Jean Musy, né le à Levallois-Perret (Seine) et mort le à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), est un musicien, compositeur et arrangeur français de chansons et de musiques de film.
Il s'est d'abord fait connaître en 1969 grâce à son arrangement de la chanson Les Champs-Élysées interprétée par Joe Dassin avant de travailler avec divers chanteurs comme Nicolas Peyrac, Nicole Croisille, Jean-Michel Caradec ou Yves Duteil. À partir de la fin des années 1970, il compose de plus en plus pour le cinéma et la télévision en devenant le collaborateur privilégié de cinéastes comme Jean-Claude Brisseau, Franck Appréderis et Denis Malleval.
Il a enregistré plus d'un millier de 45 tours et 150 albums, composé près de 200 musiques de films et séries télévisées, ainsi que de nombreuses chansons.
Biographie Enfance et formation Jean Roland François Musy. voit le jour le au sein d'une famille ouvrière à Levallois-Perret, une commune limitrophe de Paris. Sa mère est espagnole et son père typographeBlog : .. Ce dernier possède sa propre petite imprimerie à Levallois-Perret. Sa famille habite un appartement dans une HLM et un jour, ses voisins se débarrassent d'un piano qu'ils ne pouvaient pas loger chez eux en le mettant sur le palier. Vers l'âge de trois ou quatre ans, le jeune garçon s'amuse alors à pianoter sur cet instrument, en reproduisant des chansons entendues à la radio ainsi que des Valses de Chopin. Deux ou trois ans plus tard, il remporte le Concours international Léopold Bellan, en jouant une pièce pour piano de Mendelssohn. Repéré par le pianiste Jules Gentil, ce dernier le présente au professeur de piano Serge Petitgirard (père du célèbre compositeur Laurent Petitgirard) qui va lui donner quelques leçons en privé.
À l'âge de sept ans, c'est par l'intermédiaire de Serge Petitgirard qu'il fait la connaissance de Jean Nohain, animateur d'une émission hebdomadaire sur Radio Luxembourg. En 1955, ce dernier lui propose d'accompagner à l'antenne des chanteurs à succès comme André Claveau, Robert Lamoureux, John William et bien d'autres.. Il intervient comme pianiste-accompagnateur dans cette émission pendant un an.
Il déménage ensuite à Colombes, puis intègre le lycée où il découvre le jazz vers l'âge de 13 ans. Cette musique lui a donné . Un jour, le père de François de Roubaix, alors client de l'imprimerie de son père, invite sa famille à venir voir jouer son fils, qui était à l'époque contrebassiste dans l'orchestre de jazz Nouvelle-Orléans du clarinettiste Maxim Saury au fameux Caveau de la Huchette, un club du Quartier latin. François de Roubaix propose alors à l'adolescent de venir les rejoindre au piano pour , en jouant des standards de jazz comme ceux de Fats Waller.
Carrière musicale Les débuts C'est grâce à François de Roubaix, futur compositeur de la musique du film Le Samouraï, que le jeune Jean Musy (âgé alors de 14 ou 15 ans) donne ses premiers concerts à Paris dans des clubs de jazz comme Le Chat qui pêche (où il remplace Georges Arvanitas à l'orgue Hammond) et Aux Trois Mailletz. À ce moment-là, il s'inspire du jeu de Jimmy Smith et Jimmy McGriff et joue parfois avec des artistes de renom tels que Lee Morgan ou Benny Golson.
En 1964, il fait la rencontre du guitariste américain Mickey Baker, arrangeur et musicien de studio pour de nombreux artistes de blues, rhythm and blues et variétés.. À l'époque, il avait déjà abandonné ses études secondaires et allait bientôt devenir père de sa fille Cécile. Il demande alors à Mickey Baker (qu'il accompagnait lors de concerts de jazz) de lui trouver un travail . À partir de 1965 et grâce à l'appui du guitariste, il devient claviériste dans l'orchestre de Nino Ferrer et participe à une tournée avec lui pendant une année. Cependant, il n'apprécie pas les autres membres du groupe et quitte Nino Ferrer après avoir enregistré, dans un studio de Dijon., l'album Enregistrement public sur lequel figure le fameux Je veux être noir..
