L’affaire de Roswell concerne l'écrasement au sol, près de Roswell au Nouveau-Mexique (États-Unis), le Jour de la fête de l'indépendance., de ce qui est présenté, selon les versions, comme un ballon-sonde ou comme un objet volant non identifié (ovni).

L'événement reste longtemps ignoré et l'affaire en tant que telle commence, en 1980, avec la parution du livre de l’essayiste Charles Berlitz et de William Moore, .

Pour les principales associations d'ufologues, cet événement est l'un des éléments les plus probants de la visite de la Terre par une civilisation extraterrestre avancée. Pour les autorités militaires et les ufologues sceptiques, il s'agit seulement d'un mythe moderne maintenu par les mécanismes sociopsychologiques habituels de ce type de phénomènes. Le gouvernement américain explique l'incident par l'écrasement d'un ballon-sonde ultrasecret (Mogul) destiné à espionner les expériences nucléaires militaires soviétiques (premier essai nucléaire en ). Les partisans de la thèse extraterrestre soutiennent que l'épave retrouvée est celle d'un ovni extraterrestre, récupéré et dissimulé par les militaires.

En raison des nombreux témoignages soutenant l'hypothèse extraterrestre à Roswell, l'écrasement et la récupération supposés d'un ovni ont depuis évolué en phénomène de culture populaire très médiatisé. Roswell est devenu l'une des plus célèbres manifestations supposées d'extraterrestres.

Description L'historique suivant reconstruit, à partir de journaux et de Télex de l'époque, le déroulement supposé des événements survenus à Roswell.

Le , William Brazel, dit Mac, propriétaire d'un ranch dans une zone désertique et peu accessible près de Roswell, découvre des débris éparpillés sur ses terres sur environ de large et de long. Comme beaucoup d'habitants dans le secteur, Brazel avait déjà récupéré des débris de ballons météo. Intrigué par l'aspect des matériaux, il décide de les montrer à ses plus proches voisins situés à plusieurs kilomètres de là, la famille Proctor. Ceux-ci lui conseillent alors de contacter le shérif de Roswell, lequel juge opportun d'avertir la base militaire la plus proche. Le lieutenant Walter Haut, porte-parole du (RAAF), fait alors un premier communiqué de presse à la demande du colonel William Blanchard, commandant de la base de Roswell, annonçant qu'ils ont récupéré un disque volant () écrasé près d'un ranch à Roswell. Le lendemain, le brigadier général Ramey de la base de Fort Worth, où ont été transportés les débris par avion pour examen, publie un rectificatif annonçant que le disque volant était seulement un ballon-sonde.. Une conférence de presse est organisée dans la foulée, où l'on montre aux journalistes des débris facilement identifiables de l'objet qui s'est écrasé, confirmant ainsi officiellement la thèse du ballon.

En 1978, le lieutenant-colonel en retraite , qui était arrivé le premier sur les lieux et s'était occupé de la récupération des premiers débris en tant que responsable de la sécurité de la base de bombardiers atomiques, déclare à l'ufologue Stanton Friedman venu l'interviewer puis à la télévision que ces débris étaient sûrement d'origine extraterrestre. Il ajoute que les débris montrés par le général Ramey, responsable de la base, aux journalistes n'étaient pas ceux que Marcel lui avait apportés de Roswell. Il fait part de sa conviction selon laquelle les militaires avaient en réalité caché la découverte d'un vaisseau spatial. Son histoire, qui circulera d'abord dans le milieu des ufologues, est à l'origine de plusieurs enquêtes et de livres évoquant une politique du secret imposée par les autorités militaires.. En , le The National Enquirer interviewa le major Marcel, attirant l'attention mondiale sur l'incident de Roswell.

Traces matérielles et débris recueillis Quelque temps avant le ., le fermier William « Mac » Brazel remarque des débris qu'il trouve étranges alors qu'il travaille dans un ranch à une centaine de kilomètres de Roswell. Brazel racontera au que son fils et lui avaient vu « une large zone de débris brillants, bandes de caoutchouc, feuilles d'étain, un papier plutôt dur et des barres »...

