Les Spurs de San Antonio (en , « les Éperons de San Antonio ») sont une franchise de basket-ball basée à San Antonio dans l'État du Texas, aux États-Unis. Les Spurs concourent dans la National Basketball Association (NBA) en tant que membre de la conférence Ouest au sein de la division Sud-Ouest de la ligue. L’équipe joue ses matchs à domicile au Frost Bank Center de San Antonio.

Fondée en 1967 sous le nom des , la franchise fait partie des onze équipes à disputer la première saison de (ABA), ligue concurrente de la NBA. Lors de la fin d'activité de l'ABA, la franchise fait partie des quatre équipes à rejoindre la ligue concurrente. Elle devient la première de ces quatre équipes à remporter un titre NBA, lors de l'édition de 1999, avec son duo d'anciens numéro un de la draftLa draft est aussi appelée repêchage par les francophones d'Amérique du Nord, en particulier au Québec. David Robinson et Tim Duncan. Les joueurs remportent un deuxième titre en 2003 avec le soutien de Tony Parker et Emanuel Ginóbili. Le trio Duncan/Parker/Ginóbili remporte trois nouveaux titres en 2005, 2007 et 2014, et s'incline en finale lors de l'édition de 2013. Ces cinq titres NBA sont obtenus sous la direction de Gregg Popovich.

De la saison 1999-2000 à 2016-2017, les Spurs ont remporté au moins 50 matchs chaque saison, établissant un record de 18 saisons consécutives à 50 victoires ou plus. Au cours de la saison 2018-2019, les Spurs ont égalé un record NBA pour le nombre de participations consécutives en playoffs NBA au nombre de 22.

Historique de la franchise

Débuts en ABA (1967-1976) En tant que Chaparrals de Dallas et du Texas (1967-1973) La franchise est créée en 1967 sous le nom de Chaparrals de Dallas, en même temps que l'ABA, ligue concurrente de la NBA. Mais l'intérêt de la ville pour son nouveau club de basket est faible. Durant la saison 1970-1971, le club est même renommé en Chapparals du Texas, pour se donner une dimension régionale, en évoluant également dans les villes texanes de Fort Worth et Lubbock. Ce changement est un échec et les Chapparals retournent à Dallas pour la saison 1971-1972.

Les résultats sportifs sont moyens : après avoir échoué aux portes des finales lors de la saison inaugurale, les Chapparals sont éliminés quatre saisons de suite au premier tour des , et manquent les pour la première fois de leur histoire en 1972-1973 (la ligue ne comptant que dix clubs, seule la plus mauvaise équipe de chaque division n'est pas qualifiée).

Arrivée à San Antonio La franchise est alors revendue pour être relocalisée à San Antonio, et renommée en Spurs de San Antonio (les Éperons de San Antonio). Le rouge, blanc et bleu des Chapparals est abandonné au profit du noir et argent qui sont aujourd'hui encore les couleurs du club.

Les Spurs, en étant la seule franchise d'une ligue majeure de la ville, vont enfin réussir à attirer le public. Menés par le futur Hall of Famer George Gervin, acquis en cours de saison au cours d'un échange avec les Squires de la Virginie, et secondé par James Silas, les Spurs terminent leur première saison régulière disputée à San Antonio avec un bilan de 45 victoires et 39 défaites, obtenant ainsi une place pour les . Cette première saison parvient à convaincre BJ Reds McCombs et les autres copropriétaires de mettre un terme à la période d'essai de trois ans qu'ils avaient négociée lors du rachat du clubLors des négociations pour le rachat du club, un accord est basé sur une location du club pour trois saisons, avec déménagement de la franchise à San Antonio. Au bout de ce délai, les futurs propriétaires du club peuvent décider de ne pas l'acheter et la franchise retournerait alors à Dallas..

