Jean Teulé, né le à Saint-Lô (Manche) et mort le à ParisRelevé des fichiers de l'Insee, est un romancier et auteur de bande dessinée français, qui a également travaillé dans le milieu du cinéma et de la télévision.
Biographie Famille Jean Teulé naît à Saint-Lô, où son père, charpentier communiste originaire d'Agen, a été envoyé par son entreprise après la Seconde Guerre mondiale pour participer à la reconstruction de la préfecture.. Ce dernier rencontre celle qui va devenir sa femme, une Bretonne, serveuse dans le café qu'il fréquente chaque jour. Le couple vit deux ans dans une baraque puis, privé d'emploi en raison de ses opinions politiques communistes, regagne Paris. La famille Teulé, avec Jean et sa sœur, s'installe à Arcueil. Son père devient menuisier et sa mère concierge à la mairie puis femme de ménage dans les écoles..
Il indique en 1996 continuer de se rendre régulièrement à la Fête de l'Humanité « non par attachement au communisme, mais pour mes parents, pour y retrouver mon enfance.. »
Jean Teulé est le compagnon de l'actrice Miou-Miou de 1998 jusqu'à sa mort..
Formation En CM1, à l'école communale Jules-Ferry d'Arcueil, Jean Teulé est le camarade de classe de Jean-Paul Gaultier, qui dessine déjà des costumes. Tous deux restent en contact avec leur ancienne institutrice, qui enseigne aussi la lecture à Bernard FixotEntretien de Jean Teulé, , Gala, , 14 décembre 2016..
Alors qu'en raison de ses mauvais résultats scolaires, Jean Teulé est destiné à sa sortie de troisième à une orientation en mécanique auto, son professeur de dessin l'incite et l'aide à se présenter au concours d'une école de dessin. Il est reçu à l'école de l'art de la rue Madame dans le (aujourd'hui lycée Maximilien-Vox). André Barbe, auteur de bande dessinée en vogue à l'époque, remarque ses illustrations chez la papetière d'Arcueil, à côté de la gare de Laplace, et le fait entrer à L'Écho des savanesEntretien avec François Ruffin repris dans le numéro 96 de Fakir et disponible en intégralité sur YouTube..
Carrière Entré à L'Écho des savanes au numéro 44 de , Jean Teulé en devient rapidement un pilier, y apparaissant sans discontinuer jusqu'au numéro 81, et figurant au sommaire du numéro 84, le dernier de la formule historique. Il s'inscrit dans la mouvance des auteurs qui travaillent à partir de photographies retravaillées, tels Jean-Claude Claeys ou les membres du Groupe Bazooka. Ses premiers récits sont publiés en collaboration avec Jean Rouzaud, puis il les réalise seul, faisant cependant figurer dans les crédits la coloriste Zazou. Fin 1981, le journal connaît des difficultés financières croissantes et il disparaît en . Lorsqu'il est repris puis relancé par les éditions Albin Michel à la fin de la même annéeClaude Moliterni et Mircea Arapu, Histoire mondiale de la bande dessinée, éd. 1989, , Teulé ne travaille pas pour la nouvelle formule.
Teulé avait alors débuté l'adaptation du roman de Jean Vautrin, Bloody Mary, dont les premières pages étaient parues dans le dernier numéro de l’Écho. Publié par Glénat en , et obtient lors du festival d'Angoulême 1984 un prix remis par la presse spécialisée, lequel prend le nom de prix Bloody Mary. À la fin de l'année 1983, Teulé entre à Circus, l'un des mensuels de la maison d'édition, et en reste un collaborateur régulier jusqu'en 1986. De 1984 à 1986, il publie également trois nouveaux albums aux éditions Glénat. Arrivé très rapidement à maturité, Teulé sent poindre le risque du systèmeDominique Warfa, Les Cahiers de la bande dessinée, numéro 60, novembre-décembre 1984, p.64., et décide de changer d'approche.
En , il publie dans Zéro le premier de ses reportages en bande dessinée, où il présente des personnages loufoques, des originaux, à la manière de l'émission Strip-tease, apparue l'année précédente sur la chaîne de télévision belge RTBF1. Quelques mois plus tard, ces histoires sont publiées dans (À suivre), le mensuel de bande dessinée des éditions Casterman. Cette collaboration cesse en 1989 et débouche sur deux albums, Gens de France en 1988 et Gens d'ailleurs en 1990. Le premier obtient l'Alph-Art du meilleur album français. En 2005, les éditions ego comme X publient une intégrale augmentée de ces récits.