Le , Brazel confie au shérif Wilcox qu'il croit avoir trouvé une soucoupe volante. Wilcox appelle ensuite le major Jesse Marcel de la base de l'armée de l'air de Roswell, un homme en civil vient au ranch chercher les débris que Brazel a ramassés. « Nous avons passé quelques heures le à chercher des morceaux de l'engin météo », déclarera Marcel. « Nous avons trouvé d'autres bouts de caoutchouc et d'aluminium ».. Ils essayent ensuite de ré-assembler l'objet mais Brazel dit qu'ils n'y étaient pas arrivés. Marcel apporte les débris à la base le lendemain matin. Comme décrit dans l'édition du Roswell Daily Record du . : .

Un télex envoyé au bureau du FBI de Dallas, citait un major de l'Eighth Air Force le . : .

Informations dans la presse thumb|Un ballon météo juste après son décollage.

Tôt le mardi , la base de l'armée de l'air de Roswell fait un communiqué de presse immédiatement relayé par de nombreux journaux. :

Les nombreuses rumeurs faisant état d'une soucoupe volante sont devenues réalité hier, lorsque le service des renseignements du de l'air force de la base de Roswell a pris possession d'un disque grâce à la coopération d'un rancher et du bureau du shérif du comté de Chaves au Nouveau Mexique. L'objet volant a atterri dans un ranch près de Roswell durant la semaine dernière. Sans téléphone, le rancher a conservé le disque jusqu'à ce qu'il puisse contacter le bureau du shérif, qui informa le major Jesse A. Marcel du de l'Air Force. Une action fut immédiatement lancée, et le disque fut récupéré au domicile du rancher. Il a été examiné à la base de Roswell, puis transmis à de plus hautes autorités.

Le colonel William H. Blanchard, commandant du , contacte le général Roger Ramey de l'Air Force à Fort Worth, au Texas, et Ramey ordonne le transport de l'objet à la base aérienne de Fort Worth. L'adjudant Irving Newton confirma l'opinion de Ramey, identifiant l'objet comme étant un ballon météo et son réflecteur. Un autre bulletin de presse sortit alors, depuis Fort Worth, décrivant l'objet comme étant un « ballon météo ».

vignette|Marcel pris en photo avec les débris. Deux jours plus tard, à Fort Worth, plusieurs photographes de presse peuvent prendre des photos des débris. Ces débris correspondent bien à la description d'un ballon et d'un réflecteur. Ramey, le colonel Thomas J. Dubose et Marcel sont pris en photo avec les débris. Brazel, le rancher, interviewé par le , infirme la thèse militaire, déclarant qu'il a déjà retrouvé des ballons météo et qu'il est sûr que ce qu'il a trouvé n'est pas un ballon d'observation. L'affaire est rapidement oubliée.

Création du mythe Le , une première dépêche de presse annonce que la base de Roswell a récupéré une de ces « fameuses soucoupes volantes ». Quelques heures plus tard, une seconde dépêche de presse annonce que l'objet qui avait atterri était un ballon-sonde.

En 1950, Frank Scully écrit un ouvrage à sensation où il affirme que d'après d'éminents scientifiques, qu'il ne nomme pas, des soucoupes volantes se sont écrasées. Le journaliste Donald Keyhoe analysa cette affaire et conclut au canular. Après enquête fouillée, J.P. Kahn révèle que les deux fameux scientifiques étaient en réalité deux escrocs notoires déjà condamnés, Newton et GebauerTrue, septembre 1952.. Ces deux escrocs racontent l'histoire d'une soucoupe prétendument écrasée près d'Aztec au Nouveau-Mexique en . Les seize « extraterrestres » retrouvés morts auraient été récupérés puis transportés ailleurs par l'U.S. Air Force. Et la technologie alien aurait permis la fabrication d'un engin « détecteur de pétrole »Ancêtre des "avions renifleurs".. Selon Karl Pflock, l'ouvrage de Corso ne serait qu'un remake de l'affaire du détecteur de pétrole, orchestré par ces deux escrocs américains, Newton et GebauerGebauer est aussi appelé Gee dans "Behind the Flying Saucers" de Frank Scully..