Les Spurs, grâce à un jeu attractif, et d'excellents résultats sportifs, ont de nombreux fans. Grâce à un bon nombre de spectateurs, les résultats financiers sont bons, au contraire de la plupart des autres franchises de l'ABA, les Spurs sont perçus comme une solide équipe de l'ABA. En 1976, quand l'ABA fait faillite, les Spurs sont récupérés par la NBA avec trois autres équipes (les Nuggets, les Pacers, et les Nets). Toutefois, ces franchises doivent payer un droit d'entrée de 3,2 millions de dollars pour rejoindre la NBA. Elles doivent de plus s'associer pour payer 3,2 millions de dollars à chacun des propriétaires de deux autres franchises de ABA, les Colonels du Kentucky et les Spirits of St. Louis. Le propriétaire de ces derniers, Ozzie Silna, reçoit seulement 3 millions de dollars, mais négocie un contrat préalable à la décision de la NBA sur le choix des franchises : celui-ci lui permet de toucher chaque année, tant que la NBA existe, une compensation de la part des quatre franchises choisies égale à un septième des droits de télévision.

Les premières saisons en NBA (1976-1980) vignette|George Gervin en 2008|alt=George Gervin en 2008, debout en costume, d'un drapeau américain derrière lui. En dépit du scepticisme des spécialistes qui doutent des chances de succès des équipes issues de l'ABA, et de contraintes imposées par la NBA aux anciennes franchises de ABA — impossibilité de recruter les joueurs des autres franchises ABA lors d'une draft de dispersion et non-accès aux retombées des droits de télévision — les Spurs vont prouver leur valeur dès leur première saison NBA avec un honorable bilan de 44 victoires pour 38 défaites. Pour sa première saison, la franchise dispute les , s'inclinant au premier tour face aux Celtics de Boston sur un Le terme de désigne une série de perdue sans avoir remporté la moindre victoire..

Durant la saison suivante, les Spurs terminent en tête de division centrale avec 52 victoires et 30 défaites. Ils s'appuient sur George Gervin qui dispute le titre de meilleur marqueur au joueur des Nuggets de Denver David Thompson, la décision entre les deux joueurs se faisant lors de la dernière journée, Thompson inscrivant 73 points puis Gervin inscrivant plus tard dans la journée 63 points pour obtenir le titre. Lors des , les Spurs s'inclinent en demi-finale de conférence sur le score de quatre à deux face aux Bullets de Washington. De nouveau champions de division en 1978-1979, avec un bilan de 48 victoires et 34 défaites, ils s'imposent quatre à trois face aux Sixers de Philadelphie puis s'inclinent sur le même score en finale de conférence, de nouveau face à Washington.

Les années 1980 (1980-1989) alt=Vue extérieure de l'Alamodome|vignette|L'Alamodome Le début des années 1980 continue sur le même rythme que la fin des années 1970 : le bilan en saison régulière avoisine souvent les 50 victoires, mais les Spurs sont battus en finales de conférence par les Rockets de Houston en 1981, puis par les Lakers de Los Angeles en 1982 et 1983.

Après la saison 1984-1985, George Gervin, la star des Spurs, sur le déclin, est transféré à Chicago : son départ marque la fin d'une ère commencée onze ans plus tôt avec le déménagement à San Antonio.

Les quatre saisons à venir seront les pires de l'histoire du club : le bilan est de 115 victoires pour 215 défaites. Les chutes d'audience font même du club un candidat potentiel au déménagement vers une nouvelle ville. Néanmoins, les mauvais résultats assurent aux Spurs le premier choix de la draft de 1987 avec lequel ils sélectionnent un pivot très prometteur : David Robinson. Mais les Spurs doivent attendre deux ans avant que Robinson ne puisse intégrer l'équipe, ce dernier devant finir son cursus à l'US Navy.