Le , il adhère à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique puis en devient sociétaire définitif en 1979.. Parallèlement, il travaille en tant que pianiste de studio pour enregistrer des bandes originales écrites par de grands noms du métier comme François de Roubaix ou Georges Delerue (notamment sur Le Cerveau de Gérard Oury).
Arrangements de chansons populaires
Grâce aux relations de Mickey Baker, Jean Musy est présenté à Joe Dassin à la fin des années 1960. Il travaille à ses côtés comme pianiste et organiste durant trois ans. En 1969, le producteur Jacques Plait lui demande d'écrire en urgence l'arrangement de la chanson Les Champs-Élysées pour remplacer Johnny Arthey, l'arrangeur anglais de Joe Dassin qui était tombé malade. Ce succès populaire repose sur un arrangement écrit pour quatre instruments (saxophone soprano, piano, basse et batterie) ; il lui permet de lancer sa carrière d'arrangeur. À l'époque, il signe temporairement ses travaux sous le pseudonyme de « John Musy », à la demande de Jacques Plait et Joe Dassin.
Autodidacte en matière d'orchestration, il bénéficie des conseils de partenaires de travail plus âgés comme Jacques Denjean qui lui offre deux valises remplies de ses propres partitions pour qu'il puisse s'en inspirer. Ce dernier lui fait aussi découvrir le Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes d'Hector Berlioz qui lui sert de guide pour apprendre son métier. Parallèlement, il apprend aussi à diriger des orchestres en s'inspirant des techniques de chefs d'orchestre chevronnés comme Jean Claudric et même en allant à des répétitions pour observer Leonard Bernstein au cours de ses passages à Paris.
À partir de la fin des années 1960 jusqu'au milieu des années 1980, Jean Musy réalise des milliers d'arrangements pour plus de . Questionné à ce sujet par son biographe Serge Elhaïk, il décrit le avec des musiciens qu'il admire comme Barbara, Georges Moustaki ou Serge Reggiani et insiste sur le fait qu'il a toujours préféré écrire ses arrangements à partir des textes, tout en étant capable de se plier à la mode le cas échéant.
vignette|redresse=0.5|Jean Musy à ses débuts.|alt=Gros plan de face en noir et blanc d'un homme jeune barbu aux cheveux longs noirs. Par l'intermédiaire du directeur artistique Claude Dejacques, il travaille sur des disques importants comme l'album Amours incestueuses de Barbara, où il imagine une orchestration chambriste et intimiste à base de cordes, flûte et guitares.. habillant des compositions oniriques. et parfois dissonantes comme la chanson-titre. Le même directeur artistique lui fait aussi rencontrer Nicolas Peyrac, un artiste avec qui il se dit en . En 1975, il lui écrit l'arrangement de et réalise également ceux d'autres succès comme Et mon père ou Je pars. La même année, Claude Dejacques lui confie les arrangements d'Une femme avec toi, une adaptation d'une chanson italienne interprétée par Nicole Croisille. Et grâce à ce même mentor, il travaille également pour le groupe Il était une fois (sur le single J'ai encore rêvé d'elle où il signe aussi les harmonies vocales), Catherine Lara (tous ses premiers disques dont son premier album Ad libitum), Michel Jonasz (Je voulais te dire que je t'attends), Jean-Michel Caradec et Yves Duteil (dont Prendre un enfant, Tarentelle ou La Langue de chez nous) avec qui il entretient une longue amitié.
Grâce à un autre producteur, Jacques Bedos (l'oncle de Guy Bedos), il collabore avec Georges Moustaki, Serge Reggiani et Maxime Le Forestier, puis écrit les arrangements de la chanson Bruxelles de Dick Annegarn, ainsi que ceux de plusieurs disques d'Isabelle Mayereau.
