Le site Stellantis de Poissy est un site industriel en Île-de-France, sur la commune de Poissy. Situé en bordure de Seine, il se compose d’une usine de production automobile, d’une usine de production digitale et d’un campus. Il est desservi par le chemin de fer ainsi que les autoroutes Paris-Normandie (A13/A14).

C'est avec le centre d'essais R&D de Carrières-sous-Poissy et celui du style des véhicules (ADN) à Vélizy, l'une des trois implantations du groupe Stellantis dans les Yvelines, et avec le site Renault de Flins, l'une des deux implémentations automobiles du Grand Paris Seine & Oise.

L'histoire de l’usine automobile remonte à 1937, année où fut lancé le chantier de construction de la première usine pour le compte de Ford. En 1954, Henri Théodore Pigozzi rachète le site pour y construire l'usine Simca (Fiat), qui devient la propriété de Chrysler en 1970 et de Peugeot en 1978. L'usine de production digitale, baptisée « Digital Factory », s'installe en , au cœur de l'usine industrielle..

Le site de Poissy devient propriété de Stellantis à la suite de la fusion des groupes Fiat Chrysler et de Peugeot SA en 2021. Stellantis y ouvre un « campus vert » en 2025.

Histoire Les travaux de construction de l'usine sont initiés en 1938 par Ford SAF. Mais celle-ci est victime de plusieurs bombardements alliés à la fin de la Seconde guerre mondiale, qui obligeront à tout reconstruire après l’armistice. La première automobile, la Ford V8-F472, version modifiée de la Matford V8-F92A qui était produite à Strasbourg jusqu'en , n'a ainsi été produite qu'en 1946. Sur sa calandre, la marque Ford était inscrite dans un macaron en demi-cercle surmonté des armes de la ville de Poissy. La voiture souffrait d’une conception ancienne puisqu'elle dérivait d’un modèle développé bien avant la guerre. Elle a été produite en et dès le Salon de Paris 1947, la marque à l’ovale dévoile sa remplaçante, commercialisée en 1948, baptisée Vedette, vendue , qui conservait un moteur V8. Cette voiture se veut bien plus moderne. En 1951, elle servira de base à un coupé, la Comète, qui reçoit même un gros moteur V8 3,9 de 105 ch sous l’appellation Monte Carlo. Mais le contexte économique de l’époque n’est pas favorable à ce style de véhicule haut de gamme. Ford finit donc par jeter l’éponge en cédant l’usine de Poissy à Simca-Fiat en 1954, pour ne garder que des parts du capital de Simca.

L'usine de production automobile de Poissy, construite par Ford-SAF, alors associé avec Mathis au sein de Matford (1938-1954), est devenue successivement la propriété de Simca-Fiat (1954-1970), puis de Chrysler (1970-1978), puis de Peugeot SA (1978-2020) et enfin, du groupe Stellantis en 2021.

L'ère Simca-Fiat Le premier modèle fabriqué par Simca dans les Yvelines à partir de 1955 porte encore le nom de Vedette et conserve l'ancien moteur Ford V8. Même s’il s’agit d’une nouvelle génération de cette berline, dotée d’une structure monocoque, elle reste sur un positionnement haut de gamme. Trois déclinaisons plus ou moins bien équipées sont proposées sous les noms de Trianon, Versailles et Régence. À défaut de successeur au coupé Comète, le break Marly est lancé en 1956. La gamme Vedette est revue en 1957 avec une nouvelle génération composée des Beaulieu, Chambord et Présidence. La Présidence sera aussi transformée en découvrable pour transporter les grands de ce monde, comme le général de Gaulle. En 1957, Simca réalise l'installation d'un moteur quatre-cylindres dans la caisse de la Vedette et donne naissance à l’Ariane, qui se veut sa réponse à la hausse du prix des carburants engendrée par la crise du canal de Suez. Sa carrière va se poursuivre jusqu'en 1963. L'Ariane recevra à son tour un V8 pour compenser, cette fois, des performances jugées trop faibles.

