Le premier massacre de Cana, ou bombardement de Cana, a lieu le près du village de Cana (Liban du Sud), causant la mort de dans un camp des Casques bleus, à la suite d'une série de bombardements de l'armée israélienne.

Contexte Entre le et le , Israël lance une campagne de bombardement appelée opération Raisins de la colère contre des cibles situées sur le territoire libanais.

Le but de cette opération est de détruire ou de fragiliser le Hezbollah, qui mène une guérilla contre l'armée israélienne occupant alors le Liban du Sud depuis 1978.

Si du sud du pays sont allés se réfugier à Beyrouth, un certain nombre de villageois refusent d'abandonner leurs champs, où les récoltes sont en cours. Ceux-ci viennent se placer sous la protection des Casques bleus. Le camp de Cana, géré par le contingent fidjien de la FINUL, existe depuis l'invasion israélienne de 1978. Au , plus de , pour la plupart venus de village voisin de Seddiqin, sont venus y trouver refuge. centré|vignette|Entrée du camp des Casques bleus de Cana en 1992.

Déroulement gauche|vignette|Canon de 155 mm de l'armée israélienne bombardant le sol libanais en avril 1996.Le , le pilonnage commence aux alentours de 14 heures et dure un peu moins de 20 minutes. Sur les , une dizaine touchent le camp.

Les casques bleus ont dû ramasser des débris humains, restes de bras et de jambes arrachés, morceaux de chair calcinée sur les murs.

Parmi les ambulances venues sur les lieux, l'une est visée par un missile tiré d'un hélicoptère israélien. Toutefois, les trois secouristes et le chauffeur ont le temps de sauter pour échapper au tir.

Bilan humain Le bombardement israélien provoque la mort de , dont beaucoup d'enfants. Parmi les plus de , des dizaines ont dû être amputés.

Conséquences En réaction à ce bombardement, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1052, condamnant le bombardement et demandant une cessation des hostilités.

Erreur ou bombardement intentionnel Après le massacre, Israël attribue le bombardement à une erreur de tir, des éléments du Hezbollah se trouvant à proximité du camp. Le gouvernement israélien déclare que des miliciens du Hezbollah se trouvaient dans le camp tout en précisant que ce fait n'est pas à l'origine du bombardement. Les premiers témoignages indiquent qu'un drone israélien survolait le camp, tandis que deux hélicoptères survolaient les alentours. Le gouvernement israélien dément alors la présence d'aéronefs dans le secteur.

Quelques jours plus tard, un civil franco-portugais retrouvé vivant par la FINUL dans les décombres d'un immeuble désaffecté, et un enregistrement vidéo amateur filmé par un Casque bleu fidjien, montrent qu'un drone se trouvait bien au-dessus du camp. Le film contredit les déclarations initiales du gouvernement israélien et plonge celui-ci dans l'embarras. Israël affirme alors que le champ de vision du drone était réduit et ne permettait pas de voir ce qui se passait dans le camp et que les premières déclarations officielles avaient eu lieu hâtivement alors que l'enquête interne de l'armée n'était pas achevée.vignette|Carte de l'ONU montrant les lieux d'impact des obus israéliens (ronds noirs) sur la site de Cana. En pointillé, le périmètre du camp des casques bleus de la FINUL.Le rapport de l'ONU, très critique envers Israël, suggère que le bombardement a été perpétré en connaissance de causeRapport de l'ONU sur le bombardement du camp de Cana. La version rendue publique du rapport adopte un style « technique », c'est-à-dire limité aux faits avec peu d'analyse. Une des conclusions de la commission d'enquête de l'ONU affirme que .

Selon Timur Goksel, porte-parole de la FINUL présent sur les lieux au moment du drame, « dire que c'était qu'une erreur n'est qu'un mensonge ». Il précise que ont atteint le camp de réfugiés, explosant en l'air pour faire un maximum de victimes, et que les quelques obus de mortier tirés auparavant par le Hezbollah ne pouvaient atteindre le territoire israélien, mais visaient des soldats israéliens qui ont paniqué et réclamé un soutien aérien.

Conséquences Quelques semaines après les faits, un accord est signé entre le Hezbollah et Israël avec la participation des États-Unis, de la Syrie et du gouvernement libanais. Cet accord stipule que les deux parties doivent s'abstenir d'attaquer les civils.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Conflit israélo-libanais Occupation israélienne du Sud-Liban Conflit au Sud-Liban Bombardement de Cana de 2006 Relations entre Israël et le Liban

Liens externes Photos suivant le bombardement du camp de l'ONU de Cana. Rapport du Major-Général van Kappen, mandaté par l'ONU, daté du 1er mai 1996 Résolution 1052 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Réponse du gouvernement israélien sur le rapport. Réaction d'un écrivain israélien, Ari Shavit.

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