Chef d'orchestre pour l'Eurovision En 1975, il participe au Concours Eurovision de la chanson à Stockholm, en accompagnant la chanteuse française Nicole Rieu, dont la chanson Et bonjour à toi l'artiste obtient la du classement. En 1978, il est le chef d'orchestre du chanteur belge Jean Vallée qui se classe en avec son titre L'amour ça fait chanter la vie au Palais des congrès de Paris.
Musiques pour le cinéma et la télévision
Jean Musy a également beaucoup travaillé pour le petit et grand écran. Il débute en 1970 en écrivant des bandes originales pour plusieurs courts métrages documentaires, avant de faire la rencontre déterminante du compositeur Francis Lai au milieu des années 1970.. Remplaçant l'arrangeur Christian Gaubert pendant plusieurs années, c'est lui qui signe les orchestrations pour synthétiseur et orchestre à cordes de la célèbre bande originale du film érotique Bilitis, qui se vendra à des millions d'exemplaires.
C'est grâce à Francis Lai qu'il parvient à se faire un nom dans l'univers du cinéma, en travaillant d'abord comme simple arrangeur pour des films importants comme ceux de Claude Lelouch (Robert et Robert, À nous deuxCrédits du livret du double CD , . et Les Uns et les Autres), mais aussi pour des productions plus modestes comme Les Ringards de Robert Pouret. Il est ainsi repéré par Gérard Oury qui lui confie les arrangements de la bande originale de La Carapate, composée par Philippe-Gérard. Quelques années plus tard, il lui écrira la musique de la comédie Vanille Fraise, où il arrange plusieurs chansons populaires italiennes qui seront interprétées par les Gipsy Kings.
En 1979, Costa-Gavras lui demande de composer la bande originale de son film Clair de femme, pour lequel il signe un thème principal lent, à base de flûte de pan, qui accompagne les sentiments amoureux des deux personnages principaux. Un an plus tard, il écrit la musique du film Le Cœur à l'envers de Franck Appréderis, sa première collaboration avec un réalisateur qui a beaucoup compté dans son parcours. Pendant une trentaine d'années, il composera pour lui de nombreuses bandes originales pour des séries télévisées comme, entre autres, Commissaire Moulin ou Madame le Proviseur, mais également le téléfilm Le Temps du silence qu'il considère comme l'un des .
Au cours de l'année 1980, il revient aux arrangements en signant ceux de l'album Paris - New York de Francis Lai.. L'année suivante, il compose une partition d'inspiration romantique pour cordes et piano., accompagnant les images du film Chanel solitaire de George Kaczender, sans oublier le thème de la fameuse série Pause café de Serge Leroy, avec Véronique Jannot. Il s'illustre également dans des longs métrages populaires comme Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, une comédie loufoque pour laquelle il écrit une , y compris une version parodique de la chanson Je n'ai pas changé, interprétée dans le film par Jacques Villeret avec un accent particulièrement exagéré.
En 1989, il entame une riche collaboration avec le cinéaste Jean-Claude Brisseau, pour qui il écrit d'abord une musique empreinte de gravité. pour le drame Noce blanche, où il est contraint d'utiliser une simple maquette à base de cordes synthétiques pour des raisons de budget.. Par la suite, il composera également les bandes originales de la plupart des autres films de Brisseau, de L'Ange noir qu'il enveloppe d'une partition . jusqu'à À l'aventure. Il apprécie chez lui sa qui . Quelques années plus tard, il devient le compositeur de prédilection de Denis Malleval, un réalisateur qui lui confie la musique de nombreux téléfilms dont, entre autres, Les Innocents, La Boule noire, Mon frère bien-aimé ou La Bonne Dame de Nancy.
Mort Il meurt à l'âge de 76 ans le à Saint-Amand-en-Puisaye., et est inhumé au cimetière de Levallois-Perret, à quelques mètres de la sépulture de Maurice RavelBlog : ..
Œuvres de concert vignette|redresse=1.3|Jean Musy dans la à , préparant l'oratorio Edmund, la légende d'un roi. Amoureux du silence et de musique classique, Jean Musy compose plusieurs pièces pour le concert, ainsi que des musiques de scène comme Celluloïd (1987) de Fanny Joly..