Jean Teulé reçoit en 1989 au festival d'Angoulême une mention spéciale du jury pour . Le prenant pour un prix posthume, il abandonne sur le coup la carrière de dessinateur et se lance dans la télévision dans L'Assiette anglaise de Bernard Rapp, qui l'a remarqué dans (À suivre) puis Nulle part ailleurs sur Canal+..
Après ses expériences télévisuelles, il se consacre entièrement à l’écriture. Élisabeth Gille lui propose son premier contrat pour la maison Julliard, où il publie Rainbow pour Rimbaud (1991), L'Œil de Pâques (1992), Balade pour un père oublié (1995), Darling (1998) et Bord cadre (1999), Longues Peines sur une idée de Jean-Marie Gourio, Les Lois de la gravité, Ô Verlaine ! (2004), Je, François Villon (2006), Le Magasin des suicides (2007), Le Montespan (2008), Mangez-le si vous voulez (2009), Charly 9 (2011), Fleur de tonnerre (2013), Entrez dans la danse (2018), Crénom, Baudelaire ! (2020). Tous ses livres sont publiés en édition de poche dans la collection Pocket.
Mort Jean Teulé meurt à l'âge de 69 ans le à son domicile parisien., d'un arrêt cardiaque. à la suite d'une intoxication alimentaire lors d'un repas dans un restaurant parisien du quartier du Marais, spécialisé dans la nourriture crue. Après une enquête ouverte pour déterminer les circonstances de sa mort., ses obsèques ont lieu dans la plus stricte intimité le , en présence de sa dernière compagne Miou-Miou..
Un an jour pour jour après son décès est publiée son œuvre posthume, L’Histoire du roi qui ne voulait pas mourir, dont il avait rédigé la moitié, le reste étant complété par ses amis Philippe Jaenada, Enki Bilal, Dominique Gelli, Florence Cestac, François Delebecque, Philippe Druillet et Benjamin Planchon.
Style Bande dessinée Pour Dominique Warfa, Jean Teulé défend un « art de la distance », une bande dessinée difficile, au graphisme travaillé sans être esthétisant et au propos complexe. En effet, Jean Teulé construit ses bandes dessinées à partir de photographies retravaillées par divers moyens (hachures, lavage, gommage, tramage, froissage, etc.) sur lesquelles il dessine et peintPour ce paragraphe : Dominique Warfa, Les Cahiers de la bande dessinée, numéro 60, novembre-décembre 1984, p.63.. Chez lui, la photographie ne sert donc pas à assurer un plus grand réalisme au dessin, comme chez de nombreux auteurs réalistes classiques ; elle est à la base de sa pratique artistique. Cette pratique, commune à la fin des années 1970, peut conduire à des œuvres rigides, figées, comme chez Jean-Claude Claeys. Chez Teulé, l'image est en permanence mise en mouvement, dynamisée par les multiples altérations et modifications que son auteur lui fait subir.
Alors que les limites techniques de L'Écho des savanes l'avaient conduit à ne travailler initialement qu'en noir et blanc, Jean Teulé a ensuite pu commencer à intégrer progressivement la couleur dans son œuvre. Avec Bloody Mary, il peut l'utiliser sur un album entier. Là encore, la couleur ne sert pas à améliorer la lisibilité, à accroître l'effet de réel, mais sert le propos en augmentant la distance, le malaise.
Au réalisme tourmenté des images répond une interrogation du réel permanente et tourmentée. Celle-ci est d'abord interrogation sur la représentation-même, sur la fiction et l'image. L'œuvre de Teulé ne se limite pour autant pas à l'interrogation méta-textuelle : il se fait le portraitiste amer de la banlieue oppressante des années 1980. Il n'hésite pas à se renouveler, adaptant Jean Vautrin pour sa première œuvre ambitieuse, ou tirant vers l'onirisme avec Filles de nuit.
Cette œuvre exigeante, au-delà des adhésions, génère aussi des incompréhensions. Ainsi, Wolinski, rédacteur en chef de Charlie Mensuel, juge les bandes dessinées de Teulé « trop compliquées».
Littérature Avec Fleur de tonnerre (2013) et auparavant Mangez-le si vous voulez (2009), Jean Teulé s'inscrit dans l'école française du true crime, un genre littéraire essentiellement anglo-saxon.
Ouvrages Bandes dessinées Revues
Albums
Littérature
Cinéma Réalisateur 1996 : Rainbow pour Rimbaud, scénario et réalisation d'après son roman homonyme.
Acteur
Adaptations de ses œuvres Au cinéma
Au théâtre
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . . . . . . . . .
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