Josef Carl Peter Jacobs surnommé Le Diable noir (né le à Kreuzkapelle en province de Rhénanie - mort le à Munich en Bavière) était un aviateur allemand, qui fut l'un des as de l'aviation de l'armée allemande au cours de la Première Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale Titulaire d’un brevet de pilote dès 1912, Josef Jacobs vole notamment sur Dornier, un monoplan très primitif. La guerre venue, Jacobs se porte volontaire pour rejoindre la force aérienne allemande. Il est affecté à une unité de front, le Feldfliegerabteilung 9 et participe à des missions de reconnaissance et de bombardement à bord d’Aviatik, LVG et Rumpler:

En décembre 1915, il est envoyé au FEA 11 à Laon pour apprendre à piloter le Fokker Eindecker et les secrets de l'acrobatie aérienne : loopings, piqué, vrille (aviation)... C’est aux commandes d’une telle machine qu’il obtient son premier succès (un ballon d’observation) le .

À plusieurs reprises, il affronte des appareils français mais sans résultats :

Comme instructeur Lors de l'hiver 1916-1917, alors que les avions sont cloués au sol, il sert comme instructeur à la Jastaschule I :

Récompense Le Leutnant der Reserve Jacobs passe ensuite à la Jasta 22 où il utilise un Albatros D.II 1072/16 orné du surnom « Köbes » sur le fuselage. Il ne remporte que peu de victoires mais il acquiert une expérience précieuse. Le , après sa , il obtient le commandement du Jasta 7 sur le front des Flandres, fonction qu'il occupera jusqu'à la fin de la guerre. Il se voit décerner quelques jours plus tard la Croix de Chevalier de la Maison des Hohenzollern ; et porte son score personnel à douze victoires, aux commandes de chasseurs Albatros D.V et Pfalz D.III. Au début de 1918, il reçoit le Fokker Dr.I 450/17 qu'il fait peindre en noir avec son célèbre diable ailé crachant le feu marqué sur le fuselage. Avec cette machine rien ne résiste à celui que les Anglais appellent le « Diable Noir ». Il remporte sa première victoire sur triplan le (un R.E.8 à l’ouest d’Ostende) et va s’imposer par la suite comme le plus grand as sur Fokker DrI de la guerre.

Il faut cependant le piloter longuement pour s’habituer au triplan car cet appareil était très instable au moment du tir. Après être sorti indemne de deux collisions en plein vol, Josef Jacobs reçoit l’ordre Pour le Merite le alors qu’il compte officiellement 23 victoires. Ses aventures auraient également pu s’achever le même jour :

Josef rentre de permission le , mais il doit patienter jusqu’au pour abattre sa , un R.E.8 à Kemmel. À partir de cette date, les victoires s’enchaînent : en cinq semaines, il abat 19 machines anglaises et quatre ballons, portant son score à 48 victoires. Le au matin il est réveillé par les bruits de moteurs d’un Squadron de chasseurs anglais venu attaquer son aérodrome à Menin. L’as enfile sa combinaison au-dessus de son pyjama et décolle aussitôt. À peine en l’air, il se place dans la queue d’un Sopwith Camel et ouvre le feu : coup au but ! Mais les balles de ses propres mitrailleuses ont également endommagé l’hélice de son Dr.I 470/17. Devenu incontrôlable, l’avion capote :

Il semble que Jacobs ait continué à voler sur le Dr.I 450/17 orné de sa tête de diable rouge et blanche jusqu’en octobre. Les moteurs Oberursel s’usant à la fin de la guerre, ses avions vont être équipés de moteurs Clerget rotatifs de et d’hélices anglaises pris à l’ennemi. Lorsque l'Armistice est signée, le sous-lieutenant Josef Jacobs a 48 victoires.

En 1919, il se bat dans la Baltique au sein du Kampfgeschwader Sachsenberg contre les bolcheviks et en 1921, il se rend en Turquie, à l'invitation du pouvoir local, pour instruire les jeunes pilotes. Au début des années 1930, Jacobs délaisse définitivement l'uniforme pour fonder sa propre société d'aviation. Ce passionné de sport, participe aussi à des courses de voitures et de bateaux.

Jacobs se réfugie aux Pays-Bas après avoir refusé de céder les majorités des parts de son entreprise aéronautique à Hermann Goering, au moment où l’Allemagne est sous le joug des nazis. L’aviateur accepte pendant la Seconde Guerre mondiale de servir dans la nouvelle Luftwaffe mais à l’instar d’autres vétérans de 14-18, il reste farouchement opposé aux doctrines du NSDAP :

Après la Seconde Guerre mondiale, Josef Jacobs devient Président de la fédération nationale de bobsleigh. L’as de la Grande Guerre poussera son dernier souffle le en Bavière où il résidait depuis 1945. Il était le dernier pilote titulaire de l’ordre « Pour le mérite ».

Notes et références

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