Pour faire face à l'augmentation de la demande et la production de nouveaux modèles, Simca agrandit l'usine de Poissy. L'Aronde, plus populaire que la Vedette, est fabriquée à Poissy à partir de 1959, commercialisée sous le code P60. C'est un modèle en fin de carrière puisque son assemblage avait débuté en 1951 dans l'usine de Nanterre, siège historique de Simca-Fiat, la filiale à l'hirondelle. En 1961, quelques jours avant le , Simca lance un véhicule très moderne, la 1000 qui va conforter la marque dans son rang de grand constructeur français. Mise en chantier en 1957 par Henri Théodore Pigozzi, l'emblématique directeur de Simca, cette petite voiture économique fait suite à la crise de l'énergie consécutive à la nationalisation du canal de Suez en 1956. Conçue par les bureaux d'étude Fiat de Turin sous le nom de code ZFA 122, elle reçoit le nouveau moteur Fiat 122-950 refroidi par eau, installé en porte-à-faux arrière, comme sur les Fiat 600, Renault 4CV, Volkswagen Coccinelle (refroidi par air) et la future Fiat 850. Cette petite berline compacte va connaître un énorme succès. Elle sera produite à presque 2 millions d’exemplaires pendant dix-sept ans, jusqu'en 1978. En 1963, Simca lance le duo 1300/1500, une berline familiale milieu de gamme. Mais, en 1964, l’américain Chrysler, après avoir racheté la participation de Ford () dans Simca, en rachète supplémentaires et devient actionnaire majoritaire de la marque française. Pigozzi n'arrive pas à s'opposer la montée de Chrysler qui veut s'implanter en Europe. En , Chrysler détient de Simca après la vente par Fiat d'une partie de ses actions.

L'ère Chrysler La Simca 1100, première voiture française traction et à moteur transversal, commercialisée à partir de 1967, dérivée de l'Autobianchi Primula, sera le dernier modèle à arborer la marque Simca. Cette base a servi au Matra-Simca Rancho, sorte de SUV avant l’heure, dont les moteurs et châssis provenaient de Poissy même si l'assemblage final avait lieu chez Matra à Romorantin, dans le Loir-et-Cher.

En , après le rachat du solde des actions encore détenues par Fiat, Simca est renommée Chrysler France. Le duo 160/180 arbore le logo Chrysler. Jugées désuètes dès leur présentation en , au salon de l'Automobile de Paris, ces berlines faussement américaines auront bien du mal à trouver des amateurs. Auréolées du prestigieux titre de Voiture de l’année 1976, les 1307/1308, badgées Simca-Chysler, feront bien mieux. Le constructeur parviendra à gagner à nouveau cette récompense, deux ans plus tard, avec sa compacte Horizon, dont la carrière commerciale débute en fanfare en . Mais le plus petit des « Big Three » est en grande difficulté sur le marché américain. Chrysler décide de se retirer du vieux continent et, en , avec l'appui financier du gouvernement français, Chrysler France, propriétaire de la marque Simca, est repris par PSA qui va faire disparaître la marque Simca, préférant la remplacer par la marque Talbot qu'elle ressuscite (Talbot était une ancienne marque de luxe et de sport, rachetée par Simca en 1958). De 1979 à 1986, l'usine de Poissy va continuer la production des modèles Simca (ex. : Chrysler-Simca), rebaptisés un court temps Talbot-Simca, puis purement et simplement Talbot.

