Le masculinisme est un ensemble de mouvements sexistes visant à promouvoir les intérêts des hommes au détriment de ceux des femmes. Ces mouvements sont, dans leur globalité, réactionnaires, misogynes, androcentrés et antiféministes. Certains de ses partisans, jugeant le terme dépréciatif, préfèrent parler d'hominisme et le présenter comme le pendant du féminisme.

Les mouvements masculinistes s'expriment par des canaux très divers : par la voix de personnalités, d'associations, de groupes de paroles, et en ligne dans les nombreux forums de la . Leurs moyens peuvent aller du lobbying à l'action violente.

La rhétorique masculiniste classique consiste entre autres à nier l'existence du patriarcat ; à déplorer la dont les femmes et les féministes seraient responsables ; à essentialiser la différence homme femme et valoriser une masculinité traditionnelle ; à revendiquer des dispositions favorables aux hommes, notamment dans les situations de divorce ; à prétendre que la violence conjugale s'exerce sur les hommes autant que sur les femmes ; à demander un système de codécision en matière d’avortement

Dans des passages à l'acte d'une extrême violence, des masculinistes ont été responsables d'attentats dirigés contre des femmes, notamment celui de Montréal en 1989.

Définitions Le Petit Larousse définit le masculinisme comme une « Idéologie d'origine nord-américaine, regroupant une myriade de mouvements principalement présents en ligne qui, en réaction aux mouvements féministes dont ils se disent victimes et sous couvert de dénoncer toutes les formes de discrimination, véhiculent des thèses sexistes, complotistes et réactionnaires, à travers un discours misogyne et/ou patriarcal bien rodé. ».

Pour Le Robert, le masculinisme, synonyme d'antiféminisme, est un « ensemble de revendications cherchant à promouvoir les droits des hommes et leurs intérêts dans la société au détriment de ceux des femmes »Le Robert Dico en ligne.

Selon le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française, même ..

Dans le livre Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui, Christine Bard, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri définissent le masculinisme comme un « mouvement social qui se constitue en Occident à partir des années 1980 pour défendre les « droits des hommes » dans une société qu’ils estiment désormais dominée par les femmes ».

Comme courant antiféministe Le masculinisme est souvent défini comme un mouvement réactionnaire, misogyne et androcentré, qui essentialise la différence homme femme, réaffirme la masculinité conventionnelle, défend les privilèges masculins et lutte contre les féministes.

Hubertine Auclert, journaliste, écrivaine et militante féministe, emploie pour la première fois ce terme en français en 1900 dans son essai Les femmes arabes en Algérie. comme un quasi-synonyme de « patriarcat », pour désigner un état qui défend la domination masculine.. et ..

La philosophe féministe Michèle Le Dœuff, dans son livre de 1989 L’Étude et le Rouet, reprend le terme en affirmant l'avoir ..

Pour Francis Dupuis-Déri, ..

Selon le collectif Stop Masculinisme, le terme « masculinisme » renvoie à une défense des intérêts des hommes, supposés victimes des femmes en général et d'un féminisme jugé abusif. Selon l’association belge Collectif contre les violences familiales et l’exclusion, ..

Pour la chercheuse canadienne Pierrette Bouchard, en 2003, le masculinisme vise à défendre des privilèges masculins dans la société, au détriment des droits des femmes.. Selon le sociologue Léo Thiers-Vidal, le masculinisme est , la première opprimant la seconde.

Selon La Libre Belgique, . Après les mouvements féministes des années 1970, il y a une réaction masculiniste dans les années 1980. Puis, avec le mouvement #MeToo en 2017 qui libère la parole des femmes sur les réseaux sociaux, apparaît une nouvelle réaction masculiniste, qui a parfois recours au cyberharcèlement organisé, tel celui contre Marion Séclin en 2016.

Depuis 2010, on assiste dans la presse à un glissement sémantique du terme , qui, tout en reprenant l'historique des mouvements masculinistes aux États-Unis et au Canada, fait un amalgame entre ce terme et des revendications de retour à plus de virilitéLe masculinisme, ou la revanche de la 'virilité', Ouest-France, . ou, au contraire, à la diminution des différences de genre..

Selon l'anthropologue Mélanie Gourarier, il existe des liens étroits entre le masculinisme et l'extrême droite parce que « la pensée masculiniste est très liée à une pensée raciale et à l'idée d'une société martiale, qui reposerait sur des valeurs militarisantes, axée sur la conquête, la question de l’ordre, des valeurs familiales... tout cela, ce sont des pensées proches des mouvements réactionnaires et d'extrêmes droite ».

Comme pendant du féminisme Le masculinisme est aussi parfois défini comme un mouvement de défense des droits des hommes..

Dans Le Féminisme raconté en famille, Mara Goyet définit le mouvement masculiniste comme un , qui cherche . Elle le veut complémentaire d'.

C'est dans ce sens de pendant de « féminisme » que le terme fait son apparition en anglais en 1911 : dans un périodique féministe, :

Hominisme Le terme « hoministe » est revendiqué par certains défenseurs des théories masculinistes., tels que Jordan Peterson et Yvon Dallaire, qui considèrent le terme « masculinisme » dépréciatif. L'hominisme est considéré comme un synonyme du masculinisme. Ce néologisme a été créé dans le début des années 2000 par le psychologue et sexologue québécois Yvon Dallaire, pour . Ce dernier signe, en compagnie de John Getelen et Patrick Guillot, un « Manifeste hoministe »., qui . et affiche vouloir réfléchir et agir en faveur aux droits et devoirs des hommes tout en passant sous silence les discriminations des hommes envers les femmes et leur caractère systémique. Francis Dupuis-Déri et ses collègues objectent que tout comme son synonyme, c'est une . Pour le sociologue Edouard Leport, .