Robinson rejoint finalement les Spurs pour la saison 1989-1990, et est à l'origine de la renaissance du club. Aidé par Terry Cummings, fraîchement arrivé, et Sean Elliott, troisième choix de la draft 1989, les Spurs vont réaliser la meilleure progression sur une seule saison de l'histoire de la NBA, en remportant 56 matchs, soit 35 de plus que la saison précédente. David Robinson, avec 24 points et 12 rebonds de moyenne, est nommé , meilleur débutant de l'année, en étant le premier depuis Ralph Sampson en 1984 à être nommé à l'unanimité. L'aventure s'arrête au septième match du second tour des (aussi appelé séries éliminatoires dans certains pays francophones), où les Spurs chutent contre les futurs finalistes, les Trail Blazers de Portland, sur le score de quatre à trois lors d'une série où ils s'inclinent à deux reprises en prolongation : défaite 138 à 132 après deux périodes supplémentaires lors de la cinquième rencontre, défaite 108 à 105 en prolongation lors de la manche décisive.

Les années 1990 et le premier titre (1990-1999) alt=vue de face de Tim Duncan, en tenue d'échauffement, avec un ballon.|gauche|vignette|Tim Duncan, grand artisan des titres texans. Ancien capitaine de l'équipe des Spurs qui est maintenant coach adjoint Malgré les bons résultats, les Spurs ne dépassent pas le second tour des . L'entraîneur Larry Brown est alors remplacé durant la saison 1991-92 par Bob Bass qui assure l'intérim jusqu'à la fin de la saison. Pour la saison 1992-93, c'est Jerry Tarkanian, l'ancien entraîneur de l'université de Nevada Las Vegas, qui est nommé. Mais l'expérience est très rapidement un flop, et après 20 matchs pour un bilan de 9 victoires et 11 défaites, il est remplacé par John Lucas, entraîneur débutant qui s'est constitué une solide réputation au sein de la ligue en aidant plusieurs joueurs à suivre leur réhabilitation après condamnation pour usage de drogue. Sa première saison est satisfaisante en dépit d'une élimination au second tour face aux Suns de Phoenix.

La saison suivante, les Spurs sont éliminés au premier tour des par le Jazz de l'Utah, Lucas est limogé et laisse sa place à Bob Hill. Durant l'intersaison, Sean Elliott est transféré à Détroit pour l'excentrique et controversé Dennis Rodman. Toutefois, cet apport est alors accueilli favorablement par Robinson qui vante les qualités de guerrier Rodman, celui-ci pouvant aussi libérer Robinson des tâches plus obscures, rebonds ou écrans, pour se focaliser sur son jeu offensif. C'est ainsi que la moyenne de points de Robinson est de 28,1 lors de cette saison contre des moyennes de 23,2 à 25,6 points lors des quatre saisons précédentes.

La saison 1994-95 est la meilleure de l'histoire des Spurs : ils remportent 62 rencontres, tandis que David Robinson est élu meilleur joueur de la saison régulière, devant Shaquille O'Neal. Favoris pour le titre, les Spurs sont finalement battus en finales de conférence par les Rockets de Houston, seulement sixième en saison régulière. Hakeem Olajuwon surclasse totalement David Robinson. Rodman, bien qu'étant le meilleur rebondeur de la NBA depuis 1992, est trop difficile à gérer pour son entraîneur : il est finalement "donné" aux Bulls de Chicago en échange de Will Perdue.

La saison 1995-96 se solde une nouvelle fois par un excellente bilan (59 victoires) suivi d'une déception en (défaite au second tour face au Jazz de l'Utah). Et contre toute attente, les Spurs vont s'enfoncer durant la saison 1996-97 : ils accumulent une cascade de blessures, dont celle de leur joueur majeur David Robinson lors d'un match de présaison. Après seulement 18 rencontres, 3 victoires et 15 défaites, Bob Hill est limogé. Il est remplacé quelques heures avant le retour sur les parquets de Robinson par Gregg Popovich, alors manageur général et ancien assistant des Spurs du temps de Larry Brown, ce remplacement étant alors très controversé en raison de la simultanéité entre les deux événements. Robinson rechute peu après et est ensuite absent pour le reste de la saison. Les Spurs ne remportent que 20 matchs, soit le pire bilan de l'histoire du club, seulement deux ans après avoir établi son record de victoires. Avec le troisième plus mauvais bilan de la ligue, les Spurs remportent à la loterie le premier choix de la draft : ils sélectionnent lors un ailier fort surdoué : Tim Duncan.