thumb|Assemblée générale d'un mouvement étudiant (contre le CPE en 2006, à Bordeaux)

Les mouvements étudiants en France sont l'ensemble des structures et des mobilisations collectives des étudiants ayant eu lieu en France.

Histoire Histoire ancienne On peut en retrouver la trace dès le . Ainsi, par exemple, la Sorbonne connaît neuf mois de grèves entre 1443 et 1445, pour la défense de ses exemptions fiscales. De septembre 1444 à mars 1445, l'université est en grève pendant six mois consécutifs. Des émeutes éclatent en 1446 contre la suppression de l'autonomie judiciaire et la soumission de l'université à l'autorité du Parlement de Paris.. En 1453, l'université se met en grève à la suite de la mort de Raymond de Mauregart, un étudiant tué par les sergents du Châtelet..

Années 1940 1947 : projet d’augmentation des droits d’inscription et de réduction des bourses. Grève nationale pour les bourses et contre les droits d’inscription. En , l'UNEF se fait entendre dans la rue à la suite de l'annonce par le gouvernement de la baisse des bourses et de la hausse des droits universitaires.

Années 1950 1951 : projet d’allocation d’études soumis au Parlement. Mobilisation pour la défense des crédits de la sécurité sociale étudiante. 1953 : mise en route du plan Le Gorgeu (constructions universitaires). Mobilisation pour réclamer des aides étudiantes plus importantes. 1954 : grève contre les crédits budgétaires insuffisants. 1956 : grève nationale du « déjeuner » contre l’insuffisance de participation de l’État dans la prise en charge des repas. 1957 : grève nationale et manifestation à Paris pour réclamer l’allocation d’études. 1958 : mobilisation pour des locaux et les bourses. 1958-1961 : manifestations et affrontements pour s’opposer à la Guerre d'Algérie.

Années 1960 : grève nationale et manifestation pour obtenir les sursis étudiants au service militaire. 1962 : réforme des facultés de médecine, droit, pharmacie et sciences (spécialisation des études). Un groupe d'étudiants décide de créer la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), qui obtient sans attendre une place auprès du gouvernement. 1963 : réforme Fouchet visant à distinguer un cursus long d’un cursus court (mesures sélectives draconiennes). Grève contre le plan Fouchet. Grève des loyers des Cités-U. En 1963, le journal Le Monde n'hésite pas à dénoncer le caractère politisant de l'UNEF, et le fait que ses membres souhaitent en faire un instrument de lutte idéologique en milieu universitaire contre la société bourgeoise. 1964 : refus du gouvernement de supprimer la réforme Fouchet. Le gouvernement supprime quatre sièges à l’UNEF au conseil des Œuvres universitaires. 1965 : grèves et manifestations pour l’allocation d’études. : fausse annonce du retrait des mesures sélectives du plan Fouchet. : application de la première tranche du plan Fouchet (mise en place du premier cycle et création des IUT). 1965-1968 : mouvement national des étudiants dans les Cités-U et contre la guerre du Viêt Nam. Grèves contre le plan Fouchet. : mise en place du deuxième cycle prévu par le plan Fouchet. Grande manifestation contre le plan Fouchet.

Comme dans la plupart des pays, en France, le mouvement étudiant le plus important par son ampleur est celui de . Il démarre à partir de l'université de Nanterre avec le Mouvement du 22 Mars., constitué de militants d'extrême gauche (dont des maoïstes, des trotskystes, et des anarchistes). Le mouvement de aboutit en France à une grève générale de plusieurs semaines qui paralyse le pays et dépasse largement le mouvement étudiant. Quatre manifestants dont deux ouvriers et un lycéen sont morts au cours des affrontements de mai-juin 1968....

Années 1970 En 1970, importants mouvements de gauches dans les facs, Poitiers et Nanterre seront bloquées, des émeutes étudiantes auront même lieu à Poitiers.

En 1973, les étudiants manifestent contre la création du diplôme d'études universitaires générales (DEUG) qui, selon eux, va favoriser la sélection. et contre la Loi Debré (suppression et réduction des sursis militaires).

vignette|Manifestation contre la loi Devaquet

En 1976, plan Saunier-Seité introduisant une réforme générale du deuxième cycle avec la licence et la maîtrise. Grande grève contre le plan Saunier-Seité. Le gouvernement reçoit les syndicats mais refuse de recevoir la coordination nationale. La plus longue grève étudiante qui se soit déroulée en France au est sans doute celle de 1976, qui dure trois mois, de mars à mai, soit quasiment la moitié de l'année universitaire. Cette grève a alors pour but d'empêcher la réforme du second cycle qui crée de nouvelles filières et est interprétée par les étudiants comme une tentative de professionnaliser l'université et d'accroître la sélection.

En : grève contre la sélection à l'université de Vincennes. Le , le président est séquestré par 300 étudiants puis molesté en tentant de s'échapper.

En 1978, en région parisienne, les élections universitaires sont sabotées par les autonomes à Jussieu et Nanterre (les salles des urnes sont saccagées). À Tolbiac, des concerts punk sont organisées dans les amphithéâtres pour empêcher les cours.Le à Nanterre, après avoir saccagé la salle des urnes, les autonomes pillent le restaurant-universitaire puis incendient le local de l'UNEF.

En 1979, réforme Veil sur les études médicales (instauration du numerus clausus). Manifestations des étudiants en médecine contre la loi Veil.