Historique Selon Mélissa Blais, le masculinisme connaît trois phases de développement au . Dans les années 1980, il désigne à la fois des mouvements apparaissant en Amérique et en Europe occidentale, , et des discours antiféministes et conservateurs. Dans les années 1990, ces mouvements opposés se développent. Dans les années 2000, le versant antiféministe se consolide, notamment du fait de la participation d'intellectuels, psychologues et militants antiféministes, qui mènent des actions et procès..

L’historienne Christine Bard insiste sur la synchronisation dans les années 1970 entre la deuxième vague féministe et l'émergence de discours masculinistes qui sont une contre-offensive au mouvement d’émancipation des femmes, à une période où elles acquièrent de nouveaux droits : la contraception, le partage de l’autorité parentale, le divorce par consentement mutuel. Certains hommes s'opposent à la perte de leur contrôle des femmes. Cinquante ans plus tard, la génération post-MeToo est clivée entre des jeunes femmes qui embrassent des valeurs féministes et progressistes, et des hommes imprégnés d'idées conservatrices et qui résistent en développant des réflexes masculinistes et comportements machistes.

La journaliste Pauline Ferrari mentionne une intensification du mouvement masculiniste à la suite de la crise du Covid 19. En effet la quarantaine a favorisé l’isolement des jeunes et l’augmentation du temps passé sur les écrans, renforçant leur confrontation à des contenus misogynes en ligne, dans une période de recherche de repères.

Une enquête menée sur une vingtaine de pays démontre en 2024 le « fossé idéologique » de environ entre les filles et les garçons de la génération Z sur les questions d’égalité.., et à la même date en France, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes observe un écart de près de entre les femmes et les hommes de cette génération sur la perception des inégalités..

En France En 2025, France culture note. que : Florence Porcel souligne que , un ressenti qu'elle juge disproportionné au regard du fait que . Elle estime que le masculinisme repose sur une , alors que les hommes conservent largement le pouvoir politique, économique et médiatique ; pour Pauline Gonthier, ce mouvement est aussi une réaction au mouvement #MeToo, par exemple quand le slogan féministe My body, my choice a été détourné en « Your body, my choice » ; une dynamique a ensuite été amplifiée par certains influenceurs et par des figures économiques ou politiques réactionnaires comme Mark Zuckerberg, Elon Musk, Donald Trump ou Éric Zemmour ; Vincent Cocquebert observe que les représentations de la féminité, de la masculinité et de l'amour deviennent des enjeux politiques, qui a alimenté une « contre‑politisation de l'intime » récupérées par certains dirigeants pour . Face à la persistance d'une essentialisation des genres des intervenants appellent à réguler les réseaux sociaux et/ou à créer de , offrant des représentations plurielles et positives d'autres masculinités.

Début 2026, le rapport annuel sur l'état des lieux du sexisme en FranceHCE (2026) Rapport annuel sur l'état des lieux du sexisme en France |url=https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/sites/hce/files/2026-04/HCE-2026-STER-Rapport_Sexisme--v05--2026_04_28--numerique_0.pdf est consacré à . Il alerte sur le fait que ; .. Le Haut Conseil à l'égalité formule 25 recommandations, dont : rendre obligatoires les séances d’EVARS, renforcer les contrôles de l’ARCOM et de PHAROS, exiger une plus grande transparence des algorithmes pour redonner aux utilisateurs la maîtrise de leur environnement numérique, intégrer le « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité, et confier au HCE — avec des moyens dédiés — une mission d’Observatoire national du masculinisme et des radicalisations sexistes.

En juin 2026, un rapport d’information de la délégation aux droits des femmes du Sénat sur la « montée en puissance des réseaux masculinistes », décrit « une idéologie de plus en plus répandue, de plus en plus violente et touchant des hommes – et même des femmes – de plus en plus jeunes et nombreux », avec une montée de discours complotistes et hostiles au principe d'une égalité femmes‑hommes, et la structuration de réseaux actifs, principalement dans les espaces numériques. Ce rapport souligne une visibilité croissante des mouvements masculinistes s'inscrivant dans un contexte de polarisation sociale autour des enjeux de genre ; avec des risques de radicalisation.. Selon ce rapport, ces groupes, loin d'être uniquement idéologiques, développent aussi des logiques lucratives et parfois sectaires ; exploitant les réseaux sociaux, la vulnérabilité de jeunes publics, les jeux vidéo, la musique ou le sport pour diffuser leurs contenus, en ciblant notamment les jeunes. Ce travail vise à établir un diagnostic documenté sur les origines du mouvement, ses modes de structuration, ses stratégies d'influence et moyens financiers, tout en évaluant ses impacts politiques et médiatiques. Il alerte sur la dangerosité de ces discours, qui peuvent légitimer des violences sexistes et renforcer les tensions entre les sexes. Le Sénat annonce des auditions et des travaux destinés à formuler des préconisations concrètes pour mieux comprendre, encadrer et contrer la diffusion du masculinisme dans les espaces physiques et numériques. Selon Le Monde, « le mouvement, qui présente des liens étroits avec l’extrême droite, est désormais considéré comme une menace terroriste émergente et très préoccupante. ».

Thématiques et revendications du masculinisme contemporain