vignette|Ten Thousand Miles From Tip to Tip (« 10 000 miles d'une extrémité à l'autre ») - des Philippines à Porto Rico : illustration de l'impérialisme américain sur un dessin de presse de 1899.L« impérialisme américain » (aussi appelé « impérialisme étasunien ») est une expression utilisée pour désigner, de manière critique, l'influence des États-Unis dans les domaines politiques, militaires, économiques et culturels à l'échelle mondiale. Ces termes impliquent généralement une appréciation défavorable, notamment lorsqu'ils évoquent la suprématie militaire et la politique étrangère américaines.
Pour Tommaso Padoa-Schioppa, après la fin de la guerre froide, l'Amérique d'abord de , sous la présidence de Bill Clinton, puis de façon plus brutale sous George W. Bush devient plus impériale qu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale en tant que superpuissance, où elle avait contribué à bâtir des organisations multilatérales qui, d'une certaine façon, jouaient un rôle de contre-pouvoirOn trouve la même idée chez (Fareed Zakaria, )..
Interprétation des termes vignette|L'exercice interarmes Valiant Shield, regroupant trois groupes aéronavals dans la partie ouest de l'Océan Pacifique le , mobilisa 28 navires dont trois porte-avions nucléaires, 300 aéronefs, et environ . La démonstration, par son ampleur, concerne autant la coordination de forces combinées sur le terrain que la géopolitique sur le plan médiatique ; elle est à corréler à la crise de juillet 2006, la Corée du Nord s'apprêtant en outre à effectuer son premier essai nucléaire opérationnel durant l'automne.Le concept d'Empire américain (« American empire ») s'est répandu pour la première fois dans les médias sous la présidence de James K. Polk, avec l'annexion par les États-Unis de territoires mexicains lors de la guerre américano-mexicaine (1846-1848Préface d'Howard Zinn, In: Sidney Lens (1971), The Forging of the American Empire. From the Revolution to Vietnam: A History of US Imperialism, Chicago, Haymarket Books, 2003 [réédition] — en ligne.). Dans l'après-guerre ce fut en France en 1968, Claude Julien, directeur à partir de 1973 du Monde diplomatique, qui théorisa ce concept Claude Jullien, L'Empire américain, Paris, Grasset, 1968 . " Ce n'est pas, écrit-il, parce que les États-Unis ne possèdent pas de colonies, qu'ils ne constituent pas un empire sans frontières" George Ballandier, "L'Empire américain",Le Monde, 24 octobre 1968 ». "Il est aujourd'hui le plus puissant que l'histoire ait connu, par sa capacité de production (les États-Unis assurent, avec 6 % de la population mondiale, 43 % de la production du monde non communiste), par sa puissance militaire, par son dynamisme contagieux et l'extension de son influence" Idem . D'une manière générale, si les historiens associent la notion d'empire à l'Empire romainVoir notamment Zakaria, 2009, , du début du tel Alfred ZimmernVoir Zimmern 1911, se référaient plutôt au siècle de Périclès et à l'impérialisme athénien, quand Athènes dut constituer une marine puissante dans le cadre de la ligue de Délos pour sécuriser ses approvisionnements en grains en provenance de la mer Noire.
Le débat sur le concept d'un empire américain pose trois questions : Est-ce que les États-Unis sont, ou ont été, un empire ? Si les États-Unis sont, ou ont été, un empire, quand le sont-ils devenus ? Si les États-Unis sont actuellement un empire, est-ce bien ou mal, ou bien ni l'un ni l'autre ?