Années 1980 En 1980, manifestations contre la carte universitaire, visant à organiser la répartition des moyens entre universités et à limiter la création des filières. Manifestations au mois de mai pour la défense des étudiants étrangers contre le décret Imbert. Le , un émeutier de Jussieu, Alain Bégrand, se tue en tentant d'échapper à la charge des CRS sur le parvis de l'université. Le lendemain, les universités sont en grève. L'université de Jussieu sera alors occupée jusqu'à la fin de l'année.

En , la loi Savary supprime la sélection à l'entrée de l'université et réforme les premiers cycles et premières expériences de contractualisation État/Université. Émeutes et grève organisées par l'extrême droite dans les universités les plus élitistes ou à droite : la presse parle alors d'un « Mai 68 à l'envers » (Lyon-III y participe, soutenu par la direction Rapport Rousso (2001), chap. II, p.46-47 . La situation reste cependant assez calme, malgré la pression du GUD, et le président Goudet décide la fermeture de la fac.

En 1986, le projet de loi Devaquet réinstaure la sélection, accorde une autonomie plus grande aux universités et encourage la concurrence entre elles. Il déclenche de nombreuses manifestations et grève (départ : Paris -Villetaneuse et Amiens). Chaque semaine, une manifestation nationale est organisée à Paris. Ces manifestations rassemblent jusqu'à un million d'étudiants et tournent systématiquement à l'émeute. Finalement, les étudiants de province décident de rester à Paris pendant plusieurs jours. Les manifestations sont de plus en plus violentes. Le , la Sorbonne est occupée. Un manifestant a la main arrachée en ramassant une grenade. Le lendemain, la police fait évacuer la Sorbonne et un étudiant (Malik Oussekine) meurt sous les coups de policiers dans la rue Monsieur-le-Prince. Jacques Chirac est contraint de renoncer à sa réforme et Alain Devaquet est obligé de démissionner.

En novembre - , grèves contre les conditions budgétaires de rentrée.

Années 1990 En 1991, mobilisations locales et syndicales contre la réforme préparée par Lionel Jospin des premiers cycles universitaires (réduction des heures de cours et des travaux dirigés ou travaux pratiques).

En , des Mobilisations et grèves contre le « Contrat d’insertion professionnelle » (CIP, dit SMIC jeune) donnant possibilité de rémunérer les jeunes diplômés à 80 % du SMIC (plan Giraud). Abrogation du CIP.

En 1995, des manifestations et grèves contre le rapport Laurent et la circulaire Bardet (projet de remplacer les bourses par des prêts bancaires) : le gouvernement recule face à la mobilisation. Une grève générale a lieu pour des moyens d'octobre 1995 à janvier 1996. (départ : Toulouse et Rouen), les étudiants embrayent aussi contre le plan Juppé de réforme de la Sécurité sociale. Les universités sont occupées. En province, les manifestations tournent généralement . Le mouvement aboutit au mois de décembre à une grève générale des fonctionnaires qui dure trois semaines. Le gouvernement d'Alain Juppé est contraint d'abandonner la réforme du régime des retraites mais refuse de céder sur la Sécurité Sociale.

En , mobilisation pour le retrait de l'arrêt Bayrou. À Paris, un amphithéâtre de l'université de Tolbiac est occupé durant un mois. En le centre informatique de l'université de Nanterre est occupé par des étudiants non-inscrits. Cette occupation entraîne la fermeture totale de l'université pendant deux jours. Le président est contraint à la démission. La nouvelle présidente sera remplacée peu de temps après par André Legrand.

Le , l'université de Nanterre est occupée par des chômeurs. L'occupation dure jusqu'aux vacances de Pâques. En , des étudiants non-inscrits occupent un amphithéâtre de l'université de Nanterre. En novembre-décembre, une dizaine d’universités se mettent en grève contre le plan U3M et la réforme Allègre de l’enseignement supérieur (départ : Montpellier et Toulouse). L’université de Caen reprend la revendication de l’abrogation de la réforme Bayrou.

En 1999, un mouvement local à l'université de Nantes commence le . avec le blocage total des locaux de l'ensemble Lettres et sciences humaines pendant 13 jours (du au ) et ce à quelques jours des examens permet de sauver la filière histoire de l'art d'une disparition complète. En , grève de la faim à l'université de Nanterre d'une dizaine d'étudiants non-inscrits. Ils obtiennent chacun une carte d'étudiant au bout de trois semaines.

Au thumb|right|450px|assemblée générale du comité de mobilisation contre le CPE, université de Bordeaux Au printemps 2000, mobilisation à l'université Paris (Saint-Denis) pour la régularisation des étudiants sans-papiers. En , des étudiants non-inscrits occupent durant une semaine le Centre d'éducation permanente de l'université de Nanterre.

En : grèves et mouvements pour plus de moyens et contre la logique de privatisation (départ : Montpellier et Metz). Manifestation nationale devant le ministère de l'Éducation nationale, sont présents des délégations de trois des quatre universités en grève, Le Havre, Nantes, Montpellier- (mais pas Metz), ainsi qu'une bonne délégation des universités parisiennes.

En avril - , mobilisation contre le Front national durant l'entre-deux tours des élections présidentielles. En octobre - , AG et mobilisations contre la réforme LMD-ECTS. Près d’une dizaine de CA sont bloqués par les étudiants, grèves dans quatre universités (départ : Toulouse). AG et mobilisations contre la disparition de de MI/SE, puis contre la disparition du statut et son remplacement par celui d'assistant d'éducation. Plusieurs académies sont en grève reconductible, Caen, Rennes, Nantes, Toulouse... Le , une cinquantaine de policiers interviennent à l'université de Nanterre pour évacuer un groupe d'étudiants et de chômeurs qui tente d'occuper le bâtiment E. Neuf personnes sont placées en garde à vue jusqu'au .