L'ère PSA En 1979, les Simca-Chrysler 1307 / 1308 / 1309 sont rebaptisées Simca-Talbot 1510, tandis qu'en 1981 l'Horizon change de marque pour devenir une Talbot. En 1980, un modèle à coffre, dérivé de la 1510 est commercialisé sous l’appellation Simca-Talbot Solara. Cette année voit en outre débarquer deux extrêmes : la citadine Talbot Samba, basée sur la Peugeot 104 et la grande Talbot Tagora. Seule la Samba connaîtra un petit succès relatif, sans parvenir à sauver l’image alors très dégradée et vieillotte de Talbot. Après l'échec de la Solara, la Tagora constituera un énorme gouffre financier pour PSA. La décision est prise de mettre le constructeur en sommeil dès la fin de 1985. Il devait pourtant lancer une toute nouvelle compacte, qui aurait dû être baptisée Arizona mais la direction de Peugeot demanda, tardivement, à ses équipes de la redessiner en s'inspirant de la 205 pour pouvoir l'intégrer dans sa gamme sous le nom de Peugeot 309.

La Peugeot 309 sera le premier modèle de la marque au lion produit à Poissy. Certains exemplaires de la petite sœur 205 y seront également fabriqués, tout comme la 104 Z. Le site industriel deviendra ensuite le « centre pilote » pour le projet 306, remplaçante de la 309. La compacte sera finalement assemblée en parallèle dans d’autres usines du groupe, mais c’est bien à Poissy qu’elle a débuté son existence. Les petites citadines 206, 207 et la première génération de 208 y seront aussi construites, tout comme l’onéreuse 1007 aux portes coulissantes, qui subira un échec retentissant. PSA mettra à disposition de Citroën ces chaînes pour quelques exemplaires de la ZX, cousine de la 306, mais surtout pour la génération de C3, qui a servi de base à la DS3. Elle rejoindra la marque DS en 2016.

En 2019, la DS3 a été remplacée par le DS3 Crossback, toujours assemblé en Île-de-France et rebaptisé DS3 lors de son restylage en 2023. Jusqu’en 2021, il est le seul véhicule fabriqué à Poissy, puisque la production des 208 et C3 est délocalisée dans des pays à la main-d'œuvre moins coûteuse. Certains ont ainsi pu craindre le pire pour l’avenir du site, d’autant que ce rival « premium » des Renault Captur II ou Peugeot 2008 n’a pas vraiment déchaîné les foules. Heureusement, l’arrivée de l’Opel Mokka génération en 2021 est venue redonner de l’espoir au personnel. Si on y ajoute son alter ego britannique badgé Vauxhall, il a permis à l'usine de Poissy d'accueillir pas moins de 9 marques différentes au cours de son histoire. Cela reste toutefois insuffisant pour assurer la pérennité de l'usine, qui a fabriqué son 18 millionième véhicule en .

L'ère Stellantis À partir de , le premier grEEn campus de Stellantis ouvre ses portes pour regrouper les équipes employées dans les activités tertiaires, la R&D, les logiciels et les moyens d’essais. Huit nouveaux bâtiments et deux bâtiments réhabilités accueillent (mais ) sur l'emplacement d'anciens ateliers d'emboutissage et de ferrage attenants à l'usine.

La vie du site de Poissy L'usine Talbot est le théâtre, en 1982 et 1983, de grandes grèves d'audience nationale (avivées par l'arrivée de la gauche et de ministres communistes au pouvoir, lesquels souhaitaient une nationalisation complète de l'industrie automobile, relayés par la mairie communiste de Poissy). Les syndicats représentés dans l’usine sont la Confédération des syndicats libres (CSL), la Confédération générale du travail (CGT) et la Confédération française démocratique du travail (CFDT), mais suite aux premières revendications en 1982 (pour des augmentations de salaire et des congés supplémentaires) les ouvriers rejoignent massivement la CGT et dans une moindre mesure la CFDT. L’année suivante, un plan de licenciements massif de plus de déclenche des manifestations et une grève d’un mois. Parmi les revendications se trouvent aussi, cette fois, des aides au retour au pays demandés par les travailleurs immigrés. Ceux-ci sont visés par des propos racistes émanant de la CSL et par le traitement différenciant, à leur égard, du mouvement social par les médias.