Les partisans de l'idée selon laquelle les États-Unis constituent un empire affirment que cette désignation est pertinente en raison du statut incontesté de superpuissance sans rivale depuis la fin de la Guerre froide qui s'exprime dans le domaine culturel, dans le concept de « Destinée manifeste » et de l'exceptionnalisme américain. Ils invoquent également, des ingérences politiques du gouvernement américain ou des interventions militaires dans des États étrangers, à la suite de la création de la Bizone et de la Doctrine Truman pendant la guerre froide pour contenir le communisme en intervenant comme : L'intervention en Grèce pour empêcher la guérilla communiste de prendre le pouvoir à partir de 1947. Guerre de Corée : intervention militaire entre 1950 et 1953 pour empêcher non seulement la Corée du Nord communiste de s'emparer de la Corée du Sud mais pour tenter de réunifier toute la péninsule au profit de la Corée du sud et des États-Unis. L'intervention de la CIA en Iran pour renverser Mossadegh en . L'intervention de la CIA au Guatemala pour renverser Jacobo Arbenz en . Tentative infructueuse de la CIA en Indonésie pour renverser le président Soekarno en mars 1958. L'intervention militaire au Liban en juillet 1958. Les tentatives d'assassinat de Fidel Castro, à partir de mars 1960. L'intervention de la CIA en pour renverser au Congo Patrice Lumumba. La tentative d'invasion de la baie des Cochons à Cuba en avril 1961, organisée par la CIA. En février 1962, deux mois après que Cuba a annoncé son adhésion le 2 décembre 1961 au marxisme-léninisme, Cuba se voit imposer un blocus économique par la plupart des pays de l'Amérique latine et est exclu de l'OEA pour cause d'impossibilité d'une présence communiste dans l'hémisphère occidental. Un projet d'invasion directe de l'île est organisé au printemps par l'administration Kennedy. En novembre 1962 l'impérialisme américain doit pour une fois reculer dans sa zone d'influence : en échange du retrait des missiles nucléaires soviétiques de Cuba, Washington s'engage à ne pas envahir CubaEn août 1975 le président Gérald Ford lèvera en partie le blocus imposé en février 1962 en donnant l'autorisation à tous les pays de l'OEA de commercer avec Cuba. Répression à Panama par le Southern Command américain en d'une manifestation contre l'occupation américaine. L'aide de la CIA aux militaires brésiliens pour renverser le le président réformiste Joao Goulart et le remplacer par une junte militaire. L'opération prévoyait, sous l'autorité du président Lyndon Johnson, une intervention militaire en cas de résistance du chef de l'État brésilien. En Indochine une manipulation autour des incidents du golfe du Tonkin en par l'administration Johnson, créés pour accroître l'envoi de soldats américains au Sud-Viet-nam et justifier les bombardements systématiques sur la partie Nord gouvernée par un régime communiste. avril 1965-avril 1969 : envoi de plus de 500.000 marines américains au Sud-Viet-nam par les administrations Johnson et Nixon dans ce qu'on appellera désormais la guerre du Vietnam. La seconde occupation de la République dominicaine par les États-Unis à la suite de l'élection du dirigeant réformiste Juan Bosch et d'une guerre civile en avril 1965. Aide réussie de la CIA au coup d'état en Indonésie pour renverser Soekarno en . L'intervention de la CIA en Uruguay contre les Tupamaros de 1965 à 1973. Le soutien apporté par la CIA en 1966 et 1967 à la dictature bolivienne contre la guérilla menée par Che Guevara. L'intervention américaine, terrestre et aérienne, au printemps 1970 au Cambodge sur décision de l'administration Kissinger-Nixon. L'implication à nouveau de l'administration Kissinger-Nixon au Chili et de la CIA en 1973 dans le renversement de Salvador Allende, dont ils avaient déjà tenté en 1970 d'empêcher l'arrivée au pouvoir ; son éventuel soutien à l'Opération Condor Soutien ouvert à Suharto par l'administration Kissinger-Ford quand l'Indonésie en décembre 1975 envahit Timor. Implication plus discrète qu'au Chili de la même administration Ford