Courcelles (en wallon Courcele) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité où siège son administration.
Toponymie Le toponyme Courcelles est généralement interprété comme un héritage linguistique de la période médiévale. Selon l’historien Élie Lemal, auteur de l’ouvrage consacré à l’histoire de la commune publié en 1930, ce nom dériverait très probablement de Curticella ou de Curtis, deux termes issus du latin médiéval. Ils désignaient une unité territoriale vouée à l’exploitation agricole, souvent structurée autour d’un domaine seigneurial ou d’une ferme importante. Dans la perspective de Lemal, cette étymologie met en lumière l’ancien rôle rural du site, dont l’organisation sociale et économique se serait développée autour de ces premières implantations agricoles.
Au fil des siècles, l’évolution phonétique du mot aurait conduit à la forme actuelle, Courcelles, tout en conservant la mémoire de cette fonction originelle. L’analyse proposée par Élie Lemal s’inscrit dans une tradition historiographique qui cherche à reconstituer les paysages anciens à partir des noms de lieux, considérés comme des témoins privilégiés de l’activité humaine. Ainsi, le nom de la localité apparaît comme un indice de son passé agraire, révélant la manière dont les communautés médiévales structuraient leur environnement et organisaient la mise en valeur des terres.
Géographie
Présentation Avec une superficie de et (au 1/1/2018), Courcelles est une des cités importantes du bassin carolorégien et elle a, à ce titre, largement contribué au développement industriel de la région..
Sections de la commune
# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Courcelles 15,29 17.138 1.121 52015A 2 Souvret 3,79 4.144 1.093 52015B 3 Trazegnies 8,92 6.825 765 52015C 4 Gouy-lez-Piéton 16,53 3.329 201 52015D
Communes limitrophes
Géographie physique
Géologie Le relief de Courcelles se caractérise par une série d’ondulations qui façonnent cinq dépressions successives orientées du nord vers le sud. L’historien Élie Lemal, qui a décrit la topographie de la commune dans son ouvrage de 1930, souligne que la première de ces vallées, Claires‑Fontaines, s’étire vers l’est et rassemble à sa base les autres dépressions. Suivent les vallées du Chenoit, de Forrière, de la rue Royale et enfin celle de la rue Friot. À l’exception du Chenoit, toutes prennent naissance sur le plateau de Sart‑lez‑Moulin, ce qui témoigne d’une structuration géographique dominée par les hauteurs du plateau et les écoulements naturels qui en descendent.
Plus au sud, le secteur appelé Trieu occupe le sommet d’un mamelon, dont les pentes s’abaissent progressivement vers Rianwelz, Miaucourt et Wartonlieu. Vers le nord, le paysage adopte une configuration plus étale : un plateau se déploie en direction de Hamal, du Brébant et de Reguignies, avant de s’élever doucement vers le Petit Courcelles et les terres de la Croisette. Cette alternance entre zones planes et reliefs ondulés compose un ensemble géographique typique des communes du bassin carolorégien.
Les altitudes relevées dans la commune illustrent ces variations topographiques. Parmi les points les plus significatifs, l’église Saint‑Lambert atteint , tandis que le seuil des écoles du Trieu se situe à . Le canal de la Motte, au niveau de la route, descend à , alors que la station de Courcelles‑Centre se trouve à . D’autres repères, tels que la jonction des rues Coupe et Rianwelz (), les quatre chemins de Forrière (), le sommet de la rue de Forchies () ou encore le pont du numéro 6 au‑dessus du chemin de fer (), témoignent de la diversité des altitudes. Les quatre chemins de Wartonlieu culminent à 155 m, tandis que le Bon Pont descend à . Ces données, rapportées par Élie Lemal, permettent de saisir la complexité du relief courcellois et son influence sur l’organisation historique du territoire.
Sous-sol Le sous‑sol de Courcelles présente une composition géologique dominée par l’argile et le sable, une caractéristique que l’historien Élie Lemal met en évidence dans son étude de 1930 consacrée à la commune. Dans les zones les plus basses, ainsi que le long des cours d’eau, apparaissent des alluvions modernes, témoins des dépôts récents liés aux mouvements hydrologiques. Au‑dessus de d’altitude, le sable constitue la couche principale du sol, tandis qu’en dessous se trouvent des argiles yprésiennes, parfois appelées argiles bleues, dont l’épaisseur varie de 1 à . Les eaux infiltrées dans les terrains sableux glissent sur cette couche imperméable et ressortent en divers points du territoire, donnant naissance à des sources naturelles qui ont longtemps façonné l’occupation humaine et l’activité agricole.
Courcelles se situe également à l’extrémité nord du bassin houiller, ce qui confère à son sous‑sol une importance particulière dans l’histoire industrielle régionale. Les veines de charbon affleurent en plusieurs endroits, permettant les premières exploitations par cayat, une méthode rudimentaire d’extraction en surface. Le grès houiller apparaît notamment au Brébant, où les couches superficielles ont été exploitées, illustrant la transition entre les formations géologiques naturelles et les premières activités minières. Cette présence du charbon, relevée par Élie Lemal, inscrit Courcelles dans la dynamique économique qui a marqué l’ensemble du pays noir, tout en révélant la diversité géologique d’un territoire partagé entre sols agricoles, nappes sableuses et affleurements houillers.
Quartiers Courcelles-Centre, Sarti ou Sarty, Petit-Courcelles, Le Trieu, La Motte, Miaucourt, Forrière, Reguignies, Wartonlieu, La Glacerie et Rianwelz.