Trente ans plus tard en 1977, Léonard Stringfield écrit un autre ouvrage à sensation où il relate des crashs d'ovnis, mais les témoins évoqués sont le plus souvent anonymes. En 1978, des ufologues rencontrent Jesse Marcel qui prétend que les débris ont été échangés et qu'il y a eu dissimulation. À partir de 1980, paraissent des ouvrages à sensation reprenant l'idée d'un complot. Les partisans de la théorie du complot, auteurs de nombreux livres, conclurent qu'un vaisseau extraterrestre s'était écrasé du côté de Roswell, que les passagers, certains peut-être encore en vie, avaient été récupérés, et que toutes les informations sur l'incident avaient été dissimulées. De nombreux livres, articles, documentaires télévisés et même une série télé ont rendu l'incident de 1947 si célèbre qu'au milieu des années 1990, les sondages, notamment celui publié par CNN/Time en 1997, ont révélé qu'une grande majorité des gens croyaient que les extraterrestres étaient venus sur Terre et plus précisément qu'ils avaient atterri à Roswell et que le gouvernement avait dissimulé les événements..

Arguments développés Charles Berlitz et William L. Moore écrivent le premier livre sur le sujet en 1980. et déclarèrent avoir interviewé plus de quatre-vingt-dix témoins.. Ils présentent le récit de Jesse Marcel qui décrit les débris comme (), suggèrent que le matériau récupéré par Marcel était d'une grande solidité et possédait d’autres qualités qu’aucune matière d’origine terrestre ne pouvait avoir (donc en opposition avec les rapports officiels), et introduisent l’idée que les débris récupérés par Marcel au ranch Foster ont été remplacés par des débris d’un ballon-sonde ( ; ) pour soutenir la dissimulation. Marcel aurait posé avec les vrais débris, puis les pièces auraient été échangées et les autres auraient posé avec les débris échangés. Les livres de Randle et Schmitt. défendent la même thèse..

Stanton Friedman et Don Berliner. suggèrent une dissimulation par les hautes autorités de la récupération d’un ovni, en se basant sur des documents tels que les archives du groupe Majestic 12. Le FBI a reconnu que ces documents étaient faux. L'auteur prétend, suivant en cela la théorie du complot, qu'une agence gouvernementale haut placée aurait eu pour mission d’enquêter sur les extraterrestres découverts à Roswell et de garder ces informations à l’abri du public. Le livre suggère que pas moins de huit corps extraterrestres auraient été récupérés sur deux sites de crash : trois morts et peut-être un vivant au ranch de Foster, et trois morts et un vivant sur le site de Sorocco ()Top Secret Majic, 2005, Stanton Friedman..

Walter HautWitness to Roswell, 2007, Walter Haut. représentant la base militaire de Roswell était à l’origine du communiqué de presse du annonçant la découverte d’un « disque volant ». C’est la seule implication que Haut ait reconnue dans des documents officiels.

Le livre de Philip J. Corso À l'été 1997, l'officier de l'armée de l'air Philip J. Corso publie son livre et dans la préface, le président du comité des forces armées du Sénat signale que Corso . Le , le sénateur Thurmond désavoue publiquement sa préface, expliquant que jamais Corso ne l'avait informé de l'orientation ovni du livre mais lui avait laissé croire à une autobiographie. Selon la revue , il s'agit d'une Roswell: nouvelle arnaque, La rédaction d'Anomalies, Anomalies ,1998.. Karl Pflock dénonce , qui se présente comme un as dans le domaine du renseignement et de la technologie et qui se trompe de manière flagrante dans sa description élémentaire des avions B-2, F-117 et BackfireL'après-Roswell, Karl Pflock, traduction de Pierre Lagrange et Frank Périgny, Anomalies , 1999.. La récupération de mannequins anthropomorphes décrite par des témoins est revisitée par Corso qui rajoute moult éléments étranges : .