dans le coup d'état militaire de en Argentine contre Isabel Peron. Le bombardement maritime des côtes libanaises à l'été 1983 pour réagir aux attentats contre les marines américains qui occupaient le Liban. Politique de déstabilisation économique et militaire de 1981 à 1983 des Sandinistes du Nicaragua, arrivés au pouvoir en juillet 1979. Annonce controversée au début de septembre 1983 de la destruction d'un Boeing sud-coréen, le Vol Korean Air Lines 007, qui contenait 269 personnes -passagers et membres d'équipage compris-, par la chasse soviétique, mais faisait intrusion au-dessus de son espace militaire. L'URSS et certains enquêteurs occidentaux accusèrent la CIA - qui annonça faussement l'atterrissage forcé à Sakhaline du Boeing - et le Pentagone d'avoir mis en danger de mort des centaines de personnes pour tenter de provoquer l'Union soviétique et tester son système de défense. Celui-ci s'alluma comme un sapin de Noël permettant aux Américains de récolter une moisson de renseignements. Tout en niant le bien-fondé de l'accusation, les Américains reconnurent officiellement quelques années plus tard qu'un de leurs avions-espions RC 135 se trouvait dans les parages de la zone où le KAL 007 fit intrusion Patrice de Beer, "Le mystère du KAL 007 ; de nombreuses ombres subsistent sur la destruction du Boeing sud-coréen, drame de la guerre froide qui fit il y a dix ans 269 morts", Le Monde, septembre 1993 . L'invasion de la Grenade à la suite d'un coup d'État en octobre 1983. Le minage des ports du Nicaragua ou opération Piranha en mars 1984. À la suite de la plainte du Nicaragua le président Reagan annonce qu'il ne tiendra pas compte de la décision Embargo sur l'économie du Nicaragua en mai 1985, malgré la légitimité du pouvoir sandiniste, issu de sa victoire électorale en novembre 1984. Le bombardement de Tripoli, capitale de la Libye en avril 1986 pour tenter d'assassiner le colonel Kadhafi. Destruction par erreur d'un Airbus iranien avec 290 personnes, le Vol Iran Air 655, dans le golfe Persique, le 3 juillet 1988 par le porte-avion américain, Vincennes, causée par le soutien résolu des États-Unis à l'Irak dans sa guerre d'agression contre l'Iran, et par les suites d'une provocation américaine dans les eaux territoriales iraniennes John Barry and Roger Charles, "Sea of lies", Newsweek, 12 juillet 1992. . Cette tragédie nourrit depuis 1990 la relance radicale de la polémique sur la destruction du Boeing-sud-coréen par la chasse soviétique en sortant à Moneron de l'espace aérien soviétique. D'après certains enquêteurs occidentaux en 1983 le Vol Korean Air Lines 007 fut plus vraisemblablement abattu, également par erreur, par un missile américain, loin de Moneron où s'y déroulait une bataille sanglante qui provoqua la destruction d'au moins trois avions militaires américains et l'atterrissage à Sakhaline d'un autre avion. Cet avion, la CIA et les radars d'Hokkaido annoncèrent ainsi par erreur être le Boeing. D'après les recherches de ces enquêteurs, Michel Brun, John Keppel, les Japonais découvrirent en septembre 1983 à l'île Moneron les restes d'un avion militaire américain, sans y retrouver un seul débris du KAL 007 Patrice de Beer, art cit ; Idem, "Le mystère du KAL 007 ; de nouveaux éléments amènent certains enquêteurs à se demander si l'avion détruit dans la nuit du 31 août au septembre 1983 a vraiment été abattu par un chasseur soviétique", Le Monde, mars 1990 ; Incident à Sakhalin, The True Mission of KAL Flight 007 by Michel Brun ; preface by John Keppel, New York/ London, Four Walls Eight Windows, 1995 . Un débris de missile portant la marque N3 - lettre latine inconnue dans l'alphabet cyrillique russe - fut repêché par les Japonais au milieu des débris du Boeing, loin de Moneron. L'Opération Juste Cause en décembre 1989 qui a abouti au renversement du dictateur panaméen Manuel NoriegaThe Ambiguous Legacy: U. S. Foreign Relations in the 'American Century, Michael J. Hogan, 1999, <refialism+vietnam+chili+cuba&hl=fr&sa=X&ei=a-ifUMK7AfO00QX3oIGADg&ved=0CDQQ6AEwAg#v=onepage&q&f=false.