Lieux-dits Les Goutteaux, Nouveau Monde, Bois du Sart, Le Sècheron, Benne sans Fosse, Le Hannoy, Les Fonds du Corbeau, Braibant, Bon Pont, Mandat, Sainte-Rosette, Clos du Pèlerin, Le Nord, Scaud, La Tannerie, Taillis, Champ Falnuée, Trieu des Agneaux, Les Culots, Les Gaux, Hulet, Basse Hollande, Wilbauroux et La Jonquière.
Cités Cité André Renard, cité Gueméné Penfao, cité René Thône, cité Constant Druine, cité du Confort et cité Spartacus Hart.
Hydrographie Courcelles est traversé par neuf cours d'eau.https://archive.wikiwix.com/cache/20151205171944/http://cartopro3.wallonie.be/CIGALE/viewer.htm?APPNAME=ERRUISSOL&APPMODE=VIEWER.: le canal Bruxelles-Charleroi qui se jette dans la Sambre à Dampremy ; le Piéton qui suit le canal Bruxelles-Charleroi ; le Justice qui se jette dans le Fontaine-aux-Crapauds ; le Fontaine-aux-Crapauds qui se jette dans le Piéton ; le Bosquet-Grégoire qui se jette dans le Fontaine-aux-Crapauds ; le Wartonlieu qui se jette dans le Piéton ; le Hannoy qui se jette dans le Claire-Fontaine ; le Claire-Fontaine qui se jette dans le Moulin de Souvret (Rianwelz) ; le Moulin de Souvret (Rianwelz) qui se jette dans le Piéton à Roux.
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,61994100,61995100,71996100,51997101,21998101,01999100,92000100,92001100,62002100,62003100,42004100,12005100,02006100,62007100,92008102,02009102,12010102,62011103,12012103,62013104,32014104,42015105,12016106,02017106,42018106,52019106,32020105,92021105,42022105,82023106,32024106,42025106,72026106,7
Histoire Origines
Préhistoire Courcelles aurait émergé au lieu-dit « Marais Colau », où un atelier de pierres et d'outils datant de la Préhistoire a été mis au jour.
Antiquité À l'époque gallo-romaine, Courcelles appartenait à un vaste domaine traversé par le Piéton, qui englobait les territoires de Roux, Jumet, Ransart, Gosselies, Souvret et Thiméon. Un village gallo-romain s'est par la suite développé rue de Viesville. Trazegnies possède également une histoire romaine, avec la découverte des vestiges d'une villa construite entre 268 et 275. Courcelles apparaît dans les sources écrites dès 1017, lorsque les Bulletins de la Société d’Archéologie de Charleroi signalent cette localité comme relevant alors du Brabant. Cette mention ancienne atteste l’existence d’un noyau d’habitat structuré au début du , ce que l’historien Élie Lemal interprète comme l’un des premiers jalons documentés de l’histoire communale. Au fil des siècles, plusieurs découvertes archéologiques ont confirmé l’ancienneté de l’occupation humaine. Avant 1784, des monnaies et des fragments de poteries antiques furent mis au jour à proximité d’un lieu-dit connu sous le nom de « vieux chêne ». Selon Élie Lemal, ce site correspond vraisemblablement au chêne à z’Hartias, un repère topographique traditionnel dont la mémoire locale a conservé le nom. Ces trouvailles, bien que modestes, témoignent d’une fréquentation antérieure à l’époque médiévale et suggèrent l’existence d’activités rurales ou artisanales dans la zone. Un autre épisode marquant de l’histoire locale survint en 1863, lorsque le hameau du Chenoit fut le théâtre de la chute d’un aérolithe. L’événement, largement commenté dans la presse régionale de l’époque, fut considéré comme suffisamment notable pour que la météorite soit conservée au musée de Charleroi. Élie Lemal souligne que cet objet, devenu pièce muséale, constitue un témoignage rare des phénomènes naturels observés dans la région au .
Au cours du , plusieurs campagnes de fouilles mirent en évidence l’existence d’un vaste cimetière belgo‑romain installé le long de l’ancien chemin reliant Binche à Viesville, une voie secondaire qui rejoignait la chaussée Brunehault entre Bavay et Tongres. Les observations archéologiques montrent que ce secteur, déjà identifié comme ancien par les érudits locaux, constituait un espace funéraire structuré, probablement utilisé durant une période étendue de l’occupation romaine. L’historien Élie Lemal souligne que la position du site, en bordure d’un axe de circulation secondaire, correspond aux pratiques romaines consistant à établir les nécropoles hors des zones d’habitat, le long des voies. Les découvertes s’intensifièrent vers 1876, lorsque des travaux entrepris dans le quartier de Reguignies, pour la construction d’une habitation, entraînèrent un profond remaniement du terrain. Les ouvriers mirent alors au jour un ensemble important de sépultures, dont plusieurs contenaient des dépôts funéraires remarquables : vases, urnes, objets divers associés aux rites de commémoration. Selon Élie Lemal, la variété des objets retrouvés témoigne de pratiques funéraires relativement élaborées et d’un certain niveau de romanisation de la population locale. Bien que nombre de tombes aient été violées à des époques postérieures à l’Antiquité, les vestiges conservés permettent d’identifier clairement des usages romains, notamment la crémation. Les fouilles ont livré des cendres, des clous oxydés provenant des cercueils ou des structures de combustion, ainsi que des restes d’animaux sacrifiés sur les bûchers, éléments caractéristiques des rites funéraires romains. Pour Élie Lemal, ces traces matérielles constituent un témoignage précieux de la présence romaine dans la région de Courcelles et de l’intégration de ses habitants aux pratiques culturelles de l’Empire.