Hommage au capitaine Dreyfus est une statue honorant Alfred Dreyfus, réalisée en par l'artiste français Louis Mitelberg dit Tim. Celui-ci souhaite qu'elle soit installée dans la cour d'honneur de l'École militaire, où Dreyfus a été dégradé en , mais l'armée s'y oppose. Elle connaît alors , cité par . : elle est d'abord installée en au jardin des Tuileries dans le , puis en sur la place Pierre-Lafue dans le , et enfin en au pied du Palais de Justice, sur l'île de la Cité, où Dreyfus a été réhabilité en .

Description La statue représente Alfred Dreyfus, en pied, tenant son sabre brisé devant le visage, faisant référence à sa dégradation le .

C'est un bronze de . qui a été fondu par l'atelier Clementi à Meudon..

Un cartel situé sur le socle mentionne le nom de l'œuvre et de l'artiste, le nom et la date de la commande publique, et le message . (extrait d'une lettre de Dreyfus à son épouse Lucie Dreyfus lorsqu'il était détenu sur l'île du Diable).

Historique

Création et polémique () et jardin des Tuileries () Cette statue est une commande publique du ministère de la Culture et de la Francophonie en . Elle s'inscrit dans une série de monuments en hommage à des grands hommes, voulue à partir de par le président de la République, François Mitterrand, avec des monuments tels que L'Homme aux semelles devant d'Ipoustéguy ou lHommage à Georges Pompidou par Louis Derbré..

Le sculpteur, Tim, propose d'installer la statue dans la cour d'honneur de l'École militaire, à l'endroit où Dreyfus fut dégradé. Le ministre de la Culture de l'époque, Jack Lang donne son accord, mais le ministre de la Défense, Charles Hernu, est contre, arguant que la cour n'est pas accessible au public. À la place, il propose les jardins de la montagne Sainte-Geneviève, qui abritent les locaux de l'École polytechnique où Dreyfus a étudié repris dans .. Le président Mitterrand lui-même est hostile à l'idée d'installer la statue à l'École militaire, estimant qu'Témoignage de Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur, , . Jean Daniel raconte avoir ensuite demandé à Mitterrand s'il fallait plutôt mettre la statue du colonel Picquart, ce à quoi le président a acquiescé. Cité par et ..

Un autre emplacement est proposé sur la place Dauphine, en face du Palais de Justice où siège la Cour de cassation, qui a réhabilité Dreyfus en , mais cette proposition est également rejetée..

La polémique amène Renée Bernard dans L'Express du à s'interroger sur , avant d'atteindre la presse anglo-saxonne (, , cité par ., , , , , , , ).

Il faut attendre le pour voir l'inauguration de la statue au jardin des Tuileries, près de la terrasse dite du « bord de l'eau »..

Ces tribulations conduisent , conservateur du musée juif de New York, à comparer la statue de Dreyfus au tableau de , qui a connu un sort similaire à l'Exposition universelle de : . Cité par ..

De même Claude Mollard, du cabinet de Jack Lang, compare le destin de la statue de Dreyfus à celui qu'a connu la statue de Léon Blum sculptée par Philippe Garel : le maire du de l'époque, Alain Devaquet, a en effet refusé en son implantation sur la place Léon-Blum, et elle a dû être installée dans le jardin des Tuileries avant de pouvoir être déplacée sur la place Léon-Blum en .

Place Pierre-Lafue ()

La statue est transférée le sur la place Pierre-Lafue, à l'angle de la rue Notre-Dame-des-Champs et du boulevard Raspail, dans le . Ce déplacement a lieu à l'initiative de Jacques Chirac, le maire de Paris de l'époque, pour le centenaire de l'arrestation de Dreyfus..

En , la statue est l'objet d'un vandalisme antisémite, maculée de peinture jaune, sans doute en référence à l'étoile jaune, avec l'insulte , et une étoile de David peinte sur le socle.. Le maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, dépose une gerbe sur le monument le suivant..

En , à l'occasion du centenaire de la réhabilitation de Dreyfus, Jack Lang et Bertrand Delanoë expriment leur souhait de voir la statue transférée dans la cour de l'École militaire., mais les militaires, notamment le général Henri Bentégeat, alors chef d'état-major des armées, continuent de s'y opposer..

Le , après la dégradation militaire du capitaine Dreyfus, le journal Le Monde publie une tribune rédigée par l'avocat pénaliste David Curiel, qui soutient que la statue devrait être transférée sur la place de Fontenoy, située derrière l'École militaire, afin qu'elle ne demeure pas dans l'oubli..

Au pied du Palais de Justice (depuis )

En , la statue est déplacée sur une place à l'angle de la rue de Harlay et du quai de l'Horloge, sur l'île de la Cité, dans le . Elle se trouve ainsi au pied du Palais de Justice, où Alfred Dreyfus a été réhabilité par la Cour de cassation..

Elle est inaugurée en présence du président de la République, Emmanuel Macron, le , date de la première « Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus », qui célèbre sa réhabilitation le .. Le même jour, la place Maurice-Barrès est inaugurée sous son nouveau nom, la place Lucie-Dreyfus, en mémoire de Lucie Dreyfus, pour le soutien indéfectible qu'elle a apporté à son époux Alfred dans son combat pour la justice. Cette place a été choisie car elle tenait son nom de l'écrivain et homme politique Maurice Barrès, antisémite assumé qui s'était acharné contre Dreyfus.

Copies Une copie en résine de la statue de a été réalisée en et figure dans la cour du musée d'Art et d'Histoire du judaïsme..

Une autre a été inaugurée à Tel Aviv-Jaffa le .., non loin de l'Institut français.

Réception La statue est mal reçue par la critique. On accuse Tim, dont le domaine de prédilection est le dessin de presse, et non la sculpture, d'avoir réalisé ici une caricature, à la fois en raison des proportions de l'œuvre, et de sa texture rappelant Giacometti ; on lui reproche aussi le motif du sabre brisé, fixant Dreyfus dans sa disgrâce plutôt que dans le combat pour la justice. [ Marie-Thérèse Barrett, Les Statues de Paris : La représentation des grands hommes dans les rues et sur les places de Paris, Anvers, Fonds Mercator , et Paris, Albin Michel ], ..

Artiste

Tim () est un artiste français.

Références

Voir aussi

Bibliographie . .

.

Témoignages

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Articles connexes

Liste des œuvres publiques du de Paris Liste des œuvres de Louis Mitelberg

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