Ligue communiste en 1969, puis de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1974, et siège 25 ans au bureau politique de ces deux mouvements successifs. Sa compagne, Françoise Filoche, rencontrée en 1961, qui est à l'origine de son engagement politique, est l'une des premières féministes de la Ligue communiste, organisant un courant révolutionnaire au début des années 1970 au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF)Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, 97..
Après la dissolution de la Ligue communiste en 1973 et la constitution de la LCR un an plus tard, Gérard Filoche obtient que soit accepté le droit à une tendance au sein de la LCR et participe à la création de la tendance T1 (20 % des voix au congrès de 1975) ; elle se renouvellera au congrès de 1976. Elle se différenciera sur l'analyse de la révolution portugaise de 1975-1976. Elle se distinguera en défendant un , un et un (syndicat étudiant, syndicat lycéen, syndicat de soldats, unité des syndicats de salariés). Elle représente l'opposition à la T2, majoritaire, d'Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Henri WeberChristophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, 495.. Il ne s'alliera avec Alain Krivine qu'en 1978, alors que la LCR ferme le quotidien Rouge et effectue un plan social de licenciement, dont Gérard Filoche est chargé. Membre de la majorité en 1979, il ne pourra empêcher la scission d'une aile de son ancienne tendance avec Daniel Gluckstein, qui se rallie au lambertisme au congrès de L'Haÿ-les-Roses en ..
Il est membre du Secrétariat unifié de la Quatrième internationale de 1979 à 1994. Il participe ou anime à plusieurs reprises des tendances internationales lors des congrès mondiaux.
En 1984, il cofonde SOS Racisme avec Julien Dray et Harlem Désir..
Il anime la minorité de la LCR tout au long des années 1980, avant de créer puis le mensuel (D&R) lorsque survient la chute du mur de Berlin et le refus de la LCR de voter à gauche au scrutin de 1993. Sa tendance, après un stage collectif de réflexion à Revel en , rejoint le Parti socialisteGérard Filoche, 68-98 : une histoire sans fin, Paris, éd. Flammarion, 1998..
Militant de la gauche du Parti socialiste vignette|Gérard Filoche, le 08 avril 2010 à Paris. En 1992, Gérard Filoche fonde et dirige la revue militante Démocratie & Socialisme (D&S).. Initialement titrée Démocratie & Révolution, elle est la voix d'un courant minoritaire de la Ligue communiste révolutionnaire..
Début 1994, il lance avec D&S (et les syndicalistes de renom : Raymond Vacheron ; Eric Thouzeau ; René Defroment ; Jean Yves Lalanne ; Jean-Claude Branchereau) une campagne pour . Il rejoint en le Parti socialiste avec 150 autres militants, et intègre immédiatement son Conseil national. Il est un fervent défenseur de l'union de toute la gauche.
En 1999, le Medef de Seine-et-Marne lui fait procès au motif qu'il a dit sur France Bleu Melun que et parce qu'il ; il gagne ce procès, et le Medef de Seine-et-Marne est condamné à payer une ammende de pour abus du droit d'ester en justice.
Dans le numéro de juin-, la revue attribue, en , le titre d' au vice-président du Medef Denis Kessler, ce qui lui vaut un procès pour injure publique perdu par le représentant patronal.